Monique Wyssmüller et son inséparable machine…

Parce que ses parents modestes ne pouvaient lui offrir la formation de coiffeuse ou de vendeuse à laquelle elle aspirait, Monique Wyssmüller est devenue horlogère. Plus précisément régleuse. Une aubaine puisque, à un âge où d’aucuns aspirent au repos après une vie de labeur, elle reprend du service, quasiment en face de chez elle à Villeret, au sein de l’ancienne fabrique Minerva devenue Institut Minerva de Recherche en Haute-Horlogerie (propriété de MontBlanc). Ce savoir rare la transforme, de temps à autre et au fil d’un voyage vers des destinations qu’elle n’aurait pas espérer conquérir, en Asie par exemple, en attraction horlogère. Sa machine étalon ne la quitte jamais. « Je l’ai eue à l’Ecole d’Horlogerie, avec les outils d’écolage, je suis partie avec, elle est numérotée » répète-t-elle inlassablement. Elle en a pris soin, ne l’a jamais fait contrôler et, lorsqu’elle est dans un long courrier en vol pour un bout du monde, la conserve sur ses genoux. Dur, dur, d’expliquer à un douanier de Hong Kong que cette compagne est une matrice lui permettant de donner le jour à une montre mécanique. En effet, Monique Wyssmüller, naturelle et gouailleuse, est régleuse en spiraux. C’est elle qui permet à l’une des pièces les plus névralgiques d’un mouvement mécanique de se mettre en route, de fonctionner… A part ça, elle collectionne les tracteurs!

H. Moser & Cie, un sans faute horloger. Denis Asch invite.

Une invitation de L’Heure Asch, ça ne se refuse pas. L’enseigne est à l’horlogerie de détail ce que le Cerf de Carlo Crisci est à la gastronomie en Suisse: inventif, constant, situé en deçà des chemins courus, et surtout communicatif. L’invitation? Rencontrer Nicholas J. Hofmann de la marque schaffhousoise H. Moser & Cie, au sortir d’une expo temporaire. Car, dès le début de la marque H. Moser & Cie, l’horloger Denis Asch était là, fervent défenseur et volontaire découvreur de trésors. Cette marque, démarrée avec 2 personnes ien 2002, s’offre un sans faute à la hauteur d’ambitions réparties, c’est rarement le cas, sur le long terme: quarante personnes à Schaffhouse, une famille éponyme de 6 calibres, une fabrication de spiraux pour ses propres besoins et pour d’autres marques dont on taira les noms, et surtout, un focus sur un classicisme de bon goût, avant même que la crise s’en prenne aux extravagances et ramène les consommateurs aux valeurs sûres et aux designs intemporels.