Ulysse Nardin au Monaco Yacht Show. Série spéciale ‘YS’ Maxi Marine Diver

Historiquement, la conquête du temps a toujours été liée à celle des océans. Tandis que le Monaco Yacht Show fête en septembre 2010 son vingtième anniversaire, la marque horlogère Ulysse Nardin y arrime son vaisseau de grand chronométrier. Comme l’Office du Tourisme d’Abu Dhabi, la marque en est le sponsor principal, pour la deuxième année consécutive, après avoir hérité d’une place laissée vacante par Blancpain. Née en 1846, cette enseigne suisse de haute horlogerie, connotée complications horlogères et maîtrise du temps céleste, s’appuie sur l’histoire d’Ulysse Nardin (1823-1876), un maître horloger loclois contemporain de l’époque où le temps était affaire d’état, comme d’ailleurs toute forme d’étalonnage. Ulysse Nardin est l’enseigne horlogère suisse dont l’ADN comporte le gène chronométrie de marine le plus vivace. La sortie d’une série spéciale de 100 pièces d’une Monaco YS est au programme. Un modèle spécifique, à l’image de celui sorti en 2009, dont aucun visuel n’est encore disponible. Cette nouvelle référence enrichit la collection Maxi Marine Diver. Sportive, du pourtour de ses 43 mm de diamètre, étanche à 200 m, elle est est habitée par un mouvement à remontage automatique doté d’une petite seconde, affichant sa date dans un guichet situé à 6h ainsi qu’une réserve de marche de 42 h, via un guichet circulaire situé à 12h. Le cerclage «bouée» de ses guichets, ainsi que la lunette tournante unidirectionnelle, ancrent ce modèle dans l’imagerie océane. Sûr que son Altesse Sérénissime le Prince Albert II de Monaco, appréciera…

Christophe Claret, le son du détail.

A propos du post Deux marques de haute-horlogerie se disputent la même musique, les précisions suivantes s’imposent. Rappel du sujet: le bloghorloger relevait que la nouvelle marque « Manufacture Royale« , dont le lancement initialement prévu le 30 août a été reporté à d’ultérieures calendes, utilise sur son site en guise d’identité sonore, exactement la même musique que la marque Christophe Claret: le morceau Clubbed To Death, signé Rob D, un DJ australien immigré à Londres, issu de l’album Sony Music The Classic Chillout Album (Columbia). Précisions. D’emblée, c’est pourtant clair à la lecture de l’information parue le 15 juin 2010, insistons sur le fait qu’il n’existe aucun lien entre la marque Christophe Claret et la nouvelle venue. Une affirmation utile à ceux qui supputeraient le contraire, trouvant là une explication au flagrant plagiat sonore dénoncé. Ajoutons que, suite à des informations reçues du Locle après la publication de ce post, le choix musical a été effectué au sein même du département Infographie de Christophe Claret SA. Enfin, et cette info est assez rare pour mériter qu’on la salue,  tout s’est passé dans les règles de l’art. En effet, le 26 février 2009, les droits d’utilisation de cette musique, pour le site web et le film du 20ème anniversaire, ont été honnêtement acquis pour la somme de € 9′000,00. L’explicite mention du compositeur figurant au générique le confirme. Pas étonnant que Christophe Claret, dont la minutie et le soin du détail demeurent une marque de fabrique, n’ait rien laissé au hasard. Ni n’ait cédé à la pratique ambiante qui consiste à « pomper » sans scrupules des musiques dans la base de données digitales si facilement accessible sur le net. Peu se soucient des appartenances ou des droits relatifs à ces utilisations. Quant aux tarifs pratiqués par les acteurs du music business, ils font surgir deux questions: primo, Sony Music a-t-elle aussi envoyé une douloureuse à la Manufacture Royale, secondo, combien Vartan Sirmakès a-t-il du débourser pour s’offrir le melting pot musical qui continue d’habiller le montage video figurant sur la home page de Franck Muller? Tant qu’à faire, revoyons-nous le film de Christophe Claret… pourquoi pas en 3D sur le site de Swiss Watch TV.

Wyclef Jean ne sera pas candidat.

Le commission électorale haïtienne rejette la candidature de la star du hip-hop Wyclef Jean à la présidence de Haïti. Elle se réunit demain pour annoncer officiellement cette décision. Une marque horlogère suisse, bien impliquée dans un projet humanitaire lié à la Yele Foundation devrait pouvoir reprendre un dossier qu’elle aurait eu du mal à défendre auprès d’un homme politique… Mais qui se justifie auprès d’un des artistes mondiaux les plus en vue. Co-fondateur et âme des Fugees, grand producteur américain, la star, aux côtés de Lauryn Hill, avait sorti le rap de l’univers des ghettos.  Welcome back to music.

