Gergé Watches, urbanisme manufacturier

En puisant ses savoir-faire dans le terreau de l’arc jurassien, la marque suisse Gergé Swiss Timepieces (Neuchâtel) distille une vision contemporaine pétrie de valeurs architecturales et horlogères au travers d’une première collection baptisée Metropolis Type 1, 2 ou 3. Une collection directement inspirée d’un film culte et de la désormais récurrente terminologie désignant la ville de La Chaux-de-Fonds. La Metropolis Type M3 véhicule une dimension de contemporanéité qui se détache du modernisme.  L’élancement de ses lignes, ainsi que les stries sur le cadran d’un guichochage côte de Genève à la verticale, rappellent ces fameux ponts qui, dans le film de Fritz Lang, survolaient l’urbanité d’une métropole futuriste. Boîte ultra complexe à étages, habitée par un calibre mécanique Concepto 2021, mouvement automatique chronographe mono-poussoir de 13 lignes ¼ , doté d’une réserve de marche de 46 heures, d’une date à 4h30 et d’un certificat de chronomètre décerné par le C.O.S.C. Cette montre joue l’abordabilité tout en se réclamant d’inspirations architecturales et urbanistiques intemporelles. A voir sur la chaîne Youtube-TV du bloghorloger.ch

Voyeurisme manufacturier en boutons de manchette

OK, à y regarder de plus près, le mécanisme enrobé dans sa cage en verre, du saphir inrayable, n’est pas un vrai tourbillon. Qu’importe, il fait son effet lorsqu’il s’agrippe à une manche de chemise, engageant à votre place discussions et échanges sur fond de carbone, d’horlogerie ludique et de mécanismes à fleur de rouages. La nouvelle marque lifestyle TF Est. 1968 connaît avec ce produit une lancée en fanfare avec déjà presque 2′500 paires vendues (prix public environ CHF 390.00). Sous les initiales TF se cache un certain Freddy D. Tschumi, connu des marchés internationaux pour les avoir écumés sous plusieurs casquettes (de Grisogono, Raymond Weil, Franc Vila et surtout la flamboyante Icelink). Déjà, il décline la paire des débuts en plusieurs versions colorées, puis or massif et rubis, ou émeraude, ou diamant noir ou blanc… Les modèles précieux se démarquant des autres en offrant aussi une transparence latérale. La collectionnite guette puisqu’il s’apprête également à mettre dans les échoppes un stylo du genre et qu’un coffret écrin attise les convoitises. Incroyable comment cette marque, presque discrètement et même avant d’avoir son vrai site internet, a pu s’installer en si peu de temps sur tous les continents (exceptés l’Afrique), grâce à des distributeurs et aux magasins prestigieux qui lui ont fait confiance dès le départ. Du genre de ceux de la Rue du Rhône à Genève, de la Banhofstrasse à Zurich ou de William & Son à Londres. L’arrivée des montres, une collection T-Fun (automatique, chronographe) est annoncée pour BaselWorld. Bien vue, l’approche! Sans crier gare, on impose des accessoires qui rendent addict -et en plus qui se vendent bien chez les détaillants-, puis on débarque avec des montres particulièrement aguicheuses et d’excellente facture, là où le terrain est plutôt encombré.

Saskia Maaike Bouvier complications au féminin

La démarche de Saskia Maaike Bouvier, membre de l’AHCI, Académie horlogère des Créateurs indépendants des allures d’éclaircie. Car même si elle s’appuie sur le trend des grandes tailles qui habillent aussi si bien les dames, ses créations sont des complications nouvelles, spécifiquement créées pour des femmes. Cette horlogère conceptrice, formée à l’issue de son écolage horloger à quelques enseignes prestigieuses, se la joue solo dès l’âge de 30 ans, en 2004. Partant de l’idée que «la femme est naturellement influencée par la lune et sensible à ses changements» elle développe un calibre SmB 905 automatique capable de donner vie à sa collection 8 lunes, des montres dotées d’un affichage de l’éphéméride lunaire. «Chaque jour, la progression de la lune est clairement indiquée. A midi, la lune d’aujourd’hui, ensuite, celles à venir.» Surprise, dès que l’astre du jour décline, ces lunes s’allument et illuminent la nuit, transformant la course du temps en ballade sur firmament.

