Josef Heeb et Genève. Et l’eau vint à manquer!

Sculpteur Carougeois d’origine Saint-Galloise, Josef Heeb (1930-1980) était aussi un poète du temps qui coule. Une sorte de vulcain, non pas qu’il s’agisse d’une quelconque allusion à une marque locloise, mais en référence au métier de ce dieu romain, patron du feu et des forgerons, fils de Jupiter et de Junon, époux de Vénus. Célébré en 2008 par le Musée de Carouge (voir certaines oeuvres de cette expo photographiées par une bloggeuse), l’artiste a laissé ici ou là quelques pièces d’anthologie. Comme «La Joie», cette clepsydre –horloge hydraulique, déplacée depuis dans l’aile ouest de l’Aéroport de Cointrin, offerte en 1968 à la ville de Genève par la manufacture Favre Leuba. Constituée de 10 roues Hispano-Suiza, d’une charrue, d’un attelage de course et de poussettes, cette réalisation de 6 mètres de haut pour 2 tonnes consommait 160 litres d’eau par heure. Toujours visible aujourd’hui, elle ne fonctionne plus… Comme celle qui porte le musical nom de «Rêve en la bémol» et qui siège encore dans le parc de feu le Musée d’Horlogerie de Genève, route de Malagnou. Ses 8 mètres de hauteur et 5 de largeur témoignent encore de deux années d’aboutissement mêlant les savoirs de l’artiste et ceux des ateliers Poylmécanique SA. Hélas, ces pièces majeures ne fonctionnent plus! Problème de maintenance, parfois de bruit, mais surtout, preuve qu’à Genève, l’eau, comme les flux d’une culture horlogère forte et non privée, ont fini par manquer. Ouf, dans le hall d’entrée de DEH –Distribution d’Exclusivités Horlogères Sàrl, à la Praille, Florian Favre -9ème génération de la célèbre famille horlogère originaire du Val de Travers, entretient une horloge murale de l’artiste. En parfait état de précision. Souvenirs.

Symboles et décorations dans l’art horloger.

5 mai 2010, Saint-Aubin-de-Médoc, France. Ancien élève de l’école nationale d’horlogerie de Besançon, le retraité Michel More, qui fut durant sa vie professionnelle professeur agrégé de physique appliquée pour les classes préparatoires aux grandes écoles, s’est reconverti à la passion horlogère, la restauration de pièces anciennes et… à l’activité de conférencier. Son thème de prédilection, l’horlogerie à la fois sous les angles de l’histoire, de la science et de l’art. Ainsi, cet érudit parcourt les salles, de Dijon à Biarritz en passant par Besançon, Nice ou Antibes. Partout, il apporte la bonne parole horlogère, sur le mode de la vulgarisation non réductive, s’aventurant sur les traces des premières clepsydres, des cadrans solaires de l’antiquité ou de Christian Huygens appliquant une théorie de Galilée sur la régularité des oscillations d’un pendule…