Voyeurisme manufacturier en boutons de manchette

OK, à y regarder de plus près, le mécanisme enrobé dans sa cage en verre, du saphir inrayable, n’est pas un vrai tourbillon. Qu’importe, il fait son effet lorsqu’il s’agrippe à une manche de chemise, engageant à votre place discussions et échanges sur fond de carbone, d’horlogerie ludique et de mécanismes à fleur de rouages. La nouvelle marque lifestyle TF Est. 1968 connaît avec ce produit une lancée en fanfare avec déjà presque 2′500 paires vendues (prix public environ CHF 390.00). Sous les initiales TF se cache un certain Freddy D. Tschumi, connu des marchés internationaux pour les avoir écumés sous plusieurs casquettes (de Grisogono, Raymond Weil, Franc Vila et surtout la flamboyante Icelink). Déjà, il décline la paire des débuts en plusieurs versions colorées, puis or massif et rubis, ou émeraude, ou diamant noir ou blanc… Les modèles précieux se démarquant des autres en offrant aussi une transparence latérale. La collectionnite guette puisqu’il s’apprête également à mettre dans les échoppes un stylo du genre et qu’un coffret écrin attise les convoitises. Incroyable comment cette marque, presque discrètement et même avant d’avoir son vrai site internet, a pu s’installer en si peu de temps sur tous les continents (exceptés l’Afrique), grâce à des distributeurs et aux magasins prestigieux qui lui ont fait confiance dès le départ. Du genre de ceux de la Rue du Rhône à Genève, de la Banhofstrasse à Zurich ou de William & Son à Londres. L’arrivée des montres, une collection T-Fun (automatique, chronographe) est annoncée pour BaselWorld. Bien vue, l’approche! Sans crier gare, on impose des accessoires qui rendent addict -et en plus qui se vendent bien chez les détaillants-, puis on débarque avec des montres particulièrement aguicheuses et d’excellente facture, là où le terrain est plutôt encombré.

Un tourbillon à fleur de Roller. Stylo pour horlophiles

Bon d’accord, c’est pas un vrai tourbillon qui se trouve encagé sous verre à l’extrémité de ce stylo Roller fort horloger! Heureusement d’ailleurs puisque le mécanisme qui lui ressemble, un système balancier issu de l’extraction d’une véritable pièce maîtresse de calibre, n’a d’autre vocation de titiller le plaisir des yeux à force de référence à l’univers mécanique. Instrument d’écriture particulièrement bien balancé, manufacturé dans les règles de l’art, tantôt recouvert de motifs stylisés de carbone ou d’un revêtement de résine noire cerclé de palladium, le Roller Stylo Tourbillon de la marque TF Est. 1968 s’inscrit dans la mouvance des boutons de manchette du même nom, dont la marque à peine éclose vient de vendre déjà presque 10′000 pairs. Du fun tendance, du design pratique pour mâle accro à l’écriture ou femme branchée accessoire. Derrière cette marque, Freddy T, un habitué de l’univers du retail horloger à l’échelle de la planète, qui se plaît à créer ce qu’il n’a pas trouvé dans ses voyages.

Concours chronométrie 2011, les pièces révélées

Point presse au Musée d’horlogerie du LocleChâteau des Monts, ce vendredi 20 mai 2011 à 14h00. Les pièces qui participent à l’édition 2011 de ce concours relancé en 2009 seront présentées pour la première fois aux médias. Trois catégories sont en lice, catégorie « Entreprise-Classique« , catégorie « Entreprise-Tourbillon« , et catégorie « Ecole-Classique« , ouvrant la porte de cette prestigieuse compétition aux élèves de plusieurs écoles, dont Derek Hadfield rattaché à la NAWCC School (Columbia, USA). La cérémonie permettra également, en présence d’autorités du cru, de connaître le nom du nouveau président succédant à Claude-Henri Chabloz. Une partie des marques et fabriques de mouvements engagées dans cette joute chronométrique seront aussi de la partie: Chopard, Kari Voutilainen, la MHVJ (Manufacture Horlogère de la Vallée de Joux), Mido du Swatch Group, Montres Journe, Technotime et Tissot. A noter, dans la catégorie « Tourbillon » l’arrivée des marques Leroy (Les Ateliers L. Leroy SAS, Besançon), Frédérique Constant, des motoristes Technotime et NHVJ qui rejoignent Greubel Forsey, Journe et Chopard. Quant aux élèves concourant, ils ont pu, grâce à ETA, disposer d’un calibre école 6498. Le règlement et le flyer du concours vous en diront plus… en attendant la proclamation des résultats, le 20 octobre 2011.

