Bradée, Eterna passe en mains chinoises.

Il semblerait que le groupe China Haidian, via sa société International Volant Limited, aurait déboursé la modique somme de 22,9 millions de francs suisses pour l’acquisition d’un des fleurons les plus mythiques de l’horlogerie suisse, la société anonyme Eterna AG Uhrenfabrik (Soleure), propriétaire de la marque Eterna. Même en tenant compte que la marque aurait accusé durant la dernière année de son activité des pertes conséquentes et que le nouvel acquéreur s’en serait porté garant, le montant semble particulièrement inférieur au prix que la plupart des observateurs du milieu horloger en aurait donné, à vue de nez. Le vendeur, la société F.A. Porsche Beteiligungen GmbH semble donc l’avoir bradé. Ce qui paraît le plus inconcevable, c’est que le Swatch Group certainement contacté à un moment ou un autre, n’aie pas saisi l’occasion d’annexer cette enseigne qui participa, comme client régulier, à la survie d’une partie de son outil de production mécanique, à une époque où, au sortir de la crise des années 1970, tous pensaient, Hayek Senior compris, que seule la montre à quartz avait un avenir. Nick Hayek junior serait-il plus gestionnaire que visionnaire? Il semble inconcevable que feu son père ne se soit pas battu pour une telle enseigne. Toujours est-il que Mr. Hon Kwok Lung, le nouveau propriétaire, annonçait fièrement la nouvelle, lors d’une récente réunion à Pékin face à l’univers de la sous-traitance chinoise. Un propriétaire qui possède, via une autre société fraîchement créée Swiss Chronometric (3 des 5 administrateurs résident en Chine), également la nouvelle marque Codex, appelée à être le haut-de-gamme d’Ebohr qui produit  650′000 unités considérées comme du bas de gamme.

Utopie? Une montre à chaque poignet, en souvenir de Nicolas Hayek

Le groupe est lancé sur Facebook: si tous les passionnés et amis de l’horlogerie se mettaient à arborer deux montres, une à chaque poignet, il se pourrait que l’ensemble de la branche horlogère suisse vende plus de montres. Surtout si la mode des « deux montres sinon rien! » venait à prendre. Après tout, l’idée pourrait être reprise par la FH qui, dans son histoire, n’hésitait pas à mouiller son maillot pour des opérations corporatistes ciblées. Ainsi, à une époque où les ventes de montres peinaient, la Fédération Horlogère Suisse avait lancé une campagne sur le chronographe. Il s’en vendit énormément, preuve que le message était passé. Nicolas Hayek avait réussi à la fois à capitaliser sur sa personne -sa notoriété médiatique lui permettait de faire le plein à chaque conférence de presse, tout en inventant le protocentrisme. Oui, oui, tout le contraire de l’égocentrisme. En fait, l’ego au service du produit! C’est pour ça qu’il portait invariablement tant de montres à ses poignets… Lire la chronique sur horlogerie-suisse.com.

Nayla Hayek, nommée Présidente du Swatch Group.

29 juin 2010. Nommée Présidente du Conseil d’Administration du Swatch Group en remplacement de feu son père Nicolas G. Hayek, Nayla sa fille n’avait jamais été sous le feu des médias. Même sa promotion au titre de Vice-Présidente, il y a environ 6 mois, n’avait pas été relevée. Entrée dans ce conseil en 1995, son chemin était pourtant tracé. Au travers de cette nomination à la fonction suprême, certainement initiée par son père, un message fort: la continuité, les concurrents n’ont qu’à bien se tenir, le renforcement de l’identité propre de chaque marque du groupe suit son cours. D’ailleurs, signe de la confiance du marché, l’action boursière n’a que très peu bougé. Entre les lignes, lisons aussi dans cette nomination, notamment pour les marchés sensibles à la notion de clan et à la gouvernance patriarcale mise en place par Nicolas G. Hayek, comme ceux du Moyen-Orient notamment, que la famille garde le contrôle, qu’elle reprend les rennes et les pôles positions. Toujours à l’adresse de ces marchés, qui mieux qu’une fille peut honorer l’héritage moral d’un père? Nayla Hayek n’est-elle pas également au Conseil d’Administration de Belenos Clean Power Holding SA, cette société si chère à Nicolas G. Hayek (recherche et réalisations en matière d’énergies du futur, propres et renouvelables). A ceux qui douteraient de sa carrure, elle répond sur le terrain de l’opérationnel, après avoir occupé des postes clefs pour le Swatch Group au Moyen-Orient et en Inde, par une belle réussite: la création en 2008 de la nouvelle entité Montres Tiffany SA. De ses passions d’avant l’immersion dans le groupe, elle conserve son titre de juge arbitre internationale pour les chevaux arabes, en sa qualité de membre de la WAHO, World Arabian Horse Organisation. Après tout, son frère n’était-il pas lui aussi promis à une carrière extra-horlogère, du côté du Cinéma où il fit tourner Peter Fonda dans Family Express? Ecouter l’interview de Nick Hayek sur Forum (Radio Suisse romande), assortie du commentaire de Joël A. Grandjean, responsable éditorial de bloghorloger.ch

