SAPHIR, historique épisode, bien plus qu’un matériau

A l’heure où le saphir a fêté ses quatre-vingts ans d’entrée en horlogerie, qui se souvient de ce holding regroupant les sociétés LeCoultre, Jaeger LeCoultre et Favre Leuba, dont les initiales signifiaient Société Anonyme de Participation Horlogères et Industrielles Réunies? C’était avant la vague des rachats, des OPA et des cessions familiales. Favre Leuba était encore en mains familiales, avant d’être plusieurs fois revendue au gré de pérégrinations économiques qui la firent appartenir à Martini (!) puis au groupe Bacardi, avant d’enfin atterrir dans l’escarcelle d’un groupe espagnol d’un comeback improbable. Dirigé par Henry-Auguste Favre, septième génération d’une mythique dynastie horlogère, ce holding avait permis de sauver les trois marques, alors secouées par la crise. Des informations qui permettent de comprendre pourquoi l’épouse de Henry-Auguste offrait une Atmos à la Reine mère d’Angleterre, selon une perle sépia trouvée dans les archives si riches de la famille Favre, dont Laurent Favre –dixième génération, est le dépositaire. D’ailleurs, il s’emploie à faire revivre ce nom de la plus belle des manières. Horlogère, s’entend. A relire, le post dynastique concernant cette illustre famille.

Günter Blümlein, hommage et souvenir

Bientôt à Genève en janvier, le SIHH 2013. Qui doit beaucoup à un homme. Flash back. En 1980, deux compagnies n’avaient aucune idée de ce qu’elles allaient devenir. IWC et Jaeger LeCoultre. Leurs propriétaires invitèrent Günter Blümlein à leur chevet, d’abord comme consultant puis, dès 1982, comme directeur. Sous son ère, grâce à une série de montres-bracelets au design innovant en phase avec la tradition de la manufacture schaffhousoise, IWC a rapidement repris pied. Très vite, le nouveau directeur perçoit le retour de l’horlogerie mécanique ainsi que l’importance des complications. Lancer en 1985 le modèle Da Vinci, première montre-bracelet automatique dotée d’un calendrier perpétuel à prix abordable, est un acte visionnaire. La renaissance de la ligne Pilot fait le reste. Outre son implication à Schaffhouse, Günter Blümlein passera conjointement en 1996 aux commandes de Jaeger-LeCoultre, qu’il revitalisera également. Jamais deux sans trois. A la chute du mur de Berlin, Günter Blümlein orchestre la résurrection de A. Lange & Söhne. Finalement, il parvient à créer en 1996 une puissante holding, la LMH – Les Manufactures Horlogères. Le montant à plusieurs milliards déboursé par Richemont pour acquérir les trois manufactures, témoigne de la valeur ajoutée apportée par Günter Blümlein. Qui se verra chargé de coordonner au sein du groupe repreneur les activités haut de gamme du segment montres: IWC, Jaeger-LeCoultre, Lange, Baume & Mercier, Officine Panerai, Piaget et Vacheron Constantin. Hélas, aux premières lueurs d’octobre 2001, le 1er du mois, il décède à l’âge de 58 ans seulement.

Salon EPHJ-EPMT-SMT «Grand prix des exposants»

Spécialisée en conception et réalisation de micropréhenseurs et de structures robotiques de haute précision, la start-up Percipio Robotics s’est vue encouragée par ses pairs. La première édition du «Grand Prix des Exposants» a eu lieu lors de la première édition genevoise du salon EPHJ-EPM-SMT. L’occasion pour les organisateurs de concrétiser une idée moult fois exprimée par le passé: encourager l’innovation, la croissance, le savoir-faire et l’originalité du secteur de la co-traitance, certes, mais le faire par la voix des personnes les plus concernées, à savoir les exposants eux-mêmes. Ainsi, chacun de 664 exposants présents fut incité à élire le stand le plus conforme à ces critères d’excellence. C’est donc le lauréat David Heriban, CEO, qui fut invité à monter en chaire, devançant les sociétés Soprod SA du Valais et STS Industrie SA du canton de Vaud. La prochaine remise de prix aura lieu en 2013, le dernier jour de l’événement qui se tiendra du 11 au 14 juin à Palexpo Genève. Avec ses 14’430 visiteurs professionnels, dont de nombreux décideurs en provenance des marques horlogères en quête d’outsourcing, les organisateurs André Colard, Olivier Saenger et Edouard Debétaz ont fait de cette manifestation le plus important salon professionnel annuel de Suisse.

