Monique Wyssmüller et son inséparable machine…

Parce que ses parents modestes ne pouvaient lui offrir la formation de coiffeuse ou de vendeuse à laquelle elle aspirait, Monique Wyssmüller est devenue horlogère. Plus précisément régleuse. Une aubaine puisque, à un âge où d’aucuns aspirent au repos après une vie de labeur, elle reprend du service, quasiment en face de chez elle à Villeret, au sein de l’ancienne fabrique Minerva devenue Institut Minerva de Recherche en Haute-Horlogerie (propriété de MontBlanc). Ce savoir rare la transforme, de temps à autre et au fil d’un voyage vers des destinations qu’elle n’aurait pas espérer conquérir, en Asie par exemple, en attraction horlogère. Sa machine étalon ne la quitte jamais. « Je l’ai eue à l’Ecole d’Horlogerie, avec les outils d’écolage, je suis partie avec, elle est numérotée » répète-t-elle inlassablement. Elle en a pris soin, ne l’a jamais fait contrôler et, lorsqu’elle est dans un long courrier en vol pour un bout du monde, la conserve sur ses genoux. Dur, dur, d’expliquer à un douanier de Hong Kong que cette compagne est une matrice lui permettant de donner le jour à une montre mécanique. En effet, Monique Wyssmüller, naturelle et gouailleuse, est régleuse en spiraux. C’est elle qui permet à l’une des pièces les plus névralgiques d’un mouvement mécanique de se mettre en route, de fonctionner… A part ça, elle collectionne les tracteurs!

Montre-école de l’IFAGE en superalliage.

A ce niveau-là de dureté, supérieure au titane grade 5, il serait incongru de parler encore d’acier. La matière que vient d’identifier le team en charge des formations horlogères à l’IFAGE (Formation pour adultes, Genève), porte le nom de M30NW. De cet alliage, développé par Aubert & Duval, filiale auvergnate d’un groupe minier réputée pour ses solutions métallurgiques innovantes, est née une montre école étonnante, lancée au salon international EPHJ-EPMT. Un symbole du degré de compétitivité de l’institution dans ses trois métiers fétiches, l’usinage, l’horlogerie et le polissage. Car travailler le M30NW, à l’origine réservé aux implants médicaux, relève du défi. Matériau austénitique contenant du Niobium et du Tungstène, inoxydable et réfractaire à toute corrosion tout en conservant ses propriétés mécaniques, il est de surcroît amagnétique. Autrement dit, il sera possible de passer un IRM en gardant sa montre! Pas tout à fait, puisqu’elle sera habitée par un mouvement ETA 6497 classique. «Nos élèves feront la carrure, la couronne, le bracelet et le fermoir qui réservera une belle surprise d’ingéniosité», assure Paul Gisimundo responsable du tout nouveau centre horloger rue Dassier.

Montres écoles, l’histoire en relecture.

Exposées d’abord à Genève, au Musée d’horlogerie –ou plutôt dans un espace volé au Musée d’Art et d’Histoire, puis lors de la journée d’étude de la SSC – Société suisse de Chronométrie, les montres écoles compilées par Antoine Simonin, l’un de leur plus fervents connaisseurs, débarquent en livre. Témoins de l’évolution des techniques, porteuses des avancées et découvertes de leur temps, ces garde-temps racontent aussi des histoires personnelles. Celles des volées d’élèves passées entre les murs de 10 écoles d’horlogerie. C’était le temps où chaque étudiant devenu horloger, devait ponctuer la fin de son cursus scolaire par la réalisation complète d’une montre. Du pain béni pour les collectionneurs… En français, 24×30 cm, 500 pages richement illustrées, papier couché, reliure cousue fil et couverture cartonnée. info@booksimonin.ch

Symboles et décorations dans l’art horloger.

