Lecture instantannée du 1000ème de seconde

«Si le Heuer Carrera Mikrograph 1/100e est à l’horlogerie mécanique ce que la mission Appolo 11 est à la conquête spatiale, le TAG Heuer Mikrotimer Flying 1000 en est la première expédition humaine sur Mars.» Prouesse technologique: 10 rotations en une seconde, tel est le parcours de l’aiguille centrale du Mikrotimer Flying 1000, indiquant millièmes et centièmes de seconde sur une échelle placée sur la partie externe du cadran. Une deuxième aiguille centrale, plus petite, indique les minutes et les 1/12es de minute sur une échelle de 150 secondes. Quant au compteur à 6h, il est gradué en 1/10es sur 5 secondes. Il s’agit d’une précision 125 fois plus aiguë que celle des oscillateurs haut de gamme les plus rapides utilisés communément dans les chronographes mécaniques. Est-ce judicieux de la part de TAG Heuer, de tenter de conjuguer aux temps de l’innovation, des fondamentaux iconiques tels que que la montre de poche Heuer Mikrograph 1916? Pourquoi ne pas avoir créé une ligne nouvelle pour toutes ces talking pieces innovantes, mais dont le fonctionnement est encore soumis à l’issue de recherches, fussent-elles fort intéressantes?

Baume & Mercier lance une tweet-opération avec WorldTempus. Le SIHH 2012 en ligne…

Tweetophiles, à vos marques, prêts… Partez, le 13 janvier à 14h00! L’ensemble de la planète Twitter et de ses bourdonnements relatifs à l’actualité du SIHH 2012 seront regroupés en un seul flux. Etonnamment, l’initiative de créer durant le salon un « centre du monde » temporel, donnant aussi la part belle aux autres marques, ne vient pas des organisateurs du salon, la Fondation de la Haute Horlogerie (?!) mais de l’un de ses bouillants participants exposants, la marque Baume & Mercier qui trouve en Worldtempus.com, le site d’Edipresse, un relais fort utile. C’est à la limite de l’altruisme immatériel! Ainsi, chaque passionné -ou refoulé car ne rentre pas qui veut au Salon-, chaque journaliste spécialisé, disposera d’un lieu regroupant absolument tout ce qui s’écrit sur la toile à propos du SIHH 2012. Sur site web, tablette ou mobile. En temps réel, grâce à des capteurs sniffeurs, capables de repérer une palette de mots clefs. On l’a vu du côté des récentes révolutions dans le monde, l’info d’aujourd’hui, plus immédiate même que le média radiophonique, c’est Twitter. Quant à Baume & Mercier (fan page sur Facebook), elle enfonce le clou de sa longueur d’avance en matière de e-Communication. Du côté de l’agence orchestratrice de l’opération, il semble qu’on fourbit déjà ses armes pour BaselWorld…

Salon international EPHJ-EPMT-SMT, 565 exposants!

A cinq mois de son ouverture, des 5 au 8 juin 2012, la plus grande manifestation professionnelle de Suisse, franchit un cap majeur. Le nombre des exposants est à 99% identique à celui de l’édition 2011 (571)! Un beau cadeau des organisateurs André Colard et Olivier Saenger à Genève, qui accueille à Palexpo pour la première fois cette concentration d’acteurs de tous les domaines de haute précision, l’horlogerie et la joaillerie, les microtechnologies et les MedTech. Pour rappel, la manifestation avait été chassée des des terres lausannoises par le nouvel exploitant du Palais de Beaulieu. La barre mythique des 600 exposants devient donc de plus en plus de l’ordre du probable. Tout un programme!

Genève plus chère? Pas si sûr.

En général, quand on vient de Neuchâtel ou de Saint-Croix, pire si l’on descend de Bienne ou des contrées jurassiennes voire soleuroises, on reste convaincu que Genève est bien plus chère et bien plus loin que Lausanne. Pour les Alémaniques, c’est pire encore. Depuis Zurich, lorsqu’une expansion en terres romandes s’envisage, on choisira toujours une succursale à Lausanne. Car Genève, malgré son internationalité et son aéroport, n’est encore pour eux que synonyme d’une escapade annuelle au Salon de l’Auto… Donc, Genève Tourisme ferait bien à l’année d’axer des actions de communication en direction des acteurs économiques du reste de la Suisse. Leur expliquer qu’il faut au moins autant de poireautage pour effectuer, depuis la sortie Blécherette, le trajet jusqu’au Palais de Beaulieu, que d’aller se garer sous Palexpo, seule halle d’exposition au monde à disposer pour ses parkings de sa propre sortie autoroutière et d’une gare SBB quasi y attenante. Quant à la prétendue cherté de l’offre hôtelière, là encore certains à priori ont la vie dure. Car, avec sa France voisine et la multiplicité de sa concurrence, se loger du côté de Genève reste souvent plus accessible, selon la catégorie hôtelière choisie. A l’heure où le salon EPHJ-EPMT-SMT, débarque à Palexpo (du 5 au 8 juin 2012), accueilli à bras ouvert en raison de ses plus de 600 exposants et de ses presque 13′000 visiteurs attendus, Genève Tourisme devrait profiter de mettre le paquet… Et éradiquer une bonne fois pour toute ce genre de préjugés.

Enterré le musée d’horlogerie de Genève?

