Le concours de chronométrie du Locle remet le régleur à l’honneur. Cet oublié de l’anoblissement en trente ans des métiers de l’horlogerie redevient un alchimiste qui fait rêver. Sacrée cuisine. Il ne suffit pas disposer d’ingrédients de première qualité dans une cuisine des plus high tech, encore faut-il que ceux-ci soient manipulés avec talent. Tout est dosage, finesse et subtilité, bref personnalité d’un Chef. Il en va de même avec la chronométrie, expression de la précision horlogère suprême. Tout est dans le réglage, un métier qui représente le Graal pour le maître horloger. Comme en formule1, on peut disposer du meilleur moteur, ou d’un moteur de série plus que correct, du meilleur pilote, des meilleures conditions atmosphériques et savoir que tout se joue dans la préparation. Heureusement, ces métiers-là, insuffisamment valorisés au regard des attentions réservées aux marques, sont foncièrement humains, imperméables à toute automation. Ils le resteront vraisemblablement. L’IFAGE, Institut de Formation pour Adultes à Genève, les appelle les métiers éternels, y ajoutant ceux des arts du polissage. Ils sont conjonctions de savoir multiples, d’expériences indicibles et de perceptions sensorielles. Oui, même l’ouïe est mise à contribution… (Extrait de l’édito des prochains magazines Heure Suisse & Heure Schweiz, à paraître fin juin 2011)

