ArtyA, tir à balles réelles dans la cible du luxe

Inspirées d’une street culture qui transforme ses pièces uniques en véritables happenings, Yvan Arpa ose un mariage improbable: montres haut de gamme et armes à feu. Et ça tombe à pic puisque le monde est à feu et à sang, que les TJ sont quotiennement ensanglantés par des tirs nourris et que les champs de bataille sont ravagés par la folie des hommes; qu’aux States, la toute-puissante NRA torpille les cessez-le-feu. C’est dans ce contexte que le designer horloger Arpa, bien que ne pratiquant que les arts martiaux dont il vénère les valeurs non-violentes, connaît un nouveau succès avec sa collection «Son of a Gun» dont le modèle black a été présenté au GTE 2013. Etonnant. Ce trublion bouillonnant de l’horlogerie médiatisée suspend six balles 6mm Flobert, façon barillet de revolver, entre le cadran et la boîte d’un garde-temps de 49 mm de diamètre en passe d’iconisation. Lunette et cadran évoquent une cible tandis qu’à l’arrière, la masse oscillante du mouvement automatique suisse se voit lestée par le culot de 3 cartouches de 38mm spécial! Chaque pièce demeure unique. Quant aux douilles, elles proviennent parfois d’un tir effectué par quelque futur acheteur. En fait, en capturant des balles réelles pour les détourner de leurs cibles meurtrières, ce sniper de la salve créatrice, de l’œuvre horlogère à forte valeur médiatique ajoutée, leur offre un second souffle, une nouvelle vie ainsi que des reliefs philosophiques. Il tire à bout portant au coeur d’une esthétique forte, il détourne un symbole, le désamorce; rappel inévitable de notre terrestre éphémérité. Si toutes les balles finissaient dans des montres ArtyA, j’encouragerais l’industrie de l’armement, les prises d’otage, Al Quaida au Magreb et même Bachar el Assad.

Akyalis, percée microfibre

Le communiqué vient de tomber. Au monde du soin ultime apporté aux objets précieux, montres ou bijoux, la microfibre selon Akyalis, se prêtant à toute forme de personnalisation par broderie, gaufrage ou impression, s’offre une percée remarquée en horlogerie. Cette matière soyeuse, appréciée pour sa fiabilité dans les nettoyages subtils, les lustrages, polissages ou manipulations de surfaces délicates, contient une fibre épaisse de moins d’un centième de cheveu. Ecologique, elle est ce textile supérieur composé de polyester et de polyamide dont on tire les gants d’horlogers notamment. Avec ses propriétés électrostatiques, elle capte la moindre salissure sans ajout de  produit chimique, jusqu’au cœur d’une microfissure. Disponible en toutes tailles, neutre et personnalisable, elle se prête chez Akyalis (anciennement Intel’Project SA) au private label.

Diane Krugger: « ma relation avec Jaeger LeCoultre est organique »

Oui, les stars les plus connues sont aussi des cibles sensibles aux beautés horlogères suisses. L’histoire et les produits travaillent donc pour les marques, bien plus que leurs services marketing et RP. Et si un nom, avant de devenir marque, est celui d’une famille, d’un horloger, d’une région, les relations des célébrités avec l’horlogerie peuvent facilement dériver du simple flirt à l’amour inconditionnel, du désir sporadique d’accomplement au contrat de mariage. S’il est question d’argent? Bien sûr, mais somme toute pas plus que dans les vrais mariages de ces vedettes entre elles. Reste que, quand la mariée est vraiment belle, le public s’en met plein les yeux. Et le tout un chacun se prend à rêver de « Rendez-vous ».

