VicenTerra, masses oscillantes, suivez le fil…

Et hop, on vous en remet une couche… Lancé par le célèbre horloger Abraham Louis Breguet, le principe de la souscription revit. En pré-achetant l’une des 100 GMT-3 (le bloghorloger.ch suit l’aventure depuis ses débuts), on reçoit une action de la marque VicenTerra, lancée par Vincent Plomb. L’opération enflamme les forums. Car ce garde-temps de forme tonneau est un concentré de complexités: globe terreste miniature mobile, tournant sur lui-même, date rétrograde et moult attentions chronométriques. Au prix fabrique, un excellent investissement, sur les 100 pièces prévues, il en reste quelques unes. Chaque souscripteur reste connecté avec l’évolution de l’aventure au fil de newsletters qui relatent l’avance des travaux de construction. Ainsi le bloghorloger.ch -dont les lecteurs ont permis l’acquisition de plusieurs pièces- est-il en mesure de vous annoncer que les masses oscillantes personnalisées viennent d’arriver.

Maximilian Büsser s’offre une ronde

Maximilian Büsser introduit en horlogerie le concept du collectif. Au point d’ouvrir à Genève M.A.D. Gallery, un espace d’art dédié à ses découvertes et aux membres de sa famille de goût. Car au sein de sa marque MB&F, on s’invite les uns les autres. Sa Legacy Machine N°1 interprète en mode urbain, l’excellence horlogère des plus grands horlogers passés et actuels. Pour collectionneurs connaisseurs.

Saskia Maaike Bouvier complications au féminin

La démarche de Saskia Maaike Bouvier, membre de l’AHCI, Académie horlogère des Créateurs indépendants des allures d’éclaircie. Car même si elle s’appuie sur le trend des grandes tailles qui habillent aussi si bien les dames, ses créations sont des complications nouvelles, spécifiquement créées pour des femmes. Cette horlogère conceptrice, formée à l’issue de son écolage horloger à quelques enseignes prestigieuses, se la joue solo dès l’âge de 30 ans, en 2004. Partant de l’idée que «la femme est naturellement influencée par la lune et sensible à ses changements» elle développe un calibre SmB 905 automatique capable de donner vie à sa collection 8 lunes, des montres dotées d’un affichage de l’éphéméride lunaire. «Chaque jour, la progression de la lune est clairement indiquée. A midi, la lune d’aujourd’hui, ensuite, celles à venir.» Surprise, dès que l’astre du jour décline, ces lunes s’allument et illuminent la nuit, transformant la course du temps en ballade sur firmament.

Ecueils ou écailles? AtyA prend de la hauteur…

A défaut d’avoir une vue sur les richesses sous-lacustres peuplées d’animaux riches en reflets inspirants, thème de sa nouvelle collection de montres uniques Fish or Fly (cadrans tapissés d’écailles de poissons), Yvan Arpa prend de la hauteur et n’est jamais en vacances quand il s’agit d’orchestrer un buzz. Même lorsqu’il s’ébroue, toutes jambes dehors, au fil d’un périlleux exercice de Jet Lev. Il s’agit d’un appareillage particulièrement spectaculaire, à propulsion aquatique, lui permettant de s’envoyer en l’air au fil de quelque sensation forte façon foudroyante, et surtout, de survoler les éventuels écueils saupoudrant son parcours. Une manière de prendre de la hauteur avec sa marque ArtyA et de faire la nique aux requins…

VicenTerra, action et composants, le chemin vers la prod

Petit à petit, au terme d’une opiniâtreté modèle, le constructeur Vincent Plomb, dont la pièce offerte à la souscription GMT-3 connaît un succès qui avoisine la centaine de montres pré-vendues, se lance dans la production. Déjà, quelques composants font l’objet de toutes les attentions tandis que l’action de la nouvelle société proposée aux souscripteurs en sus de la montre, est imprimée et prêt à être personnalisée. Histoire de s’offrir une escapade curieuse en backstage de cette belle aventure, jetons un oeil sur quelques pièces, au pays de l’infiniment précis. C’est didactique et au passage, ça permet de se faire une idée du nouveau logo. On peut encore la commander! Lire également les autres articles sur le bloghorloger.ch.