Genève. A l’heure où une formidable expo horlogère transforme le Musée Rath en écrin de « Trésors d’or et d’émail » jusqu’au 29 avril 2012, histoire de se rendre compte enfin de la richesse et de la qualité de ce patrimoine d’exception, il est bon de relire la page 23 du Mémorial des Séances du Conseil Municipal de la Ville de Genève (168ème année, 4501 – N°39). Ou comment se clôture un sinistre épisode de la vie culturelle genevoise: CHF 423′032.07 ont été dépensés pour parvenir à la conclusion que la sécurisation de la Villa Route de Malagnou abritant le Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie de Genève était soi-disant trop coûteuse. De l’argent public jeté par les fenêtres puisque, de toute manière, la volonté politique ayant décidé de tout investir pour agrandir le Musée d’Art et d’Histoire, s’est employée depuis à tout mettre en oeuvre pour parvenir à ses fins. Comme démontrer à tout prix -c’est le cas de le dire- que d’autres Musées pouvaient y trouver un bénéfice. Ainsi, le 18 janvier 2011, selon le PV de cette séance en après-midi, « Le Conseil administratif a décidé d’abandonner le projet de réaménagement et d’agrandissement du Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie au profit d’une mise en valeur des collections dans le cadre de rénovation et d’agrandissement du Musée d’Art et d’Histoire au 2, rue Charles-Galland. L’étude du réaménagement, de la sécurisation et de l’agrandissement du Musée est abandonnée. » Des Musées d’Art et d’Histoire, il y en a des centaines voire des milliers dans le monde, un Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie, il n ‘y en avait qu’un, à Genève, dans l’une des métropoles horlogères les plus en vue de la planète. Cherchez l’erreur.

Plagiat événementiel?

A l’heure où la notion de plagiat secoue les consciences intellectuelles du côté de l’Université de Fribourg, il semblerait qu’en matière de copié-collé, MCH Group SA, géant financier des organisations de Salons, ne soit pas en reste. Après avoir racheté 89,55% des parts de la société Beaulieu Exploitation SA, MCH fait le ménage. Officiellement, sa politique est de privilégier ses propres événements, ce qui ne se vérifie pas si clairement si on jette un oeil sur la liste des organisations encore en lice. Par contre après avoir évincé de Lausanne les salons EPHJ-EPMT (Environnements professionnels horlogerie joaillerie et microtechnologies) qui trouvent du coup à Genève Palexpo la promesse d’un second souffle bordé de meilleurs conforts, le groupe se fend d’un communiqué sur son nouveau salon. Là où l’innovation était promise,  ce nouveau-venu voudrait être « Le rendez-vous professionnel des microtechnologies et de la haute précision pour l’horlogerie-joaillerie, les technologies médicales et l’électrotechnique en Suisse romande. » A quelques détails près, c’est la copie de l’énoncé depuis 10 ans l’EPHJ-EPMT qui vient de célébrer son jubilé avec presque 600 exposants et plus de 11′000 visiteurs. Et qui est, on l’oublie trop souvent, la plus grande manifestation professionnelle de Suisse. La seule également jusqu’ici à offrir aux microtechniques de tous bords la possibilité de côtoyer le secteur si prisé de l’horlogerie. Or donc, MCH Group, qui donne l’exemple en matière de lutte contre la contrefaçon à BaselWorld, aurait-il cédé à la tentation du copié collé du salon de la sous-traitance EPHJ-EPMT? Inspiration, expiration.

Bradée, Eterna passe en mains chinoises.

Il semblerait que le groupe China Haidian, via sa société International Volant Limited, aurait déboursé la modique somme de 22,9 millions de francs suisses pour l’acquisition d’un des fleurons les plus mythiques de l’horlogerie suisse, la société anonyme Eterna AG Uhrenfabrik (Soleure), propriétaire de la marque Eterna. Même en tenant compte que la marque aurait accusé durant la dernière année de son activité des pertes conséquentes et que le nouvel acquéreur s’en serait porté garant, le montant semble particulièrement inférieur au prix que la plupart des observateurs du milieu horloger en aurait donné, à vue de nez. Le vendeur, la société F.A. Porsche Beteiligungen GmbH semble donc l’avoir bradé. Ce qui paraît le plus inconcevable, c’est que le Swatch Group certainement contacté à un moment ou un autre, n’aie pas saisi l’occasion d’annexer cette enseigne qui participa, comme client régulier, à la survie d’une partie de son outil de production mécanique, à une époque où, au sortir de la crise des années 1970, tous pensaient, Hayek Senior compris, que seule la montre à quartz avait un avenir. Nick Hayek junior serait-il plus gestionnaire que visionnaire? Il semble inconcevable que feu son père ne se soit pas battu pour une telle enseigne. Toujours est-il que Mr. Hon Kwok Lung, le nouveau propriétaire, annonçait fièrement la nouvelle, lors d’une récente réunion à Pékin face à l’univers de la sous-traitance chinoise. Un propriétaire qui possède, via une autre société fraîchement créée Swiss Chronometric (3 des 5 administrateurs résident en Chine), également la nouvelle marque Codex, appelée à être le haut-de-gamme d’Ebohr qui produit  650′000 unités considérées comme du bas de gamme.