Cregon-Femco, éloge des étampeurs, dompteurs de matières

Quelle que soit la matière, sa transformation est œuvre d’artiste. A Glovelier, pour les clients du groupe Richemont auquel elle appartient, cette fabrique de 130 personnes étampe des carrures de montres, de lunettes, des fonds, des fermoirs et des boucles. S’y exerce une dizaine de métiers, des professions de base si utiles aux expressions du luxe. Henri Bols, directeur, sublime ces métiers points de départ qui ne peuvent ni se passer de l’humain ni de son expérience. Faire obéir une matière qui ne se révèle jamais complètement relève du combat: anticiper ses réactions, ses réfractions, ainsi que ses modifications dès qu’on touche à sa constitution atomique. Dans les gestes de l’étampeur, il y a le phrasé du sculpteur usant de son burin, méthodique et opiniatre. «Il faut avoir le coeur au bout des doigts et la faculté de ressentir les choses». La machine ne remplacera par l’artisan, capable d’anticipation et d’écoute. Des deux grandes familles professionnelles chargées de déformation des matières, on retiendra que l’étampage, contrairement au forgeage à chaud, se pratique à froid

Billet horloger, extrait. « Verrouiller l’information ne signifie pas qu’on la maîtrise… »

« Le produit horloger est bourré d’émotion et d’humanités mêlées. Ces sentiments ajoutent à sa valeur une marge immatérielle encline à se nourrir d’anecdotes lâchées ici ou là, glanées au fil d’un forum ou d’une discussion rapportée. Et comme nous sommes dans le registre émotionnel, il y a le risque que ces informations soient inutilement floutées et se chargent d’imprécisions. Face à ces masses informelles en circulation, qui ont le pouvoir d’écorner des images patiemment construites et des réputations méritées, les marques ont le choix de continuer à se taire, jouant les courroucées face aux indiscrets. Ou de prendre les devants et d’accepter que la seule communication d’un CEO, fût-il bon ambassadeur et pas trop bonimenteur, place automatiquement l’envie d’en savoir plus dans un périmètre réducteur. » Dans la série des « Minute, précisions! » (Stop, watch and learn!), les billets horlogers du journaliste Joël A. Grandjean, à lire dans son intégralité sur le site horlogerie-suisse.com. Version anglaiseParticiper au forum.

La Fédération horlogère suisse et l’EPHJ-EPMT-SMT

Jean-Daniel Pasche (g), Président de la FHS, Fédération Horlogère Suisse, a toujours répondu présent à l’inauguration du salon EPHJ-EPMT-SMT. Le bloghorloger.ch vient de retrouver un extrait d’une interview qu’il avait donnée à ce sujet parue dans le magazine JSH Journal Suisse d’Horlogerie. « J’assiste à l’évolution de ce salon, à  sa croissance, au nombre toujours plus important d’exposants. Le grand intérêt, c’est que, dans ce salon, la vedette, c’est le sous-traitant. A Baselworld, la vedette, c’est le produit fini. On se doutait qu’il pouvait y avoir un intérêt pour les sous-traitants d’avoir leur salon à eux. Il fallait oser le faire, chapeau aux organisateurs qui l’ont lancé. Aux gens que j’y rencontre, on voit que les marques font toujours plus le déplacement… » Prochaine édition, du 5 au 8 juin 2012.

M.A.D.Gallery, Genève

Les friends de Maximilian Busser, fondateur de la marque MB&F et créateur des Horlogical Machines ne se limitent pas aux frontières de l’horlogerie. Ils viennent aussi des univers du design, de la fonctionnalité et d’une créativité qui s’inscrit dans la plus pure lignée d’un Tinguely. Ces coups de cœur cinétiques, ces Mechanical Art Devices (M.A.D), Max les a ramenés de ses voyages aux confins de la planète. Ils sont le fruit de son insatiable, zestée d’insolite et d’excellence. Bizarrement, ces objets sont tous chargés d’une même magie que celle qui se dégage des garde-temps de la marque. Une sorte de parenté indicible, un cousinage artistique qui s’inscrit en parfaite cohérence avec le fil conducteur de cet horloger hors norme. Un peu à l’image de cette lampe à idées, une Machine-Lumière de l’artiste berlinois Frank Buchwald. Tandis qu’une charmante Eléonor Piccioto se voit confier l’animation RP de cette arcade de la rue Verdaine, on se dit que la marque trouve là un canal original pour que s’écoulent, en vente directe, quelques montres. Un nouveau concept de boutique monomarque vient-il de voir le jour? Sûr qu’il fera des émules…