Deux marques de haute-horlogerie se disputent la même musique

Dommage que la musique n’entre pas systématiquement dans les ingrédients identitaires de base, lorsque l’on crée une marque. L’oreille aiguisée d’un ami du bloghorloger découvre une flagrante parenté entre deux sites internet qui n’ont pourtant rien à voir l’un avec l’autre. Ça saute aux tympans. Le premier est la marque Christophe Claret dont le modèle Dualtow, lancé pour célébrer le 20ème anniversaire, s’offre sa propre adresse web. Le second, la nouvelle marque « Manufacture Royale« . Ouvrez les deux home pages, et vous en conviendrez. Celui de la marque locloise a été créé par l’agence chaux-de-fonière Troïka Sarl, tandis que celui de Manufacture-Royale (si l’on en déduit que le contact technique indiqué au registre des propriétaires d’adresses web a quelque chose à voir avec le web designer), par le studio lyonnais Smootiz d’Aurélien Billois. Une telle ressemblance est encore soulignée par l’utilisation du même mode compte-à-rebours précédant la date de lancement. Visiblement, les web créatifs ont tous dans leur cédéthèque « The Classic Chillout Album » (Sony Music Entertainment – UK) et se passent en boucle « Clubbed To Death » de Rob D. Le DJ Australien arrivé à Londres en 1990 est-il au courant des usages réservés à son morceau? Ou alors est-il passé maître dans ce genre de débouchés, au point que deux marques horlogères de haute horlogerie se réclament sans complexe de la même identité sonore. C’est troublant… Si l’on n’avait lu le post du 15 juin 2010, on se demanderait si Christophe Claret n’a pas un lien avec la nouvelle marque. En attendant, visionnons le clip de Rob D, ça nous fera méditer. Il existe aussi, au pays du swiss made, d’excellents compositeurs capables de créer du sur-mesure et d’apporter aux partitions le même soin que ceux dont les produits horlogers d’exception sont entourés. Nous en connaissons…

Serti neige, par Jaeger LeCoultre

Mystères. Rien n’est épargné aux sertisseurs chez Jaeger LeCoultre. D’abord les contours périlleux des Reverso, dont l’intrinsèque réversibilité complique justement les opérations, multipliant angles et arrondis, guettant les métamorphoses et incitant aux regards attentivement portés sur leur particulière esthétique. Est-ce parce que les flocons font indéniablement partie du paysage au Sentier, dans cette Vallée de Joux d’hivers à rallonge, que le serti neige a vu le jour, incitant à la plus sublime des irrégularités, celle qu’une nature dépose, invariablement renouvelée? De la virtuosité, il en faut, mêlée d’appel aux méthodes traditionnelles et de piques d’innovation constante. Reste que c’est le doigté humain qui demeure la souche même de ces inspirations ouateuses. Et lorsque la neige immaculée et espiègle se lacère de rigoles brillantes, le spectacle incline à l’admiration. Cette «Reverso Grande Neva» a fait l’objet de telles méticulosités. Côté verso, elle est inondée par ces effets d’alternance entre le serti neige et l’ondoiement de tracés d’or blanc. Pour le recto, à vous de fouiner. Un indice? Elle est habitée par un calibre 822 et fait partie de la volée haute-joaillerie 2010.

Catorex, dans la poche ou en pendentif. New London

Catorex joue avec son ADN de spécialiste des montres de poches pour lancer à BaselWorld 2010 une «New London» particulièrement ciblée collectionneurs du monde. A partir de deux mouvements Unitas datant de 1960, entièrement reconditionnés, squelettés et disposés assymétriquement dans une boîte carrée aux angles arrondis, ce modèle pseudo vintage moderniste sort de la poche pour s’enrouler au poignet ou se suspendre en pendentif. Sept déclinaisons sont proposées, jouant de leurs spécifiques décorations et couleurs. Trop discrète enseigne horlogère issue depuis 1858 des terroirs de la paysannerie horlogère, Catorex est encore aux mains de sa famille fondatrice, quatrième génération. Guy A. Cattin perpétue les savoir-faire familiaux tout en animant sa deuxième société, la cent-cinquantenaire Cattin & Cie, destination courue du private label rigoureusement swiss made.

Bittel invente le post bling-bling…

Encore une inédite chez Michael Bittel. Sur la complice initiative du photographe Claude Cuendet, Michael Bittel, le plus atypique des horlogers, est mis en scène. L’occasion de présenter un modèle encore jamais montré: une montre dont la lunette hérite de sa fameuse invention, son système de lamelles amovibles. Supposons qu’une des faces de ce pourtour soit sertie de diamants, que l’autre affiche la sobriété d’un poli brillant. Ça donne le bling-bling sur commande ou l’expression du post-ostentatoire, un modèle idéal en ces temps de retours vers des goûts plus classiques et vers le moins d’envie d’étaler les tapages d’une horlogerie d’excès. Apparu en 2009 avec ses Grands Carrousels, des montres bracelets dont les cadrans multiples offrant deux à trois faces totalement distinctes sont possibles grâce à ce même système, celui que l’on surnomme affectueusement «l’horloger du voyage» poursuit sa route. Avec notamment, annoncée pour début 2011, une centaine d’«Eclypses», autre modèle porteur d’une seconde invention, le double diaphragme. Là encore, comme fil rouge, la possibilité de disposer de deux cadrans, trois si l’on compte le «fond» de la cage qui supporte avec bonheur quelque sertissage partiel ou complet.

Une deuxième « Captive » signée Dunhill

Un commentaire lié à l’article sur le modèle « Captive » de Cyma appelle le commentaire suivant. « Combien peut valoir une telle montre (Dunhill La Captive par Tavares)?  J’en ai une presque identique à la photo montrée? » Merci à ceux qui peuvent renseigner notre lectrice du Canada.

