Agenhor nouvelle fabrique: les «casquettes» et la pompe.

Longuement ruminée par le constructeur horloger Jean-Marc Wiederrecht, maître ès complications, l’idée est, selon lui, une question de bon sens: construire des dalles supérieures de plus grande taille que le bâtiment, comme des «casquettes», doit permettre qu’en hiver, lorsque l’astre du jour suit une courbe inclinée, le soleil pénètre par les surfaces vitrées, apportant sa contribution au chauffage intérieur. Ces mêmes dalles en été, lorsque la course solaire flirte avec la verticale, pourraient «briser les rayons», les empêchant de taper sur les façades. Jean-Marc Wiederrecht ne voulait pas la climatisation, il voulait pouvoir ouvrir les fenêtres, pour entendre l’eau couler –une marre a été installée, et les oiseaux chanter. Utopique? Grâce à son usine laboratoire Agenhor (Atelier Genevois d’Horlogerie), avec son écobilan positif et ses «charges négatives», il démontre que le respect  de l’environnement est un modèle économique viable. D’ailleurs, son bâtiment pourrait même lui rapporter de l’argent, puisque les SIG, fournisseur officiel genevois d’électricité, rachètent à bon prix, tout surplus d’énergie renouvelable produit par des particuliers…

Boucheron et Max Busser, chouette, la boucle est bouclée: JWLRYMACHINE

L’homme qui, via l’Odyssée des Opus permit à une marque bijoutière d’accéder en un temps record au nirvana horloger, se trouve soudain rejoint par la haute joaillerie. Boucheron soudoie Maximilian Büsser, ensemble, ils commettent en co-branding, un drôle d’objet. Il fallait oser! La JWLRYMACHINE est un concept joaillier sur le thème de la chouette, inspiré de la Horological Machine N°3 de MB&F, issu d’une collaboration intime avec les maîtres sertisseurs de Boucheron. A l’origine, la construction est surtout un concentré de micro-mécanique: 304 composants, un moteur Agenhor travaillé dans des tolérances de l’ordre du micron, mu par l’énergie d’un rotor mystérieux en or 22 carats, défiant les lois de la physique. Puis, deux roulements à billes en céramique high-tech, visibles sur le fond du boîtier, servent de transmetteurs d’informations aux flancs et au sommet des deux cônes. L’un, doté d’un indicateur jour-nuit, affiche les heures. L’autre égrène les minutes. Une date surdimensionnée se love autour du rotor. Bref, à sa sortie, l’objet, si lointain des codes horlogers, générait une «surtension sensorielle». Balayées de références à la nature, conjuguant tant les gouttes de pluie, les vaguelettes ou les animaux emblématiques, oiseaux ou insectes, les créations Boucheron sont des summums de maîtrise joaillière. Depuis 1858, du 26 Place Vendôme, siège historique de cette dynastique fondée par Frédéric Boucheron, l’audace libertaire fait partie des codes. Maximilian Büsser, fondateur de MB & F, ajoute donc à ses ‘friends’ Jean-Christian Bedos, Directeur général de Boucheron. Ensemble, ils transforment un summum complicationnel horloger en fantasme joaillier et naturaliste.

Salles blanches, image stérile

Le dernier billet « Minute, Précisions! » paru sur horlogerie-suisse.com lance le débat sur l’utilité des salles blanches dans les fabriques d’horlogerie. De grands maîtres en complications, tel Jean-Marc Wiederrecht d’Agenhor, s’interrogent sur leur nécessité et surtout sur le tort qu’elles pourraient faire en terme d’image. Tandis que sur le forum du site, les avis fusent, parfois en délicieux affrontements zestés d’humour et d’absence de prise de tête, il convient d’avouer que la toque façon cuistot, posée sur la tête d’un ouvrier en blouse blanche, s’apparente plus facilement à l’image d’un fabricant japonnais de composants en microélectroniques qu’à des horlogers pratiquant un métier de chair et de sang.  Des doigts d’or dont on vante, en langage marketing et publicitaire, les dimensions manuelles et le hand made. Grande question existentielle? Comment faisaient-ils les maîtres d’antan? Auraient-ils un jour imaginé que l’ère du zéro poussière renie à ce point leurs terrestres interventions dont on s’inspire encore aujourd’hui pour conférer à leurs montres une valeur ajoutée…?

Le « superwatch » award. GTE 2011, avis aux exposants.