Quarantième de la Royal Oak, un tour du monde qui passe en mai à Zurich

Un Park Avenue Armory de New-York bondé de célébrités et d’un Tout-New-York en gala! Vanessa Weill, la correspondante de l’agence de presse TàG Press +41 était la seule à en être. C’était le 21 mars le coup d’envoi de l’expédition itinérante retraçant les 40 ans de bons et loyaux services d’un modèle designé en 1972 par feu Gérald Genta. Pour la première fois, l’acier entrait dans le luxe, grâce à cette forme octogonale inspirée des bouches à canon des bateaux britanniques qui abritèrent le Roi Charles II d’Angleterre dans sa fuite, du nom de «Royal Oak» (Oak voulant dire ‘chêne’). Aux côtés de Philippe Merk, CEO, de François-Henry Bennahmias, Président et CEO Amérique du Nord et Olivier Audemars, Administrateur d’Audemars Piguet, ces happy few new-yorkais s’en mirent plein les mirettes sur fond de peoples: Arnold Schwarzenegger, le quarterback des New England Patriots Tom Brady, l’acteur et réalisateur Ed Burns, la légende du hockey Sean Avery ou Claude Nobs, du Montreux Jazz Festival, infidèle pour un soir à ses Parmigiani Fleurier. Bientôt, Paris, Pékin, Singapour et Dubaï accueilleront cette expo. Et Zurich au «Lichthof», du 14 au 16 mai 2012. La Manufacture du Brassus, toujours en mains familiales, y enrichira ses vitrines d’archives historiques illustrant la fabuleuse épopée iconique. Elle dédicacera l’ouvrage anniversaire riche de 137 ans d’histoire. En attendant vous pouvez lire et commander « Audemars Piguet – Master Watchmaker since 1875 » de François Chaille » (Watchprint.com).

Retour du classique? Horlogers, refermez votre capot!

Le billet d’opinion « Minutes, Précisions! » signé de Joël A. Grandjean, journaliste en charge de la responsabilité éditoriale du bloghorloger.ch (Agence de presse TàG Press +41) vient d’être mis en ligne sur le site horlogerie-suisse.com. « Soudain, les goûts s’en reviennent au classique. Les montres auraient-elles gavé le consommateur de leurs vues intérieures trop exhibées? Quoiqu’il en soit, l’heure est à la refermeture des capots, c’est cyclique. » Lire la suite en français, ou en anglais. Participer au forum de discussion. L’une des illustration de cet article, le modèle Chronographe UH-1901 de la nouvelle marque Union Horlogère.

Romain Jerome perd sa bataille contre Yvan Arpa. Pièce unique

La trentaine de procédures juridiques entamée par l’instance propriétaire de Romain Jerome contre Yvan Arpa ont toutes échoué. Licencié sur le champ le 6 juin 2009, avec quatre membres de son équipe rapprochée, celui qui en fut le CEO entre 2006 et 2009 sort entièrement blanchi au sortir de trois ans d’une bataille sans merci menée contre lui, par tribunaux interposés, vraisemblablement au nom de l’ego barbouillé d’un puissant. Le pot de fer s’est acharné, le pot de terre a résisté, il ne s’est pas laissé salir. Trois ans de procédures, ça doit valoir son pesant de paperasse! Non pas pour cocoricoter sur sa victoire, mais visiblement pour tourner définitivement une page au goût amer, Yvan Arpa a, au cours d’une cérémonie improvisée pour ses proches, brûlé théâtralement l’ensemble des dossiers de ces procès, après en avoir au préalable récupéré les agrafes métalliques -ça a pris tout de même plus d’une semaine. Avec son éternel sens du happening et pour sa marque Artya, il en a créé une pièce unique, la Rust & Dust is a Must (à découvrir en clair à BaselWorld). Une pièce dont la rouille du boîtier -il fut le premier à introduire dans le luxe cette ennemie publique de l’horlogerie- ne provient pas cette fois de la coque du Titanic, mais du métal récupéré des agrafes. Quant au cadran, il s’est vu saupoudré de poussières non pas de lune, mais de cendres encore brûlantes des jugements rendus. Un garde-temps sulfureux, libérateur. Qu’on le veuille ou non, qu’on s’en agace ou pas, l’histoire horlogère contemporaine, à la veille de célébrer le 100ème anniversaire du célèbre naufrage, continuera d’associer le nom d’Yvan Arpa à la collection Titanic DNA. Car ce créateur est à l’horlogerie défiante de déjante et d’insolite ce que Gérald Genta est à la Royal Oak. Or, viendrait-il à l’idée d’Audemars Piguet de renier feu le père de l’un de ses modèles phare?