Ferdinand Berthoud, l’éclairage d’un connaisseur.

En 1952 dans une édition du plus ancien magazine horloger du monde (juillet 1876), l’actuel JSH, Journal Suisse de l’Horlogerie, l’auteur L. Defossez écrit: « Il est indispensable, quand on parle des idées de Berthoud, de spécifier la date car, au cours de son existence, il a souvent changé d’opinion. (…) Ces changements étaient généralement commandés par ses expérience personnelles ou par celles de ses contemporains. Généralement, ses idées évoluaient dans le bon sens. Mais on est parfois décontenancé de constater chez Berthoud des idées paraissant aujourd’hui bien étranges. Il était un autodidacte et ne possédait pas à fond les théories qu’il exposait, ceci se voit déjà à son vocabulaire…  » Dossier complet sur horlogerie-suisse.com et à retrouver au fil d’une saga historique en plusieurs épisodes dans les pages JSH (Journal Suisse d’Horlogerie) des magazines Heure Suisse et Heure Schweiz (Promoédition, Genève).

Gergé Watches, urbanisme manufacturier

En puisant ses savoir-faire dans le terreau de l’arc jurassien, la marque suisse Gergé Swiss Timepieces (Neuchâtel) distille une vision contemporaine pétrie de valeurs architecturales et horlogères au travers d’une première collection baptisée Metropolis Type 1, 2 ou 3. Une collection directement inspirée d’un film culte et de la désormais récurrente terminologie désignant la ville de La Chaux-de-Fonds. La Metropolis Type M3 véhicule une dimension de contemporanéité qui se détache du modernisme.  L’élancement de ses lignes, ainsi que les stries sur le cadran d’un guichochage côte de Genève à la verticale, rappellent ces fameux ponts qui, dans le film de Fritz Lang, survolaient l’urbanité d’une métropole futuriste. Boîte ultra complexe à étages, habitée par un calibre mécanique Concepto 2021, mouvement automatique chronographe mono-poussoir de 13 lignes ¼ , doté d’une réserve de marche de 46 heures, d’une date à 4h30 et d’un certificat de chronomètre décerné par le C.O.S.C. Cette montre joue l’abordabilité tout en se réclamant d’inspirations architecturales et urbanistiques intemporelles. A voir sur la chaîne Youtube-TV du bloghorloger.ch

Ferdinand Berthoud extrait des archives de JSH

Eric Cosandey, professeur d’horlogerie et fondateur du site horloger-suisse.com parcourt inlassablement les archives de JSH, Journal Suisse d’Horlogerie, le plus ancien magazine horloger du monde racheté par Promoédition (Roland Ray) dont la première parution remonte à juillet 1876! Il en ressort chaque fois avec de fascinantes trouvailles. La dernière en date, dont la publication prend des allures de saga, publiée en plusieurs épisodes dans les pages JSH des magazines Heure Suisse et Heure Schweiz, marche sur les traces des grands chronométriers de marine. Ce dossier paru en 1952, signé par L. Defossez, retrace plus précisément la vie de l’horloger et écrivain Ferdinand Berthoud (1727-1807) sous le titre « Les horloges Marines de Ferdinand Berthoud« . La 3ème partie paraîtra dans l’édition prévue pour BaselWorld tandis que l’ensemble du sujet se trouve en ligne sur horlogerie-suisse.com.

Baume & Mercier lance une tweet-opération avec WorldTempus. Le SIHH 2012 en ligne…

Tweetophiles, à vos marques, prêts… Partez, le 13 janvier à 14h00! L’ensemble de la planète Twitter et de ses bourdonnements relatifs à l’actualité du SIHH 2012 seront regroupés en un seul flux. Etonnamment, l’initiative de créer durant le salon un « centre du monde » temporel, donnant aussi la part belle aux autres marques, ne vient pas des organisateurs du salon, la Fondation de la Haute Horlogerie (?!) mais de l’un de ses bouillants participants exposants, la marque Baume & Mercier qui trouve en Worldtempus.com, le site d’Edipresse, un relais fort utile. C’est à la limite de l’altruisme immatériel! Ainsi, chaque passionné -ou refoulé car ne rentre pas qui veut au Salon-, chaque journaliste spécialisé, disposera d’un lieu regroupant absolument tout ce qui s’écrit sur la toile à propos du SIHH 2012. Sur site web, tablette ou mobile. En temps réel, grâce à des capteurs sniffeurs, capables de repérer une palette de mots clefs. On l’a vu du côté des récentes révolutions dans le monde, l’info d’aujourd’hui, plus immédiate même que le média radiophonique, c’est Twitter. Quant à Baume & Mercier (fan page sur Facebook), elle enfonce le clou de sa longueur d’avance en matière de e-Communication. Du côté de l’agence orchestratrice de l’opération, il semble qu’on fourbit déjà ses armes pour BaselWorld…