Les Mürner rachètent Magma Concept, micro manufacture

Cédric Grandperret, tout en restant à la Direction de sa micro manufacture créée il y a une dizaine d’années, vient d’en céder le capital à la famille Mürner originaire de Reichenbach im Kandertal, une commune bernoise située dans l’arrondissement de Frutigen-Bas-Simmental. Bref, en provenance de Thune et pas trop loin de Bienne où la même famille, déjà particulièrement bien introduite dans les univers de la distribution horlogère via une histoire entrepreneuriale dédiée aux transports, enregistre le 31 janvier 2011 (publication dans la Feuille d’Avis Officielle le 22 février 2011), la société Union Horlogère SA, du nom d’une ancienne marque issue d’une démarche collective que l’histoire horlogère fait remonter à 1883. Au nouveau conseil d’administration de Magma Concept, respectivement aux postes de Président, Vice-Présidente et Secrétaire Général, Patrik (le fils), Suzanne (la mère) et Paul (le père) Mürner. Un rachat qui laisse présager de bonnes surprises tant la réputation de ce label d’excellence s’appuie sur une horlogerie vraie et sur des compétences solides, en matière de construction horlogère et de complications comme du côté des meilleurs rendus de l’imagerie 3D.

Rachat de Magma Concept

La micromanufacture Magma Concept, créée il y a une dizaine d’années par l’horloger Cédric Grandperret (lire son portrait), vient de trouver un nouveau propriétaire suisse. Son nom sera révélé dans prochainement dans ces mêmes colonnes. Membre du Jury du Prix Montre de l’Année du magazine Montre Passion, Cédric Grandperret reste à la tête d’une entreprise particulièrement bien considérée au monde des marques ou des fabricants de complications, un motoriste regorgeant de ressources créatives et de développement. L’accord finalisé ce jour, avec le concours du professionnel  et ami Philippe Thivolet,  permet ainsi à l’un de fleurons horlogers de la production de mouvements manufacture et de modules compliqués d’envisager l’avenir sous les meilleurs auspices.

Rock’n Roll watches. Ladoire

Lionel Ladoire, batteur et horloger. S’il a rasé sa crête, le trublion n’a pas renoncé à ses baguettes. Il taquine régulièrement ses peaux et s’écoute de temps à autre quelque groupe mouvances post punk zestées de rap. Issu d’une respectable dynastie bijoutière, sa première dose de rebellion lui fait tourner le dos à son destin de pro rider snowboarder de l’extrême, pour entrer sans complexe dans l’univers horloger, D’ailleurs, Helvet Mechanic, l’appellation de sa fabrique, a des relents undergroud. Côté créativité, en éditions limitées, il transgresse au quotidien les codes tout en se réclamant de la plus haute intransigeance en matière de respect des arts horlogers. Avec sa Black Widow collection, entièrement dédiée à la vénéneuse Lacrodaectus Mactans, seule araignée de sa race à disposer d’une particularité que l’on croyait réservée à la mante religieuse, la veuve noire est ainsi nommée car tue une fois sur deux son mâle conquis et repu, au sortir d’actes copulatoires. Lionel Ladoire revisite ainsi, en langage haute-horlogerie, le mythe passionnel du rouge et du noir. La toile d’araignée du fond des cadrans transforme la hantise en challenge. Tout ou rien, jeu avec le feu, performance défiante, incarnation sans détour du slogan Rock Your Time. Suspense garanti, pulsion ultime, le modèle Mr Race s’adresse aux coeurs bien accrochés et aux peaux non-sensibles. En filigrane, , maintient un suspense dont seule la pulsion ultime connaît l’issue. Modèle Mr Race, peaux sensibles s’abstenir, arts horlogers maîtrisés sur fond de rouge vif arachnéen! Retrouver ce sujet dès le 23 mai 2011 dans le magazine Heure Suisse111.

Endless, index détraqués.

Endless sera-t-elle un jour une montre? C’est déjà l’œuvre éclairée, voire prémonitoire de Costa Edir, jeune élève bijoutier au Centre de Formation professionnelle d’Arts Appliqués à Genève. Il participait au concours «Time Dress Code» lancé par l’horloger indépendant Antoine Preziuso et sa fille Laura. Chaque élève se devait d’habiller en quelques semaines une véritable boîte de montre. Costa Edir, premier prix, a réinterprété la crise financière qui battait alors son plein, organisant dès 17h une dégringolade de chiffres en entrelacs subtils, tandis que, aux heures sérieuses et indiquées, des aiguilles cachées par un cadran gris argenté effectuent leur course en toute discrétion. L’horloger des complications, qui tenait salon en janvier et lançait son tout nouveau modèle, ne sait pas encore s’il en fera une montre, mais reste bluffé par la fraîcheur talentueuse des 9 élèves participants.