Cédric Grandperret, concepteur horloger, directeur de production

A ses compétences de conception horlogère et de motoriste sollicitées par les plus prestigieuses enseignes de la haute-horlogerie et des complications horlogères, s’ajoutent au sein de la micro-manufacture genevoise Magma Concept, celles des images 3D, animées ou fixes, les plus abouties dans la branche, réputées pour leur exceptionnel rendu. Celles également d’une capacité à gérer dans son entier, autant une production de prototypes, de séries limitées qu’une mise en fabrication industrielle de volumes. Si sa voie était toute tracée dans le monde de l’optique –son grand-père invente Essilor, son parcours horloger s’est enrichi, au fil des projets et des réussites, d’une passion immodérée pour les matériaux. Ainsi a-t-il développé des alliages spécifiques. Cédric Grandperret est aussi le premier, pour sa marque Globe Master Watches, à introduire jusque dans les rouages du mouvement et plus seulement pour la boîte de la montre, le super alliage 4144, un acier ultra abouti utilisé pour les prothèses dans le domaine médical et pour les bras de satellites dans l’aérospatiale. Ses prochaines inventions inspirées de l’optique –retour à l’histoire familiale, occuperont prochainement le devant de la scène. Aujourd’hui déjà, ce maître ès complications mères, le tourbillon, la répétition minute est réputé pour son respects des savoir-faire ancestraux comme pour une créativité qui ne fait jamais l’épargne des nouveaux procédés.

Alain Mouawad, le précurseur

Il est de bon ton, par les temps qui courent, caractérisés par une propension à dissimuler les complications sous une sobriété de cadran, de ne plus étaler à la vue de tous, les mécanismes compliqués, fussent-il des tourbillons. La dernière crise aura eu au moins ça de bon, elle a gommé les exubérances et les dérives ostentatoires. Ainsi, H. Moser & Cie nous la joue lignes hyper classiques habitées pourtant par de bien intéressantes complexités. Ainsi, Laurent Ferrier, avec sa première pièce, nous ramène à une montre tourbillon dont le mécanisme ne peut s’observer que par la glace du fond. Au risque de vous décevoir, la chose n’est pas nouvelle. Sans chercher à scanner l’histoire complète du dernier siècle, jalonné de similaires expressions, en 1997 déjà, Alain Mouawad pour Robergé nous servait une sublime répétition minutes et tourbillon (eh oui, déjà précurseur avec son Andromède II). Hormis la mention signalée sur le cadran -le bloghorloger en a retrouvé la photo- tout était caché. Seul son possesseur pouvait à loisir se pencher sur les merveilles mécaniques de son garde-temps, pour autant qu’il l’ôtât de son poignet. Détail qui ne fait qu’attiser la curiosité des passionnés quant à l’arrivée de Blacksand, nouvelle marque lancée par ce fils Mouawad qui, auprès des connaisseurs,  s’est déjà taillé un prénom.

Thomas Prescher, portrait

Accrochée aux bords du lac, à Twann entre Neuchâtel et Bienne, son enseigne ouverte en 2002 est une incontournable escale sur la route de l’horlogerie compliquée. Comme bon nombre d’horlogers débutant un jour leur éponyme aventure, Thomas Prescher se fait la main en restaurant des pièces anciennes, d’abord au sein de l’entreprise Gübelin à Lucerne où il s’essaie également sur la réalisation de pièces d’exception, des commandes spéciales. Encore aujourd’hui, nombre de trésors antiques et de pièces rares passent entre ses mains à Twann: des pièces d’Abraham-Louis Bréguet, de Thomas Earnshaw, de Girard-Perregaux, de Ferninand Adolf Lange, de John Arnold, de Patek Philippe, d’Urban Jürgensen, de LeRoy, de Thomas Mudge ou de Thomas Tompion. Puis il se fait notamment connaître par la ligne Tempusvivendi, ses premières créations inspirées d’une complication apparue au dix-huitième siècle, un double rétrograge, libérant sur le cadran, des espaces ouverts à l’expression de scènes gravées ou émaillées. Il rejoint en 2003 l’illustre AHCI – Académie Horlogère des Créateurs Indépendants et s’offre pour la première fois une percée revigorante à BaselWorld. C’est le coup d’envoi d’une carrière remarquée par les collectionneurs du monde entier, débutée au SAV d’Audemars Piguet en Allemagne, après une éphémère carrière dans la marine allemande. Pour parvenir à ce stade, il aura avalé et digéré un nombre incommensurable de données techniques, au fil de lectures volontaires: manuels techniques, livres horlogers et autres articles éclairés.