Infidèles célébrités… Supris en flagrant délit d’image

Evidemment, rien n’interdit à Claude Nobs de posséder plusieurs montres. Néanmoins, tout le monde connaît ses liens privilégiés avec Parmigiani Fleurier, sponsor du Festival de Jazz de Montreux. Des liens quelque peu fragilisés récemment par l’arrivée d’Audemars Piguet par la porte patrimoniale du Montreux Sound Digital Project, une vaste opération de préservation d’archives teintée de valeurs historique et scientifique. On murmure que le célébrissime boss du festival eut sa phase « Royal Oak« , au grand dam de la fidèle complice du Val de Travers. Il ne serait pas étonnant d’ailleurs qu’il s’en servît pour faire monter les enchères. De là à arborer ostensiblement une troisième marque, il n’y a qu’un pas. Franchi allègrement grâce à l’oeil attentif de la marque deLaCour (la photo date de 2007). Dans le même ordre d’idée, Aishwarya Rai, la célébrissime actrice chanteuse indienne si parfaite dans l’incarnation du concept de Longines « Elegance is an attidude« , s’est faite surprendre sur le red carpet cannois, en plein festival du cinéma, avec des bijoux Chopard et… sans aucune montre au poignet! Vous me direz, Longines ne donne pas dans la joaillerie, certes. Mais le loup est entré dans la bergerie… Les temps sont durs. Merci d’envoyer au bloghorloger.ch vos clichés du genre.

Le régleur, métier éternel

Le concours de chronométrie du Locle remet le régleur à l’honneur. Cet oublié de l’anoblissement en trente ans des métiers de l’horlogerie redevient un alchimiste qui fait rêver. Sacrée cuisine. Il ne suffit pas disposer d’ingrédients de première qualité dans une cuisine des plus high tech, encore faut-il que ceux-ci soient manipulés avec talent. Tout est dosage, finesse et subtilité, bref personnalité d’un Chef. Il en va de même avec la chronométrie, expression de la précision horlogère suprême. Tout est dans le réglage, un métier qui représente le Graal pour le maître horloger. Comme en formule1, on peut disposer du meilleur moteur, ou d’un moteur de série plus que correct, du meilleur pilote, des meilleures conditions atmosphériques et savoir que tout se joue dans la préparation. Heureusement, ces métiers-là, insuffisamment valorisés au regard des attentions réservées aux marques, sont foncièrement humains, imperméables à toute automation. Ils le resteront vraisemblablement. L’IFAGE, Institut de Formation pour Adultes à Genève, les appelle les métiers éternels, y ajoutant ceux des arts du polissage. Ils sont conjonctions de savoir multiples, d’expériences indicibles et de perceptions sensorielles. Oui, même l’ouïe est mise à contribution… (Extrait de l’édito des prochains magazines Heure Suisse & Heure Schweiz, à paraître fin juin 2011)

L’esprit DNA, Hublot-Arpa, rendons à César…

Hublot cèderait-il à l’esprit DNA initié dans l’horlogerie par Yvan Arpa avec la montre Titanic (créée pour Romain Jerome), contenant des fragments de la rouille légendaire provenant de la célèbre coque?  Tout semble l’indiquer, En effet, la dernière montre issue du partenariat de la marque avec Manchester United, la Hublot King Power Red Devil, présente la particularité d’utiliser du gazon du stade d’Old Trafford sur ses index. Jean-Claude Biver, adepte des désalpes herbacées, reconnaîtrait-il à son ancien collaborateur un talent qu’il tente de conjuguer aux vertus de l’éco trend? Attention, surenchère en perspective! La légende est un concept contre lequel il fait bon s’accoler…

Le Locle. Concours de chronométrie 2011. Critères objectifs

A quoi peut donc bien servir au 21 siècle un concours de chronométrie, expression revisitée des célèbres joutes d’antan, à l’heure où les horloges atomiques repoussent les limites de la mesure du temps au milliardième de seconde? C’est que notre horlogerie suisse reste mécanique, fût-elle issue des machines les plus avant-gardistes. «Les objectifs du  concours visent à redonner à la précision la place qu’elle mérite en regard des autres critères d’achat d’une montre tels que le design ou les complications. Ainsi le classement est basé uniquement sur des mesures objectives à l’exclusion de tout critère subjectif», rappelle Claude-Henri Chabloz, Président du concours bisannuel relancé par le Musée d’Horlogerie du Locle, le Château des Monts. Tout est dit. 10 sociétés dont plusieurs marques prestigieuses et 4 écoles d’horlogerie ont participé. Rendez-vous le 20 octobre 2011 pour la publication des résultats.

