D’une pénétration de matière céramique, un or naît, dur, très dur

Imaginons une force sous pression qui s’essaye à la pénétration d’un corps en carbore de bure -en carbure de bore plutôt- et qui, dans un éblouissement métallurgique, y déverse un liquide en fusion, de l’or 24 carats. Il y a quelque chose de jouissif à soudain découvrir que, lorsque squelette et semence ont suffisamment refroidi, leurs imbrications respectives sont devenues invisibles tant ils ne font qu’un, qu’ils sont plus forts que les aciers trempés et presque aussi inrayablement éternels que le diamant. Ils sont nouveau matériau, or qu’un alchimiste du verbe frappeur et de l’idée qui tue aurait enfanté. Dans un de ses moments d’égarement dont lui seul mesure les profondeurs, Jean-Claude Biver, à même l’espace fonderie high tech aménagé dans la fabrique Hublot des bas de l’Asse, a lancé l’or magique, le Magic Gold. Issu des recherches conjointes entre un Prof’ de l’EPFL, Andreas Mortensen, savant et as de la céramique, et une équipe technique interne pétrie d’ambition, ce nouveau matériau est, selon le bureau de contrôle des métaux précieux, de l’or 18 carats. Quand bien même sort-il du four dans sa couleur originelle, le noir. Certes, à le polir, ses facettes d’or, pourtant minoritaires à 30 contre 70, se muent en couleur dominante car elles sont plus sujettes à réfléchir les rayons lumineux que le carbure de bore qui compose majoritairement, en poudre tassée et moulée, le solde de sa structure. D’une pierre deux coups: des procédés brevetables, inédits en ce qui concerne l’or en tous les cas, et un matériau d’une noblesse nouvelle, tantôt alimentant les déviances all black façon Alec Wek, tantôt les fantasmes d’un jaune spécifique à Hublot. Une note si supplémentaire dans la gamme des couleurs, qu’elle se reconnaîtrait au simple coup d’oeil. Dès BaselWorld 2012, on en saura plus…

Reymond & Co SA, société à Lucens

Reymond & Co SA, société à Lucens, dirigée par M. Devaux. Spécialiste du traitement des composants en matériaux durs et extra-durs, notamment pour l’horlogerie, également pour d’autres secteurs industriels. Céramique et verre sont leurs terrains de jeu. La société consacre le 5% des ses énergies à la recherche, aux essais et au développement, également en réseau avec d’autres laboratoires indépendants. Celui lui garantit une progression dans la connaissance en pleine expansion de ces matériaux et de leur usinage.

Première: Omega mêle céramique et liquidmetal.

Déjà utilisé pour des clubs de golf, des raquettes de tennis ou des coques de téléphones mobiles, le liquidmetal, dont l’exploitation commerciale débute aux alentours de 2003, entre une deuxième fois en horlogerie par la grande porte Omega. Qui en fait les chiffres et indications d’échelle d’une lunette céramique. Cette rencontre insolite entre ces deux matériaux hyper durs est suffisamment innovante pour que la marque puisse se targuer d’une première mondiale. Et de communiquer à donfs, via un mini-film destiné à buzzer sur la Toile. En scelle, sa série limitée Seamaster Planet Ocean Liquidmetal®, futur hit commercial. Comme le Vitreloy, le « Liquidmetal » est le nom commercial (marque déposée d’où le ‘®’ obligatoire chaque fois qu’on le cite), d’un métal amorphe (alliage métallique solide doté d’une structure plutôt amorphe que cristalline), développé par une équipe de chercheurs du California Institute of Technologie (Pasadena, Californie). Ce même pôle de compétence devenu célèbre pour avoir enfanté 27 prix Nobel. Fort de cette découverte, le team s’organise, crée la société californienne Liquidmetal Technologies, à Rancho Santa Margarita et dépose une vingtaine de brevets liés à l’utilisation de cette nouvelle série d’alliages. Ses débouchés sont multiples dans les domaines spatial, médical, défense militaire, industrie, électronique, monde du sport d’élite (baseball) et… l’horlogerie. TAG Heuer est la première marque à l’utiliser pour la boîte de sa concept watch (BaselWorld 2003), « State-of-Art Chronograph« , une digitale habitée par un quartz swiss made capable de calculer le millième de seconde.

