Gisèle Rufer, madame l’ingénieur

Depuis 15 ans, Gisèle Rufer fabrique des pièces uniques faites main. Les médias l’encensent comme femme qui fait des montres pour des femmes… Un rien réducteur, car cette ingénieure maîtrise l’horlogerie des rouages et matériaux. Delance, modèle Butterfly Effect, or 18 carats et diamants triés.

Claret croit en l’humain et se bat pour ses savoir-faire

L’univers des discrets est peuplé d’irréductibles et de battants, Christophe Claret en fait partie, qu’on se le dise. Parce que sa Manufacture est un peu excentrée par rapport aux circuits médiatiques faciles, avec sa situation sur les hauts du Locle, parce que l’homme est un peu moins « grande gueule » que certains abonnés aux avis donnés sur un peu tout et beaucoup rien, on oublierait presque qu’il se passe des choses chez Christophe Claret. Qui méritent d’être amplifiées puisqu’elles sont chargées de valeurs référence. Ainsi, du côté de l’emploi, tandis que les lueurs d’une reprise annoncée occupe les colonnes, l’entrepreneur loclois d’origine lyonnaise n’est pas resté les bras croisés durant la crise. S’il vient d’introduire une mesure de chômage partiel -on ne travaille plus le vendredi, c’est qu’il n’a pas fait de concessions autre que le report du traditionnel voyage d’entreprise offert aux collaborateurs de plus de cinq ans. Sur le fond, il a tout misé sur le capital humain et la sauvegarde des emplois qui sont aussi celle des savoir-faire exceptionnels de sa Manufacture. Les prestations sociales offertes chez Christophe Claret SA vont au-delà de ce que prévoit la convention collective. S’y ajoutent de nombreuses attentions destinées à mieux vivre en bonne santé, comme une participation de 50% à l’abonnement fitness, ou la prise en charge des traitements destinés à arrêter de fumer.  Faisant preuve d’imagination et de dynamisme forcenés, pour compenser l’évidente baisse des commandes de marques parfois tellement de niche qu’elles furent touchées de plein fouet par la crise, il a ajouté à son catalogue de prestations, des travaux de sous-traitance (décolletage, fabrication d’ébauche). Puis, convaincu que sa DualTow -la montre anniversaire de ses 20 ans, pouvait avoir sa propre vie post-jubilatoire, il a  transformé l’essai en l’instituant en marque éponyme et en en sortant à BaselWorld 2010 une version Night Eagle. Bref, on se bat au Locle, c’est bon de le savoir. Car en 2009, tandis que certains licenciaient en masse ou faisaient leur dernier baroud d’honneur, sa manufacture limitait la casse. Seul 9 postes furent supprimés sur les 120.

Black Belt, le luxe au mérite, pour ceintures noires.

Pour la première fois, une montre que même la plus vaste des surfaces financières ne peut acheter sauf si… elle est en mesure de démontrer qu’elle est titulaire d’un sésame! Un sésame qui s’obtient au mérite -le luxe change de camp, après une longue maturation personnelle, faite d’abnégation, d’un zeste d’ascétisme et d’un respect de valeurs immuables. Ceinture noire, for black belt only. Née à l’issue d’un combat, cette montre in black, combattive, est l’oeuvre conjointe de deux adeptes des arts martiaux, Yvan Arpa et Claudio Alessi. A peine dégagé de toute suspicion liée à son éviction subite de la marque Romain Jerome, Yvan Arpa, surnommé le Simon Templar de la branche, invente une prise en forme de nouveau business model qui fait l’économie des points de vente classiques et autre distributeurs. Non pas par déni de leurs rôle si utile à l’horlogerie, mais parce que les clubs martiaux fonctionnent selon leurs propres règles, avec des membres, des titulaires. Ce sont donc eux, plus précisément les maitres attestant du niveau requis, qui délivreront le garde-temps. Ce sera également la première fois qu’une montre prendra de la valeur par rapport à son propriétaire et en perdra en cas de cession. Lancement le 30 octobre 2009, lors de la soirée anniversaire et de la Nuit des Combattants du 15ème salon des Arts Martiaux et Sports de Combats, au Stade du Bout du Monde (Genève).

Lire également la news bloghorloger.ch du 5 mars 2009 et le commentaire de Grégory Pons du 9 mars 2009.