5 mai 2010, Saint-Aubin-de-Médoc, France. Ancien élève de l’école nationale d’horlogerie de Besançon, le retraité Michel More, qui fut durant sa vie professionnelle professeur agrégé de physique appliquée pour les classes préparatoires aux grandes écoles, s’est reconverti à la passion horlogère, la restauration de pièces anciennes et… à l’activité de conférencier. Son thème de prédilection, l’horlogerie à la fois sous les angles de l’histoire, de la science et de l’art. Ainsi, cet érudit parcourt les salles, de Dijon à Biarritz en passant par Besançon, Nice ou Antibes. Partout, il apporte la bonne parole horlogère, sur le mode de la vulgarisation non réductive, s’aventurant sur les traces des premières clepsydres, des cadrans solaires de l’antiquité ou de Christian Huygens appliquant une théorie de Galilée sur la régularité des oscillations d’un pendule…

Cambriolage au Musée de Cluses

Une partie du patrimoine horloger de la Vallée de l’Arve s’envole, des cambrioleurs ayant emporté non seulement un butin d’une valeur de CHF 133′000 mais surtout des pièces irremplaçables, comme le concédaient au Dauphiné Libéré du 4 mai 2010 Jean-Michel Roch, Président de l’Amicale des Anciens Elèves du Lycée Charles Poncet de Cluses, anciennement l’Ecole d’Horlogerie, Marcel Marquet de Directeur du Musée ainsi que Jean-Claude Léger, maire de Cluses. Ont notamment disparu une horloge exceptionnelle de type « Voltaire » de 1680 ainsi qu’une autre dite « en squelette ». Un passé horloger déjà mis à mal puisque les crises l’ont peu à peu effacé, sans jamais pour autant détrôner Cluses de son titre de centre mondial du décolletage. Lire l’histoire de cette vallée, parue dans le Journal Suisse d’Horlogerie. Espérons que les autorités locales auront à coeur de reconstruire leur joyau et non pas de suivre le déplorable exemple de Genève qui, après le cambriolage de son Musée route de Malagnou, le seul au monde à être dédié tant à l’horlogerie qu’à l’émaillerie, n’a trouvé de meilleure idée que de le rayer de la carte, en le fondant dans l’entité Musée d’Art et d’Histoire. Quels peuvent bien être les commanditaires de tels vols, puisque leurs prises resteront invendables? Des collectionneurs sans scrupules? Probable.

Montres écoles, inestimables témoins historiques

Amateurs et chercheurs, à vos marques. La sortie de « 10 Ecoles d’Horlogerie Suisses« ,  livre annoncé par bloghorloger.ch le 21 septembre 2009, est imminente: la plus incroyable collection de montres écoles débarque, regroupée dans un livre référence par Antoine Simonin, ancien directeur du Wostep. Lancement prévu le 30 avril 2010 au MIH, le Musée International d’Horlogerie à La Chaux-de-Fonds, et le 5 mai à Genève, dans le hall du Musée d’Art et d’Histoire. 10 écoles d’horlogerie représentées. Créés au milieu du XIXème siècle, les établissements de formation professionnelle spécialisée forment des horlogers complets, aptes à répondre aux entreprises. D’imposants bâtiments scolaires sont construits, de Genève à Porrentruy, en passant par Bienne, Soleure, Saint-Imier, Neuchâtel, Fleurier, La Chaux-de-Fonds, Le Locle et la Vallée de Joux. La tradition voulait que chaque élève ponctue la fin de ses études par la réalisation d’une pièce. Ainsi, les montres-école sont de formidables témoins de l’évolution de ces établissements et des travaux qui y sont conduits, sous le signe du trait-d’union entre enseignement et exigences industrielles.  La trace encore vivace de plusieurs générations d’inventions et d’avancées techniques. Exposées partiellement à Genève, puis dans le cadre d’une journée d’étude de la SSC – Société Suisse de Chronométrie, ces montres se retrouvent désormais compilées. Une bien belle manière de lire l’histoire horlogère, sous un autre angle. Lire également l’article de horlogerie-suisse.com.

Cosandey Eric, professeur d’horlogerie et éditeur.

Horlogerie-suisse.com, sa plate-forme d’échange d’informations, destinée avant tout à partager son savoir et son enseignement à ses élèves, devient l’un des médias internet les plus indépendants et fiables de la branche. Ce site, auquel s’est associé Maximilian Büsser (sous la Sàrl Horloweb) est aujourd’hui un média consulté par les passionnés, les puristes ainsi que les collectionneurs du monde entier. Il demeure également la formidable vitrine de compétence d’une école d’horlogerie genevoise, au sein de laquelle Eric Cosandey enseigne et transmet ses compétences en horlogerie.