Zenith s’affirme en marque éthique

Après les diamants propres et la mise en place du processus de Kimberley, le luxe fait aussi le ménage du côté de l’or et des pierres précieuses. Autour de slogans tels que ‘No Dirty Gold‘ et pour concrétiser l’idée lancée par des ONG, le RJC -Responsible Jewellery Council s’est créé. Au départ, en 2004 avec 14 membres dont Cartier et Tiffany. En 2009, 150 membres. Rejointe par d’autres grandes des groupes Richemont ou LVMH, Jaeger LeCoultre, Chanel, Baume & Mercier, Van Cleef & Arpel par exemple, cette nouvelle instance vient d’annoncer la certification de 11 nouvelles sociétés répondant à ses critères d’éthique, de droits humains, de RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) et de conscience environnementale. Parmi elles, Zenith au Locle (Groupe LVMH), comme en témoigne le document suivant daté du 12 janvier 2012. Lire aussi l’article « Or Propre, Prochain Combat« .

Salon international EPHJ-EPMT-SMT, 565 exposants!

A cinq mois de son ouverture, des 5 au 8 juin 2012, la plus grande manifestation professionnelle de Suisse, franchit un cap majeur. Le nombre des exposants est à 99% identique à celui de l’édition 2011 (571)! Un beau cadeau des organisateurs André Colard et Olivier Saenger à Genève, qui accueille à Palexpo pour la première fois cette concentration d’acteurs de tous les domaines de haute précision, l’horlogerie et la joaillerie, les microtechnologies et les MedTech. Pour rappel, la manifestation avait été chassée des des terres lausannoises par le nouvel exploitant du Palais de Beaulieu. La barre mythique des 600 exposants devient donc de plus en plus de l’ordre du probable. Tout un programme!

Six photographes horlogers en galerie dans Heure Suisse

Depuis le début de l’année 2011, sous l’impulsion du nouveau rédacteur en chef Joël A. Grandjean, de prestigieux photographes exposent leurs oeuvres au fil des portfolios lancés les magazines Heure Suisse et Heure Schweiz du groupe Promoedition (Genève). A visionner, un florilège de ces images qui font la part belle tant aux calibres horlogers, aux horlogers doigts d’or ou à des modèles artistiquement mis en scène. Ainsi ont pu être présentés les artistes Denis Hayoun, Yann Arthus-Bertrand, Ralf Baumgarten, Thierry Bösiger et Guy Lucas de Peslouan.

Littérature horlogère en revue

Dans les magazines horlogers Heure Suisse et Heure Schweiz en 2011, sous la plume de la journaliste Muriel Grand, une place importante a été offerte à la littérature horlogère. Avant que le bloghorloger.ch ne passe en détail les livres présentés, invitant ses followers a les commander sur la bibliothèque online watchprint.com, voici le lien permettant de les passer en revue.

Enterré le musée d’horlogerie de Genève?