La microfibre de Babette Keller plébiscitée…

C’est souvent depuis l’établi, là où se construisent patiemment les montres et leurs mouvements, là où les doigts les plus habiles s’activent avec savoir, que la demande pour la microfibre manufacturée à Bienne chez Keller Trading se fait la plus perceptible. Car cette matière, issue d’un mariage entre polyester et nylon, Babette Keller la tricote, elle en connaît tous les secrets et les comportements: «Plus la densité est lourde, plus elle va aspirer les saletés sur les métaux précieux». Et comme parfois, dans les hiérarchies et les étages, certaines économies de bureau firent qu’on tenta de se tourner vers d’autres fournisseurs sis en des contrées où la main d’oeuvre est moins chère, les doigts d’or ont du rouspéter: la microfibre issue des machines et des soins de cette passionnaria et de son armada de filles –elle nomme ainsi affectueusement ses collaboratrices, a l’avantage d’avaler la saleté qui se trouve sur une surface précieuse, et non pas de la transporter sur la montre ou le bijou suivants. Les responsables d’achat reviennent vite à la raison. Pas question de perdre un temps précieux et un standard de qualité, puisque le temps c’est de l’argent.

Tissot et son nouveau calibre, relief historique.

Tandis que le nouveau calibre C01-211, un chronographe automatique développé de concert avec ETA en exclusivité pour Tissot (et Swatch) débarque dans la production de volume de Tissot, il est bon de rappeler l’histoire manufacturière de la marque. Il y a 40 ans naissait le Sytal (contraction de SYstème Total AutoLubrification) fait de matériaux inaltérables (polycarbonate, résine acétal copolymérisée, polyoxyphélinène, autrement dit quelques savantes variantes du plastique), devenu célèbre sous le nom d’Astrolon 2250. Cette naissance, visionnaire, aurait du permettre à la marque l’envol qu’elle prend ces jours, en intégrant son nouveau mouvement dans ses modèles actuels. Le Sytal, appelé aussi Astrolon 2250, ne connut pas la gloire escomptée mais fut unanimement salué par la presse de l’époque, dont le JSH – Journal Suisse d’Horlogerie de février 1973 qui écrivait « … montre de qualité, mais de fabrication simplifiée, dans la ligne des nécessités économiques de notre temps« . Trop avant-gardiste? Son descendant devrait en 2010 venger cette injustice, se distinguant lui aussi par ses matériaux de synthèse à base d’hydrocarbures, et surtout par son objectif d’accessibilité maximale. Ce nouveau calibre C0-211 de Tissot s’inspire du Lemania 5100, dont la simplicité était une signature. Il ne  comporte que 184 composants (le Valjoux 7750 né en 1974 en compte 240). Grâce à lui, il sera pour la première fois possible d’acquérir un chronographe swiss made à remontage automatique à moins de CHF 1′000.00. Une prouesse d’ingéniosité industrielle.

Baume & Mercier, les effets du feuilleton historique

La lancée sur Twitter et Facebook de « Secrets d’une famille d’horlogers », le premier feuilleton horloger historique, a permis à la marque sise à Bellevue de faire le plein d’aficionados. Plusieurs milliers de fans sur la page du réseau social et surtout, une ondée d’informations sur les possesseurs de modèles, leurs goûts, leurs attentes. L’avalanche de questions a également permis à la marque de repenser son SAV. En effet, l’immédiateté de la formule a contraint la mise en place de nouveaux processus permettant de coller aux supports utilisés, c’est-à-dire d’être en mesure de fournir des réponses du tac au tac. Bel exemple d’une réelle stratégie d’implantation dans l’univers du Web 2.0. Le suivi du feuilleton est programmé, saupoudré d’interviews liées aux retrouvailles d’anciens modèles phares. Quant à l’imminence de nouveaux modèles, suite à une remise à plat des références et des lignes, elle est annoncée.

L’homme volant flirte avec des ailes patrouilleuses…

Le désormais célèbre Jetman, le pilote de ligne Yves Rossy qui, dans ses heures de loisirs toise régulièrement la liberté aux commandes corporelles de son aile à réacteur, vient de se mesurer aux ailes averties d’une patrouille composée de deux avions Boeing Stearman Breitling Wingwalkers. Ces-derniers l’attendaient à 1000 mètres d’altitude, tandis que notre héros se laissait tomber à 3′500 mètres d’altitude d’un Pilatus PC-6 au dessus de Buochs (canton de Nidwald) en Suisse. Le ballet aérien a duré quelques 6 minutes. Un exploit, si l’on considère que l’homme volant ne dispose d’aucune manette de contrôle et ne se dirige qu’au moyen des ondulations de son corps. Rappelons que Breitling a repris sous son aile sponsorisante, grâce à l’absence de constance de la marque Hublot dans ce projet, cet atypique aventurier des temps modernes.  L’événement coïncide pour Breitling avec la sortie de son nouveau Chronospace, destiné à renforcer au monde des pilotes, son rôle de fournisseur en instruments de mesures fiables, des chronomètres tous issus des batteries de contrôle du COSC.