Montre hydraulique, une affaire de fluide

Deux grands retours pour le prix d’un. Ni plus ni moins que Ernst Thomke, l’ancien partenaire de Hayek Senior et Vincent Perriard, trublion jalousé de la scène actuelle, rompu aux discours diélectriques et disrupteurs! Ensemble, avec quelques collègues éclairés et fous, ils transposent le clepsydre, vénérable compagnon du cadran solaire et aïeul des horloges de clocher, à la montre bracelet. Une affaire de nano fluides maîtrisés qui ne fait pas que circuler dans les rouages d’un produit innovant, la H1, mais également entre une poignée d’allumés, baptisée The Fab Six, mis en orbite autour de HYT, la marque Hydro Mechanical Horologists. On pourra la voir et le toucher à BaselWorld 2012.

Champs-Elysées, une marque horlogère suisse?

Nouvelle marque inscrite le 31 mai 2011 au Registre du Commerce de Neuchâtel (l’adresse web avait été achetée le 7 juillet 2010 par le Cabinet juridique Merlotti), Champs Elysées. Une société anonyme aux mains de Manuela Zaugg Rossi. Le link du site officiel, bien que non actif pour le moment, vient d’être rajouté au menu déroulant (colonne de droite, marques-groupes) du bloghorloger.ch

Quelle montre porte Lolita?

En couverture du dernier magazine LongLife, édité par Optimum Publishing SA alias David Lande (s’abonner), Lolita Morena porte une montre bien visible. De quelle marque et quel modèle? Merci aux internautes d’éclairer le bloghorloger.ch. A l’intérieur et pour la première fois, une page « montres », sous forme d’une sélection forever. Il s’agit d’une nouvelle collaboration de TàG Press +41, l’agence de presse indépendante, spécialisée en horlogerie. L’article est signé Joël A. Grandjean.

Voyeurisme manufacturier en boutons de manchette

OK, à y regarder de plus près, le mécanisme enrobé dans sa cage en verre, du saphir inrayable, n’est pas un vrai tourbillon. Qu’importe, il fait son effet lorsqu’il s’agrippe à une manche de chemise, engageant à votre place discussions et échanges sur fond de carbone, d’horlogerie ludique et de mécanismes à fleur de rouages. La nouvelle marque lifestyle TF Est. 1968 connaît avec ce produit une lancée en fanfare avec déjà presque 2’500 paires vendues (prix public environ CHF 390.00). Sous les initiales TF se cache un certain Freddy D. Tschumi, connu des marchés internationaux pour les avoir écumés sous plusieurs casquettes (de Grisogono, Raymond Weil, Franc Vila et surtout la flamboyante Icelink). Déjà, il décline la paire des débuts en plusieurs versions colorées, puis or massif et rubis, ou émeraude, ou diamant noir ou blanc… Les modèles précieux se démarquant des autres en offrant aussi une transparence latérale. La collectionnite guette puisqu’il s’apprête également à mettre dans les échoppes un stylo du genre et qu’un coffret écrin attise les convoitises. Incroyable comment cette marque, presque discrètement et même avant d’avoir son vrai site internet, a pu s’installer en si peu de temps sur tous les continents (exceptés l’Afrique), grâce à des distributeurs et aux magasins prestigieux qui lui ont fait confiance dès le départ. Du genre de ceux de la Rue du Rhône à Genève, de la Banhofstrasse à Zurich ou de William & Son à Londres. L’arrivée des montres, une collection T-Fun (automatique, chronographe) est annoncée pour BaselWorld. Bien vue, l’approche! Sans crier gare, on impose des accessoires qui rendent addict -et en plus qui se vendent bien chez les détaillants-, puis on débarque avec des montres particulièrement aguicheuses et d’excellente facture, là où le terrain est plutôt encombré.