Exposition Magie des Métiers, Trésors d’or et d’émail

Genève et son musée d’horlogerie. Rarement musée horloger n’aura connu pareil destin tragique. Premier coup dur, en 2002, lorsque 174 pièces rares sont volées, au terme d’un tragique cambriolage. Deuxième coup du sort, lorsque, face aux trop élevés coûts de rénovation et de sécurisation, il perd son autonomie de Musée d’Horlogerie et d’Emaillerie de Genève, acquise dès 1969, pour devenir un corpus d’œuvres au sein du Musée d’Art et d’Histoire de Genève, une appellation générique et banale qui ferait presque oublier que Genève est l’une des capitales internationales de l’horlogerie. Car des MAH, il y en a des centaines sur la planète, tandis qu’un Musée d’Horlogerie et d’Emaillerie était unique au monde. Qu’importe, Estelle Fallet tient la barre, conserve sa ferveur de Conservatrice reconnue internationalement et veille au devenir des quelques 18′000 trésors qui, au fil d’expositions dans d’autres espaces muséaux de la Ville, n’en finissent pas de régaler la soif d’Histoire et de rigueur. Ainsi devient incontournable l’exposition Magie des Métiers, Trésors d’or et d’émail qui se tiendra au musée Rath, autre fleuron de la Genève culturelle, du 15 décembre 2011 au 29 avril 2012. Au menu, des pièces inédites, jamais montrées au public, qui relient les arts horlogers aux autres métiers d’art. Drôle d’époque, pour un vestige si émotionellement riche, issu lui aussi d’une Ecole d’horlogerie organisée à partir de 1824 mais initiée dès la création en 1776 par une Société du nom de Classe d’Industrie de la Société des Arts, pour atterrir dès 1972 dans les murs séculaires de la Villa Byrn Bella, route de Malagnou. Ce même écrin qui fut éventré, par un acte de vulgaire vandalisme, au point rester à jamais fermé.

People et horlogerie, flirts ou relations durables?

A l’heure où le tapis rouge de Cannes-sur-Festival se fait fouler par de prestigieuses empreintes, la question se pose. « Les Peoples Servent-ils l’Horlogerie? ». Tandis que les communiqués de presse encombrent les canaux de distribution, qu’ils pleuvent en surenchère au fur et à mesure que l’événement se joue, la relecture de la chronique sur ce thème, dans la série « Minute, Précisions! » proposée régulièrement sur le site horlogerie-suisse.com par le journaliste Joël A. Grandjean, s’impose. D’autant qu’elle jetée en pâture aux forumers qui s’en donnent à coeur joie.

Yvan Arpa va-t-il encore frapper?

A quelques jours de l’ouverture de BaselWorld, l’inquiétude est à son plus haut niveau: à quelle volée de bois vert Mister Yvan Arpa nous exposera-t-il cette année? Ouf, ce qui est sûr, la marque Volna ayant fermé boutique, il n’y aura aucune allusion à la Volnatomic, une collection qu’il avait lancée en 2010 et qui engrangea tout de même CHF 3 millions de francs de pré-commandes. Cette année, ça aurait peut-être été mal perçu dans le paysage, d’autant que la montre n’est pas équipée de la fonction compteur Geiger. Toujours en 2010, il nous avait fait le coup du cadran en caca de dinosaure, qui soit dit en passant avait fait entrer les news horlogères dans l’ensemble des rubriques « insolite » des médias de la planète, ouvrant ainsi la voie à d’autres marques. Que nous réserve-t-il cette année, quel sera son coup médiatique 2011, sous les couleurs de sa marque Artya? On en tremble d’avance. A en oublier presque que le sieur Arpa est avant tout un sacré bosseur: pour Jacob & Co dont il occupe le poste de COO, il arrive avec 8 nouvelles collections soit une centaine de nouvelles pièces. Dont cette nouvelle exploration de la Five Time Zones.

Audemars Piguet et le Montreux Sounds Digital Project

On aurait pu croire que tout ce qui concerne le Montreux Jazz Festival et Claude Nobs est chasse gardée Parmigiani Fleurier, en matière de communication. Tout, enfin presque, puisqu’il restait une porte latérale, d’obédience scientifique, qu’une autre marque, réputée grâce à sa Fondation pour son éthisme en matière d’opérations mécèniques, a pu franchir. Ainsi, Audemars Piguet, en partenariat avec l’EPFL ont embarqué pour le Montreux Sounds Digital Project, un programme patrimonial mené par la société Montreux Sounds (qui n’est pas vraiment Claude Nobs puisque cette société est aussi dirigée par son compagnon Thierry Amsallem). Décrit par Quincy Jones comme étant « le plus important témoignage de l’histoire de la musique, couvrant aussi bien le jazz, le blues, le gospel, le rock, que la brésilienne, africaine ou le folk… » ce projet entend sauvegarder et protéger pour le transmettre à la postérité après les avoir digitalisés, tous les trésors vidéo et son accumulés par le fondateur du Festival de Jazz de Montreux: 5′000 heures vidéo dont 1′000 en HD, 600 mètres de rayons linéaires (dans les sous-sol du chalet Le Picottin à Caux-sur-Montreux), 10′000 supports magnétiques représentant 60 tonnes. Un concentré de moments forts du genre: Ella Fitzgerald en 1969 ou Quincy Jones en 1996…

Prendre le large, retrouver le temps.

Les croisières sont à la mode. Parenthèses oisives où la pression du temps devrait semble-t-il vous être épargnée, puisque vous vous trouvez dans un programme où tout est pris en main, organisé, minuté. Théoriquement, il ne devrait même pas vous venir à l’esprit de regarder l’heure durant la semaine ou plus de votre maritime périple. Seulement voilà, certaines marques horlogères ou joaillières sont montées à bord, n’hésitant pas à vous faire de appels du pied, plus ou moins discret, misant sur le fait que vous êtes une clientèle captive. Le rêve de tout marketing manager, n’avoir qu’à faire fonctionner les mécanismes de la tentation, puisque de toute manière, vous n’avez rien d’autre à faire que céder. Ainsi, à bord des paquebots de MSC Croisières, équipés d’un luxe à vous faire tout oublier, y compris les cordons de la bourse, de somptueuses boutiques flottantes vous draguent: Bvlgari, Baume & Mercier, Hugo Boss, Fossil, Armani, Guess, D&G, Tommy Hilfiger… Du fashion certes, mais aussi quelques belles pièces d’horlogerie. Le temps vous rattrape, il reste un luxe, même à bord du Fantasia, du Magnifica ou du Poesia.