Ressence, cadran en pleine tournante

Tandis que la Belgique se cherche encore un gouvernement, le temps de cette pièce Type 1001 de la marque anversoise Ressence –contraction de Renaissance de l’Essentiel, fait sa révolution autour du cadran, ce qui est totalement novateur et particulièrement complexe à réaliser. En d’autres termes, chacun des trois compteurs tourne sur lui-même, comme calé sur la course d’une aiguille dessinée à même le fond anthracite d’un cadran principal lui-même tournant. Absence d’aiguille, effets d’optique rafraîchissants, cette nouvelle venue découverte au salon horloger Geneva Time Exhibition en Janvier est lancée par Benoît Mintiens, un designer industriel belge. Mieux vaut le voir fonctionner, c’est même sur Youtube.

François-Paul Journe, en bref

François-Paul Journe, fondateur des Montres Journe SA. Sous la bannière de l’Invenit & Fecit – Inventé et Fait, François-Paul Journe s’impose naturellement comme le lien entre l’âge d’or des sciences horlogères et l’horlogerie contemporaine. Avant de créer sa première collection de chronomètres en 1999, il explore durant 10 ans toutes les facettes de l’horlogerie ancienne, à travers la restauration de pièces d’exception. Ainsi nourri par le cheminement intellectuel et culturel d’horlogers ayant marqué l’histoire des sciences horlogères, fasciné par un XVIIIème siècle qui reste l’âge d’or de la mesure du temps, il poursuit les recherches d’antan en créant des pièces dont l’intégrité et les innovations techniques respectent l’éthique des grands maîtres. Au sein de sa Manufacture au cœur de Genève, sa démarche créatrice et inventive demeure celle du temps où il était artisan, tandis que des boutiques à son nom fleurissent de Genève à New York, en passant par Paris Faubourg Saint-Honoré, Hong Kong, le Japon et la Chine. Sept fois couronné par le Grand Prix d’Horlogerie de Genève, François-Paul Journe, n’est plus seulement l’horloger des grands collectionneurs de la planète: sa marque et son nom servent désormais de repères dans l’univers horloger mondial.

Grönefeld et Grönefeld, horlogerie hollandaise

D’un grand-père bijoutier ayant d’abord appris l’horlogerie et restauré des montres de poche qu’il emballait dans des boîtes à cigares, Tim et Bart héritent de la passion. Chez les Grönefeld on est joaillier de père en fils. Qu’importe, ils feront leurs quatre années d’école d’horlogerie avant d’arriver au WOSTEP, une école suisse qui forme les horlogers du monde afin d’alimenter en savoir-faire les SAV de nos plus belles enseignes. Chez Renaud Papi, à l’heure des débuts, ils s’exercent aux hautes complications, en apprivoisant même la reine, la répétition minute. «J’ai appris par moi-même, comment limer, afin de gagner de la place» explique Bart. Et donc d’en offrir un maximum aux timbres censés marteler les divisions de l’heure. D’ailleurs, GTM-06, leur première pièce éponyme, une fois le retour à Oldensall consommé, est un summum technique: à partir de mouvements Claret acheté bruts, leur répétition minute les font remarquer des collectionneurs mondiaux. Pour leur deuxième création, les Grönefeld s’attaquent à un mythe presque oublié, la seconde morte. Partis d’une page entièrement blanche, hormis quelques vertiges historiques, Tim et Bart dessinent, inventent, usinent, anglent. La One Hertz 1912, comme la date du diplôme de leur grand-père, voit le jour.

Grand Dôme DT de Dubey & Schaldenbrand

En phase avec les valeurs léguées par les deux horlogers des Ponts-de-Martel qui donnèrent leur nom à la marque, dans ce val de Ruz où feu la fabrique de mouvements Martel Watch sévissait, la Grand Dôme DT de la nouvelle collection bichonnée par Jonatan Gil, le plus jeune patron de l’industrie horlogère, abrite un calibre chronographe automatique Valjoux 7751. Finitions abouties avec le décor Côte de Genève, vis bleuies, masse oscillante personnalisée et terminée Black Gold. Verre saphir bombé, traité antireflet, fond également saphir, cette tonneau double cadran aux compteurs bordés de reliefs et aux poussoirs asymétriques, affiche en aiguille au centre un quantième et à 6h les phases de lune. Guichets Jour et Mois, servie sur son bracelet alligator bombé, grandes écailles carrées.