Décès de Nicolas Hayek Senior, artisan de la culture horlogère suisse

Lundi 28 juin 2010. Bien que l’homme ait remis en 2003 à son fils Nick Junior les rennes du Swatch Group, il continuait de participer aux décisions. D’origine assyro-Chaldéenne, celui qui sera nommé, entre autres 150 distinctions internationales, Citoyen d’Honneur de la Ville de Berne, avait mis en évidence la valeur immatérielle de la suissitude. Avant que ne soit créé le Swatch Group, issu de la percée de la montre Swatch, il avait été appelé comme consultant pour tenter de tordre le cou à l’une des plus terribles crises horlogères, celle des années 70. Il avait fait alors une expérience étonnante: fabriquer une même montre avec des mentions différentes sur le cadran. Une fois « Made in Japan« , une autre « Made in France » et… en fin de compte « Swiss made« . Après les avoir déposées sur plusieurs marchés test, il est apparu qu’à peu près partout dans le monde, la montre suisse avait plus de succès, même vendue plus chère. Alors à l’heure où tous loueront la grandeur de l’empire qu’il laisse derrière lui, en termes d’emplois, d’économie, de marques horlogères et j’en passe, il est bon de rappeler que l’homme a travaillé pour les décennies à venir et pour la bonne santé globale d’un secteur: en effet, il a le premier défini, par cette simple expérience, la valeur de la dimension culturelle de l’horlogerie. Certes, les actions du Swatch Group devraient connaître quelque plongée, certes, on sait que le fils n’aura pas les mêmes affections que son père et que certaines têtes pourraient donc bouger, reste que ce grand patron aux allures d’artiste laisse un héritage qu’il convient de ne jamais dilapider. Les médias qui, au moindre claquement de doigt, se précipitaient à ses conférences de presse d’homme produit (il vantait ses montres et pas sa personne), se sentent terriblement orphelins.

Sellita, l’aternative ETA, la fin d’un monopole?

Avec 25% de parts de marché (sur les 4 millions de montres mécaniques produites en Suisse et comprises dans le chiffre total de 24 millions de montres), la Chaux-de-Fonière Sellita, fraichement installée dans ses locaux du Crêt du Locle s’est donné les moyens d’être une sérieuse alternative à ETA, l’entité du Swatch Group actuellement sous les feux, pour la énième fois, d’une enquête de la Comco (Commission contre la concurrence). Environ 300 clients l’ont compris. Son mouvement SW 200, depuis que certaines protections liées à des patentes échues ont sauté, affirme seul et comme un grand, ses franches performances. De quoi régater face aux « tracteurs » d’en face, aguerris par tant de générations d’horlogers d’ETA. Il y a également, pour un plus haut de gamme, le SW 300 puis un calibre chronographe, le SW 500. Bref, la famille de calibres maison compte cinq membres, de quoi s’éviter de passer la main.  Sellita est dirigée par Miguel Garcia, CEO et propriétaire depuis 2003. Les clients s’habituent peu à peu à changer leurs habitudes, ils sont déjà au nombre de 300. Il est probable que l’attitude de Hayek Senior, ces derniers-temps, les y encourage…