Grand Dôme DT de Dubey & Schaldenbrand

En phase avec les valeurs léguées par les deux horlogers des Ponts-de-Martel qui donnèrent leur nom à la marque, dans ce val de Ruz où feu la fabrique de mouvements Martel Watch sévissait, la Grand Dôme DT de la nouvelle collection bichonnée par Jonatan Gil, le plus jeune patron de l’industrie horlogère, abrite un calibre chronographe automatique Valjoux 7751. Finitions abouties avec le décor Côte de Genève, vis bleuies, masse oscillante personnalisée et terminée Black Gold. Verre saphir bombé, traité antireflet, fond également saphir, cette tonneau double cadran aux compteurs bordés de reliefs et aux poussoirs asymétriques, affiche en aiguille au centre un quantième et à 6h les phases de lune. Guichets Jour et Mois, servie sur son bracelet alligator bombé, grandes écailles carrées.

Tissot et son nouveau calibre, relief historique.

Tandis que le nouveau calibre C01-211, un chronographe automatique développé de concert avec ETA en exclusivité pour Tissot (et Swatch) débarque dans la production de volume de Tissot, il est bon de rappeler l’histoire manufacturière de la marque. Il y a 40 ans naissait le Sytal (contraction de SYstème Total AutoLubrification) fait de matériaux inaltérables (polycarbonate, résine acétal copolymérisée, polyoxyphélinène, autrement dit quelques savantes variantes du plastique), devenu célèbre sous le nom d’Astrolon 2250. Cette naissance, visionnaire, aurait du permettre à la marque l’envol qu’elle prend ces jours, en intégrant son nouveau mouvement dans ses modèles actuels. Le Sytal, appelé aussi Astrolon 2250, ne connut pas la gloire escomptée mais fut unanimement salué par la presse de l’époque, dont le JSH – Journal Suisse d’Horlogerie de février 1973 qui écrivait « … montre de qualité, mais de fabrication simplifiée, dans la ligne des nécessités économiques de notre temps« . Trop avant-gardiste? Son descendant devrait en 2010 venger cette injustice, se distinguant lui aussi par ses matériaux de synthèse à base d’hydrocarbures, et surtout par son objectif d’accessibilité maximale. Ce nouveau calibre C0-211 de Tissot s’inspire du Lemania 5100, dont la simplicité était une signature. Il ne  comporte que 184 composants (le Valjoux 7750 né en 1974 en compte 240). Grâce à lui, il sera pour la première fois possible d’acquérir un chronographe swiss made à remontage automatique à moins de CHF 1′000.00. Une prouesse d’ingéniosité industrielle.

Montres mAr, nouvelle venue… DéJà millésimée.

Profitant du 1er mars férié dans le canton  de Neuchâtel, une nouvelle marque invite journalistes et insiders à célébrer son lancement et à prendre connaissance de ses modèles. Située en amuse bouche juste avant BaselWorld, cette présentation précède l’inexorable indigestion. Les Montres mAr se réclament d’une appartenance terroir déjà contenue dans son slogan « Horlogerie Millésimée« . D’où son lancement officiel au Château de Cressier dont le caveau n’est pas en reste côté crus. Quant au reste, trois axes, technique, joaillerie et dame, ainsi qu’une appartenance directe tant à l’histoire horlogère des Ruedin, intimement liées tant aux grandes pages de Reconvilier Watch Co ou de Fabrique d’Ebauches de Fontainemelon qu’à celles du monde vinicole via la vie notable de Maurice Albert Ruedin et de la marque mAr -ses initiales, liée au domaine, à la bonne chère et à la production de mousseux. Côté développements, la marque s’appuie sur l’entité deux pôles ASXP, Engineering (Ph. Ruedin) pour une famille de calibres maison et Créations (Xavier Michel) pour l’esthétique. Si le millésime 2008 dont le collection Bacchus -ici la ligne joaillerie, se distingue par sa sobriété heure minutes secondes à  remontage automatique (micro-rotor), la cuvée 2009 introduit les premières complications: petite seconde à 9h00, indicateur de réserve de marque, de quantième, chronographe roue à colonne et remontage automatique.