Musée de la Pince à Montécheroux. Le rôle de l’horlogerie.

Comment une petite commune du Doubs devient, en 1896, la capitale mondiale de la pince? Reliefs historiques. Parmi les raisons que livre l’Histoire, la religion joue un rôle. Car en 1562, les habitants prêtent serment de fidélité aux Wurtemberg, partisans de la religion protestante, se révoltant du joux seigneural du Comte Ulrich de Montbéliard. Un acte de défiance qui, en terres catholique, les rend quasi apatrides: « Ni Français, ni Francs-Comtois, ni Catholiques » relève Michel Bonnet, Président de l’association « Musons et Créons » en charge du Musée de la Pince. Une prise de position qui les isole et les force à se suffire à eux-mêmes. De cette autarcie, et parce que la commune compte nombre d’artisans travaillant le fer, naît un savoir-faire particulier. En 1776, Un jeune coutelier suisse de pensée protestante, Jonaz Brand, incite les artisans de Montécheroux à fabriquer des outils pour l’horlogerie suisse, très prospère à l’époque. Et ça marche. Un siècle plus tard, le village compte 300 ouvriers sur 1800 habitants. Petit à petit, le même savoir-faire s’ouvre à la fabrication d’outils pour d’autres branches. Parmi ces outils, des pinces par milliers: pinces à perforer les billets, pour le téléphone, pinces à gaz, pour tanneurs, dentistes, maroquiniers, vitriers, pinces à couper les bagues ou les hosties, pour moucher les chandelles. Une des raisons du succès de la pince de Montécheroux réside dans son originalité de fabrication: ses branches entrepassées, dite la pince « maillée » offre un mécanisme solide qui sera difficilement supplantable par le machinisme. Suffisamment d’ingrédients historiques, talent, technique et culture pour qu’un musée lui soit dédiée et qu’il figure sur un parcours régional français dédié à l’horlogerie. Un lieu qui souligne la noblesse d’artisans artistes au mains calleuses dotées d’un doigté de fée.

Symboles et décorations dans l’art horloger.

5 mai 2010, Saint-Aubin-de-Médoc, France. Ancien élève de l’école nationale d’horlogerie de Besançon, le retraité Michel More, qui fut durant sa vie professionnelle professeur agrégé de physique appliquée pour les classes préparatoires aux grandes écoles, s’est reconverti à la passion horlogère, la restauration de pièces anciennes et… à l’activité de conférencier. Son thème de prédilection, l’horlogerie à la fois sous les angles de l’histoire, de la science et de l’art. Ainsi, cet érudit parcourt les salles, de Dijon à Biarritz en passant par Besançon, Nice ou Antibes. Partout, il apporte la bonne parole horlogère, sur le mode de la vulgarisation non réductive, s’aventurant sur les traces des premières clepsydres, des cadrans solaires de l’antiquité ou de Christian Huygens appliquant une théorie de Galilée sur la régularité des oscillations d’un pendule…

Germain Paget, mémoires horlogères sur toile à Morez

L’horloger Germain Paget (1817-1884) était également peintre. Rejeton d’une famille d’horlogers, il suit une formation artistique à Morbier avant d’intégrer, en 1841, l’école des Beaux-Arts de Paris, ville dans laquelle il fait carrière, à force d’expositions. Ses sujets de prédilection? Scènes religieuses et portraits. De retour à Morbier aux alentours de 1860, il est happé par l’atelier familial spécialisé dans l’estampage d’éléments pour horloges comtoises. Du 15 mai 2010 au 17 janvier 2011, le Musée de la Lunette à Morez lui consacre, avec l’aide de l’Association « Horlogerie Comtoise » une monographique exposition, permettant la redécouverte d’une horlogerie morézienne alors vigoureuse ainsi que la découverte d’un artiste tiraillé entre ambition parisienne et attaches jurassiennes. Entrée gratuite.