Romain Jerome en flamme…

Preuve que les parts minoritaires de l’actionnaire Yvan Arpa au moment de son éviction, même diluées suite à quelque recapitalisation, continuent d’imprégner l’ADN Romain Jerome: la marque sort un modèle unique dédié au volcan islandais. On aimerait tant pouvoir faire aussi fort que la rouille du Titanic ou mettre la main sur le catalogue de légendes que l’homme emporta en esprit avec lui, dans son éviction subite…. Il se peut que le syndrome du « qu’est-ce qui vient après » pèse encore de tout son poids sur la nouvelle équipe. Romain Jerome a le mérite de s’y essayer et de s’inviter non pas à la table des légendes mythiques et impérissables, mais au buffet des opportunismes de circonstance, dont l’élan fugace peut retomber, d’un moment à l’autre, brûlant au passage tout processus de légendarisation. Yvan Arpa lui-même s’y était risqué, avec son Crisis Tourbillon, bien qu’on puisse reconnaître à la notion de crise, quelque récurrence cyclique de nature à perpétuer son concept. Après tout, la tentation du buzz habite les rêves cyclothimiques de tout un chacun. Bien joué, on en parle. L’irruption dans tous les esprits de l’éruption volcanique de l’Eyjafjallajökull est encore ‘à vif’. Se greffer sur sa notoriété soudaine, peut marquer l’épisode d’une pierre de lave et… l’histoire de la marque, d’un cadran nouveau. Les poussières de cendres, même certifiées authentiques, survivent-elles aux poussières de lune? Ne risquent-elles pas de clouer au sol toute velléité de rupture d’avec l’ère Arpa? Changement d’itinéraire! La compagnie devra l’envisager, un jour ou l’autre… Ça lui coûtera un max… Le prix à payer pour ses nouveaux envols…

Yvan Arpa joue avec la foudre et Faraday. Au GTE du 17 au 22 janvier 2009.

Le voilà reparti à l’assaut des marchés internationaux, cette fois pour lui. Armé d’une poignée de fidèles, Yvan Arpa lance Artya –Haute horlogerie d’Art et introduit en horlogerie 17 artisanats. Toujours aussi explosé, mais cette fois barricadé dans sa cage de Faraday, il expose ses boîtes à la spectaculaire intervention d’un champ électrique pouvant atteindre 1 million de volts. Selon l’intensité de la brûlure, ses carrures se couvrent de stries ou de stigmates plus ou moins prononcées, chaque fois différentes. Aussi violent et magnifique qu’une aurore boréale lacérée de coups de foudre,  le procédé transcendera les boîtes d’une collection baptisée « Coup de Foudre« . Autre collection Artpiece 1/1, sa première collection arty comptera 360 pièces, des garde-temps qui s’érigent une œuvres d’art, contemporaines, torturées. Rencontre fusionnelle entre artisanats ancestraux, art contemporain et horlogerie, sa démarche rend obsolète le concept de série. L’homme réalise son rêve, faire entrer l’art en horlogerie. Une vision qu’il nourrit avec une artiste peintre qui partage sa vie depuis 20 ans, Dominique Arpa-Cirpka. Entre sculpture et tableau, la montre devient oeuvre. Son écrin est un cadre où sont épinglés trois modèles, dans un esprit trilogique. Un cadre à accrocher, ô temps suspendu. Rien que des pièces uniques, dont l’accessibilité étonne. Encore un concept novateur, servi en teasing visuel -la fameuse opération filmée en live performance, et en itinéraire de traverse. Hors chantiers battus, Yvan Arpa revient de loin: de Sector avec No Limit et traversée d’Atlantique, des marchés internationaux sillonnés pour Baume & Mercier ou Hublot, enfin des fonds abyssaux de l’aventure Romain Jerome dont il demeure avec 17% le deuxième actionnaire après le Prince Fahd Al Saoud. Le marché l’attend, il y a sur les étals, de la place pour un tel positionnement et dans le ciel encore saupoudré de poussière de lune, de l’espace pour les coups de foudre…

Volna, explosivité bâloise

Fils d’une famille horlogère, Sébastien Botinelli est un entrepreneur qui cultive les audaces. On lui doit le Restaurant Senso, le BSM Casaling, Promotion Alhia « Les Terrasses du Léman« . Depuis peu à la Présidence de Volna, on lui doit aujourd’hui l’audace d’avoir fait appel à Yvan Arpa qui lui offre stricto senso un SCUD à radioréactiver la marque. Une de ces impulsions, baptisée Volnatomic dont le créateur du No Limit pour  Sector ou du Titanic pour Romain Jerome a le secret. Une collection noir et jaune, décalée à souhait, suffisamment allumée pour que le fondateur de Artya, nouvelle marque faiseuse d’Artpieces, mérite son surnom de Simon Templar de l’horlogerie.