Régler son ordi sur la fréquence confédérale.

Le temps est-il politique? Comme toute forme d’étalonnage, les poids, les mesures et bien sûr la mesure du temps, la certification chronométrique est affaire d’Etat. C’est, au sens politique du terme, une mission de l’Etat que de permettre à ses populations d’accéder au temps. Dans le passé, cette responsabilité incombait aux Observatoires nationaux ou cantonaux, qui redistribuaient aux horloges publiques et aux monuments. Aujourd’hui encore, c’est le METAS, Office Fédéral de Métrologie, qui a la mission de contrôler, de définir le temps confédéral qui, soit dit en passant, est plus de nature atomique que mécanique. Car la fréquence traquée est de l’ordre du milliardième de seconde! Ce temps étalon, côté ondes, était distribué par l’émetteur de Prangins, érigé en 1931. Hélas, pour raisons économiques et puisqu’on se satisfait des super signaux venus d’Allemagne, sa fermeture a été programmée. Rénovation et entretiens coûtaient trop chers. Pour tout de même avoir accès à notre temps confédéral, il y a un moyen simple. Qui passe par tout ordinateur, quelle que soit sa position dans le monde. Il suffit d’aller dans les préférences systèmes de votre machine et d’inscrire ntp.metas.ch (le temps fourni par le serveur METAS, ntp signifiant Network Time Protocol).  Ça vous évitera de vous en remettre à Bill Gates ou Steve Jobs pour connaître l’heure exacte. Après tout, même si on porte une montre mécanique à chaque poignet, c’est souvent sur son smartphone que l’on vérifie l’heure. De plus, en matière de temps atomique, la Suisse, avant même deux nouveaux projets d’horloges atomiques en cours, fait déjà figure de bon élève dans le collège des nations UTC. Une réunion de scientifiques délégués par leurs pays pour calculer la moyenne des temps étatiques. J’y reviendrai.

Uniformity, concentré Blacksand, l’horlogerie loyale

Annoncée à plusieurs reprises par le bloghorloger.ch et attendue des passionnés, la nouvelle marque horlogère BLACKSAND dévoile, sur fond de Semper Fidelis, son modèle Uniformity. Loyale à l’esprit séculaire des horlogers se réclamant du « Faire Mieux Que Nécessaire« , cette ronde, une montre tout simplement, cache sa complexité sous une apparente simplicité, conjuguée aux temps techniques et à l’air du temps. Subtilement finie, elle est dotée du Calibre 1970, un mouvement automatique double-barillet issu d’une base Technotime et trempé dans un bain de Ruthénium, une mécanique ayant passé avec succès les tests du COSC et de Chronofiable. De l’horlogerie vraie, sincère, saupoudrée d’attentions élégantes et pétrie de codes horlogers originels. Un garde-temps à rendre accro le connaisseur, avec son optimale visibilité y compris la nuit où des inserts de matières luminescentes transcendent les reliefs de ses index et aiguilles. « Elements of Time manufactured in Switzerland« , un poinçon maître disposé en spirale, souligne son appartenance non négociable au terroir temporel helvétique. Ajouré à même le rotor, l’emblématique sablier devenu logo, fait aussi penser pèle-mêle à un cobra dressé, une représentation du yin et du yang ou à l’infinité d’un « 8″ stylisé. Détail tueur , une bague filetée, en son fond saphir, indique la bonne position des gravures. Décidément, Alain Mouawad, reconnu comme amateur et découvreur talentueux, signe là un retour magistral, d’autant plus louable qu’il s’est affranchi des freins familiaux. Blacksand est née, sur fond de violet surpiqué de gris platine. Un univers en soi…

Les alternances par heure troquées contre le Hertz

Du Hertz, en veux-tu en voilà. Depuis quelques temps, les communiqués horlogers se sont mis au Hertz. Dommage, la terminologie, dans l’esprit du non initié, s’apparente plus à l’émanation électrique d’un appareil ménager qu’à la noblesse subliminale d’un système balancier spiral. Tandis que les passionnés commencent enfin à comprendre ce que les alternances par heure signifient, les 36′000, 28′000 ou 21′600, voici que cette unité plus tendance obligent aux conversions acrobatiques. Sur le forum d’horlogerie-suisse.com, la question remue les émois… On se sent moins seul. Au fait, qui a commencé?