Vuclain, toujours Cricket? Yes you can…

Voici soixante ans que la tradition perdure. Se décidera-t-il un jour à la porter, cette mythique montre des Présidents? Car Barack Obama aussi l’a reçue, j’ai même eu l’occasion d’en voir le fac similé, chez Denis Asch à Genève, un des pros de la marque. Cette Cricket-là, il devrait la préférer à sa première Tag Heuer. Ce garde-temps mérite aussi son entrée dans l’histoire, avec sa sonnerie réveil si reconnaissable, son bruit de grillon solitaire. D’autant que le modèle n’a cessé d’évoluer. Aujourd’hui, il existe même en X-Treme Automatique, doté d’un calibre V-21 à double barillet, l’un pour alimenter l’énergie de sa sonnerie qui dure 20 secondes et s’entend même sous l’eau, l’autre celui du mouvement de la montre. Visible par le fond d’une boite de 44 mm de diamètres, son rotor bimétalique monté sur roulement à billes en céramique lui assure 42 heures de réserve de marche. Un viril concentré d’infos organisées autour d’une lunette tournante…

Technomarine, après les amuse-bouches…

A tous ceux qui, au tournant, attendaient que Vincent Perriard nous fasse déjà à BaselWorld le coup du ‘waow effect’ intégral, qui tant insistèrent sur la disruptivité qu’ils finirent par transformer l’attente insoutenable en un bof injuste, rappelons que faire des montres, ça prend du temps. En tous cas plus que les cinq mois de son entrée chez Technomarine, même si l’on est un CEO électrisant. Qu’a-t-il donc fait? Dans un premier temps, il a offert un zoom considérable, juste par l’annonce de son arrivée, sur cette marque fondue dans la masse. Puis, il a fait un peu de place et pas mal de cash via le partenariat avec les ventes privées. Après, il s’est offert l’élagage du catalogue qui passe de 160 références à 115. Au passage, une batterie de relookages transformant certaines lignes, comme la gamme plastico-céramique, en objets trendérirables. Enfin, son équipe accouche d’une Cruise Sport de 40-45 mm, auréolée de bleu ou de rose, capable d’intervertir -selon les codes TM, ses bracelets à l’envi et de muer même du côté de la lunette. Versions Day-Date ou Chronographe 24h. A ceux qui resteraient sur leur faim, signalons l’existence du projet X –nom de code interne pour désigner un…. Chut! Enfin, outre Ocean Addict, une campagne de pub dont la déjante est en cours de concoctage, la marque, qui serait aussi en tutoiement avec une méga-star internationale, s’apprête à décliner un concept qui permettra l’arrivée de grands noms horlogers dans l’univers accessible et plasticolor de la marque. Façon Karl Lagerfeld chez H & M, en langages horlogers et séries limitées. Bref, tout ce qui s’est déjà passé n’est qu’amuse-bouches…

L’astroceramica dévoilée…

Présenté durant les salons avant même d’avoir été photographiée, le modèle deLaCour recouvert d’Astro Céramique, matière à aimanter tous les superlatifs, est enfin visible. Il offre ses reflets arc-en-ciel particulièrement séduisants. Visiblement la collection devrait être baptisée « Astroceramica », tout simplement.

deLaCour, première utilisation de l’astro-céramique en horlogerie.

Première horlogère. Développée à l’origine par la NASA pour empêcher les navettes de se désintégrer lors de leur entrée dans l’atmosphère, cette matière futuriste vient de trouver une application dans l’horlogerie. La marque deLaCour, déjà habituée à utiliser d’incroyables matériaux* dans sa production horlogère, dévoilera durant la semaine du 18 au 22 janvier 2010 (période des salons de haute-horlogerie à Genève), un modèle de la série Bichrono SII entièrement recouvert d’astro-céramique. Une matière garantie 3000 ans dont elle signe l’exclusivité pour son utilisation dans le champ horloger. Les propriétés de l’astro-céramique laissent pantois: inrayable, anti-allergène, auto lubrifiante, anti bactérienne (selon des tests poussés de laboratoire). De plus, ce revêtement ultra résistant, qui peut s’apposer sur toute autre matière, empêche la poussière de s’y nicher et se prête particulièrement aux mini surfaces d’un garde-temps… et pourquoi pas, aux minuscules pièces d’un mouvement horloger. Sur le plan esthétique, la surface ainsi traitée s’enrichit de reflets arc-en-ciel dont chaque empreinte demeure unique. Aucune image du résultat n’est encore visible.

*La marque co-fondée par le designer urbain Pierre Koukjian s’aventure régulièrement sur le terreau des matériaux extravagants: Graphite, Iridium, Airain issu d’une véritable cloche de cathédrale, feuilles de havane pétrifiées sur un cadran, asphalte aspergeant un cadran.