Emch Manuel, nouveau CEO de Romain Jerome

Est-ce parce qu’il est collectionneur d’art contemporain que Manuel Emch a accepté le nouveau défi de diriger la marque Romain Jerome? Quoiqu’il en soit, les oeuvres laissées par l’ancien dirigeant Yvan Arpa pourraient prendre en valeur grâce à cette nomination attendue -la rumeur circulait depuis deux mois. Ainsi, la voie choisie par la marque, celle de s’approprier des légendes, reste d’actualité et sera conjuguée aux temps de la nouvelle impulsion. L’homme est un passionné d’art -il reçoit à quinze ans une oeuvre en guise de premier salaire dans la galerie d’art où il travaille, formé à l’Art Center de la Tour de Peilz, l’antenne suisse de l’école Pasadena. Puis il fait ses débuts chez Sothebys avant d’obtenir sa licence HEC en économie de l’Université de Lausanne. Après quelques escales dans le consulting côté business process reengeneering, il vit sa fascination pour l’horlogerie grâce à la formidable aventure de la relance de la marque Jaquet Droz. Au sortir d’un cycle de huit ans, il précise, lors de la conférence de presse du 9 décembre à l’Hôtel Président Wilson de Genève, que c’est bien lui qui a démissionné, qu’il n’a pas été « poussé vers la sortie » et que le fait de se retrouver à la tête d’une structure plus modeste, indépendante de toute appartenance à un groupe, a des effets « libérateurs. » Débuts effectifs, le premier janvier 2010, avec, un premier bilan intermédiaire à BaselWorld 2010 où la marque Romain Jerome, particulièrement déterminée à investir tant dans les personnes nouvellement engagées que dans les moyens qu’elle envisage pour perdurer, s’offre un nouveau stand situé dans la mythique halle principale. A lire également, le rendu de la conférence de presse.

Manuel Emch, nouveau CEO RJ Watches.

Romain Jerome vient de confirmer la rumeur qui circulait. C’est bien Manuel Emch (fils de Arlette Emch qui occupe un siège capital au sein du groupe Swatch), qui reprend les rennes de l’entreprise désormais connue pour s’être adossée à quelques légendes mondiales. Selon les premières révélations, elle devrait continuer dans cette voie tracée par Yvan Arpa, débarqué sans ménagement et avec une partie de son équipe, pour motif de « violentes divergences« , selon les termes utilisés par François Tissot le 9 décembre 2009 au cours d’une conférence de presse au President Wilson de Genève. Inévitablement, au risque d’éclipser quelque peu l’arrivée du brillant transfuge de la marque Jaquet Droz,  les journalistes ont tout tenté pour percer le mystère des vraies raisons du départ d’Yvan Arpa, dont la personnalité semblait indissociable de la marque. Impossible d’en savoir plus, aux motifs que les procédures en cours empêchent toute confidence sur le sujet. Malgré l’acharnement insistant des questionneurs, silence radio assorti d’une promesse de plus de loquacité le moment venu, c’est à dire lorsque la justice aura tranché. Ah si, une petite avancée tout de même dans la voie de la recherche de la vérité. « Ce n’est en tout cas pas pour défaut de résultats » qu’Yvan Arpa a été débarqué, précise François Tissot, reconnaissant donc finalement son indéniable apport dans l’histoire de l’entreprise qui a pourtant minutieusement effacé toute trace de son passage dans les pages web de sa jeune histoire. A propos, quels résultats, combien? François Tissot, tout en affirmant que la société va bien, avoue que les comptes du bilan sont en cours et que, même au niveau du Conseil d’Administration, on n’est pas au clair sur ce point. En fait, les violentes divergences porteraient plutôt sur la gestion de l’entreprise. Bref, dommage pour Manuel Emch qui a tout de même convaincu par son fair play, qu’un prédécesseur absent ait à ce point été présent dans les discussions.

Black Belt, la montre qui résiste…

Ici, suite à une présentation du modèle, un directeur marketing d’une entreprise financière de la place genevoise tente d’acquérir une Black Belt Watch. Le hic? Bien qu’il trouve la montre superbe, il ne pratique nullement les arts martiaux. La montre résiste, elle ne se laissera pas acheter. Même topo, du côté de la Russie où un ambassadeur de la marque, se voit offrir 20′000 dollars cash pour se démunir de sa montre. Niet. Entre temps, Yvan Arpa s’installe peu à peu et s’apprête à lever le voile sur ses prochains rebondissements.

Black Belt, le luxe au mérite, pour ceintures noires.