Alain Mouawad, le précurseur

Il est de bon ton, par les temps qui courent, caractérisés par une propension à dissimuler les complications sous une sobriété de cadran, de ne plus étaler à la vue de tous, les mécanismes compliqués, fussent-il des tourbillons. La dernière crise aura eu au moins ça de bon, elle a gommé les exubérances et les dérives ostentatoires. Ainsi, H. Moser & Cie nous la joue lignes hyper classiques habitées pourtant par de bien intéressantes complexités. Ainsi, Laurent Ferrier, avec sa première pièce, nous ramène à une montre tourbillon dont le mécanisme ne peut s’observer que par la glace du fond. Au risque de vous décevoir, la chose n’est pas nouvelle. Sans chercher à scanner l’histoire complète du dernier siècle, jalonné de similaires expressions, en 1997 déjà, Alain Mouawad pour Robergé nous servait une sublime répétition minutes et tourbillon (eh oui, déjà précurseur avec son Andromède II). Hormis la mention signalée sur le cadran -le bloghorloger en a retrouvé la photo- tout était caché. Seul son possesseur pouvait à loisir se pencher sur les merveilles mécaniques de son garde-temps, pour autant qu’il l’ôtât de son poignet. Détail qui ne fait qu’attiser la curiosité des passionnés quant à l’arrivée de Blacksand, nouvelle marque lancée par ce fils Mouawad qui, auprès des connaisseurs,  s’est déjà taillé un prénom.

Le BIPH entre en blogosphère

Créé en 1994, le BIPH, alias le Bureau d’Information et de Presse Horlogère co-fondé et dirigé par le journaliste Michel Jeannot, débarque sur la blogosphère. Son équipe de journalistes spécialisés dans l’information horlogère à haute valeur ajoutée, dont Fabrice Eschmann, collabore à de nombreux médias en Suisse et à l’international, en presse généraliste, économique ou spécialisée, presse quotidienne ou magazine, relevant des univers print ou digital. Les voici donc en ligne. Faut-il rappeler que Michel Jeannot, passionné par la branche horlogère et animé d’un esprit de partage vrai, fut également l’instigateur de vocations journalistiques comme celle qui est à l’origine de ces lignes?

L’Upside Down Number One de Ludovic Ballouard

Mise en valeur du bon sens… Extrait d’un billet d’opinion signé Joël A. Grandjean, paru sous la chronique « Minute, précisions! » sur le site Horlogere-suisse.com: « Ses chiffres à l’envers ont l’utilité de permettre la mise en valeur du chiffre qui, à l’endroit, indique l’heure…» expliquait Ludovic Ballouard lors de son discours à la remise des prix Montres de l’Année du Magazine Montre Passion (Ringier). L’horloger transfuge de Journe, converti à son aventure éponyme, faisait allusion au cadran de sa première création, l’Upside Down Number One, habitée par un système de douze mécanismes complexes dissimulés sous une sobriété rare. Un concentré d’horlogerie compliquée et pure, doté d’une dimension poético-ludique: une seule aiguille pour indiquer les minutes puisque chaque chiffre des heures, positionné sur le cadran la tête en bas, se remet à l’endroit lorsque la course du temps arrive à son niveau. C’est par ce ‘retournement’ du chiffre, entièrement orchestré de manière mécanique et à partir de la même énergie que celle qui entraîne le mouvement, que les heures défilent, se repositionnant à l’envers lorsque leurs 60 minutes se sont écoulées et que l’heure d’après s’entame. Le mieux, c’est encore d’y jeter un œil. » Au-delà, de la prouesse technique, cette célébration du ‘bon sens’ se charge d’une dimension parabolistique: ceux qui sont restés droit sont mis en lumière par ceux qui font les choses de travers, louvoyant ou trichant avec les règles, privilégiant le profit maximal et, lorsque le ciel se couvre, n’hésitent pas à se laver les mains dans la sueur d’autrui. Participer au forum de Horlogerie-Suisse.com.

Biver, serial sniper du marketing, a encore frappé

Une image vaut 1000 mots, la formule est bien connue. Certains messages peuvent en contenir d’autres, si on décode un peu. Ainsi, sur l’une des photos accompagnant le communiqué de presse Hublot lié à l’illumination de la colonne de la Place Vendôme, le 3 décembre 2010, outre les flocons illuminés qui célèbrent l’ouverture de la boutique Hublot au 10 de la célèbre place, on peut remarquer, sur la droite, ce qui pourrait être un « oubli ». En effet, la devanture de la boutique Patek Philippe, particulièrement visible, profite aussi de l’illumination. Lisons entre les lignes et comprenons qu’une telle promiscuité véhicule un message plutôt positif pour la marque Hublot, en terme d’excellence d’emplacement. Ou d’excellence tout court? Bien vu, Jean-Claude Biver demeure un maître ès communication, même lorsqu’il n’est pas sur les photos, ou qu’il est de dos… donnant le top à un système d’information associant l’ouverture boutiquière aux 200 ans de la colonne. Au nez à à la barbe de Béatrice de Plinval, Présidente du Comité Vendôme, Isabelle Lemesle, Présidente des Monuments Nationaux, Danièle Pourtoud, Adjointe au Maire de Paris chargée du patrimoine, et Jean-François Legaret, Maire du 1er arrondissement, entourant pour l’occasion l’horloge Hublot qui a donné le top.

Erotisme, quand tu nous tiens… Chinoiseries!