Genève. A l’heure où une formidable expo horlogère transforme le Musée Rath en écrin de « Trésors d’or et d’émail » jusqu’au 29 avril 2012, histoire de se rendre compte enfin de la richesse et de la qualité de ce patrimoine d’exception, il est bon de relire la page 23 du Mémorial des Séances du Conseil Municipal de la Ville de Genève (168ème année, 4501 – N°39). Ou comment se clôture un sinistre épisode de la vie culturelle genevoise: CHF 423’032.07 ont été dépensés pour parvenir à la conclusion que la sécurisation de la Villa Route de Malagnou abritant le Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie de Genève était soi-disant trop coûteuse. De l’argent public jeté par les fenêtres puisque, de toute manière, la volonté politique ayant décidé de tout investir pour agrandir le Musée d’Art et d’Histoire, s’est employée depuis à tout mettre en oeuvre pour parvenir à ses fins. Comme démontrer à tout prix -c’est le cas de le dire- que d’autres Musées pouvaient y trouver un bénéfice. Ainsi, le 18 janvier 2011, selon le PV de cette séance en après-midi, « Le Conseil administratif a décidé d’abandonner le projet de réaménagement et d’agrandissement du Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie au profit d’une mise en valeur des collections dans le cadre de rénovation et d’agrandissement du Musée d’Art et d’Histoire au 2, rue Charles-Galland. L’étude du réaménagement, de la sécurisation et de l’agrandissement du Musée est abandonnée. » Des Musées d’Art et d’Histoire, il y en a des centaines voire des milliers dans le monde, un Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie, il n ‘y en avait qu’un, à Genève, dans l’une des métropoles horlogères les plus en vue de la planète. Cherchez l’erreur.

Celsius… Romaric, Meylan et Borès, objets nomades…

On savait Hugues-Olivier Borès sous-marinement occupé, après avoir été l’un des visages Patek Philippe durant plusieurs années. L’homme avait monté Help On Brands sa propre agence ès stratégies de développement, côté Paris. Bien lui en prit, puisque c’est dans ce cadre qu’il s’accoquine avec André Romaric et Edouard Meylan -oui, oui, le fils de…, les fondateurs de Celsius X VI II, une marque franco-suisse créée à Paris en mai 2006, au point d’en rejoindre le capital et d’en devenir Conseiller exécutif. A part le fait que l’ADN de cette nouvelle venue marie horlogerie et téléphonie mobile, sur le mode d’un objet luxe inspiré d’un papillon et doté d’un mécanisme de 547 composants, qu’elle dispose déjà de son site et de sa page Facebook afin de donner à ses objets nomades le rayonnement escompté, on en saura plus à BaselWorld -Halle 4.0, Sand A01. Il sera question de « Grand Complication for Timeless Communications« , objet prêt à butiner les fleurs plate-bandes fleuries des réseaux horlogers.

Racine, Ariste (marque ENICAR)

Vers 1913, Ariste Racine utilise un anagramme de son nom pour déposer à La Chaux-de-Fonds la marque ENICAR. Direction Lengnau où sa société déménage durablement. Ses modèles pour hommes, femmes, pour militaires, notamment ceux qui sont dotés d’une boussole intégrée débarquent sur les marchés. Vers 1950, un catalogue ENICAR présente d’autres modèles porteurs des noms Longeau ou Alprosa. 1956, pour la première fois et grâce à une expédition d’alpinistes suisses, le sommet de l’Himalaya est vaincu. Chaque membre de l’expédition porte une Enicar. La mention « Ultrasonic » désigne une technique unique de nettoyage des mouvements aux ultrasons, avant leur huilage. Robustes, les montres Enicar gagnent leurs lettres de noblesse avec la sortie en 1958 de la Sherpa Dive, une étanche à 200 mètres dont le fond gravé représente une huître ouverte avec sa perle, ainsi que l’inscription « Seeperl » qui désignera par la suite les montres étanches de la marque. Pionnier des boutiques monomarques, Enicar ouvre à Johannesburg un magasin éponyme, construisant sur le succès de son « Sherpa World Timer » un GMT. Le succès de la boutique arrive aux oreilles des détaillants qui se pressent au portillon.

Boucheron, détournements de sexe.

La maison parisienne réussit un tour de force largement illustrateur de ses talents joailliers. Elle s’empare de bastions masculins pour en faire d’incroyables bijoux. Comme en 2007 avec son Héra Tourbillon un garde-temps de haute-joaillerie aux allures de paon, au cœur duquel les visions mécaniques d’un des plus emblématiques mouvements de l’histoire horlogère, le Tourbillon sous Trois Ponts d’Or de Girard Perregaux, se chargent de raisons esthétiques. En 2010, la grande maison joaillière Boucheron remet le couvert en détournant l’Horological Machine N°3 de la marque MB&F pour en faire une chouette aux grands yeux candides, emplis d’éclats de désir. La pièce s’appelle JWLRYMACHINE.

