Zenith s’affirme en marque éthique

Après les diamants propres et la mise en place du processus de Kimberley, le luxe fait aussi le ménage du côté de l’or et des pierres précieuses. Autour de slogans tels que ‘No Dirty Gold‘ et pour concrétiser l’idée lancée par des ONG, le RJC -Responsible Jewellery Council s’est créé. Au départ, en 2004 avec 14 membres dont Cartier et Tiffany. En 2009, 150 membres. Rejointe par d’autres grandes des groupes Richemont ou LVMH, Jaeger LeCoultre, Chanel, Baume & Mercier, Van Cleef & Arpel par exemple, cette nouvelle instance vient d’annoncer la certification de 11 nouvelles sociétés répondant à ses critères d’éthique, de droits humains, de RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) et de conscience environnementale. Parmi elles, Zenith au Locle (Groupe LVMH), comme en témoigne le document suivant daté du 12 janvier 2012. Lire aussi l’article « Or Propre, Prochain Combat« .

D’une pénétration de matière céramique, un or naît, dur, très dur

Imaginons une force sous pression qui s’essaye à la pénétration d’un corps en carbore de bure -en carbure de bore plutôt- et qui, dans un éblouissement métallurgique, y déverse un liquide en fusion, de l’or 24 carats. Il y a quelque chose de jouissif à soudain découvrir que, lorsque squelette et semence ont suffisamment refroidi, leurs imbrications respectives sont devenues invisibles tant ils ne font qu’un, qu’ils sont plus forts que les aciers trempés et presque aussi inrayablement éternels que le diamant. Ils sont nouveau matériau, or qu’un alchimiste du verbe frappeur et de l’idée qui tue aurait enfanté. Dans un de ses moments d’égarement dont lui seul mesure les profondeurs, Jean-Claude Biver, à même l’espace fonderie high tech aménagé dans la fabrique Hublot des bas de l’Asse, a lancé l’or magique, le Magic Gold. Issu des recherches conjointes entre un Prof’ de l’EPFL, Andreas Mortensen, savant et as de la céramique, et une équipe technique interne pétrie d’ambition, ce nouveau matériau est, selon le bureau de contrôle des métaux précieux, de l’or 18 carats. Quand bien même sort-il du four dans sa couleur originelle, le noir. Certes, à le polir, ses facettes d’or, pourtant minoritaires à 30 contre 70, se muent en couleur dominante car elles sont plus sujettes à réfléchir les rayons lumineux que le carbure de bore qui compose majoritairement, en poudre tassée et moulée, le solde de sa structure. D’une pierre deux coups: des procédés brevetables, inédits en ce qui concerne l’or en tous les cas, et un matériau d’une noblesse nouvelle, tantôt alimentant les déviances all black façon Alec Wek, tantôt les fantasmes d’un jaune spécifique à Hublot. Une note si supplémentaire dans la gamme des couleurs, qu’elle se reconnaîtrait au simple coup d’oeil. Dès BaselWorld 2012, on en saura plus…

Bulgari Gefica, de l’or au bronze, en passant par…

Du bronze chez Bvlgari. Tandis qu’avec son modèle Octo Birétrograde Acier-Céramique, la marque digère allègrement l’or de sa première place sur le podium du 17ème prix Montre de l’année créé par le magazine Montres Passion, elle joue le bronze en ce qui concerne sa Gefica. Les bronzes, nom générique désignant des alliages constitués de plus de 60% de cuivre et d’une proportion variable d’étain, contiennent aussi des quantités variables d’aluminium, de plomb, de béryllium, de manganèse et de tungstène, accessoirement du silicium et du phosphore.  A ne pas confondre avec le laiton dont la traduction anglaise ‘brass’ est souvent traduite à tort par ‘bronze’. Ici, la matière a été rendue plus légère et confortable par l’adjonction de titane. Une des particularités liées à l’usage de ce matériau est d’éviter toute brillance sur le boîtier et de s’offrir la patine d’un temps qui jamais ne s’altère. Car si la montre va changer de teinte, il sera possible, à tout moment, de lui redonner son aspect et ses éclats originels. La Gefica est habitée par le calibre Bvlgari/GG 1004, bi rétro

GMT et boussoles, astuces d’horlogers.

