Bal du printemps à Genève, bal des horlogers

Quelle drôle d’idée que de s’encanailler pour la bonne cause juste avant le grand raout horloger bâlois! N’est-ce pas risqué en matière de fréquentation horlogère? Impossible de faire autrement, car le 13ème Bal du Printemps se déroulait comme tous les autres un 21 mars. A Genève, c’est un incontournable et l’édition 2011 a rapporté 250′000 francs à l’IRP, la Fondation internationale pour la recherche en paraplégie présidée par Philippe Boissonnas. Grâce aussi aux bontés de quelques maisons horlogères… et joaillières. Sur les 128 lots, les marques Black Belt, Zenith, Montblanc, Van Cleef & Arpels, Antoine Preziuso, Yeslam, Longines et Hermes.. et, pour les bijoux Jahan, Piaget, Swarovski, Bogh’Art et Gilbert Albert. Parmi les hits de la vente aux enchères, une montre Artya, Haute Horlogerie d’Art, défendue en chair et en os par un Yvan Arpa et son épouse à deux pas du départ pour BaselWorld, ainsi qu’un bijou Adler, un bracelet Bangle en or 18 carats, serti de brillants et d’un rubis. Quant au fidèle parmi les fidèles, Alain Mouawad, il compensait son exceptionnelle absence par un soutien publicitaire: la toute première apparition de sa nouvelle marque Blacksand Genève.

Monique Wyssmüller et son inséparable machine…

Parce que ses parents modestes ne pouvaient lui offrir la formation de coiffeuse ou de vendeuse à laquelle elle aspirait, Monique Wyssmüller est devenue horlogère. Plus précisément régleuse. Une aubaine puisque, à un âge où d’aucuns aspirent au repos après une vie de labeur, elle reprend du service, quasiment en face de chez elle à Villeret, au sein de l’ancienne fabrique Minerva devenue Institut Minerva de Recherche en Haute-Horlogerie (propriété de MontBlanc). Ce savoir rare la transforme, de temps à autre et au fil d’un voyage vers des destinations qu’elle n’aurait pas espérer conquérir, en Asie par exemple, en attraction horlogère. Sa machine étalon ne la quitte jamais. « Je l’ai eue à l’Ecole d’Horlogerie, avec les outils d’écolage, je suis partie avec, elle est numérotée » répète-t-elle inlassablement. Elle en a pris soin, ne l’a jamais fait contrôler et, lorsqu’elle est dans un long courrier en vol pour un bout du monde, la conserve sur ses genoux. Dur, dur, d’expliquer à un douanier de Hong Kong que cette compagne est une matrice lui permettant de donner le jour à une montre mécanique. En effet, Monique Wyssmüller, naturelle et gouailleuse, est régleuse en spiraux. C’est elle qui permet à l’une des pièces les plus névralgiques d’un mouvement mécanique de se mettre en route, de fonctionner… A part ça, elle collectionne les tracteurs!

Chronométrie à Montreux: trois jeunes régleurs primés

Deux temps forts confèrent au 14ème Congrès International de la Chronométrie, organisé au Stravinski de Montreux les 28 et 29 septembre 2010, une attractivité qui mériterait de trouver dans le grand public quelques résonances et prolongements. La nouvelle exposition thématique, proposant une rétrospective du chronométrage sportif, en rapport avec le thème du Congrès, « Le Temps et le Sport – Défis Technologiques et Humains« . Et qu’importe si quelques pointures du genre n’ont pas voulu ou pu s’y pointer, les Longines, Omega ou Swiss Timing, les objets rares confiés par TAG Heuer ou Montblanc, pimenteront l’intellect des participants. Puis, hormis le fait qu’il sera possible d’admirer les 17 garde-temps issus du Concours national de Chronnométrie prêtés par le Musée d’horlogerie du Locle, les résultats d’un concours prometteur seront annoncés: la SSC, en accord avec ses missions de transmission du savoir horloger, avait lancé auprès des jeunes, une deuxième compétition chronométrique, afin de souligner les qualités requises pour exercer le métier de régleur. Evidemment, comme dans toute confrontation, seuls trois lauréats sur les 85 inscrits (un succès!) monteront sur le podium. Il leur aura fallu faire preuve d’endurance et d’abnégation pour transformer le calibre école ETA 6498-1 en véritable chronomètre. En tout, quinze modèles ont passés avec succès les tests du COSC. Un message de promesse. On peut encore s’inscrire au Congrès, histoire d’être arrosé par la science et l’expérience d’une vingtaine de conférenciers, parmi lesquels quelques sportifs d’élite.