H. Moser & Cie, un sans faute horloger. Denis Asch invite.

Une invitation de L’Heure Asch, ça ne se refuse pas. L’enseigne est à l’horlogerie de détail ce que le Cerf de Carlo Crisci est à la gastronomie en Suisse: inventif, constant, situé en deçà des chemins courus, et surtout communicatif. L’invitation? Rencontrer Nicholas J. Hofmann de la marque schaffhousoise H. Moser & Cie, au sortir d’une expo temporaire. Car, dès le début de la marque H. Moser & Cie, l’horloger Denis Asch était là, fervent défenseur et volontaire découvreur de trésors. Cette marque, démarrée avec 2 personnes ien 2002, s’offre un sans faute à la hauteur d’ambitions réparties, c’est rarement le cas, sur le long terme: quarante personnes à Schaffhouse, une famille éponyme de 6 calibres, une fabrication de spiraux pour ses propres besoins et pour d’autres marques dont on taira les noms, et surtout, un focus sur un classicisme de bon goût, avant même que la crise s’en prenne aux extravagances et ramène les consommateurs aux valeurs sûres et aux designs intemporels.

Une day date Oris en hommage à l’écurie William

Pour la 7ème année de son partenariat avec l’écurie AT & T William, l’horloger suisse Oris (1904) se conjugue aux couleurs du bleu-blanc-noir et sort sa Oris WilliamF1 Team Day Date. D’un côté l’évolution des bolides automobiles, de l’autre celle des montres: entre la lunette et la carrure, un anneau « amortisseur » en silicone bleu a été inséré, répondant aux préventions contre les chocs. Automatique, date et jour à 3h, boîtier DLC noir, étanche à 100m, aiguilles nickel noires avec inserts de matières luminescentes, bracelet caoutchouc et coffret de présentation façon pneu. Rendez-vous sur la ligne d’arrivée.

Décès de Nicolas Hayek Senior, artisan de la culture horlogère suisse

Lundi 28 juin 2010. Bien que l’homme ait remis en 2003 à son fils Nick Junior les rennes du Swatch Group, il continuait de participer aux décisions. D’origine assyro-Chaldéenne, celui qui sera nommé, entre autres 150 distinctions internationales, Citoyen d’Honneur de la Ville de Berne, avait mis en évidence la valeur immatérielle de la suissitude. Avant que ne soit créé le Swatch Group, issu de la percée de la montre Swatch, il avait été appelé comme consultant pour tenter de tordre le cou à l’une des plus terribles crises horlogères, celle des années 70. Il avait fait alors une expérience étonnante: fabriquer une même montre avec des mentions différentes sur le cadran. Une fois « Made in Japan« , une autre « Made in France » et… en fin de compte « Swiss made« . Après les avoir déposées sur plusieurs marchés test, il est apparu qu’à peu près partout dans le monde, la montre suisse avait plus de succès, même vendue plus chère. Alors à l’heure où tous loueront la grandeur de l’empire qu’il laisse derrière lui, en termes d’emplois, d’économie, de marques horlogères et j’en passe, il est bon de rappeler que l’homme a travaillé pour les décennies à venir et pour la bonne santé globale d’un secteur: en effet, il a le premier défini, par cette simple expérience, la valeur de la dimension culturelle de l’horlogerie. Certes, les actions du Swatch Group devraient connaître quelque plongée, certes, on sait que le fils n’aura pas les mêmes affections que son père et que certaines têtes pourraient donc bouger, reste que ce grand patron aux allures d’artiste laisse un héritage qu’il convient de ne jamais dilapider. Les médias qui, au moindre claquement de doigt, se précipitaient à ses conférences de presse d’homme produit (il vantait ses montres et pas sa personne), se sentent terriblement orphelins.

Claret croit en l’humain et se bat pour ses savoir-faire

L’univers des discrets est peuplé d’irréductibles et de battants, Christophe Claret en fait partie, qu’on se le dise. Parce que sa Manufacture est un peu excentrée par rapport aux circuits médiatiques faciles, avec sa situation sur les hauts du Locle, parce que l’homme est un peu moins « grande gueule » que certains abonnés aux avis donnés sur un peu tout et beaucoup rien, on oublierait presque qu’il se passe des choses chez Christophe Claret. Qui méritent d’être amplifiées puisqu’elles sont chargées de valeurs référence. Ainsi, du côté de l’emploi, tandis que les lueurs d’une reprise annoncée occupe les colonnes, l’entrepreneur loclois d’origine lyonnaise n’est pas resté les bras croisés durant la crise. S’il vient d’introduire une mesure de chômage partiel -on ne travaille plus le vendredi, c’est qu’il n’a pas fait de concessions autre que le report du traditionnel voyage d’entreprise offert aux collaborateurs de plus de cinq ans. Sur le fond, il a tout misé sur le capital humain et la sauvegarde des emplois qui sont aussi celle des savoir-faire exceptionnels de sa Manufacture. Les prestations sociales offertes chez Christophe Claret SA vont au-delà de ce que prévoit la convention collective. S’y ajoutent de nombreuses attentions destinées à mieux vivre en bonne santé, comme une participation de 50% à l’abonnement fitness, ou la prise en charge des traitements destinés à arrêter de fumer.  Faisant preuve d’imagination et de dynamisme forcenés, pour compenser l’évidente baisse des commandes de marques parfois tellement de niche qu’elles furent touchées de plein fouet par la crise, il a ajouté à son catalogue de prestations, des travaux de sous-traitance (décolletage, fabrication d’ébauche). Puis, convaincu que sa DualTow -la montre anniversaire de ses 20 ans, pouvait avoir sa propre vie post-jubilatoire, il a  transformé l’essai en l’instituant en marque éponyme et en en sortant à BaselWorld 2010 une version Night Eagle. Bref, on se bat au Locle, c’est bon de le savoir. Car en 2009, tandis que certains licenciaient en masse ou faisaient leur dernier baroud d’honneur, sa manufacture limitait la casse. Seul 9 postes furent supprimés sur les 120.