Triple Axis Tourbillon de Thomas Prescher.

S’inspirant, comme ses pairs Stephen Forsey et Robert Greubel, des travaux des Britanniques Anthony G. Randall et de Richard Good, Thomas Prescher appartient à cette nouvelle génération de doigts d’or qui s’amusent à taquiner l’impensable. Ainsi parvient-il à réaliser, dans une montre-bracelet, un exploit jugé jusque-là impossible: l’ajout à un mécanisme tourbillon d’un troisième axe, opérant une circonvolution une fois par heure, donnant un relief spatial à la vision fascinante de la marche de la montre. Le tourbillon semble suspendu dans l’air et ses ébats sont comme épargnés par les vicissitudes de l’apesanteur.  Lire l’article paru dans Heure Suisse n°107.

Tourbillon et précision, le débat continue

Pour l’acheteur et l’aficionado, le mécanisme du tourbillon ne fait pas seulement rêver par sa complexité et sa magie, il est toujours synonyme de précision accrue. Du côté des spécialistes, on a toujours fait preuve de circonspection. Puisque pour fonctionner, ledit mécanisme, au demeurant génial, puise dans les réserves énergétiques du mouvement, au risque de l’appauvrir dans sa fontion première de précision constante. Le concours de chronométrie 2009, organisé par le Musée du Locle a donc étonné par ses résultats: trois tourbillons en tête! Qui a raison? Un dossier du prochain JSH Journal Suisse d’Horlogerie (sortie pour le salon EPHJ-EPMT) fait le point. Au-delà du débat scientifique, une certitude. La précision reste possible grâce au savoir-faire du régleur. Un métier qui, selon Jean-Claude Dubois, président de la Société Suisse de Chronométrie, se doit d’être transmis à la relève. Lire le sujet concours SSC.

Georges Graham, noir c’est noir.

Parcourant toujours avec autant de force revendicative le filon de ses modèles à haute montée d’adrénaline, la marque Graham enrichit sa ligne Tourbillograph Trackmaster d’une virile déclinaison, trempée dans l’esprit all black. Habité par les 403 composants de son calibre G1781, dont 48 pour le tourbillon, ce chronographe automatique RAC (Roue à Colonne) 28′000 alt/h, affiche son compteur des 12 heures à 6h et sa comptabilité des 30 mn à 3h. Décentré bien qu’intimement imbriqué dans le reste du mouvement, son mécanisme tourbillon une minute résiste vigoureusement aux chocs. Sophistiquée, cette sportive destinée à rythmer la course des assoiffés d’exclusif, se préfère en robe caoutchoutée noire, boucle céramique… Eric Loth, via The British Master, une société helvético-britannique fondée en 1995 à La Chaux-de-Fonds, n’en finit pas de rendre hommage à l’horloger anglais Georges Graham (1673-1751), baptisé le père du chronographe et membre du très sérieux Observatoire Royal de Greenwich.

Célébration du 8 chez DeWitt.

Au fond du couloir peuplé de machines anciennes vénérées par le maître des lieux, en marge des tableaux du passé remis à l’heure via une audacieuse campagne de communication, et de ceux du présent réalisés par l’artiste peintre Claude Weisbuch, l’ami proche…. la nouvelle collection. Comme cette Twenty-8-Eight, née un 28 août et porteuse d’un discret hommage à l’essence impériale du Comte de Witt, dont le lointain ancêtre Napoléon fut intronisé un 28 Floréal du calendrier républicain. Qu’elle respire les codes de la marque, est une évidence: colonnes impériales affinées et plaquées sur les côtés, boîte amincie, conjugaison de caractère et de raffinement. Les techniques traditionnelles, en particulier celle du guillochage, profitent de la réhabilitation de machines du 18ème siècle encore en état d’émerveiller. Quant au calibre DW 8028, un tourbillon entièrement développé in house, il rivalise de performance et de raffinements faits main. 72 h de réserve de marche.

Septagraph Perpétuel en images… sur Youtube.

