Parce que ses parents modestes ne pouvaient lui offrir la formation de coiffeuse ou de vendeuse à laquelle elle aspirait, Monique Wyssmüller est devenue horlogère. Plus précisément régleuse. Une aubaine puisque, à un âge où d’aucuns aspirent au repos après une vie de labeur, elle reprend du service, quasiment en face de chez elle à Villeret, au sein de l’ancienne fabrique Minerva devenue Institut Minerva de Recherche en Haute-Horlogerie (propriété de MontBlanc). Ce savoir rare la transforme, de temps à autre et au fil d’un voyage vers des destinations qu’elle n’aurait pas espérer conquérir, en Asie par exemple, en attraction horlogère. Sa machine étalon ne la quitte jamais. « Je l’ai eue à l’Ecole d’Horlogerie, avec les outils d’écolage, je suis partie avec, elle est numérotée » répète-t-elle inlassablement. Elle en a pris soin, ne l’a jamais fait contrôler et, lorsqu’elle est dans un long courrier en vol pour un bout du monde, la conserve sur ses genoux. Dur, dur, d’expliquer à un douanier de Hong Kong que cette compagne est une matrice lui permettant de donner le jour à une montre mécanique. En effet, Monique Wyssmüller, naturelle et gouailleuse, est régleuse en spiraux. C’est elle qui permet à l’une des pièces les plus névralgiques d’un mouvement mécanique de se mettre en route, de fonctionner… A part ça, elle collectionne les tracteurs!

