Le régleur, métier éternel

Le concours de chronométrie du Locle remet le régleur à l’honneur. Cet oublié de l’anoblissement en trente ans des métiers de l’horlogerie redevient un alchimiste qui fait rêver. Sacrée cuisine. Il ne suffit pas disposer d’ingrédients de première qualité dans une cuisine des plus high tech, encore faut-il que ceux-ci soient manipulés avec talent. Tout est dosage, finesse et subtilité, bref personnalité d’un Chef. Il en va de même avec la chronométrie, expression de la précision horlogère suprême. Tout est dans le réglage, un métier qui représente le Graal pour le maître horloger. Comme en formule1, on peut disposer du meilleur moteur, ou d’un moteur de série plus que correct, du meilleur pilote, des meilleures conditions atmosphériques et savoir que tout se joue dans la préparation. Heureusement, ces métiers-là, insuffisamment valorisés au regard des attentions réservées aux marques, sont foncièrement humains, imperméables à toute automation. Ils le resteront vraisemblablement. L’IFAGE, Institut de Formation pour Adultes à Genève, les appelle les métiers éternels, y ajoutant ceux des arts du polissage. Ils sont conjonctions de savoir multiples, d’expériences indicibles et de perceptions sensorielles. Oui, même l’ouïe est mise à contribution… (Extrait de l’édito des prochains magazines Heure Suisse & Heure Schweiz, à paraître fin juin 2011)

Exclusif: la montre école IFAGE, sortie imminente

Présentée par le bloghorloger le 15 juillet 2010 suite à sa première sortie proto au Salon EPHJ-EPMT, la montre école en super alliage concoctée par les élèves horlogers de l’IFAGE, l’institution en charge de la formation pour adultes à Genève, est désormais en état de marche. Jonché dans son écrin original, également une création de l’école disposant d’un système de fermeture innovant, ce garde-temps ajoute à sa particularité d’être travaillé dans du super alliage M30NW, l’un des matériaux les plus durs jamais usinés dans l’horlogerie, un système de fermoir doté d’un brevet. Une grande fierté pour des élèves qui, après avoir goûté aux joies de la vie professionnelle non qualifiée, tentent de revenir, au prix d’un investissement personnel de temps, à meilleure considération sur le marché de l’emploi et de la reconnaissance. Le Swiss-School-Made est né!

Montre-école de l’IFAGE en superalliage.

A ce niveau-là de dureté, supérieure au titane grade 5, il serait incongru de parler encore d’acier. La matière que vient d’identifier le team en charge des formations horlogères à l’IFAGE (Formation pour adultes, Genève), porte le nom de M30NW. De cet alliage, développé par Aubert & Duval, filiale auvergnate d’un groupe minier réputée pour ses solutions métallurgiques innovantes, est née une montre école étonnante, lancée au salon international EPHJ-EPMT. Un symbole du degré de compétitivité de l’institution dans ses trois métiers fétiches, l’usinage, l’horlogerie et le polissage. Car travailler le M30NW, à l’origine réservé aux implants médicaux, relève du défi. Matériau austénitique contenant du Niobium et du Tungstène, inoxydable et réfractaire à toute corrosion tout en conservant ses propriétés mécaniques, il est de surcroît amagnétique. Autrement dit, il sera possible de passer un IRM en gardant sa montre! Pas tout à fait, puisqu’elle sera habitée par un mouvement ETA 6497 classique. «Nos élèves feront la carrure, la couronne, le bracelet et le fermoir qui réservera une belle surprise d’ingéniosité», assure Paul Gisimundo responsable du tout nouveau centre horloger rue Dassier.

M30NW, le superalliage de Aubert & Duval

Destiné à l’origine aux implants médicaux, ce superalliage va prochainement débarquer en horlogerie par la porte de l’IFAGE (formations pour adultes, Genève) qui l’utilisera pour la première fois dans la construction d’une boîte de montre et de son bracelet. Visible à l’EPHJ-EPMT en juin 2010, cette première montre école, illustrera les trois métiers phare enseignés: l’horlogerie, l’usinage et le polissage. Le M30NW a été élaboré par Aubert & Duval, une société auvergnate qui vient de poser la première pierre de UKAD, une usine franco-kazakhe de transformation de lingots de titane construite en partenariat avec UKTMP. Créée en 1907, cette filiale du groupe minier français Eramet, est réputée pour ses solutions métallurgiques innovantes. En 1926, l’usine de la Compagnie d’Electrométallurgie des Ancizes (Auvergne) a augmenté son savoir-faire en élaboration d’aciers spéciaux.