Maurice Ditisheim, le prix Gaïa lui rend hommage.

Grand mécène, Maurice Ditisheim était Président du Conseil d’administration du Bureau de Contrôle des Ouvrages en Métaux précieux. C’est sous son impulsion et sa vision, dès 1966 et grâce aux relations privilégiées entre le Musée d’horlogerie et son bureau, que sera développé à La Chaux-de-Fonds, ce qui deviendra le premier -et le seul musée international d’horlogerie (MIH). On lui doit d’avoir tâté le terrain, en consultant le Professeur parisien Georges-Henri Rivière, Directeur du Conseil international des musées. On lui doit d’avoir trouvé la formule « L’homme et le temps » qui coiffera l’entité institut, dont son ami Pierre Imhof assurera la présidence de la commission (IHT). Il y eut 27 projets architecturaux, et c’est le second prix, du nom de « Gnomon » qui l’emporta: une construction nouvelle, due aux architectes P. Zoelly et G.-J. Haefeli (décédé récemment), capable d’abriter en toute sécurité l’une des collections de montres et d’horloges les plus prestigieuses du monde. Ainsi le Musée quitte en 1974 les locaux de l’Ecole d’Horlogerie pour s’installer sous le parc de la villa Sandoz du Musée d’Art et d’Histoire. C’est en 1992, pour lui rendre hommage, qu’est créé, sous le règne de Catherine Cardinal (directeur scientifique et conservateur), le prix Gaïa. Qui demeure à l’horlogerie ce que le Nobel est à la politique…

Ludwig Oechslin, lauréat à portées multiples

En gratifiant le 14 novembre 2009 le Dr. Ludwig Oechslin de « Prix Spécial du Jury« , les jurés du Grand Prix d’Horlogerie de Genève, se rendent-ils compte à quel point leur choix est à portées multiples. Primo, ce savant est porteur du message d’une haute horlogerie pas seulement genevoise, notamment par les réalisations compliquées qu’il fit pour le compte de la marque Ulysse Nardin. Secundo, il est l’organisateur du prix Gaïa, un autre prix horloger, plus ancien, existant depuis 1993, considéré comme l’émanation la plus scientifique de la reconnaissance horlogère, décerné par l’Institut l’Homme et le Temps. Tertio, il représente l’histoire horlogère avec un grand H puisqu’il est le conservateur du seul musée international d’horlogerie au monde, celui de La Chaux-de-Fonds, le MIH. En l’élisant, le Jury 2009, consciemment ou non, s’est approprié un faisceau de valeurs qui serviront à son expansion.

Tourbillon le plus lent du monde!

Jean-Claude Nicolet, professeur à la retraite et horloger génial avait réalisé deux pièces uniques, façon chronomètre de marine, dotées d’un mécanisme original et particulièrement intéressant dans son dépouillement: le tourbillon le plus lent du monde. Il effectue un tour en 3heures, et donc 8 tours en 24 heures. Imaginons la beauté d’une telle pièce sur un bureau d’aficionado: changement perceptible de la configuration du cadran… Un passionné d’horlogerie lui en a racheté les plans le 14 décembre 2007, envisageant la production annuelle de quelques pièces exclusives, vendues au-delà des CHF 100′000.00. Ce passionné, lui-même descendant d’une famille d’horlogers, a obtenu la possibilité de mentionner le concepteur du mouvement sur les pièces. Dans la foulée, le maître horloger lui a également vendu une caissette de fournitures travaillées à la main, dont une vingtaine de barillets. Si l’opération voit le jour, il s’agira des premières pièces de haute horlogerie portant le nom de ce génial horloger, premier prix Gaia avant les François-Paul Journe, Georges Daniels, Philippe Dufour, Anthony Randall, etc.. Des sommités qui vouent à cette montagne de discrétion de la science chronométrique, un respect profond.