Marque Pilo & Co, Genève. Sans cesse renouvelée, ouverte aux personnalisations.

Tandis que deux nouveaux modèles s’annoncent sur le marché, la marque Pilo & Co Genève, en bref: Caractérisée par sa persistance à précéder la tendance, Pilo & Co Genève se démarque dès sa création en 2001 par son art de conjuguer les identités. 11 collections dédiées à l’accessibilité, au design et aux captures de l’instant. Au nombre des enseignes reconnues du swiss made, forte d’un démarrage en force et d’une expansion maîtrisée, la marque ne connaît pas l’essoufflement. Couvrant tous les segments, elle sait se faire mécanique ou manufacturière sans jamais se départir de son assurance de bon goût. Ainsi vit-elle les approches croissantes d’acheteurs désireux de se démarquer, par la commande d’une personnalisation cohérente, souvent portée sur les pierres précieuses et les arts du sertissage. Fort attractive dans son offre de prix, c’est l’un de ses particularismes, elle occupe en Suisse les vitrines de plus d’une quarantaine de points de vente et dispose à Genève de deux boutiques éponymes, une sur chaque rive. Elle a misé sur la Chine où elle dispose déjà de 8  boutiques, sans oublier ses marchés fidèles: Moyen-Orient, Liban, Libye, Algérie, Russie, Kazakhstan, France, Espagne, Gibraltar ainsi que les USA. Elle est la propriété de Amarildo Pilo, également à l’origine de la nouvelle David Van Heim.

Première: Omega mêle céramique et liquidmetal.

Déjà utilisé pour des clubs de golf, des raquettes de tennis ou des coques de téléphones mobiles, le liquidmetal, dont l’exploitation commerciale débute aux alentours de 2003, entre une deuxième fois en horlogerie par la grande porte Omega. Qui en fait les chiffres et indications d’échelle d’une lunette céramique. Cette rencontre insolite entre ces deux matériaux hyper durs est suffisamment innovante pour que la marque puisse se targuer d’une première mondiale. Et de communiquer à donfs, via un mini-film destiné à buzzer sur la Toile. En scelle, sa série limitée Seamaster Planet Ocean Liquidmetal®, futur hit commercial. Comme le Vitreloy, le « Liquidmetal » est le nom commercial (marque déposée d’où le ‘®’ obligatoire chaque fois qu’on le cite), d’un métal amorphe (alliage métallique solide doté d’une structure plutôt amorphe que cristalline), développé par une équipe de chercheurs du California Institute of Technologie (Pasadena, Californie). Ce même pôle de compétence devenu célèbre pour avoir enfanté 27 prix Nobel. Fort de cette découverte, le team s’organise, crée la société californienne Liquidmetal Technologies, à Rancho Santa Margarita et dépose une vingtaine de brevets liés à l’utilisation de cette nouvelle série d’alliages. Ses débouchés sont multiples dans les domaines spatial, médical, défense militaire, industrie, électronique, monde du sport d’élite (baseball) et… l’horlogerie. TAG Heuer est la première marque à l’utiliser pour la boîte de sa concept watch (BaselWorld 2003), « State-of-Art Chronograph« , une digitale habitée par un quartz swiss made capable de calculer le millième de seconde.

Pilo & Co, deux collections enrichies, Tempo et Invidia

Courant juin 2010. Sept déclinaisons d’une montre dame de forme, dont le diadème endiamanté scintille de deux rangées de diamants, marquent chez Pilo & Co Genève, le renforcement de la collection Invidia. Quant à la collection Tempo, elle s’enrichit d’une élégante sobre et classique, disponible en or rose (traitemet PVD), en acier ou en bicolore. Pilo & Co demeure fidèle à sa réputation de coller à la tendance, voire de la susciter. Rappelons que la collection Tempo fut à l’origine des premiers envols de la marque fondée par Amarildo Pilo, surnommé à l’époque par la presse, le roi du tourbillon fixe. La marque fait vivre en permanence onze collections, entretenant un réseau étonnant: 2 boutiques éponymes à Genève, une quarantaine de points de vente en Suisse, un essai transformé en Chine avec 8 boutiques, ainsi que des marchés fidèles tels que l’Albanie, l’Algérie, le Liban, la Turquie, la Malaisie, le Moyen-Orient, la Russie, le Kazakhstan, l’Allemagne, la France, la Hollande, la Syrie, l’Espagne, Gibraltar ainsi que l’Amérique du Nord.