Pour la première fois, une montre que même la plus vaste des surfaces financières ne peut acheter sauf si… elle est en mesure de démontrer qu’elle est titulaire d’un sésame! Un sésame qui s’obtient au mérite -le luxe change de camp, après une longue maturation personnelle, faite d’abnégation, d’un zeste d’ascétisme et d’un respect de valeurs immuables. Ceinture noire, for black belt only. Née à l’issue d’un combat, cette montre in black, combattive, est l’oeuvre conjointe de deux adeptes des arts martiaux, Yvan Arpa et Claudio Alessi. A peine dégagé de toute suspicion liée à son éviction subite de la marque Romain Jerome, Yvan Arpa, surnommé le Simon Templar de la branche, invente une prise en forme de nouveau business model qui fait l’économie des points de vente classiques et autre distributeurs. Non pas par déni de leurs rôle si utile à l’horlogerie, mais parce que les clubs martiaux fonctionnent selon leurs propres règles, avec des membres, des titulaires. Ce sont donc eux, plus précisément les maitres attestant du niveau requis, qui délivreront le garde-temps. Ce sera également la première fois qu’une montre prendra de la valeur par rapport à son propriétaire et en perdra en cas de cession. Lancement le 30 octobre 2009, lors de la soirée anniversaire et de la Nuit des Combattants du 15ème salon des Arts Martiaux et Sports de Combats, au Stade du Bout du Monde (Genève).

Lire également la news bloghorloger.ch du 5 mars 2009 et le commentaire de Grégory Pons du 9 mars 2009.

Yvan Arpa, verdict favorable: ni faute, ni déloyauté

Ni faute, ni déloyauté. Tel est le verdict de la Cour de Justice de Genève, dans son jugement du 29 septembre 2009, concernant le procès opposant la société RJ Watches (marque Romain Jerome) à son ex-CEO Yvan Arpa. Le bouillant entrepreneur, débarqué sans ménagement de son poste le 6 juin 2009, s’était astreint à un mutisme volontaire face aux interrogations que le milieu horloger se posait. Une telle éviction, provoque toujours remous et rumeurs, d’autant que quatre membres rapprochés de son équipe en avaient également fait les frais. S’il avait choisi de se taire, c’était certes en raison de la procédure en cours, mais également, par souci de loyauté vis-à-vis du principal actionnaire de Romain Jerome, le Prince Fahd Al Saoud. Suivront donc les procédures au Prud’hommes, ainsi que d’éventuelles suites judiciaires. Quoiqu’il en soit, cette nouvelle lui redonne les coudées franches et… le sourire. Deux armes qui pourraient bien servir son retour sur le devant de la scène. Rappel des faits, écouter le reportage de Pierre-Antoine Preti, dans le journal de la Radio Suisse Romande du 6 août 2009.

Trace d’Arpa chez Romain Jerome? Cherchez bien!

Viendrait-il à l’idée de gommer toute trace de Maximilian Büsser, dans l’hitoire des OPUS de Harry Winston, toute mention de Simone Bedat dans l’épopée contemporaine de Raymond Weil? Pourtant, en parcourant minutieusement la « revue de presse » du site de Romain Jerome -ce qui prend un temps fou puisque ça passe par le téléchargement en pdf des articles, aucune trace d’Yvan Arpa, pourtant intimement lié à l’histoire de la marque. Se dire qu’il aura fallu un travail de titan pour que soit ainsi gommée, des articles présents et des communiqués de presse (dont les versions ont été réécrites), la moindre parcelle liée à sa personne, c’est flairer le lynchage public. D’autant que cela ampute considérablement la couverture de presse liée à la marque. Un peu comme si, après avoir tant investi pour l’obtenir, les dirigeants actuels préféraient se tirer une balle dans le pied. Un déni de personne qui fait froid dans le dos tant il est perceptible. Et qui ne sert en rien l’intérêt du client… Heureusement, selon les commentaires reçus, sur d’autres sites, il est encore omniprésent. Comme par exemple sur le site de Swisstime, sur le site de la Tribune de Genève, et celui de Worldtempus.com.

Denis Hayoun, photographe auteur récompensé

Le Grand Prix Romand de la Création est une sorte d’auto-congratulation suisse francophone de la branche publicitaire et du petit monde des agences de publicité romandes. Ce qui ne l’empêche de fêter sa sixième édition, et de récompenser, le 28 mai dernier, un artiste photographe à qui l’horlogerie doit quelques superbes mises en scène d’auteur. Contrairement à d’autres tentatives infructueuses de placer un produit horloger dans un environnement émotionnel, les travaux de cet artiste ont quelque chose de plus horloger. Ils conservent à l’objet horloger, la montre photographiée, sa charge émotionnelle intrinsèque. Car ceux qui ne comprennent rien à la montre, bien qu’ils fussent artistes de la pub ou cabotins prisés de la comm’, tentent désespérément d’intégrer le garde-temps dans un contexte d’émotion (et donc d’appliquer leurs recettes valables pour d’autres branches), au lieu de partir de l’objet lui-même pour amplifier l’émotion qui s’en dégage. Ainsi, les visuels publicitaires des marques Marvin et, plus récemment celles de Romain Jerome, sont innovants et justes. A coup sûr, l’homme aime les montres. Quoiqu’il en soit, c’est un des rares fils de pub à les avoir comprises… Enfin, il démontre qu’on ne doit plus se satisfaire ad eternam de la nudité prônée par ces pubs horlogères qui placent l’objet au centre, sans autre forme de procès. Quelle que soit sa capacité émotionnelle propre. A 41 ans, l’homme, déjà bardé de récompenses, officie depuis son studio nommé Diode et n’a rien perdu de sa verve.