Emch Manuel, nouveau CEO de Romain Jerome

Est-ce parce qu’il est collectionneur d’art contemporain que Manuel Emch a accepté le nouveau défi de diriger la marque Romain Jerome? Quoiqu’il en soit, les oeuvres laissées par l’ancien dirigeant Yvan Arpa pourraient prendre en valeur grâce à cette nomination attendue -la rumeur circulait depuis deux mois. Ainsi, la voie choisie par la marque, celle de s’approprier des légendes, reste d’actualité et sera conjuguée aux temps de la nouvelle impulsion. L’homme est un passionné d’art -il reçoit à quinze ans une oeuvre en guise de premier salaire dans la galerie d’art où il travaille, formé à l’Art Center de la Tour de Peilz, l’antenne suisse de l’école Pasadena. Puis il fait ses débuts chez Sothebys avant d’obtenir sa licence HEC en économie de l’Université de Lausanne. Après quelques escales dans le consulting côté business process reengeneering, il vit sa fascination pour l’horlogerie grâce à la formidable aventure de la relance de la marque Jaquet Droz. Au sortir d’un cycle de huit ans, il précise, lors de la conférence de presse du 9 décembre à l’Hôtel Président Wilson de Genève, que c’est bien lui qui a démissionné, qu’il n’a pas été « poussé vers la sortie » et que le fait de se retrouver à la tête d’une structure plus modeste, indépendante de toute appartenance à un groupe, a des effets « libérateurs. » Débuts effectifs, le premier janvier 2010, avec, un premier bilan intermédiaire à BaselWorld 2010 où la marque Romain Jerome, particulièrement déterminée à investir tant dans les personnes nouvellement engagées que dans les moyens qu’elle envisage pour perdurer, s’offre un nouveau stand situé dans la mythique halle principale. A lire également, le rendu de la conférence de presse.

Manuel Emch s’en va, Jaquet Droz sur les rails…

Assis aux côtés du tandem Hayek père et fils, lors de la cérémonie de pose de la première pierre de la future manufacture Jaquet Droz (le 9 septembre 2009), rien n’aurait pu présager la démission de Manuel Emch, qui semblait indissociable du devenir de cette Historique redressée avec brio. A part peut-être l’attitude qu’un spécialiste comportemental pourrait détecter en décryptant parue dans le journal online de la Haute-Horlogerie: c’est comme si le jeune entrepreneur paraissait déjà exclu d’un évènement en pleine célébration. Sa Machine à Remonter le temps, demeurera une trace identitaire et le trophée indélébile d’un brillant CV.

Revue de presse: article de Bastien Buss (AGEFI) repris par Arcinfo.ch (Romandie News). Sur Wordtempus.ch et sur Businessmontres.com.

Saphir de synthèse, déjà 80 ans…

Déjà 80 ans que le saphir fait son apparition au poignet, remplaçant la célèbre glace en plexi. C’est un modèle Duoplan de Jaeger LeCoultre qui accueille le premier, en 1929, l’invention du chimiste de Dunkerque, Auguste Verneuil (1856-1913): à partir de poudre d’alumine il fabrique un saphir de synthèse qui dispose des même caractéristiques que celles de la pierre naturelle. Appartenant au Swatch Group, la société Comadur est le fabricant leader en Suisse de ces glaces. Century, marque biennoise âgée d’une quarantaine d’année est connue pour faire usage de ce matériau dans la fabrication (ou la taille, devrait-on dire) de ses boites de montres. Quant à la marque Quinting, elle l’utilise pour fabriquer des calibres électro-mécaniques qui s’inscrivent dans la plus pure tradition des montres mystérieuses, équipés de six disques saphir tournants. Cette particularité n’échappe pas à  Christian Dior qui lui commande un calibre spécifique, pour sa collection Christal. Happy birthday Saphir, et longue vie…

Rado se la joue ado et pointe le design

Radostar.com est né. Un site qui assoit l’image de la marque dans cette connotation design qu’elle affectionne et qui la différencie de la masse presque autant que les matériaux ultra durs qu’elle utilise. C’est assez ado parfois, mais ça se veut pointu de chez pointu. En tous les cas un espace pour créateurs estudiantins internationaux, en devenir surtout. Là où la visibilité faisait défaut, cette initiative permet à l’enseigne d’être résolument tournée vers le futur. Lancé en avril 2009, à Milan lors de la manifestation « Salone del Mobile ».