L’article paru dans GHI (Genève Home Information, Charles-André Aymon, Rédacteur en Chef) prolonge l’affaire des « Montres érotiques Chinoises » offertes aux jurés du Grand Prix d’Horlogerie de Genève. Une info révélée par businessmontres.com qui en appelle au retour des fondateurs du Grand-Prix sous la formule « Reviens Jean-Claude…. » Or, il se trouve que justement, c’est le Jean-Claude en question, co-fondateur du concours , qui a fait fabriquer ces montres érotiques en Chine. Ça se voulait être un gag… Le vrai gag se trouve dans l’annuaire des propriétaires d’adresses internet. Edipresse, à qui appartient le Grand Prix d’Horlogerie de Genève, serait-il le répondant téléphonique de Topsuisse.com, un site internet orienté érotisme et sexe (s’il l’on choisit l’index « détente »), dont le même Jean-Claude serait à l’origine? En effet, le numéro de téléphone indiqué pour « L’annuaire de tous vos loisirs » est une ligne interne de La Tribune de Genève! Certainement un oubli…

L’aventure VicenTerra commence… La GMT-3 bientôt aux poignets

La ténacité paie! Pour la plus grande joie des souscripteurs, VicenTerra peut démarrer la production de ses garde-temps exceptionnels, grâce à la pré-vente d’une septantaine de pièces sur les 100 envisagées. Il reste donc encore une trentaine de places à prendre (télécharger le bulletin de commande). Vendre en souscription des modèles dotés de complications inédites, d’une valeur qui s’apparente plus au prix « usine » qu’au prix « vitrine, c’est donc désormais possible. Et quand le constructeur qui s’embarque dans pareille aventure, Vincent Plomb, est capable d’arborer à son poignet un modèle encore plus évolué que celui qu’il lance, qu’il se déplace aux quatre coins de la planète des collectionneurs avertis, l’aventure séduit et les médias tentent de l’amplifier, chacun selon ses moyens. Le 4 septembre dernier, il manquait une dizaine de pièces à l’appel, puis 7, puis… Aujourd’hui, le quota minimum est atteint, la production peut démarrer. Bravo Vincent, homme à soulever les montagnes! Naissance prometteuse d’une marque? En tous les cas, bientôt aux poignets de quelques privilégiés, une GMT-3 gorgée de planétaires et sphériques complications. Voir le film.

Volna, c’est fini.

Selon nos informations, Volna dépose le bilan. L’aventure horlogère de cette anticonformiste, un tantinet décalée, avait commencé en 2006 sur le mode de l’alliage entre horlogerie suisse contemporaine et héritage soviétique. Durant BaselWorld 2010, la marque vivait un sursaut remarqué, grâce à Volnatomic, une nouvelle collection imaginée par le radioactif Yvan Arpa. Un bref retour de flamme qui n’aura pas suffi, malgré son buzz médiatique. Que s’est-il donc passé? La décision de jeter l’éponge, rendue publique à grands regrets par le nouveau Président Michael Blaye, était inéluctable. Ce d’autant que, depuis juillet 2009, l’implication financière de la compagnie singapourienne AG Asia Investments Ltd aura été significative. De plus, en raison d’une dette résiduelle trop importante due au précédent management, la chasse de Michael Blaye aux nouveaux investisseurs n’aura pas porté de fruits. Trop tard! La fermeture de Volna a donc été décidée unanimement par ses actionnaires, à l’issue de leur Assemblée générale annuelle du 30 juin 2010. Elle n’est donc pas l’expression de la seule  volonté de Michael Blaye qui représente l’actionnaire minoritaire AG Asia Investment Ltd. Elle ne serait pas non plus une question d’argent, mais plutôt d’insatisfaction récurrente face à une production horlogère et à un système de management qui n’aurait pas pris la voie de l’excellence espérée. Aujourd’hui, le Président reste convaincu que, au moment de l’apport de capitaux, le tableau présenté aurait été passablement embelli -c’est de bonne guerre, et que même avec quelques ‘rallonges’ supplémentaires, rien n’aurait permis d’effacer le mauvais pli. C’est donc au nom de sa passion pour l’horlogerie et l’ingénierie suisse que le Belge Michael Blaye s’interdit toute compromission. Une réalité fatale à Volna.

Rappel. En juillet 2009, l’arrivée de AG Asia Investment Ltd dans Volna fait passer le capital-action de CHF 460′600.00 à CHF 2′500′000.00. Sébastien Botinelli est alors nommé Président, deux des trois fondateurs, François Candolfi et Marc Calmonte, sont écartés. Juste après BaselWorld 2010, c’est au tour de Sébastien Botinelli de voir sa signature présidentielle et ses pouvoirs radiés. Depuis cette date, Michael Blaye est nommé président, avec signature individuelle et mission de réorganisation.

Salles blanches, image stérile

Le dernier billet « Minute, Précisions! » paru sur horlogerie-suisse.com lance le débat sur l’utilité des salles blanches dans les fabriques d’horlogerie. De grands maîtres en complications, tel Jean-Marc Wiederrecht d’Agenhor, s’interrogent sur leur nécessité et surtout sur le tort qu’elles pourraient faire en terme d’image. Tandis que sur le forum du site, les avis fusent, parfois en délicieux affrontements zestés d’humour et d’absence de prise de tête, il convient d’avouer que la toque façon cuistot, posée sur la tête d’un ouvrier en blouse blanche, s’apparente plus facilement à l’image d’un fabricant japonnais de composants en microélectroniques qu’à des horlogers pratiquant un métier de chair et de sang.  Des doigts d’or dont on vante, en langage marketing et publicitaire, les dimensions manuelles et le hand made. Grande question existentielle? Comment faisaient-ils les maîtres d’antan? Auraient-ils un jour imaginé que l’ère du zéro poussière renie à ce point leurs terrestres interventions dont on s’inspire encore aujourd’hui pour conférer à leurs montres une valeur ajoutée…?