Saskia Maaike Bouvier complications au féminin

La démarche de Saskia Maaike Bouvier, membre de l’AHCI, Académie horlogère des Créateurs indépendants des allures d’éclaircie. Car même si elle s’appuie sur le trend des grandes tailles qui habillent aussi si bien les dames, ses créations sont des complications nouvelles, spécifiquement créées pour des femmes. Cette horlogère conceptrice, formée à l’issue de son écolage horloger à quelques enseignes prestigieuses, se la joue solo dès l’âge de 30 ans, en 2004. Partant de l’idée que «la femme est naturellement influencée par la lune et sensible à ses changements» elle développe un calibre SmB 905 automatique capable de donner vie à sa collection 8 lunes, des montres dotées d’un affichage de l’éphéméride lunaire. «Chaque jour, la progression de la lune est clairement indiquée. A midi, la lune d’aujourd’hui, ensuite, celles à venir.» Surprise, dès que l’astre du jour décline, ces lunes s’allument et illuminent la nuit, transformant la course du temps en ballade sur firmament.

Timelab, trois missions chronométriques

Genève ne fait pas comme tout le monde, ça énerve parfois le reste de la Suisse. Pourtant, l’idée de regrouper sous le même toit institutionnel les prestigieuses appellations «COSC Chronomètre Certifié» et «Poinçon de Genève» est innovante. En dotant TIMELAB du statut de Fondation de Droit Privé, l’Etat genevois s’ébroue intelligemment d’éventuelles lourdeurs fonctionnelles et, tout en la maintenant dans le champ de sa législation, lui insuffle une dynamique de gestion d’entreprise privée.  Preuve en est le troisième secteur d’activité de TIMELAB, la métrologie et son laboratoire, qui, au travers de fédérations sportives internationales en quête d’homologation de leurs matériels de chronométrage sportif, vient de lui procurer une saine visibilité ainsi qu’une perspective de complément de ressources. Directeur Patrick Jaton.

Porrentruy, journée portes-ouvertes et inauguration de nouveaux locaux.

Coup double! 10 ans d’existence à fêter et de nouveaux locaux abritant des trésors horlogers. La Fondation Horlogère de Porrentruy invite la presse puis le public, le 20 mai 2011 prochain de 15h à 18h puis, pour visiter l’Espace Auguste Viatte, au 9, de la rue Pierre-Péquignet à Porrentruy. Evidemment, le verre de l’amitié (19h) et la présence des officiels du cru (dès 18h15) rondement dirigés par le Président de la Fondation, Jean-Jacques Borgeaud, dès 18h15, la partie officielle. Pour l’Histoire, Auguste Viatte (1901-1993) était un homme de lettre canadien franco-suisse, né à Porrentruy, résistant notoire depuis le Canada durant la dernière guerre. Un érudit, en somme, pétrie de culture créole et ardent défenseur de la francophonie.

Max et la grenouille, un conte en 18 strophes

Minuscule grenouille la plus rare de la création, l’Isthmohyla rivularis vit dans les forêts tropicales du Costa Rica. Majuscule déclinaison bratracienne de la marque MB & F, la Frog Zr est une espèce en voie d’acquisition, puisque ses 18 spécimens n’habiteront que les étals des détaillants partenaires de Maximilian Büsser: Los Angeles, Greenwich, Mexico City, Paris, Londres, Interlaken, Kiev, Singapour, Kuala Lumpur, Bangkok, Taichung et Macao et… nouvel arrivé, le détaillant Hossli Jewelers du Costa Rica. Au fait, Zr est le symbole chimique du zirconium, un métal de transition proche du titane en plus maousse costaud puisqu’il s’apparente aux pales des moteurs à réaction, particulièrement exposées aux températures et tensions extrêmes.

