Le régleur, métier éternel

Le concours de chronométrie du Locle remet le régleur à l’honneur. Cet oublié de l’anoblissement en trente ans des métiers de l’horlogerie redevient un alchimiste qui fait rêver. Sacrée cuisine. Il ne suffit pas disposer d’ingrédients de première qualité dans une cuisine des plus high tech, encore faut-il que ceux-ci soient manipulés avec talent. Tout est dosage, finesse et subtilité, bref personnalité d’un Chef. Il en va de même avec la chronométrie, expression de la précision horlogère suprême. Tout est dans le réglage, un métier qui représente le Graal pour le maître horloger. Comme en formule1, on peut disposer du meilleur moteur, ou d’un moteur de série plus que correct, du meilleur pilote, des meilleures conditions atmosphériques et savoir que tout se joue dans la préparation. Heureusement, ces métiers-là, insuffisamment valorisés au regard des attentions réservées aux marques, sont foncièrement humains, imperméables à toute automation. Ils le resteront vraisemblablement. L’IFAGE, Institut de Formation pour Adultes à Genève, les appelle les métiers éternels, y ajoutant ceux des arts du polissage. Ils sont conjonctions de savoir multiples, d’expériences indicibles et de perceptions sensorielles. Oui, même l’ouïe est mise à contribution… (Extrait de l’édito des prochains magazines Heure Suisse & Heure Schweiz, à paraître fin juin 2011)

DEP, réveil historique à Cluses.

Au Musée de l’Horlogerie et du Décolletage de Cluses (Haute-Savoie, France), les réveils et pendulettes DEP sont à l’honneur. Ou du moins, l’histoire industrielle de cette entreprise clusienne née en 1918 et dont l’histoire industrielle s’éteint en 1953, crise oblige. La société, dont le slogan « Durée, Elégance, Précision » pourrait encore seoir à n’importe quelle enseigne horlogère bien vivace. Retrouvés, dans les Archives Municipales notamment, d’anciennes publicités, des photographies et autres documents d’archives. A la gloire de ces objets habillés de marbre, de cuir, de bakélite ou encore d’ivoire. A découvrir au 100 Espace Carpano et Pons à Cluses.

Marin, Jean-Yves, nouveau patron du MAH

Depuis le 1er octobre 2009, Jean-Yves Marin remplace Cäsar Menz à la tête du Musée d’Art et d’Histoire de Genève. Dans une interview d’Etienne Dumont parue dans la Tribune de Genève, il affirme qu’il faut « régler le problème du Musée d’Horlogerie« . Et d’informer que le bâtiment route de Malagnou sera abandonné -il serait mal adapté. L’annonce officielle sera faite prochainement et les collections, entièrement reconstituées par la ferveur tenace de la Conservatrice Estelle Fallet trouveront refuge rue Charles Galland, leur lieu originel. Mais au fait, le Musée existe-t-il encore? Ou est-il devenu « corpus de Collections » intégrées au MAH? Lire le post « Musée de l’horlogerie genevois, rayé de la carte« .

Genève: Musée d’Horlogerie rayé de la carte?

Le Musée de l’Horlogerie et de l’Emaillerie aurait été rayé de la carte! En tous les cas, son statut d’entité propre, filiale du Musée d’Art et d’Histoire (MAH), obtenu entre 1969 et 1972 a simplement été biffé, pour devenir -et le mot est pompeux, un corpus de « collection » témoins signifiants d’une industrie majeure exercée dans la Cité depuis le 16ème siècle. Le bloghorloger.ch n’a pu obtenir aucune confirmation officielle de cette news, puisque aucun pv de séance n’en témoigne. Toutefois, le message est gravement explicite. Les mots ne sont ni anodins ni innocents. On veut bien que l’horlogerie soit une industrie, une économie, mais de là à la considérer comme une culture à part… Et n’allez pas nous dire que c’est le braquage de 2002 qui a traumatisé à ce point. Genève, capitale mondiale de la haute horlogerie, privée de Musée! Ou disposant d’un sous-musée, une sorte de département rattaché au Musée d’Art et d’Histoire… Plaisanterie, on aura tout vu.