Comment obtenir une boussole à partir d’une simple montre 3 aiguilles? La lecture de la newsletter août 2010 de l’horloger genevois Denis Asch y répond. « Réglez votre montre à l’heure de Greenwich et pointez l’aiguille des heures en direction du soleil. La droite qui coupe en son milieu l’angle formé par l’aiguille des heures et 12h (bissectrice), indique l’axe Nord-Sud. » Alors tant que l’heure est aux confidences astucieuses, en voici une autre: comment transformer son chronomètre automatique en montre à double-fuseau horaire ? Attendre minuit ou midi moins 2 minutes, heure locale. Modifier la position de l’aiguille des heures, grâce au poussoir adhoc, en fonction de l’heure du deuxième fuseau horaire choisi, celui de la destination par exemple. Partant de l’idée que l’opération dure deux minutes, lorsque tout est OK, enclencher, à minuit ou midi précise, le chronomètre dont la comptabilité du temps (minutes, puis heures) indiquera dès lors l’heure locale, laissant aux autres aiguilles principales, celles des minutes et des heures, le soin d’indiquer l’heure du deuxième fuseau horaire. Le tour est joué, mais attention. Lorsque la montre est automatique, la sollicitation simultanée en continu et non de manière occasionnelle des fonctions chronomètres, risque d’essouffler la préserve de marche. Ainsi, il faudra peut-être, durant le séjour ailleurs, contribuer occasionnellement au remontage de la montre. A moins que le rotor soit en or, voire en platine. Car ce sont des matières plus lourdes que l’acier et donc, grâce aux mouvements naturels du porteur de la montre, plus enclines à recharger le ressort du barillet.

Primeur, magazine JSH en kiosque et… à l’EPHJ-EPMT

Pour la première fois couplé au magazine Heure Suisse (Promoedition), ce qui en augmente fortement la diffusion, JSH (Journal Suisse d’Horlogerie), le plus ancien magazine horloger du monde (134ème année), relancé en 2008 avec un positionnement business to business fortement orienté collectionneurs, gens de la branche et aficionados, vient de débarquer en kiosque. Avis à l’ensemble des près de 550 exposants attendus à Lausanne Beaulieu, au Salon EPHJ-EPMT (horlogerie, joaillerie, microtechniques): il est possible de se le procurer avant sa distribution au Salon (du 8 au 11 juin 2010), en magazine tiré-à-part. Une rédaction en chef toujours confiée à TàG Press +41 et quelques dossiers alléchants: « Or éthique, le luxe s’invente une morale« ,  « Chronométrie, le Tourbillon réhabilité?« , par Fabrice Eschmann du BIPH. Le fil rouge? L’intérêt pour les marques de s’approcher des filières « écoles » et de la formation…

A propos de l’or.

Le standard le plus indiscutable est le London Good Delivery, une sorte de certificat de bonne teneur. Les premières pièces d’or pur ont été mises en circulation par Croesus, roi de Lydie –La Turquie d’aujourd’hui, entre 560 et 547 av. JC. Depuis ce temps-là, elles demeurent, y compris de nos jours, une monnaie d’échange. Tandis que des puissances occidentales se départissent d’une partie de leurs stocks d’or, d’autres pays, notamment émergents, travaillent à s’en constituer. Ils ont eu raison puisque, fin 2009, le cours de l’or était 29% plus élevé qu’en 2008, la crise ayant conforté cette valeur.

De l’or suisse… Le saviez-vous?

Etonnant, le lingot d’or swiss made (raffiné en Suisse) vaut plus cher que le lingot d’or travaillé ailleurs. Pas étonnant donc que la Suisse soit le plus grand raffineur du monde avec presque 50% du marché mondial, grâce à un triangle d’or au Tessin, regroupant quatre raffineries dont Pamp, créée en 1977 à Castel San Pietro. Qui vient de raffiner un lingot d’or anecdotique à partir de minerai -ou grains de minerai, provenant à 100% de notre terroir. Si, si, nous en avons, en toutes petites quantités, dans le lit de certains de nos cours d’eau. J’imagine dès lors la marque horlogère qui pourrait acquérir ce lingot, et communiquer à propos de la teneur de son swiss made, que même sa boîte or est 100% suisse! A quand un élevage de crocodiles en Suisse, du côté des villes thermales par exemples, qui permettrait de boucler la boucle en affirmant que même le cuir du bracelet est helvétique?