Souscription de VicenTerra, le succès précédant la mise en prod

De Colmar à Strasbourg, en passant par Genève, Lausanne et quelques irréductibles Jurassiens, l’engouement pour les sphériques complications de Vincent Plomb, dépasse les attentes. L’homme ne ménage pas ses efforts, ils sont payants. Comme par exemple sa présence au salon international EPHJ-EPMT qui a porté ses fruits. Certes, la montre GMT 3 qui est proposée en souscription présente l’atout imbattable d’une valeur quasi prix usine de CHF 5′000.00. Ce qui signifie qu’en temps normal, si un tel garde-temps devait trouver le chemin des détaillants, sa valeur prix public pourrait bien être multipliée par 3 ou 4. Surtout, elle sera le début d’une aventure horlogère différente, dont l’un des prochains développements est visible au poignet du constructeur horloger, ce qui donne confiance, tant sur le questionnement esthétique que manufacturier. A ceux qui n’auraient pas encore pris la peine de s’en enquérir, relisez ce post (qui a déjà généré son lot de commandes!), ou revisionnez-moi ça!

Le prix Piaget 2010

Depuis 2006, la maison Piaget encourage la préservation des savoir-faire de l’horlogerie et de la joaillerie en récompensant les meilleurs joaillier et designer fraîchement au bénéfice d’un CFC, au sortir de leur formation à l’Ecole des Arts Appliqués de Genève. Décidément, l’école est l’enjeu, tant pour les marques que pour les consommateurs. Pour la cinquième édition, qui se déroulera le 21 juin 2010, Philippe Léopold-Metzger connaît sa partition. En présence de Jean-Charles Lathion et de Grégoire Evéquoz, Directeurs de l’Office pour l’Orientation, la Formation professionnelle continue, Piaget décernera son prix lors d’une cérémonie organisée au sein du restaurant de sa Manufacture de Plan-Les-Ouates. On a hâte de connaître les noms des élus…

Le luxe à Luxembourg, dès 1000 euros…

Les ventes privées organisées au Luxembourg les 18-19 juin 2010 viennent de dévoiler les marques participantes, tout en promulguant horloger d’honneur Frédéric Jouvenot qui saisit là sa chance de présenter son « Helios » et de s’envoler à l’international, sans attendre l’aval de distributeurs. Montres de luxe -à partir de € 1000,00? C’est en tous les cas le pari tenté au restaurant « The Last Supper » du quartier du Kirchberg -où et quand finit le luxe? Voici les participants, hormis Jouvenot: GMW, Globe Master Watch (de Cédric Grandperret et de la micro manufacture Magma), Demonaco, J.P. Edmond, Pilo & Co, Thomas Prescher, Dubey & Schaldenbrand, Pierre Thomas, 121 Time, Delance et Ladoire… Beau mélange qui n’exclut pas des montres accessibles…

Manufacture Royale: marque soeur de TEC Ebauches à Vallorbe

Gérard Isler et Arnaud Faivre, déjà fondateurs de la société TEC Ebauches SA créée à Vallorbe en mars 2008 et qui s’est agrandie en 2009 avec 1000 mètres carrés dédiés à l’industrialisation, se lancent dans l’aventure horlogère choisissant l’anglage marque. Ainsi, prolongeant leur slogan « La base de votre montre est notre métier » par une extension de leurs activités de sous-traitance, viennent-ils de créer mi avril 2010,  la société « Manufacture Royale« , une enseigne horlogère dont les créations  seront révélées en août 2010, le 31 plus précisément, comme l’annonce le site. Un teasing qui ne laisse entrevoir que l’accroche visuelle d’un garde-temps hors norme, en tous les cas au niveau de la taille ou de son déploiement. La société a pour but de fabriquer entre autres des montres et des chronomètres mécaniques. A suivre.

Nouveaux sites internet, EPHJ-EPMT

Passée presque inaperçue, car coïncidant avec l’ouverture du salon international, la mise online des nouveaux sites de l’EPHJ-EPMT offre pourtant une fonctionnalité fort utile aux visiteurs. Qui peuvent s’y essayer, à l’entrée, sur un grand écran terminant un ordinateur mis à disposition du public, ou à partir de n’importe quel ordinateur voire instrument de téléphonie. En allant sur la page « Visiteurs« , on peut, en utilisant le bouton « localiser un exposant« , trouver en quelques secondes l’endroit où se trouve son stand. Une carte globale du salon apparaît, puis, un zoom gracieux s’effectue sur les numéros de stands et d’allée. Et tant qu’à faire un essai, tapez  Quattro Multimedia S. C’est à cette société que l’on doit ces nouveaux sites.

Christie’s, vente à New-York en juin 2010.

