Audemars Piguet et le Montreux Sounds Digital Project

On aurait pu croire que tout ce qui concerne le Montreux Jazz Festival et Claude Nobs est chasse gardée Parmigiani Fleurier, en matière de communication. Tout, enfin presque, puisqu’il restait une porte latérale, d’obédience scientifique, qu’une autre marque, réputée grâce à sa Fondation pour son éthisme en matière d’opérations mécèniques, a pu franchir. Ainsi, Audemars Piguet, en partenariat avec l’EPFL ont embarqué pour le Montreux Sounds Digital Project, un programme patrimonial mené par la société Montreux Sounds (qui n’est pas vraiment Claude Nobs puisque cette société est aussi dirigée par son compagnon Thierry Amsallem). Décrit par Quincy Jones comme étant « le plus important témoignage de l’histoire de la musique, couvrant aussi bien le jazz, le blues, le gospel, le rock, que la brésilienne, africaine ou le folk… » ce projet entend sauvegarder et protéger pour le transmettre à la postérité après les avoir digitalisés, tous les trésors vidéo et son accumulés par le fondateur du Festival de Jazz de Montreux: 5′000 heures vidéo dont 1′000 en HD, 600 mètres de rayons linéaires (dans les sous-sol du chalet Le Picottin à Caux-sur-Montreux), 10′000 supports magnétiques représentant 60 tonnes. Un concentré de moments forts du genre: Ella Fitzgerald en 1969 ou Quincy Jones en 1996…

Vacheron Constantin et Barbier-Müller, l’humain au centre.

A l’heure où des marques horlogères s’engouffrent sur le terrain de la planète en danger et des désastreuses conséquences y relatives pour les animaux et les environnements, Vacheron Constantin s’embarque dans une aventure qui s’intéresse aux êtres humains. Décalage? Grâce au collectionneur genevois Jean-Paul Barbier-Müller, qui crée une fondation pour étudier les ethnies et les microcultures en voie de disparition, l’enseigne horlogère poursuit sa Patrimony Story et va, à contre courant, au-delà des préoccupations courues. L’intérêt de la démarche vient de ce qu’elle émane d’un éminent amasseur du tangible -trésors archéologiques retrouvés, statues ou des écrits dénichés (Musées à Genève et Barcelone), soudainement rattrapé par la réalité de l’éphémère. En effet, bon nombre de ces groupes isolés, régis pourtant par une organisation sociopolitique complexe gorgée de riches traditions médicinales ou musicales, sont menacés par l’expansion des sociétés dominantes ou l’effet de la démographie. Car ils usent dans leurs pratiques culturelles ou cultuelles d’objets périssables, absents des musées: statues en terre crue, transmissions orales, préoccupations religieuses aniconiques… Au programme des observations menées, sur le terrain et via la publication de résultats, trois petits peuples de Côte d’Ivoire dont les créations plastiques sont à ce jour absentes des musées ainsi qu’un groupe d’environ 6000 individus du Burkina-Faso sud-ouest à propos duquel aucune donnée scientifique n’existe. Des missions de la dernière chance -la globalisation menace, qui recèlent une certaine parenté avec la préservation patrimoniale de certains métiers horlogers et certains savoir-faire entretenus par Vacheron Constantin entre autres…

Vincent Bérard rejoint la Fondation de la Haute Horlogerie

Natif d’Avignon, Vincent Bérard, artiste horloger, peintre, poète et sculpteur, arrive en Suisse il y a plus de trente ans. Formé à l’établi comme horloger rhabilleur (Ecole de la Vallée de Joux), il s’exerce à la restauration de pièces historiques au MIH -Musée International de l’Horlogerie de La Chaux-de-Fonds avant d’oeuvrer au sein de plusieurs manufactures. Maître ès complications, il fonde en 2003 sa société qu’il dote de quatre pièces horlogères de 91 mm de diamètre, entièrement réalisées à la main, baptisées « Quatre Saisons Carrosse« . En Octobre 2006, la société rejoint le groupe horloger Timex et acquiert la solidité de reins qui lui permet d’envisager l’avenir sous le signe d’un essor plus rapide. Herbert Gautschi devient CEO tandis que Vincent Bérard peaufine son empreinte artistique, avec sa série de montres bracelet Luvorene, habitée par le calibre maison VB441, dont l’esthétique particulière, décorée main, décline les codes de la Mandorle. En 2009, la marque inaugure sa Manufacture. Elle compte une vingtaine d’employés et décide de rejoindre le cénacle de la Fondation de la Haute Horlogerie, en devenant le trentième acteur.