Saskia Maaike Bouvier complications au féminin

La démarche de Saskia Maaike Bouvier, membre de l’AHCI, Académie horlogère des Créateurs indépendants des allures d’éclaircie. Car même si elle s’appuie sur le trend des grandes tailles qui habillent aussi si bien les dames, ses créations sont des complications nouvelles, spécifiquement créées pour des femmes. Cette horlogère conceptrice, formée à l’issue de son écolage horloger à quelques enseignes prestigieuses, se la joue solo dès l’âge de 30 ans, en 2004. Partant de l’idée que «la femme est naturellement influencée par la lune et sensible à ses changements» elle développe un calibre SmB 905 automatique capable de donner vie à sa collection 8 lunes, des montres dotées d’un affichage de l’éphéméride lunaire. «Chaque jour, la progression de la lune est clairement indiquée. A midi, la lune d’aujourd’hui, ensuite, celles à venir.» Surprise, dès que l’astre du jour décline, ces lunes s’allument et illuminent la nuit, transformant la course du temps en ballade sur firmament.

L’Upside Down Number One de Ludovic Ballouard

Mise en valeur du bon sens… Extrait d’un billet d’opinion signé Joël A. Grandjean, paru sous la chronique « Minute, précisions! » sur le site Horlogere-suisse.com: « Ses chiffres à l’envers ont l’utilité de permettre la mise en valeur du chiffre qui, à l’endroit, indique l’heure…» expliquait Ludovic Ballouard lors de son discours à la remise des prix Montres de l’Année du Magazine Montre Passion (Ringier). L’horloger transfuge de Journe, converti à son aventure éponyme, faisait allusion au cadran de sa première création, l’Upside Down Number One, habitée par un système de douze mécanismes complexes dissimulés sous une sobriété rare. Un concentré d’horlogerie compliquée et pure, doté d’une dimension poético-ludique: une seule aiguille pour indiquer les minutes puisque chaque chiffre des heures, positionné sur le cadran la tête en bas, se remet à l’endroit lorsque la course du temps arrive à son niveau. C’est par ce ‘retournement’ du chiffre, entièrement orchestré de manière mécanique et à partir de la même énergie que celle qui entraîne le mouvement, que les heures défilent, se repositionnant à l’envers lorsque leurs 60 minutes se sont écoulées et que l’heure d’après s’entame. Le mieux, c’est encore d’y jeter un œil. » Au-delà, de la prouesse technique, cette célébration du ‘bon sens’ se charge d’une dimension parabolistique: ceux qui sont restés droit sont mis en lumière par ceux qui font les choses de travers, louvoyant ou trichant avec les règles, privilégiant le profit maximal et, lorsque le ciel se couvre, n’hésitent pas à se laver les mains dans la sueur d’autrui. Participer au forum de Horlogerie-Suisse.com.

Baume & Mercier, la eSaga reprend…

Sous la bannière « Secrets d’une famille d’Horlogers« , la marque Baume & Mercier fait mousser la toile en embarquant pour une deuxième volée de courts et instructifs épisodes, postés simultanément chaque jour sur sa fanpage Facebook et sur son profil Twitter. Tous les soirs, à compter de ce soir 19h00 (heure suisse), une nouvelle page de son histoire s’écrira en direct, faisant la joie de ses 75’000 fans recensés. Eh oui, depuis l’année passée, grâce à cette opération eSaga, la marque dirigée par Alain Zimmermann a récolté, avec l’aide de l’agence Details.ch, les fruits de son intelligente utilisation des médias communautaires! Et le nombre des followers va croissant. Donc, dès ce mercredi 5 janvier jusqu’au dimanche 16, juste avant l’ouverture officielle à Genève du SIHH 2011, Salon International de la Haute Horlogerie, un épisode par jour… Restés connectés.

En 1856 chez Patek, déjà le quart de seconde…

La montre de poche N° 10 051 de 1856 est certainement l’un des plus anciens chronographes Patek Philippe. Avec sa grande trotteuse complétée par sa petite seconde foudroyante, elle permet de capturer déjà des intervalles de temps de l’ordre du quart de seconde. Hélas, cette historique ne possède pas encore de mécanisme de remise à zéro et c’est donc au moyen d’une clef séparée, avant chaque opération de chronométrage, qu’il convient de la régler sur la position de départ. Au nombre des complications maîtrisée par la marque, les chronographes représentent parmi les trésors les plus convoités par les collectionneurs, pour avoir été, peu après la date de fondation de Patek Philippe, le champ de développements continus. Certains, hors de prix, ne peuvent être observés qu’au travers de vitrines muséales, quand ils n’ont pas rejoint les arcanes opaques de quelque collection privée. L’histoire est en marche puisqu’en 2005, la marque présente à BaselWorld, le chronographe à rattrapante extra-plat référence 5959, doté du premier calibre chronographe 100% maison, développement et production s’entendent, le CHF 27-525 PS: un mouvement à rattrapante et à roues à colonnes le plus plat du monde avec son épaisseur de 5,25 mm.