Difficile de raconter la complication inédite de Borgeaud Watches, présentée en première mondiale à BaselWorld. En effet, après la réhabilitation des Tourbillons, des Répétitions Minute et autres inventions majeures du passé horloger, l’arrivée de cette nouvelle haute-complication est encourageante: il reste encore à inventer. Le garde-temps Septagraph Perpétuel restitue chaque jour, de manière non consécutive, une tranche horaire de 90 minutes. Un laps de temps qui, comptabilisé de la plus belle des manières, vous appartient. Posée sur un cadran trois niveaux, une flèche évidée, pleine au début de cette tranche horaire quotidienne et se vidant au fur et à mesure que s’écoule cette heure et demie, devient un indicateur de réserve temporelle. Sur un compteur qui s’est posé à l’extrémité des chiffres 7 et 8, qui, au contraire des chiffres romains de l’ensemble du garde-temps sont des chiffres arabes, indique le starting time correspondant au jour de la semaine. Une aiguille à course sautante, pointant sur le jour de la semaine, souligne l’imminence de ce blessing time. Au-delà de la véritable prouesse technique à haute valeur chronométrique, le calibre BRG 11501,  il y a de l’initiatique et du poétique dans cette restitution temporelle, propice aux expressions les plus individualistes d’un hédonisme retrouvé. Le mieux c’est de le voir fonctionner. Simplement magique!

Contrôle vétérinaire chez Artya…

Rififi et branle-bas de combat au Arpaland, côté Vésenaz-sur-Pallanterie, là où le siège de la nouvelle marque Artya Haute-Horlogerie d’Art s’est posé dans une joyeuse appropriation de l’esprit garage. Lundi 15 février, certainement alerté par quelque dénonciation, le service vétérinaire débarque, avec en tête la volonté d’en savoir plus sur cette affaire de crapaud qui secoue actuellement le landerneau horloger. Car la marque brandit sans complexe l’utilisation pour la première fois de la peau de crapaud. Avis à toutes les autres espèces qui fournissent leurs cuirs pour façonner les bracelets de montres, crocos, alligators, galuchats, vachettes et autres, le vil animal répondant au nom de buffle américain tendrait à vous doubler. Il cacherait sous ses bubons et pustules, un cuir typé d’une rare résistance qu’un savoir-faire de tanneur éclairé parvient à lisser. La bestiole s’attaque donc sans complexe, d’autant que selon la légende il résiste à la foudre, à la conquête des boîtes destroyées de Artya et même, preuve que le trashy peut emprunter des voies élitistes, au fameux Tourbillon Tesla. Une pièce d’art qui conjugue, grâce au talent constructeur de Valérien Jaquet (Concepto), les pièces éparses de la déglingue consommée d’une télécommande à transistors, aux composants squelettés d’une complication horlogère triturée par les ardeurs déjantées d’Yvan Arpa… Art nouveau. Objet mythe…

deWitt s’apprête à faire des siennes

Depuis l’arrivée de la Chaux-de-Fonnière Nathalie Veysset à la direction financière puis à la Direction Générale de deWitt, suite aux quelques coupes qui ont suivi, chacun y allait de sa rumeur quant à la santé de l’entreprise. Qui choisissait de se taire, de se concentrer sur elle-même et de se mettre au boulot. Résultat? Un calibre tourbillon entièrement fait maison, à partir d’une feuille blanche, qui habite déjà quelques protos prémices au lancement d’une nouveauté BaselWorld 2010; un atelier de cadran autonome qui s’offre le luxe d’accepter très occasionnellement des commandes pour d’autres marques triées; une nouvelle campagne de publicité sur le thème de la « Classical Audacity », avec des toiles célèbres revisitées à la sauce contemporaine; et à la demande de plusieurs distributeurs, un modèle « entrée de gamme », sublime trois aiguilles, à moins de 20′000.00 francs suisses. Sans parler de deux à trois autres nouveautés révélées à Bâle. Ce n’est pas tout. La stratégie prévoit la conception et construction d’un calibre de base, ouvert aux développements complicationnels. Quant à ceux qui s’inquiétaient de ce que la déroute de BNB aurait pu pénaliser deWitt via quelques calibres restés en déshérence, qu’ils se rassurent. La maison avait pour usage de commander plus de kits qu’il n’en fallait pour ses besoins. Elle dispose donc d’assez de composants pour faire face au SAV. En d’autres termes, et puisque les mètres carrés du bâtiment le permettent, il se peut qu’on reparle prochainement d’expansion. Après la discrétion et la concentration, voici venue l’ère des résultats communiqués. De quoi réjouir les inconditionnels de cette marque élégante et intelligente, à l’image d’un comte habité par la bienfacture de son produit plus que par quelque effet de manche contre nature. Jérôme deWitt dispose de suffisamment de moyens pour asseoir sa vision long terme.