Un ex pro du El Primero, pour réparer vos montres…

Réparer ses montres à Ollioules (F), au débouché des célèbres Gorges qui servaient autrefois de théâtre aux exploits du fameux bandit Gaspard de Besse, rançonnier de diligences de son état, entre Toulon (7km) et Marseille (58km), en voilà une bonne idée! Ludovic Santini sait de quoi il en retourne, puisque, atteint par le virus des rouages dès l’âge de 12 ans, il devient horloger, option « métiers d’art », au sortir de son cursus de formation. Puis, il est enrôlé chez Zenith comme régleur et assembleur du célèbre El Primero. C’est lui qui en assure la préparation avant de le présenter au COSC, le contrôle Officiel Suisse des Chronomètres. Alors évidemment, on lui confie toutes formes de réparations, quelles que soient les marques. Montres bracelets, de poches, goussets et horloges trouvent entre ses mains une nouvelle vie. Au passage, un chinage en bonne et due forme dans son « Atelier » pourrait bien déboucher sur quelque acquisition rare. Et puisque la mer n’est pas loin, ça vous dirait un p’tit contrôle d’étanchéité ou un changement de bracelet avant d’aller piquer une tête? Il y en a qui ont tout compris.

Chronomètre certifié, les faiblesses…

Le mot chronomètre mériterait de faire l’objet d’une véritable campagne de communication, de la part des instances corporatistes horlogères et des marques. Et d’être ainsi renforcé. Car on obtient ce gage de précision, apposé comme valeur ajoutée sur le cadran d’un garde-temps,  après avoir soumis son mouvement à des tests. Et ce sont des organismes tels que le COSC (Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres) ou Timelab (nouvelle fondation créée à Genève), qui décernent les fameux certificats de marche débouchant sur l’attestation suprême de la mention « chronomètre ». Seulement voilà, c’est seulement le mouvement qui est soumis aux tests composés d’observations en cinq positions. Pas la montre finie. Quand on sait le parcours que peut emprunter un mouvement agréé, entre sa sortie des tests et son emboîtage, il serait utile d’envisager une seconde phase de tests qui, si elle existe déjà au sein de scrupuleuses enseignes, reste aujourd’hui à bien plaire et non-obligatoire pour l’obtention de la mention. Autre faiblesse du système, dans le cas d’une marque qui disposerait de volumes et de moyens conséquents, c’est qu’elle peut acheter  des lots en vrac, auprès d’une fabrique fiable de mouvements, misant sur le fait qu’une proportion raisonnable de mouvements obtiendra la mention « chronomètre » et que les autres rejoindront d’autres collections. Sachant que ça coûte environ CHF 15.00 par mouvement testé, le coup est jouable et économiquement défendable. Hélas, c’est très dévalorisant pour le terme qui pourrait, s’il faisait l’objet d’un renforcement communicationnel chez le consommateur, devenir une véritable plus-value. Et redevenir synonyme d’attentions prodiguées par la main habile et expérimentée d’un régleur. Lire le billet horloger « Minute, Précisions! » écrit par Joël A. Grandjean pour le site horlogerie-suisse.com. Télécharger cet article en pdf sur le site de l’agence de presse TàG Press +41.

Ferme des Brandt, resto horloger les pieds dans l’herbe…

Ce lieu gastronomique, situé sur les hauts à droite de La Chaux-de-Fonds (entrée par les Tunnels) fleure bon l’histoire horlogère. Dans cette ferme classée monument historique, construite de 1612-1614 par des Montagnons qui devaient disposer de moyens exceptionnels pour l’époque, un concentré de noms célèbres cohabite: ses propriétaires furent tour à tour furent les familles Brandt-dit-Grieurin, de 1612 à 1692, Jaquez-Droz de 1692-1713, Tissot-Daguette, Stauffer et Brandt-Stauffer (dès 1814). C’est Louis Brandt-Stauffer (1801-1866), fabricant d’horlogerie et membre du gouvernement provisoire de la République, Conseiller d’Etat en 1848 qui la fait transformer, la dotant de tuiles. Au début du 20e siècle, elle est toujours habitée dans sa partie ouest par les Brandt dont le dernier héritier londonien Vivian Brandt en orchestre la vente, domaine compris, en 1954. Elle est rachetée avec ses 6′000 mètres carrés de terrain en 1987 par l’ASPAM (Association pour la Sauvegarde du Patrimoine des Montagnes neuchâteloises), pour la somme de CHF 400′000.00 dont la moitié obtenue par des subventions communales, cantonales et même fédérales. Inaugurée en 1999, elle devient de théâtre d’un restaurant géré par Heidi et Cyril Tribut. Qui y impose leur sens culinaire, pétri de valeurs régionales alimentées par des produits frais et de proximité, provenant souvent de petites exploitations régionales alentours. Incontournable, le cochon au lait rôti au jus de bière brune des Franches-Montagnes, ou un florilège de plats oubliés tel que des joues de veau doucement mijotées… Le tout avec du pain cuit au four, dans un cadre campagnard idyllique, tour à tour de blanc ou de vert recouvert. Manger horlo, à 45 mn du centre de la ville, dans un lieu où le temps qui court n’a plus d’importance.