No dirty gold, Cartier s’engage.

Membre fondateur du RJC ‘Responsible Jewellery Council’, Cartier prend conscience que malgré sa renommée, elle n’a que peu d’influence sur ses achats de matière première. Selon Christophe Roulet, journaliste spécialisé, la marque ne pèse que 0,3% des volumes mondiaux utilisés en joaillerie. Elle opte donc pour une action groupée. Concrètement, elle choisit de montrer l’exemple et passe une partie de ses commandes à Goldlake, une société italienne qui exploite au Honduras ‘Eurocantera’, une mine ‘propre’. Cartier participe à la mise sur pied d’un ‘label de bonne pratique’, pour reprendre les termes de Pamela Caillens, Corporate Responsability Director chez Cartier Joailliers.

Or propre? Le prochain combat…

Esprits mesquins, n’y voyez pas un opportunisme primaire. Il se peut que la question soit sincère, qu’elle taraude quelques grands acteurs du luxe, quelques pionniers qui feront avancer les choses. Après la quasi adoption du Processus de Kimberley, dont l’opinion publique eut vent grâce à Blood Diamond, un film holywoodien inspiré par le journaliste anglais  d’origine Sierra Leonaise Sorious Samoura (BBC), la prochaine campagne éthique s’organise autour du slogan « No Dirty Gold » (sus à l’or sale). Pour chapeauter l’idée lancée par des organisations non gouvernementales, le RJC -Responsible Jewellery Council s’est créé. Au départ, en 2004, 14 membres dont Cartier ou Tiffany, en 2009, 150 membres. Rejointe par d’autres grandes des groupes Richemont ou LVMH, Jaeger LeCoultre, Chanel, Baume & Mercier, Van Cleef & Arpel par exemples, cette nouvelle instance s’intéressent également à la provenance des pierres précieuses. Cartier dispose même de sa Directrice « Corporate Responsability« , Pamela Caillens. Elle était au SIHH, en compagnie de Daniela Colaiacovo, co-propriétaire de Goldlake Investments Ltd, une société financière responsable qui possède Eurocantera, une mine d’or non moins responsable au Honduras. Assheton Stewart Carter, Vice Président de l’ONG Pact, en charge du Corporate Community Engagement, était également du voyage. Bien que ne représentant selon le journaliste spécialisé Christophe Roulet que 0,3% des volumes mondiaux de l’or utilisé en joaillerie, la marque Cartier s’est engagée à acheter toute la production de Eurocantera et a pris une option sur le surplus éventuel. Peu à peu, cet or à votre cou, votre doigt ou votre poignet, tantôt représentant un morceau des insécurités de la planète tantôt un moment censé rester inoubliable, sera propre. Après tout, le poids du client final fera la différence, croyons-le, ayons un peu la foi. Espérons qu’il fera pression pour que le bijou offert, gage d’un sentiment merveilleux, ne soit pas entaché par une manipulation antérieure, comme celle d’enfants exploités au fond d’une mine…. Propre sur le plan environnemental, certes, mais aussi sur le plan moral.

Titanium Cargo, l’aventure horlogère de Yvan Wicht

Luxe sobre du titane et de l’or mat, exubérance du poli et des diamants, telles sont les valeurs dont se réclament les garde-temps Titanium Cargo, une nouvelle marque qui revendique l’univers de l’authentique et du contemporain. Yvan Wicht, son fondateur, s’associe à son beau-père dont l’expérience dans la distribution de marques haut-de-gamme laisse présager d’horizons prometteurs.  Connaissance de la matière, du savoir-faire horloger. Les collections «Cargo Stone» et «Cargo Rocks» seront dévoilées aux professionnels dans le cadre du GTE – Geneva Time Exhibition 2010.