Alain Mouawad, le précurseur

Il est de bon ton, par les temps qui courent, caractérisés par une propension à dissimuler les complications sous une sobriété de cadran, de ne plus étaler à la vue de tous, les mécanismes compliqués, fussent-il des tourbillons. La dernière crise aura eu au moins ça de bon, elle a gommé les exubérances et les dérives ostentatoires. Ainsi, H. Moser & Cie nous la joue lignes hyper classiques habitées pourtant par de bien intéressantes complexités. Ainsi, Laurent Ferrier, avec sa première pièce, nous ramène à une montre tourbillon dont le mécanisme ne peut s’observer que par la glace du fond. Au risque de vous décevoir, la chose n’est pas nouvelle. Sans chercher à scanner l’histoire complète du dernier siècle, jalonné de similaires expressions, en 1997 déjà, Alain Mouawad pour Robergé nous servait une sublime répétition minutes et tourbillon (eh oui, déjà précurseur avec son Andromède II). Hormis la mention signalée sur le cadran -le bloghorloger en a retrouvé la photo- tout était caché. Seul son possesseur pouvait à loisir se pencher sur les merveilles mécaniques de son garde-temps, pour autant qu’il l’ôtât de son poignet. Détail qui ne fait qu’attiser la curiosité des passionnés quant à l’arrivée de Blacksand, nouvelle marque lancée par ce fils Mouawad qui, auprès des connaisseurs,  s’est déjà taillé un prénom.

L’Upside Down Number One de Ludovic Ballouard

Mise en valeur du bon sens… Extrait d’un billet d’opinion signé Joël A. Grandjean, paru sous la chronique « Minute, précisions! » sur le site Horlogere-suisse.com: « Ses chiffres à l’envers ont l’utilité de permettre la mise en valeur du chiffre qui, à l’endroit, indique l’heure…» expliquait Ludovic Ballouard lors de son discours à la remise des prix Montres de l’Année du Magazine Montre Passion (Ringier). L’horloger transfuge de Journe, converti à son aventure éponyme, faisait allusion au cadran de sa première création, l’Upside Down Number One, habitée par un système de douze mécanismes complexes dissimulés sous une sobriété rare. Un concentré d’horlogerie compliquée et pure, doté d’une dimension poético-ludique: une seule aiguille pour indiquer les minutes puisque chaque chiffre des heures, positionné sur le cadran la tête en bas, se remet à l’endroit lorsque la course du temps arrive à son niveau. C’est par ce ‘retournement’ du chiffre, entièrement orchestré de manière mécanique et à partir de la même énergie que celle qui entraîne le mouvement, que les heures défilent, se repositionnant à l’envers lorsque leurs 60 minutes se sont écoulées et que l’heure d’après s’entame. Le mieux, c’est encore d’y jeter un œil. » Au-delà, de la prouesse technique, cette célébration du ‘bon sens’ se charge d’une dimension parabolistique: ceux qui sont restés droit sont mis en lumière par ceux qui font les choses de travers, louvoyant ou trichant avec les règles, privilégiant le profit maximal et, lorsque le ciel se couvre, n’hésitent pas à se laver les mains dans la sueur d’autrui. Participer au forum de Horlogerie-Suisse.com.

En 1856 chez Patek, déjà le quart de seconde…

La montre de poche N° 10 051 de 1856 est certainement l’un des plus anciens chronographes Patek Philippe. Avec sa grande trotteuse complétée par sa petite seconde foudroyante, elle permet de capturer déjà des intervalles de temps de l’ordre du quart de seconde. Hélas, cette historique ne possède pas encore de mécanisme de remise à zéro et c’est donc au moyen d’une clef séparée, avant chaque opération de chronométrage, qu’il convient de la régler sur la position de départ. Au nombre des complications maîtrisée par la marque, les chronographes représentent parmi les trésors les plus convoités par les collectionneurs, pour avoir été, peu après la date de fondation de Patek Philippe, le champ de développements continus. Certains, hors de prix, ne peuvent être observés qu’au travers de vitrines muséales, quand ils n’ont pas rejoint les arcanes opaques de quelque collection privée. L’histoire est en marche puisqu’en 2005, la marque présente à BaselWorld, le chronographe à rattrapante extra-plat référence 5959, doté du premier calibre chronographe 100% maison, développement et production s’entendent, le CHF 27-525 PS: un mouvement à rattrapante et à roues à colonnes le plus plat du monde avec son épaisseur de 5,25 mm.

Agenhor nouvelle fabrique: les «casquettes» et la pompe.