Agenhor nouvelle fabrique: les «casquettes» et la pompe.

Longuement ruminée par le constructeur horloger Jean-Marc Wiederrecht, maître ès complications, l’idée est, selon lui, une question de bon sens: construire des dalles supérieures de plus grande taille que le bâtiment, comme des «casquettes», doit permettre qu’en hiver, lorsque l’astre du jour suit une courbe inclinée, le soleil pénètre par les surfaces vitrées, apportant sa contribution au chauffage intérieur. Ces mêmes dalles en été, lorsque la course solaire flirte avec la verticale, pourraient «briser les rayons», les empêchant de taper sur les façades. Jean-Marc Wiederrecht ne voulait pas la climatisation, il voulait pouvoir ouvrir les fenêtres, pour entendre l’eau couler –une marre a été installée, et les oiseaux chanter. Utopique? Grâce à son usine laboratoire Agenhor (Atelier Genevois d’Horlogerie), avec son écobilan positif et ses «charges négatives», il démontre que le respect  de l’environnement est un modèle économique viable. D’ailleurs, son bâtiment pourrait même lui rapporter de l’argent, puisque les SIG, fournisseur officiel genevois d’électricité, rachètent à bon prix, tout surplus d’énergie renouvelable produit par des particuliers…

La L08 de Armand Nicolet.

Les montres ont-elle une âme? C’est la question que pose la «L08», sur le mode de l’édition limitée en multiples de 150, de 50 pour une version sertie. Pour la boîte, ronde et classique, la noblesse d’un acier efficace cède parfois, pour la lunette, à l’or rose ou aux diamants. Le fameux «guilloché» du cadran en relief, devenu signe reconnaissable du style Armand Nicolet, s’entrouvre sur des détails triés d’un calibre vintage 18’000 alternances par heure, le AN0711A, concentré de nouvelles technologies saupoudrées des composants du calibre UT 600 de 1957, retrouvés dans les combles et les tiroirs de la maison originelle. Ce moteur à remontage manuel, dont il ne reste par définition qu’un nombre limité d’exemplaires, se distingue par son épaisseur réduite. Oh, pas celle d’une extra plate, mais déjà avec l’élégance des discrètes qui en jettent sans chercher à s’imposer. Tenu en laisse par un bracelet cuir de crocodile, le temps servi par cette réincarnation des valeurs originelles de l’horlogerie, se devait de s’entourer d’attentions subtiles : décorations «Côte de Genève», rhodium perlé, index appliqués à la main, étanchéité à 5 atmosphères et, une réserve de marche de 36 heures.

Armand Nicolet, horloger

Armand Nicolet, fils d’un horloger, entre en horlogerie, comme on entrait dans les ordres. Vocation et passion. A la fin du 19ème siècle, au sortir de son apprentissage, il ouvre son premier «Atelier d’Horlogerie» et, en 1902, s’illustre dans l’univers de la montre de poche soignée, titillant parfois celui des complications telles que les répétitions minutes, quarts, ou heures, les calendriers perpétuels… Encore prisé par les collectionneurs, au détour d’un catalogue de ventes aux enchères ou d’une transmission d’héritage, ce nom est également synonyme, durant les fifties, de la production depuis Tramelan de la presque totalité des calibres Venus. Rappelons que cette ville était à l’époque le troisième pôle horloger de Suisse, avec la concentration de 800 horlogers et 105 fabriques. Site officiel actuel.

