Histoire: chronomètre de marine, fonctionnement.

Très schématiquement, un bateau quitte le port, embarquant un chronomètre réglé sur l’heure du méridien de Greenwich. Pour déterminer la longitude, l’officier en charge d’estimer la position observe au moyen de son chronomètre l’heure de passage d’une étoile quelconque ou du soleil à son propre méridien. La différence entre l’heure de ce passage et l’heure à laquelle l’étoile doit passer au méridien de Greenwich (il s’appuie pour le savoir sur des tables spécifiques telles que «Connaissance des Temps» ou «Nautical Almanach»), indique en heures, minutes et secondes, la différence de longitude entre Greenwich et le lieu de l’observation. A quoi ressemble un tel objet? Modèle réalisé par la marque Hamilton.

Ulysse Nardin au Monaco Yacht Show. Série spéciale ‘YS’ Maxi Marine Diver

Historiquement, la conquête du temps a toujours été liée à celle des océans. Tandis que le Monaco Yacht Show fête en septembre 2010 son vingtième anniversaire, la marque horlogère Ulysse Nardin y arrime son vaisseau de grand chronométrier. Comme l’Office du Tourisme d’Abu Dhabi, la marque en est le sponsor principal, pour la deuxième année consécutive, après avoir hérité d’une place laissée vacante par Blancpain. Née en 1846, cette enseigne suisse de haute horlogerie, connotée complications horlogères et maîtrise du temps céleste, s’appuie sur l’histoire d’Ulysse Nardin (1823-1876), un maître horloger loclois contemporain de l’époque où le temps était affaire d’état, comme d’ailleurs toute forme d’étalonnage. Ulysse Nardin est l’enseigne horlogère suisse dont l’ADN comporte le gène chronométrie de marine le plus vivace. La sortie d’une série spéciale de 100 pièces d’une Monaco YS est au programme. Un modèle spécifique, à l’image de celui sorti en 2009, dont aucun visuel n’est encore disponible. Cette nouvelle référence enrichit la collection Maxi Marine Diver. Sportive, du pourtour de ses 43 mm de diamètre, étanche à 200 m, elle est est habitée par un mouvement à remontage automatique doté d’une petite seconde, affichant sa date dans un guichet situé à 6h ainsi qu’une réserve de marche de 42 h, via un guichet circulaire situé à 12h. Le cerclage «bouée» de ses guichets, ainsi que la lunette tournante unidirectionnelle, ancrent ce modèle dans l’imagerie océane. Sûr que son Altesse Sérénissime le Prince Albert II de Monaco, appréciera…

Denis Asch et les GMT.

Dans l’été léthargique, une affaire de fuseaux horaires capte l’attention du bloghorloger.ch (sortant de sa propre léthargie vacancière). La newsletter d’août de l’Heure Asch met en scène Denis Asch, interviewé par Jean-Philippe Tarot, le bloggeur de Montres-de-luxe.com. Première question, que signifient les trois lettres GMT? Greenwich Mean Time ou « L’heure moyenne de Greenwich« . Il s’agit du temps solaire moyen mesuré à l’Observatoire Royal de Greenwich, dans l’agglomération londonienne où se trouve la référence du méridien d’origine des longitudes. Pendant une grande partie du 20ème siècle, le temps GMT était utilisé comme référence internationale. Jusqu’à ce qu’en 1972, il soit remplacé par le temps universel coordonné (UTC). Avant 1900, l’Europe connaissait à elle seule une trentaine d’heures locales… Ça nous ramène inévitablement à l’histoire de ce menuisier devenu horloger, John Harrison, inventeur d’une horloge suffisamment précise, le premier chronomètre de marine, pour qu’elle puisse déterminer, une fois à bord d’un navire en pleine mer, la longitude. Lire le livre du même titre, fascinant récit de Dava Sobel.

Arnold John, horloger anglais – Histoire

John Arnold (1736-1799) né en 1736 dans un village des Cornouailles, était fils d’un horloger auprès duquel il commença son apprentissage. Suite à une dispute de famille, il quitte la maison paternelle et s’embarque bien jeune pour le continent. Il voyage d’abord en Hollande, puis en Allemagne, où il gagne péniblement sa vie, parfois comme armurier lorsque le travail d’horloger faisait défaut. Puis il rentre en Angleterre, s’établit à Londres, peu à l’aise linguistiquement. Ses années passées à l’étranger l’ont mûrit.  Il se fait alors connaître par une petite montre à sonnerie insérée dans le chaton d’une bague. Admis à présenter cette pièce au roi en 1764, un tour de force, il obtient les faveurs de la cour et… de nombreux clients.  En 1770, il contacte le Board of Longitude et soumet à l’Observatoire de Greenwich son premier chronomètre de marine. Aujourd’hui, le nom « Arnold » revit sous la marque « Arnold & Son » et sous le slogan « Master of The Longitude in London Since 1764« . Elle a son siège à la Chaux-de-Fonds en Suisse, est rattachée à la société The British Masters dont le CEO est Eric Loth.

Master of The Longiture in London Since 1764.

Arnold et Earnshaw généralisent l’emploi du chronomètre de marine.

Histoire. John Arnold (1736-1799) et Thomas Earnshaw (1749-1829) sont les deux horlogers anglais qui, en développant sur une échelle importante au 18ème siècle la fabrication du chronomètre de marine, ont contribué à en généraliser l’emploi. Jusqu’alors, la plupart de ces instruments devaient sortir des mains mêmes des constructeurs. Donc leur production restait limitée. Jugez plutôt. Il fallut trois ans à John Harrison pour terminer successivement ses dernières montres marines No 4 et No 5. Même topo du côté de Kendall pour livrer au Board of Longitude la réplique de son No 4, puis 2 ans supplémentaires pour exécuter ensuite chacune de ses dupliques K2 et K3. Quant à Mudge, il mit 3 ans à terminer son premier chronomètre de marine puis deux fois tout autant pour chacune de ses constructions «la Bleue» et «la Verte». Si on replace ce rythme sur l’histoire d’une vie, Ferdinand Berthoud mit 40 ans pour produire 70 appareils, soit 2-3 unités par an. A la même époque Arnold et Earnshaw parvinrent à fabriquer plus de 100 chronomètres de marine affichant une précision satisfaisante. En d’autres termes, ils cassèrent les prix. Comment? Il divisèrent le travail et, à partir d’un modèle simple et facilement réalisable, se concentrèrent sur une mise en production rationnelle au moyen de la sous-traitance. Car, pour l’ébauche, la fourniture des rouages, des pierres, ressorts, cadrans, aiguilles et boîtiers, les artisans spécialisés de Clerkenwell ou du Lancashire, étaient au top. Puis ils formèrent du personnel pour l’échappement et le balancier, se réservant pour eux-mêmes les opérations finales de la pose du spiral et du réglage. Deux actions considérées comme de précieux « secrets de fabrication« . Une visite au National Maritime Museum de Greenwich s’impose.