Longuement ruminée par le constructeur horloger Jean-Marc Wiederrecht, maître ès complications, l’idée est, selon lui, une question de bon sens: construire des dalles supérieures de plus grande taille que le bâtiment, comme des «casquettes», doit permettre qu’en hiver, lorsque l’astre du jour suit une courbe inclinée, le soleil pénètre par les surfaces vitrées, apportant sa contribution au chauffage intérieur. Ces mêmes dalles en été, lorsque la course solaire flirte avec la verticale, pourraient «briser les rayons», les empêchant de taper sur les façades. Jean-Marc Wiederrecht ne voulait pas la climatisation, il voulait pouvoir ouvrir les fenêtres, pour entendre l’eau couler –une marre a été installée, et les oiseaux chanter. Utopique? Grâce à son usine laboratoire Agenhor (Atelier Genevois d’Horlogerie), avec son écobilan positif et ses «charges négatives», il démontre que le respect  de l’environnement est un modèle économique viable. D’ailleurs, son bâtiment pourrait même lui rapporter de l’argent, puisque les SIG, fournisseur officiel genevois d’électricité, rachètent à bon prix, tout surplus d’énergie renouvelable produit par des particuliers…

Bittel invente le post bling-bling…

Encore une inédite chez Michael Bittel. Sur la complice initiative du photographe Claude Cuendet, Michael Bittel, le plus atypique des horlogers, est mis en scène. L’occasion de présenter un modèle encore jamais montré: une montre dont la lunette hérite de sa fameuse invention, son système de lamelles amovibles. Supposons qu’une des faces de ce pourtour soit sertie de diamants, que l’autre affiche la sobriété d’un poli brillant. Ça donne le bling-bling sur commande ou l’expression du post-ostentatoire, un modèle idéal en ces temps de retours vers des goûts plus classiques et vers le moins d’envie d’étaler les tapages d’une horlogerie d’excès. Apparu en 2009 avec ses Grands Carrousels, des montres bracelets dont les cadrans multiples offrant deux à trois faces totalement distinctes sont possibles grâce à ce même système, celui que l’on surnomme affectueusement «l’horloger du voyage» poursuit sa route. Avec notamment, annoncée pour début 2011, une centaine d’«Eclypses», autre modèle porteur d’une seconde invention, le double diaphragme. Là encore, comme fil rouge, la possibilité de disposer de deux cadrans, trois si l’on compte le «fond» de la cage qui supporte avec bonheur quelque sertissage partiel ou complet.

Thomas Prescher, portrait

Accrochée aux bords du lac, à Twann entre Neuchâtel et Bienne, son enseigne ouverte en 2002 est une incontournable escale sur la route de l’horlogerie compliquée. Comme bon nombre d’horlogers débutant un jour leur éponyme aventure, Thomas Prescher se fait la main en restaurant des pièces anciennes, d’abord au sein de l’entreprise Gübelin à Lucerne où il s’essaie également sur la réalisation de pièces d’exception, des commandes spéciales. Encore aujourd’hui, nombre de trésors antiques et de pièces rares passent entre ses mains à Twann: des pièces d’Abraham-Louis Bréguet, de Thomas Earnshaw, de Girard-Perregaux, de Ferninand Adolf Lange, de John Arnold, de Patek Philippe, d’Urban Jürgensen, de LeRoy, de Thomas Mudge ou de Thomas Tompion. Puis il se fait notamment connaître par la ligne Tempusvivendi, ses premières créations inspirées d’une complication apparue au dix-huitième siècle, un double rétrograge, libérant sur le cadran, des espaces ouverts à l’expression de scènes gravées ou émaillées. Il rejoint en 2003 l’illustre AHCI – Académie Horlogère des Créateurs Indépendants et s’offre pour la première fois une percée revigorante à BaselWorld. C’est le coup d’envoi d’une carrière remarquée par les collectionneurs du monde entier, débutée au SAV d’Audemars Piguet en Allemagne, après une éphémère carrière dans la marine allemande. Pour parvenir à ce stade, il aura avalé et digéré un nombre incommensurable de données techniques, au fil de lectures volontaires: manuels techniques, livres horlogers et autres articles éclairés.

Triple Axis Tourbillon de Thomas Prescher.

S’inspirant, comme ses pairs Stephen Forsey et Robert Greubel, des travaux des Britanniques Anthony G. Randall et de Richard Good, Thomas Prescher appartient à cette nouvelle génération de doigts d’or qui s’amusent à taquiner l’impensable. Ainsi parvient-il à réaliser, dans une montre-bracelet, un exploit jugé jusque-là impossible: l’ajout à un mécanisme tourbillon d’un troisième axe, opérant une circonvolution une fois par heure, donnant un relief spatial à la vision fascinante de la marche de la montre. Le tourbillon semble suspendu dans l’air et ses ébats sont comme épargnés par les vicissitudes de l’apesanteur.  Lire l’article paru dans Heure Suisse n°107.