Endless, index détraqués.

Endless sera-t-elle un jour une montre? C’est déjà l’œuvre éclairée, voire prémonitoire de Costa Edir, jeune élève bijoutier au Centre de Formation professionnelle d’Arts Appliqués à Genève. Il participait au concours «Time Dress Code» lancé par l’horloger indépendant Antoine Preziuso et sa fille Laura. Chaque élève se devait d’habiller en quelques semaines une véritable boîte de montre. Costa Edir, premier prix, a réinterprété la crise financière qui battait alors son plein, organisant dès 17h une dégringolade de chiffres en entrelacs subtils, tandis que, aux heures sérieuses et indiquées, des aiguilles cachées par un cadran gris argenté effectuent leur course en toute discrétion. L’horloger des complications, qui tenait salon en janvier et lançait son tout nouveau modèle, ne sait pas encore s’il en fera une montre, mais reste bluffé par la fraîcheur talentueuse des 9 élèves participants.

Ressence, cadran en pleine tournante

Tandis que la Belgique se cherche encore un gouvernement, le temps de cette pièce Type 1001 de la marque anversoise Ressence –contraction de Renaissance de l’Essentiel, fait sa révolution autour du cadran, ce qui est totalement novateur et particulièrement complexe à réaliser. En d’autres termes, chacun des trois compteurs tourne sur lui-même, comme calé sur la course d’une aiguille dessinée à même le fond anthracite d’un cadran principal lui-même tournant. Absence d’aiguille, effets d’optique rafraîchissants, cette nouvelle venue découverte au salon horloger Geneva Time Exhibition en Janvier est lancée par Benoît Mintiens, un designer industriel belge. Mieux vaut le voir fonctionner, c’est même sur Youtube.

Banque & Finance, page horlogerie

Changement du côté du magazine Banque & Finance de Promoedition. Une page horlogerie, dédiée aux complications et aux garde-temps susceptibles d’afficher quelque affinité pour le monde de la finance et ses acteurs, fait partie de la nouvelle formule lancée lors de la sortie du numéro 107. Un mandat confié par le nouveau rédacteur en chef, le journaliste économique Didier Planche, à TàG Press +41, agence de presse spécialisée horlogerie, fondée par Joël A. Grandjean, par ailleurs responsable éditorial du bloghorloger.ch. S’abonner. Sous la bannière valeurs refuges, les marques Corum, Vacheron Constantin et Armin Strom ont bénéficié de cette première…

Blacksand, le logo visible par un souffle de buée

Parmi les subtiles attentions réservées à Uniformity, le modèle lancé à BaselWorld, il en est une qui met en lumière la touche Alain Mouawad: le logo invisible inséré dans la glace saphir, qui apparaît en filigrane lorsque l’on dépose sur la glace, en soufflant, un nuage de buée. Il y a plus de dix ans, ce discret détail était déjà une des marques de fabrique de Robergé, cette fois réservée au saphir frontal.

Pilo & Co Genève, les armoiries du 10ème

Des armoiries pour célébrer sa première décennie! Amarildo Pilo fête les dix ans de sa marque Pilo & Co Genève. Un parcours parsemé de 11 collections, dont la dernière Corleone, se démarquant du paysage horloger commun par un sens du design actuel et séducteur ainsi que par une accessibilité revendiquée. Car ses modèles oscillent entre CHF 200,00 et CHF 1’200,00, à l’exception évidemment des personnalisations orientées sertissage réalisées à la demande. Mister Pilo surnommé « nez design » par la presse spécialisée n’a pas dit son dernier mot. Autre détail anniversaire, à partir de 2011l, chaque couronne recevra, gravées sur sa surface, deux initiales « PW« , Pilo et Watches.