Bittel invente le post bling-bling…

Encore une inédite chez Michael Bittel. Sur la complice initiative du photographe Claude Cuendet, Michael Bittel, le plus atypique des horlogers, est mis en scène. L’occasion de présenter un modèle encore jamais montré: une montre dont la lunette hérite de sa fameuse invention, son système de lamelles amovibles. Supposons qu’une des faces de ce pourtour soit sertie de diamants, que l’autre affiche la sobriété d’un poli brillant. Ça donne le bling-bling sur commande ou l’expression du post-ostentatoire, un modèle idéal en ces temps de retours vers des goûts plus classiques et vers le moins d’envie d’étaler les tapages d’une horlogerie d’excès. Apparu en 2009 avec ses Grands Carrousels, des montres bracelets dont les cadrans multiples offrant deux à trois faces totalement distinctes sont possibles grâce à ce même système, celui que l’on surnomme affectueusement «l’horloger du voyage» poursuit sa route. Avec notamment, annoncée pour début 2011, une centaine d’«Eclypses», autre modèle porteur d’une seconde invention, le double diaphragme. Là encore, comme fil rouge, la possibilité de disposer de deux cadrans, trois si l’on compte le «fond» de la cage qui supporte avec bonheur quelque sertissage partiel ou complet.

Triple Axis Tourbillon de Thomas Prescher.

S’inspirant, comme ses pairs Stephen Forsey et Robert Greubel, des travaux des Britanniques Anthony G. Randall et de Richard Good, Thomas Prescher appartient à cette nouvelle génération de doigts d’or qui s’amusent à taquiner l’impensable. Ainsi parvient-il à réaliser, dans une montre-bracelet, un exploit jugé jusque-là impossible: l’ajout à un mécanisme tourbillon d’un troisième axe, opérant une circonvolution une fois par heure, donnant un relief spatial à la vision fascinante de la marche de la montre. Le tourbillon semble suspendu dans l’air et ses ébats sont comme épargnés par les vicissitudes de l’apesanteur.  Lire l’article paru dans Heure Suisse n°107.

Robergé, flash back. Frédy Capt, horloger.

Robergé! Cette marque vous dit encore quelque chose? A se repencher sur son histoire récente, on réalise à quel point elle fut pionnière et avant-gardiste. Certes, elle existe encore, mais ne s’active plus aujourd’hui sur le positionnement de ses origines. Marque liée à la famille Mouawad, elle avait, le dédain du scepticisme passé, le parfum authentique d’une vraie marque d’horlogers. Alain Mouawad, le fils, dont le mensuel Bilan révèle sous la plume de Michel Jeannot qu’il se prépare avec Blacksand à revenir sur le terrain du branding horloger, y était pour beaucoup. On sait l’homme épris d’horlogerie, connaisseur et collectionneur. Outre une créativité pratique sur laquelle bloghorloger.ch reviendra au fil de quelques exemples concrets, la marque Robergé savait bien s’entourer. Par exemple Frédy Capt, son horloger rhabilleur, est aujourd’hui chez Breguet, depuis 18 ans.

Demi-fuseau horaire chez Blancpain

Décidément l’Inde est à l’honneur. Particularité familière à tous les voyageurs qui s’y rendent, le fuseau horaire local se compte en fractions de demi-heures. De quoi mettre KO toutes les GMT en circulation. Toutes, sauf la Villeret Demi-Fuseau de Blancpain, annoncée pour BaselWorld 2011. Grande simplicité d’utilisation grâce à un poussoir situé sur la tête de la couronne, permettant de corriger rapidement la date, l’heure du demi-fuseau, de demi-heure en demi-heure. Et si l’on décide de corriger l’heure de référence, celle du deuxième fuseau se fait automatiquement. Ça a l’air simple à dire, à utilisé, c’est toutefois l’expression d’une grande maîtrise ès complications horlogères. Habité par le calibre 5254DF -321 composants pour 72 heures de réserve de marche, développé par la Manufacture du Brassus, ce garde-temps est logé dans une boîte demi savonnette en or rouge. Une matière retrouvée sur des index posés à même un cadran opalin, subtilement guilloché.

Biver, serial sniper du marketing, a encore frappé

Une image vaut 1000 mots, la formule est bien connue. Certains messages peuvent en contenir d’autres, si on décode un peu. Ainsi, sur l’une des photos accompagnant le communiqué de presse Hublot lié à l’illumination de la colonne de la Place Vendôme, le 3 décembre 2010, outre les flocons illuminés qui célèbrent l’ouverture de la boutique Hublot au 10 de la célèbre place, on peut remarquer, sur la droite, ce qui pourrait être un « oubli ». En effet, la devanture de la boutique Patek Philippe, particulièrement visible, profite aussi de l’illumination. Lisons entre les lignes et comprenons qu’une telle promiscuité véhicule un message plutôt positif pour la marque Hublot, en terme d’excellence d’emplacement. Ou d’excellence tout court? Bien vu, Jean-Claude Biver demeure un maître ès communication, même lorsqu’il n’est pas sur les photos, ou qu’il est de dos… donnant le top à un système d’information associant l’ouverture boutiquière aux 200 ans de la colonne. Au nez à à la barbe de Béatrice de Plinval, Présidente du Comité Vendôme, Isabelle Lemesle, Présidente des Monuments Nationaux, Danièle Pourtoud, Adjointe au Maire de Paris chargée du patrimoine, et Jean-François Legaret, Maire du 1er arrondissement, entourant pour l’occasion l’horloge Hublot qui a donné le top.