Boucheron et Max Busser, chouette, la boucle est bouclée: JWLRYMACHINE

L’homme qui, via l’Odyssée des Opus permit à une marque bijoutière d’accéder en un temps record au nirvana horloger, se trouve soudain rejoint par la haute joaillerie. Boucheron soudoie Maximilian Büsser, ensemble, ils commettent en co-branding, un drôle d’objet. Il fallait oser! La JWLRYMACHINE est un concept joaillier sur le thème de la chouette, inspiré de la Horological Machine N°3 de MB&F, issu d’une collaboration intime avec les maîtres sertisseurs de Boucheron. A l’origine, la construction est surtout un concentré de micro-mécanique: 304 composants, un moteur Agenhor travaillé dans des tolérances de l’ordre du micron, mu par l’énergie d’un rotor mystérieux en or 22 carats, défiant les lois de la physique. Puis, deux roulements à billes en céramique high-tech, visibles sur le fond du boîtier, servent de transmetteurs d’informations aux flancs et au sommet des deux cônes. L’un, doté d’un indicateur jour-nuit, affiche les heures. L’autre égrène les minutes. Une date surdimensionnée se love autour du rotor. Bref, à sa sortie, l’objet, si lointain des codes horlogers, générait une «surtension sensorielle». Balayées de références à la nature, conjuguant tant les gouttes de pluie, les vaguelettes ou les animaux emblématiques, oiseaux ou insectes, les créations Boucheron sont des summums de maîtrise joaillière. Depuis 1858, du 26 Place Vendôme, siège historique de cette dynastique fondée par Frédéric Boucheron, l’audace libertaire fait partie des codes. Maximilian Büsser, fondateur de MB & F, ajoute donc à ses ‘friends’ Jean-Christian Bedos, Directeur général de Boucheron. Ensemble, ils transforment un summum complicationnel horloger en fantasme joaillier et naturaliste.

Jean-François Mojon, horloger développeur

Auprès des collectionneurs, surtout en Asie, le nom de Jean-François Mojon est de ceux qui engendrent les frémissements. Développeur pour de Grisogono de la dg Meccanico, première montre dotée d’un affichage digital entièrement mécanique, l’homme a également sévi chez Harry Winston, en s’associant au dixième chapitre de la saga des Opus. Sa série de garde-temps, dont le prix unitaire avoisinait pourtant les  CHF 210′000.–, s’était envolée en quelques jours… Présente au Geneva Time Exhibition, le salon genevois des indépendants, cette figure d’une horlogerie toujours plus compliquée, devrait drainer son flux d’inconditionnels. Le Loclois, fondateur de Chronode SA, les entraînera cette fois, sur les traces de Cyrus Le Grand, le monarque qui parvint à conquérir la plus imprenables des cités, Babylone. Une nouvelle marque, lancée par Laurent Lecamp. Voir l’article sur la Clepcys.

L’heure babylonienne, selon Cyrus, nouvelle marque.

Par sa trinité de fonctions, toutes exceptionnelles, le mouvement innovant de la Klepcys, conçu par l’horloger développeur Jean-François Mojon (Chronode, Le Locle) pour la nouvelle marque Cyrus a été baptisé CYR598 en hommage au grand Conquérant né en 598 avant JC. Il décroche deux brevets internationaux. La lecture du temps se fait par une aiguille rétrograde qui parcoure l’unité des heures, de 12 à 12, changeant de couleur histoire de départager sans ambiguïté le diurne du nocturne. En prolongement de son indication, parce que la lecture du temps se veut linéaire, deux disques imbriqués alignent les minutes et les secondes. Simple comme ce qui s’énonce clairement, défi d’horloger oblige. En haut à droite surgit soudain le croissant ajouré d’une date particulièrement astucieuse, elle aussi rétrograde: aux chiffres statiques des unités, s’ajoutent tantôt le 0, le 1, le 2 ou le 3 des décimales. Comme issus d’un dé à facettes, qui, au gré de l’avance du mois, affiche sa face adéquate. Enfin, sur le coup des 5 heures, une lune infinie, clin d’œil tant aux jardins suspendus aménagés par le roi Nabuchodonosor qu’à sa ziggourat, célèbre l’éclipse solaire qui permit au roi d’annexer la Lydie. Ses différentes phases s’indiquent par un cache noir qui voile peu à peu la surface de son globe sphérique. Lorsque celui-ci est entièrement recouvert, apparaissent les trois branches du logo Cyrus. L’astre lunaire vient d’être conquis, lui aussi… A découvrir en primeur au GTE – Geneva Time Exhibition.