Tandis qu’une cinquantaine d’exposants se presse déjà au portillon du CICG pour l’édition 2011 du GTE – Geneva Time Exhibition, les organisateurs entendent élire la montre la plus significative par sa conception, son avant-gardisme et sa technologie. Qu’est-ce qu’on gagne? Une campagne publicitaire dans le magazine Plaza Watch, partenaire de l’opération, un shooting photo de la pièce élue, la gratuité d’un stand à l’édition 2012, et, pour arroser le tout, les bulles grisantes d’un champagne signé Laurent Perrier. Si on additionne le tout, en brut de brut, ça nous donne une valeur marchande d’environ CHF 65’000.00. Comment participer? D’abord le concours ne concerne que les exposants, c’est normal. Qui peuvent envoyer à superwatch2011@time-exhibitions.ch un descriptif en français et en anglais de la montre (dernier délai le 16 décembre 2010 à savoir un mois avant l’ouverture).  Le jury, sélectionné par Anders Modig, le rédacteur en chef du magazine Plaza Watch, compte quelques éminences. Dont Elizabeth Doerr, journaliste horlogère et auteur, ainsi que Jean-Marc Wiederrecht, le génie des rétrogrades et autres complications, fondateur d’Agenhor. Il y aura aussi un prof de design berlinois, un important agent distributeur ainsi que Geoffroy Ader, le boss du département montres de Sotheby’s.

Max, marketing visionnaire…

Bien qu’il s’en défende, Max Büsser est un visionnaire. Il invente deux manières de communiquer –ou plutôt d’être, qui mériteraient que lui soient ouvertes les portes des meilleures écoles marketing. Chez Harry Winston la joaillière, le mythe OPUS impose la marque sur le terreau de la haute-horlogerie. Avec son laboratoire MB&FMaximilian Büsser & Friends, il transpose dans l’horlogerie, façon featurings du hip-hop, la notion de collectif empruntée à la street culture. «La légitimité passe par la transparence», aime-t-il rappeler. A propos de transparence, son Horological Machine N°2 enlève le haut et… le bas. Sans retenue, sa boîte saphir en 120 pièces dévoile tout: 349 composants décorés mains composant un mouvement d’exception, issu d’une base Girard Perregaux modifiée par Jean-Marc Wiederrecht de Agenhor. Sur le cadran de droite, des heures sautantes et minutes rétrogrades concentriques. Sur le gauche, les phases de lune en deux hémisphères et une date rétrograde concentrique.

Adhérents de la première heure, horloge fleurie mécanique

Introduire dans le coeur de l’horloge fleurie à Genève un mouvement mécanique. Greffer un coeur mécanique dans le torse bombé du monument public genevois le plus photographié après le jet d’eau. L’idée lancée par Joël A. Grandjean a reçu le soutien des autorités genevoises, à commencer par M. Manuel Tornare (Maire de Genève au moment de la présentation), Conseiller Administratif en charge du SEVE (Service des Espaces Verts et Environnement). Une belle aventure, un concours à venir et… la possibilité de transmettre le savoir horloger (un des buts de l’association ProWatCH qui chapeaute le projet) en transformant le passant passif en acteur participant au remontage. Voici les personnalités composant une équipe représentative, entièrement conquise par cette idée et les défis qu’elle engendrera, le comité des adhérents de la première heure, quelques sommités horlogères:  Yvan Arpa (fondateur des marques Artya et Black Belt, ex-CEO de Romain Jerome, créateur des montres Titanic DNA), Denis Asch (horloger et patron de l’Heure Asch), Michael Bittel (Horloger Inventeur), Ollivier Broto (journaliste horloger et Ingénieur EPFL en Génie Civil), André Colard (fournisseur horloger, initiateur et co-fondateur du salon international EPHJ-EPMT), Eric Cosandey (Professeur et éditeur de Horlogerie-suisse.com), Dave-W. Grandjean (historien en patrimoine industriel), Cédric Grandperret (Concepteur horloger), Zian Kigelman (Docteur EPFL en matériaux, ancien président de la SSC -Société Suisse de Chronométrie de 2005 à 2008), Vincent Perriard (CEO de TechnoMarine), Frédéric Richard (Concepteur Horloger), Philip Rollman (publicitaire), Alexis Sarkissian (CEO de Totally Worth It, New-York, distributeur de marques suisses sur les marchés d’Amérique du nord, Canada compris), Yves Vulcan (Spécialiste en relations publiques, représentant le comité des exposants suisses à BaselWorld), Jean-Marc Wiederrecht (AGENHOR, Constructeur horloger, prince de la Rétrograde et Grand prix de Genève 2007).