CP 3800, un calibre noir désir…

Issu des développements effectués pour la marque Cecil Purnell, sous la maîtrise de l’horloger Cédric Grandperret et par le team Magma –micro manufacture genevoise sise à Perly, le CP 3800 Tourbillon 1 minute –de la série des calibres Cecil Purnell CP 3000, dispose d’une esthétique désirable, avec ses finitions en nickel noir, son élégance ébène. Ebauche, garnitures, décolletages et usinages sont 100% swiss made et puisent dans les arts manufacturiers de Genève, Vaud et Jura. 187 composants composent ce mouvement disposant d’une cage prise entre deux ponts, de platines ajourées et d’un couple au-dessus de la moyenne, utile aux développements à venir. Destiné dans un premier temps aux encageages dans les modèles heures-minutes, puis dans le fameux régulateur cher à la marque Cecil Purnell, le CP 3800 affiche une réserve de marche de 60 h. Diamètre: 30,6 mm (13½ lignes), hauteur: 6,75 mm. Diamètre de sa cage tourbillon: 13,30 mm. De la belle horlogerie, comme on l’aime… Pour la toucher du doight, il faudra attendre le mois de janvier 2010, au GTE -Geneva Time Exhibition.

Cecil Purnell, au GTE en janvier 2009.

Depuis que à Alle (dans le Jura), l’Horlogerie Alaine a été vendue à Patek Philippe, l’opérationnel de Cecil Purnell, la seule marque suisse de haute horlogerie à ne produire que des Tourbillons, s’est retrouvé appauvri d’un de ses éléments. L’horloger Marcel Lachat -par ailleurs propriétaire de la marque Jura Watch, s’est vu contraint de se concentrer sur l’agrandissement de sa fabrique de Alle, qui passe d’une capacité d’une vingtaine de places de travail à environ 50 d’ici fin 2010. Il n’empêche. L’arrivée -cette fois certaine, d’un splendide calibre tourbillon maison, tout de noir nickelé, développé par l’horloger Cédric Grandperret (alias le team de la micro-manufacture Magma Concept), marque le retour d’une marque confidentielle, qui dispose de réservoirs d’aficionados en Malaisie (où l’actionnaire principal Jonathan Purnell passe une bonne partie de son temps), en Ukraine, en Russie, à Hong Kong et encore aux USA.  Créée en hommage à un être cher dont elle a pris le nom, la marque, dont le troisième associé est Stéphane Valsamidès, se détache donc de ses jurassiennes origines pour s’installer là où d’autres excellences résident, notamment du côté de Plan-Les-Watches Perly. Sportifs et racés, ses garde-temps, dont le modèle Hambergé conjugue quelques complications boîtières,  sont également prisés en versions serties, personnalisables et en séries limitées. A découvrir en janvier au GTE -Geneva Time Exhibition.

Tourbillon le plus lent du monde!

Jean-Claude Nicolet, professeur à la retraite et horloger génial avait réalisé deux pièces uniques, façon chronomètre de marine, dotées d’un mécanisme original et particulièrement intéressant dans son dépouillement: le tourbillon le plus lent du monde. Il effectue un tour en 3heures, et donc 8 tours en 24 heures. Imaginons la beauté d’une telle pièce sur un bureau d’aficionado: changement perceptible de la configuration du cadran… Un passionné d’horlogerie lui en a racheté les plans le 14 décembre 2007, envisageant la production annuelle de quelques pièces exclusives, vendues au-delà des CHF 100′000.00. Ce passionné, lui-même descendant d’une famille d’horlogers, a obtenu la possibilité de mentionner le concepteur du mouvement sur les pièces. Dans la foulée, le maître horloger lui a également vendu une caissette de fournitures travaillées à la main, dont une vingtaine de barillets. Si l’opération voit le jour, il s’agira des premières pièces de haute horlogerie portant le nom de ce génial horloger, premier prix Gaia avant les François-Paul Journe, Georges Daniels, Philippe Dufour, Anthony Randall, etc.. Des sommités qui vouent à cette montagne de discrétion de la science chronométrique, un respect profond.