L’aventure VicenTerra commence… La GMT-3 bientôt aux poignets

La ténacité paie! Pour la plus grande joie des souscripteurs, VicenTerra peut démarrer la production de ses garde-temps exceptionnels, grâce à la pré-vente d’une septantaine de pièces sur les 100 envisagées. Il reste donc encore une trentaine de places à prendre (télécharger le bulletin de commande). Vendre en souscription des modèles dotés de complications inédites, d’une valeur qui s’apparente plus au prix « usine » qu’au prix « vitrine, c’est donc désormais possible. Et quand le constructeur qui s’embarque dans pareille aventure, Vincent Plomb, est capable d’arborer à son poignet un modèle encore plus évolué que celui qu’il lance, qu’il se déplace aux quatre coins de la planète des collectionneurs avertis, l’aventure séduit et les médias tentent de l’amplifier, chacun selon ses moyens. Le 4 septembre dernier, il manquait une dizaine de pièces à l’appel, puis 7, puis… Aujourd’hui, le quota minimum est atteint, la production peut démarrer. Bravo Vincent, homme à soulever les montagnes! Naissance prometteuse d’une marque? En tous les cas, bientôt aux poignets de quelques privilégiés, une GMT-3 gorgée de planétaires et sphériques complications. Voir le film.

Julius Baer, partout les challenges…

Cette enseigne financière s’immisce dans la communication horlogère avec entêtement. D’abord en décernant, c’est désormais une tradition, une bourse à un jeune horloger primé dans le cadre du prix Gaïa (16 septembre 2010 à La Chaux-de-Fonds, au Musée International de l’Horlogerie). Ce presque trentenaire s’appelle Masaki Kanazawa, il est tokyoïte et sort du CIFOM-ET au Locle avec un brillant CFC d’horloger rhabilleur. Son projet? Résoudre pour le compte du Musée, un puzzle complexe composé de pièces disparates issues de vieux mouvements et destinées à composer un garde-temps à complication. Un genre de rubicub puissance cube. Cette bourse bancaire s’inscrit dans une longue tradition de la famille Baer, reprise par l’établissement: soutenir les jeunes artistes… helvétiques. Autre Challenge, une épopée vélique, ponctuée du grand prix Corum, baptisée le Challenge Julius Baer, dont le dernier acte se dispute le week-end du 17 au 19 septembre, dans les eaux territoriales qui vont jusqu’à Genthod de la Société Nautique de Genève.

Les complications avaient des noms féminins

Créées pour répondre à une attente de l’être humain face au temps, les complications sont, selon Estelle Fallet, Conservatrice du Musée d’Horlogerie de Genève,  aussi le fruit d’une attente féminine: «Raisons pratiques et recherche de la perfection, quête du savoir, univers magique, tout me semble étroitement lié à l’horloger Abraham-Louis Breguet qui, sur commande de Marie-Antoinette, exécute une montre incorporant tous les perfectionnements connus à l’époque. Il est choisi comme fournisseur, car il maîtrise le plus grand nombre des complications, dont le mouvement à remontage automatique (…) Il incarne à la fois le prestige de l’horloger et de sa destinataire!» A noter que les garde-temps les plus compliqués de l’histoire portent des noms évocateurs…. féminins! L’Universelle (1970), La Royale (1873), La Merveilleuse (1878) et, plus près de nous en 2000, la Star Caliber de Patek Philippe. Estelle Fallet relève: «Les complications sont le faire-valoir de la maîtrise et de l’excellence, elles distinguent l’horlogerie de haut de gamme.» Et d’ajouter: «Du point de vue sociologique –concept récent, elles touchent aux motivations de consommateurs modernes: disposer ainsi d’un objet rare, complexe et mystérieux…»

Estelle Fallet, experte en complications.

