Resteront toujours Romain et Jérôme…

Tandis que RJ Watches appâte le milieu horloger avec ses teasers, éveillant la curiosité et indiquant implicitement que la marque s’apprête à poursuivre l’exploration des chemins lunaires balisés de légendes dont elle a tiré l’un des fragments de son ADN, on se réjouit d’être à BaselWorld pour en savoir plus. Le ticket de l’arrivée de Manuel Emch, vierge de tout contentieux passé, risque donc de rassurer le marché et de profiter à la relève de la marque, malgré les nouvelles craintes apparues par la déconfiture BNB -à qui la marque avait confié la majeure partie de sa sous-traitance. Selon le registre du commerce du 2 février 2010, Manuel Emch conforte sa position de DG avec l’obtention de la signature collective et Mantuano Giancarlo son fauteuil de Directeur.  De son côté Yvan Arpa, initiateur de ce concept fort et déclinable, relève la tête avec ses implications dans Black Belt, son consulting Volna -concept Volnatomic en passe de secouer en jaune et noir, et son leadership dans Artya, sa marque coup de foudre et déjante maîtrisée. Que devient Alain Bajulaz? Le père fondateur de la marque Romain Jerome, celui qui avait trouvé l’investisseur actuel et s’était entouré d’Yvan Arpa,  vient d’être destitué de ses pouvoirs d’administrateurs (le 8 février 2010). Heureusement, ses deux fils, Romain et Jérôme, témoigneront encore longtemps du lien originel qui relie RJ Watches à son jeune passé…

Manuel Emch, nouveau CEO RJ Watches.

Romain Jerome vient de confirmer la rumeur qui circulait. C’est bien Manuel Emch (fils de Arlette Emch qui occupe un siège capital au sein du groupe Swatch), qui reprend les rennes de l’entreprise désormais connue pour s’être adossée à quelques légendes mondiales. Selon les premières révélations, elle devrait continuer dans cette voie tracée par Yvan Arpa, débarqué sans ménagement et avec une partie de son équipe, pour motif de « violentes divergences« , selon les termes utilisés par François Tissot le 9 décembre 2009 au cours d’une conférence de presse au President Wilson de Genève. Inévitablement, au risque d’éclipser quelque peu l’arrivée du brillant transfuge de la marque Jaquet Droz,  les journalistes ont tout tenté pour percer le mystère des vraies raisons du départ d’Yvan Arpa, dont la personnalité semblait indissociable de la marque. Impossible d’en savoir plus, aux motifs que les procédures en cours empêchent toute confidence sur le sujet. Malgré l’acharnement insistant des questionneurs, silence radio assorti d’une promesse de plus de loquacité le moment venu, c’est à dire lorsque la justice aura tranché. Ah si, une petite avancée tout de même dans la voie de la recherche de la vérité. « Ce n’est en tout cas pas pour défaut de résultats » qu’Yvan Arpa a été débarqué, précise François Tissot, reconnaissant donc finalement son indéniable apport dans l’histoire de l’entreprise qui a pourtant minutieusement effacé toute trace de son passage dans les pages web de sa jeune histoire. A propos, quels résultats, combien? François Tissot, tout en affirmant que la société va bien, avoue que les comptes du bilan sont en cours et que, même au niveau du Conseil d’Administration, on n’est pas au clair sur ce point. En fait, les violentes divergences porteraient plutôt sur la gestion de l’entreprise. Bref, dommage pour Manuel Emch qui a tout de même convaincu par son fair play, qu’un prédécesseur absent ait à ce point été présent dans les discussions.