Histoire, Baume & Mercier rachète C.H. Meylan Watch

Juste après la seconde guerre mondiale, Baume & Mercier est dirigée par Marc Beuchat qui, malgré leur différence de caractère, s’appuie sur André Juillerat de La Chaux-de-Fonds, sur  son réseau de contacts et sa position de membre du bureau directeur de la Fédération horlogère suisse. De ce tandem, sous la présidence de Constantin de Gorski, naît le modèle « La Marquise » qui signe une renaissance exceptionnelle de la marque. Un modèle muni d’un bracelet rigide, dont les ressorts brevetés permettent d’encercler le poignet. Grâce à ce succès, Baume & Mercier dispose de moyens pour renforcer son appareil de production. Notamment, puisque la demande de ses chronographes demeure très élevée, en prenant une participation dans l’entreprise crée au Brassus en 1888 par Charles Henri Meylan. En 1947, cette participation sera majoritaire et C.H. Meylan Watch, fabrique de mouvements compliqués, renommée pour ses calibres extra-plats, ultra-plats et archi-plats, permet à la marque de renouer avec le passé manufacturier de son fondateur William Baume.

L’Upside Down Number One de Ludovic Ballouard

Mise en valeur du bon sens… Extrait d’un billet d’opinion signé Joël A. Grandjean, paru sous la chronique « Minute, précisions! » sur le site Horlogere-suisse.com: « Ses chiffres à l’envers ont l’utilité de permettre la mise en valeur du chiffre qui, à l’endroit, indique l’heure…» expliquait Ludovic Ballouard lors de son discours à la remise des prix Montres de l’Année du Magazine Montre Passion (Ringier). L’horloger transfuge de Journe, converti à son aventure éponyme, faisait allusion au cadran de sa première création, l’Upside Down Number One, habitée par un système de douze mécanismes complexes dissimulés sous une sobriété rare. Un concentré d’horlogerie compliquée et pure, doté d’une dimension poético-ludique: une seule aiguille pour indiquer les minutes puisque chaque chiffre des heures, positionné sur le cadran la tête en bas, se remet à l’endroit lorsque la course du temps arrive à son niveau. C’est par ce ‘retournement’ du chiffre, entièrement orchestré de manière mécanique et à partir de la même énergie que celle qui entraîne le mouvement, que les heures défilent, se repositionnant à l’envers lorsque leurs 60 minutes se sont écoulées et que l’heure d’après s’entame. Le mieux, c’est encore d’y jeter un œil. » Au-delà, de la prouesse technique, cette célébration du ‘bon sens’ se charge d’une dimension parabolistique: ceux qui sont restés droit sont mis en lumière par ceux qui font les choses de travers, louvoyant ou trichant avec les règles, privilégiant le profit maximal et, lorsque le ciel se couvre, n’hésitent pas à se laver les mains dans la sueur d’autrui. Participer au forum de Horlogerie-Suisse.com.

Baume & Mercier, la eSaga reprend…

Sous la bannière « Secrets d’une famille d’Horlogers« , la marque Baume & Mercier fait mousser la toile en embarquant pour une deuxième volée de courts et instructifs épisodes, postés simultanément chaque jour sur sa fanpage Facebook et sur son profil Twitter. Tous les soirs, à compter de ce soir 19h00 (heure suisse), une nouvelle page de son histoire s’écrira en direct, faisant la joie de ses 75’000 fans recensés. Eh oui, depuis l’année passée, grâce à cette opération eSaga, la marque dirigée par Alain Zimmermann a récolté, avec l’aide de l’agence Details.ch, les fruits de son intelligente utilisation des médias communautaires! Et le nombre des followers va croissant. Donc, dès ce mercredi 5 janvier jusqu’au dimanche 16, juste avant l’ouverture officielle à Genève du SIHH 2011, Salon International de la Haute Horlogerie, un épisode par jour… Restés connectés.