16 juin 2010. Une fois de plus, la marque Patek Philippe s’apprête à dominer la vente aux enchères qui aura lieu à New York à la Galerie « Christie’s » du Rockefeller Center. Précédée le 15 par une vente de bijoux, cette messe à l’encan (catalogue complet, sur simple click) regorge de lots rares, dont 31 sont extraits de la collection Leo, ou des fonds de tiroirs de quelque celebrity, telles Gene Autry (Patek Philippe), Howard Hughes ou Roy Rogers (Rolex)… Principalement des montres bracelets, mais aussi quelques « de poche » dont ce calendrier perpétuel et phases de lune, sans clef, servi en montre de poche: une Patek Philippe bien sûr, en or jaune 18cts, datant de 1915, devrait s’envoler au-delà des 120′000 dollars. A noter également, deux toutes récentes montres bracelet, la Jaeger LeCoultre (gyro tourbillon reverso de 2009) et l’Audemars Piguet référence 25958 fabriquée en 2002. Toujours dans la catégorie des actualités n’ayant pas eu le temps d’être patinées par le temps, une Ulysse Nardin et une Parmigiani Fleurier squelette (modèle N° 10855) en or blanc. Bizarreries de l’époque, le neuf côtoie l’antique… ce à quoi François-Paul Journe nous avait habitué. Toutefois, il y aura aussi Chopard, Panerai, Corum, Breitling, Piaget, Harry Winston, Blancpain, IWC, Breguet, Roger Dubuis, Girard-Perregaux, Omega, et même de Grisogono, Bertolucci ou Hublot.

Existe-t-il des tendances horlogères?

En Suisse, bloghorloger.ch n’a pas connaissance d’une telle étude. Côté français, chaque année, les fabricants français de montres dispose d’un outils de référence, une  “étude de style” qui analyse des tendances de la montre. Comment? En proposant une soixantaine de dessins dont les sociétés peuvent s’inspirer pour déterminer leurs futures collections. Nous n’avons pas encore trouvé une exemplaire de cette étude, mais le blog-guide-bijoux sur overblog nous éclaire. « Pour 2008, six chapitres sont ressortis: arches-cintres (structures à la fois arquées et souples), strates/ empilements (strates, associations de matériaux, imbrications pour des modèles très architecturés), imbrication/embrèvement (combinaisons contrastées où imbrications), articulations et embrèvements (assemblages obliques évoquant l’ébénisterie) créent des ensembles fusionnels, volumes/reliefs (effet de sculpture pour ces créations sur dimensionnées, taillées, découpées pour créer des ensembles massifs). Viennent ensuite deux tendances plus féminines : les feuilles/rubans (volumes doux, structures naturelles enveloppantes), fragilité/légèreté (glissement des attaches, amincissement et finesse des détails).

Du requin tigre d’élevage, mon oeil!

Du cuir de requin tigre… d’élevage? Tromperie, selon Rebecca Jeanson dont la carte de visite de la marque Tempvs Compvtare annonce la couleur: «Environnmental Care…»! Tout un programme: l’activiste adepte du biocentrisme, celle qui milite jusque dans l’aventure entrepreneuriale horlogère qu’elle partage avec son designer de mari Nicolas Rodolphe Jeanson, est farouchement formelle. Comme tout autre grand requin, il est impossible d’élever du requin tigre! Avec ses 4m et ses 750kg, la femelle atteint sa maturité sexuelle vers l’âge de 4 à 5. Sa période de gestation durant 1 an, combien d’années faudrait-il pour qu’un élevage soit rentable. Leur biologie complexe et leurs rapports sociaux les rendent réfractaires à la captivité. Et bien que l’on ne recense que 5 cas de morsure mortelle par an, on continue de tuer annuellement environ 100 millions de requins! Ceux qui prétendent en vendre le cuir d’élevage, parfois à leur insu, sont faussement renseignés… Un discours qui relègue les montres au second plan et qui, première marque vegan oblige (marque dépourvue de toute provenance animalière), prône le bracelet caoutchouté… L’horlogerie étant peuplée de requins et de marteaux, autant s’engager pour la protection du requin-marteau.

La Midnight de Ellicott 1788, le temps s’entend

Parce qu’elles le valent bien…! Au travers de ses collections Majesty, Springfield et Mach One, toutes en éditions limitées, le designer CEO Pierre-André Finazzi rend hommage au maître horloger John Ellicott (1706-1772), un génie horloger anglais contemporain du Roi Georges III. Puis, après ses viriles explorations des mécaniques complexes et de matières indomptables, comme par exemple le bloc de carbone epoxy pour le façonnage d’une boîte, celui dont la marque de fabrique est de disposer les poussoirs à gauche (ils font jamais comme tout le monde les Anglais…), présente à une exquise complication apte à titiller le poignet des cendrillons modernes: la Midgnight, dans la collection Lady Tuxedo, dont on attend qu’elle vous rappelle les fatidiques douze coup de minuit. Parce que la femme méritait mieux qu’un garde-temps en forme de réduction de modèle masculin ou de version réduite quartzée, Pierre-André Finazzi renoue avec une tradition horlogère insuffisamment rappelée: l’ultra compliqué en horlogerie, dont une kyrielle d’avancées techniques issues de l’art de la miniaturisation et du désir de rendre mystérieuses les lectures du temps, doit beaucoup aux femmes. De forme coussin, habitée par un calibre MID-1 (automatique), cette Ellicott répétition quart amplifie par ses rondeurs sonores, le scintillement d’un timbre discret, aussi élégant que son diadème de diams. 42 h de réserve de marche, en or blanc, rose ou en titane. Seulement à 99 exemplaires chacune….

Sphèriques complications, la GMT-3 de VicenTerra.