Si le Musée d’Horlogerie et d’Emaillerie de Genève semble définitivement rayé de la carte, sa Conservatrice Estelle Fallet, appelée à veiller sur ses 18′000 oeuvres environ, est une grande spécialiste des complications. Elle fait ses armes d’historienne dans sa ville natale au sein d’un musée d’horlogerie, à La Chaux-de-Fonds, «où le milieu horloger est un dénominateur commun pour nombre de familles.» Qu’évoque pour elle le terme montres à complications? «Une concentration formidable de savoir-faire et d’inventivité.» pose-t-elle. «Cet univers est fascinant, il exprime le défi relevé par les horlogers -des spécialistes, pour la traduction des mouvements célestes dans les limites extrêmes de la miniaturisation, ainsi que pour la maîtrise de la matière.» Historiquement, l’aspect ludique a joué son rôle: «les mécanismes de répétitions, des phases de lune ou du tourbillon… renforcent le côté mobile du mouvement et animent les faces de la montre. Des plus-values à tous points de vue.» Lire l’article paru dans le magazine féminin suisse Beauté Information, N° 54.

Souscription de VicenTerra, le succès précédant la mise en prod

De Colmar à Strasbourg, en passant par Genève, Lausanne et quelques irréductibles Jurassiens, l’engouement pour les sphériques complications de Vincent Plomb, dépasse les attentes. L’homme ne ménage pas ses efforts, ils sont payants. Comme par exemple sa présence au salon international EPHJ-EPMT qui a porté ses fruits. Certes, la montre GMT 3 qui est proposée en souscription présente l’atout imbattable d’une valeur quasi prix usine de CHF 5′000.00. Ce qui signifie qu’en temps normal, si un tel garde-temps devait trouver le chemin des détaillants, sa valeur prix public pourrait bien être multipliée par 3 ou 4. Surtout, elle sera le début d’une aventure horlogère différente, dont l’un des prochains développements est visible au poignet du constructeur horloger, ce qui donne confiance, tant sur le questionnement esthétique que manufacturier. A ceux qui n’auraient pas encore pris la peine de s’en enquérir, relisez ce post (qui a déjà généré son lot de commandes!), ou revisionnez-moi ça!

Arnold John, horloger anglais – Histoire

John Arnold (1736-1799) né en 1736 dans un village des Cornouailles, était fils d’un horloger auprès duquel il commença son apprentissage. Suite à une dispute de famille, il quitte la maison paternelle et s’embarque bien jeune pour le continent. Il voyage d’abord en Hollande, puis en Allemagne, où il gagne péniblement sa vie, parfois comme armurier lorsque le travail d’horloger faisait défaut. Puis il rentre en Angleterre, s’établit à Londres, peu à l’aise linguistiquement. Ses années passées à l’étranger l’ont mûrit.  Il se fait alors connaître par une petite montre à sonnerie insérée dans le chaton d’une bague. Admis à présenter cette pièce au roi en 1764, un tour de force, il obtient les faveurs de la cour et… de nombreux clients.  En 1770, il contacte le Board of Longitude et soumet à l’Observatoire de Greenwich son premier chronomètre de marine. Aujourd’hui, le nom « Arnold » revit sous la marque « Arnold & Son » et sous le slogan « Master of The Longitude in London Since 1764« . Elle a son siège à la Chaux-de-Fonds en Suisse, est rattachée à la société The British Masters dont le CEO est Eric Loth.

Master of The Longiture in London Since 1764.

Elena Stefanova, femmes et complications…

Si le mot est féminin, il semble admis que les complications horlogères ont été faites par et pour des hommes… Erreur! A en croire la scientifique Elena Stefanova, historienne, artiste et responsable de production, actuellement en poste chez deWitt, les besoins féminins, assortis de leur sens pratique, ont servi voire initié la cause des complications. Facile à comprendre. Pour leurs riches clientes, les horlogers d’antan se devaient de parfaire la maîtrise de la miniaturisation. Ainsi, ont-ils créé et conçu des fonctionnalités qui ont terriblement fait avancer la science de la chronométrie, totalement affranchis du dictat des séries et des moules reproductifs. Non, l’amour immodéré de la gent féminine pour toute forme de bijoux, son détachement des choses terrestres telles que l’emprise du temps, ont généré bien des merveilles mécaniques, auréolées de secret et de mystère. Mieux que quiconque, Elena Stefanova, qui a posé sa griffe sur la ligne de bijoux d’Audemars Piguet, en connaît un bout. N’a-t-elle pas donné, en 2009, lors de la journée d’Etudes de la SSC -Société Suisse de Chronométrie, un magistral exposé sur le sujet? La première montre bracelet était celle d’une reine. « Une femme de pouvoir se doit d’avoir l’heure sous la main… » A lire dans l’article signé TàG Press +41 (agence de presse horlogère) dans le magazine féminin Beauté Information.