En 1856 chez Patek, déjà le quart de seconde…

La montre de poche N° 10 051 de 1856 est certainement l’un des plus anciens chronographes Patek Philippe. Avec sa grande trotteuse complétée par sa petite seconde foudroyante, elle permet de capturer déjà des intervalles de temps de l’ordre du quart de seconde. Hélas, cette historique ne possède pas encore de mécanisme de remise à zéro et c’est donc au moyen d’une clef séparée, avant chaque opération de chronométrage, qu’il convient de la régler sur la position de départ. Au nombre des complications maîtrisée par la marque, les chronographes représentent parmi les trésors les plus convoités par les collectionneurs, pour avoir été, peu après la date de fondation de Patek Philippe, le champ de développements continus. Certains, hors de prix, ne peuvent être observés qu’au travers de vitrines muséales, quand ils n’ont pas rejoint les arcanes opaques de quelque collection privée. L’histoire est en marche puisqu’en 2005, la marque présente à BaselWorld, le chronographe à rattrapante extra-plat référence 5959, doté du premier calibre chronographe 100% maison, développement et production s’entendent, le CHF 27-525 PS: un mouvement à rattrapante et à roues à colonnes le plus plat du monde avec son épaisseur de 5,25 mm.

Agenhor nouvelle fabrique: les «casquettes» et la pompe.

Longuement ruminée par le constructeur horloger Jean-Marc Wiederrecht, maître ès complications, l’idée est, selon lui, une question de bon sens: construire des dalles supérieures de plus grande taille que le bâtiment, comme des «casquettes», doit permettre qu’en hiver, lorsque l’astre du jour suit une courbe inclinée, le soleil pénètre par les surfaces vitrées, apportant sa contribution au chauffage intérieur. Ces mêmes dalles en été, lorsque la course solaire flirte avec la verticale, pourraient «briser les rayons», les empêchant de taper sur les façades. Jean-Marc Wiederrecht ne voulait pas la climatisation, il voulait pouvoir ouvrir les fenêtres, pour entendre l’eau couler –une marre a été installée, et les oiseaux chanter. Utopique? Grâce à son usine laboratoire Agenhor (Atelier Genevois d’Horlogerie), avec son écobilan positif et ses «charges négatives», il démontre que le respect  de l’environnement est un modèle économique viable. D’ailleurs, son bâtiment pourrait même lui rapporter de l’argent, puisque les SIG, fournisseur officiel genevois d’électricité, rachètent à bon prix, tout surplus d’énergie renouvelable produit par des particuliers…

La L08 de Armand Nicolet.

Les montres ont-elle une âme? C’est la question que pose la «L08», sur le mode de l’édition limitée en multiples de 150, de 50 pour une version sertie. Pour la boîte, ronde et classique, la noblesse d’un acier efficace cède parfois, pour la lunette, à l’or rose ou aux diamants. Le fameux «guilloché» du cadran en relief, devenu signe reconnaissable du style Armand Nicolet, s’entrouvre sur des détails triés d’un calibre vintage 18’000 alternances par heure, le AN0711A, concentré de nouvelles technologies saupoudrées des composants du calibre UT 600 de 1957, retrouvés dans les combles et les tiroirs de la maison originelle. Ce moteur à remontage manuel, dont il ne reste par définition qu’un nombre limité d’exemplaires, se distingue par son épaisseur réduite. Oh, pas celle d’une extra plate, mais déjà avec l’élégance des discrètes qui en jettent sans chercher à s’imposer. Tenu en laisse par un bracelet cuir de crocodile, le temps servi par cette réincarnation des valeurs originelles de l’horlogerie, se devait de s’entourer d’attentions subtiles : décorations «Côte de Genève», rhodium perlé, index appliqués à la main, étanchéité à 5 atmosphères et, une réserve de marche de 36 heures.

Triple Axis Tourbillon de Thomas Prescher.

S’inspirant, comme ses pairs Stephen Forsey et Robert Greubel, des travaux des Britanniques Anthony G. Randall et de Richard Good, Thomas Prescher appartient à cette nouvelle génération de doigts d’or qui s’amusent à taquiner l’impensable. Ainsi parvient-il à réaliser, dans une montre-bracelet, un exploit jugé jusque-là impossible: l’ajout à un mécanisme tourbillon d’un troisième axe, opérant une circonvolution une fois par heure, donnant un relief spatial à la vision fascinante de la marche de la montre. Le tourbillon semble suspendu dans l’air et ses ébats sont comme épargnés par les vicissitudes de l’apesanteur.  Lire l’article paru dans Heure Suisse n°107.