Jean-François Mojon, horloger développeur

Auprès des collectionneurs, surtout en Asie, le nom de Jean-François Mojon est de ceux qui engendrent les frémissements. Développeur pour de Grisogono de la dg Meccanico, première montre dotée d’un affichage digital entièrement mécanique, l’homme a également sévi chez Harry Winston, en s’associant au dixième chapitre de la saga des Opus. Sa série de garde-temps, dont le prix unitaire avoisinait pourtant les  CHF 210’000.–, s’était envolée en quelques jours… Présente au Geneva Time Exhibition, le salon genevois des indépendants, cette figure d’une horlogerie toujours plus compliquée, devrait drainer son flux d’inconditionnels. Le Loclois, fondateur de Chronode SA, les entraînera cette fois, sur les traces de Cyrus Le Grand, le monarque qui parvint à conquérir la plus imprenables des cités, Babylone. Une nouvelle marque, lancée par Laurent Lecamp. Voir l’article sur la Clepcys.

Bulgari Gefica, de l’or au bronze, en passant par…

Du bronze chez Bvlgari. Tandis qu’avec son modèle Octo Birétrograde Acier-Céramique, la marque digère allègrement l’or de sa première place sur le podium du 17ème prix Montre de l’année créé par le magazine Montres Passion, elle joue le bronze en ce qui concerne sa Gefica. Les bronzes, nom générique désignant des alliages constitués de plus de 60% de cuivre et d’une proportion variable d’étain, contiennent aussi des quantités variables d’aluminium, de plomb, de béryllium, de manganèse et de tungstène, accessoirement du silicium et du phosphore.  A ne pas confondre avec le laiton dont la traduction anglaise ‘brass’ est souvent traduite à tort par ‘bronze’. Ici, la matière a été rendue plus légère et confortable par l’adjonction de titane. Une des particularités liées à l’usage de ce matériau est d’éviter toute brillance sur le boîtier et de s’offrir la patine d’un temps qui jamais ne s’altère. Car si la montre va changer de teinte, il sera possible, à tout moment, de lui redonner son aspect et ses éclats originels. La Gefica est habitée par le calibre Bvlgari/GG 1004, bi rétro

Espace VIP à Genève, chez Jaeger. Rappels historiques

Au 2 Rue du Rhône à Genève, dans la boutique encore recouverte des traces de travaux alentours -décidément Genève n’en finit pas de ses travaux qui n’en finissent jamais, Jaeger LeCoultre s’offre un espace VIP, en sous-sol, à l’abri des regards passants. Là où pourront s’expliquer, sous l’oeil expert d’un horloger maison, les complications les plus étonnantes de la marque. Des modèles qui s’engagent, selon Jérôme Lambert, à être présents au moins en un exemplaire chacun en ce réceptacle à grands clients un peu particulier. L’occasion d’un flash back sur les liens passés entre La Manufacture et Genève. On apprend qu’en 1559, Pierre LeCoultre, réfugié huguenot, premier de la lignée à se poser en Suisse, négocie son lopin de terre à la Vallée dans la cité de Calvin. Lopin sur lequel il bâtira 10 générations autour de son premier atelier d’horloger. Puis, quelques printemps dynastiques plus tard, c’est Antoine LeCoultre qui, amenant à Genève en 1853 les fabrications réalisées durant la période hivernale, décide de se poser au 2… rue du Mont-Blanc. Il y ouvre un atelier pour terminer les ébauches destinées au marché US. Souvenirs… Avant que les rachats ne sévissent et ne répartissent plus sévèrement les délimitations, Jaeger LeCoultre était vendue à quelques pas de là, dans la boutique Vacheron Constantin située en l’Ile. Eh oui, c’était le temps des amitiés corporatistes..