Annoncée le 23 mars 2010 par bloghorloger.ch,  l’information est reprise et détaillée le 29 mars 2010 par businessmontres.ch qui, sous la plume de Grégory Pons, consacre un magnifique premier article de lancement à la GMT-3 de Vincent Plomb, alias la marque VicenTerra. Emboîtant le pas à Laurent Favre, qui finança sa nouvelle marque éponyme A. Favre & Fils par la pré-vente à un cercle d’aficionados des 24 premières pièces de sa Phoenix 10.1 Quantième à Grand Affichage Rotatif, le constructeur Vincent Plomb élargit le cercle: une souscription portant sur les 100 premières pièces circule en ce moment, pour le grand bonheur des collectionneurs et amateurs de raretés non encore mises sur le marché et, plus prosaïquement, pour ceux qui fonderaient face à la perspective d’un rapport qualité prix optimal. Car pour les CHF 5′000.00 proposés, comprenant une action nominative dans la société à venir (!), le connaisseur en a pour son argent. Il accède à un nirvana complicationnel: un garde temps habité par un mini-globe terrestre en mouvement dans un espace ressemblant au vide intersidéral, sujet aux éblouissements solaires du jour et à l’indication nocturne. Design tonneau particulièrement réussi, mariant recherche technique et esthétique. Chaque ouverture a son sens, chaque fenêtre son utilité. Doté du calibre REA-GMT-3 issu d’une base d’ETA 2892 (automatique), la pièce dispose d’un disque jour-nuit posé au zénith (12h), d’un indicateur de rayons solaires (aube à 6h, coucher à 18h), remplacé la nuit par un ciel lunaire saupoudré d’étoiles -une poignée de diamants épars. La date rétrograde s’est invitée sur l’axe de l’index 2h, tandis que le globe terrestre de 6,5 mm de diamètre, posé à 5h, tourne sur lui-même -1 tour en 24 heures, comme s’il se laissait mirer depuis le soleil. Un concentré de planétaire, qui, malgré l’avalanche complicationnelle qui pourrait alourdir son allure, s’offre la légèreté de la poudreuse. Et, pour l’acquéreur de ce rare joyau, le bonheur de se laisser guider sur une piste non damée, balisée de magie…

Innovation, un module réserve de marche à l’EPHJ

D’après le magazine JSH -Journal Suisse d’Horlogerie dont la sortie est prévue pour début juin, une nouveauté risque de susciter un bel intérêt des marques de montres désireuses d’installer dans leurs modèles des réserves de marches. Il s’agirait d’un différentiel à billes miniaturisé pour indicateur de réserve de marche, dont la présentation au Congrès International de Chronométrie de la SSC – Société Suisse de Chronométrie qui se déroulera à Montreux en septembre 2010, serait déjà au programme. En attendant, c’est du côté de l’EPHJ à Lausanne Beaulieu, le salon des fournisseurs, que cette réalisation développée par trois acteurs, dont la société MPS – Micro Precision Systems et la marque danoise Urban Jürgensen & Sønner, sera présentée en première. Apte à se fondre dans tous les environnements et formats, ce module de faible encombrement pourrait révolutionner l’univers de cette complication prisée.

Aux Temps des Chronométriers, l’expo du Locle

C’est sous l’ère de Cécile Aguillaume, ex-conservatrice du Musée d’horlogerie du Locle -Le Château des Monts, que furent relancés, après presque 40 ans d’interruption, les célèbres concours de chronométrie qui passionnaient les marques et les horlogers jusqu’à l’arrivée de la montre à quartz, à l’orée des seventies. Dès 1772, ces concours se déroulaient à Genève. L’Observatoire de Neuchâtel se mit à attester de l’exactitude des garde-temps dès 1860 et un véritable premier concours fut institué en 1866. Il faudra attendre 1945, pour que ces joutes s’intéressent aux montres bracelets: des épreuves officielles sont instaurées à Neuchâtel. En 1999, pour célébrer son 5oème anniversaire, «Chronométrie 2009», un concours dont les règles ont été adaptées à la modernité des techniques et des matériaux de l’horlogerie mécanique moderne, est relancé. Le 3 décembre 2009, Claude-Henri Chabloz, Présisent du Prix, publie les résultats. La prochaine édition aura lieu en 2011. D’ici là, une exposition ouverte le 8 mai et courant jusqu’à fin septembre 2010 replace les montres candidates dans le contexte de l’Histoire.

Tourbillon et précision, le débat continue

Pour l’acheteur et l’aficionado, le mécanisme du tourbillon ne fait pas seulement rêver par sa complexité et sa magie, il est toujours synonyme de précision accrue. Du côté des spécialistes, on a toujours fait preuve de circonspection. Puisque pour fonctionner, ledit mécanisme, au demeurant génial, puise dans les réserves énergétiques du mouvement, au risque de l’appauvrir dans sa fontion première de précision constante. Le concours de chronométrie 2009, organisé par le Musée du Locle a donc étonné par ses résultats: trois tourbillons en tête! Qui a raison? Un dossier du prochain JSH Journal Suisse d’Horlogerie (sortie pour le salon EPHJ-EPMT) fait le point. Au-delà du débat scientifique, une certitude. La précision reste possible grâce au savoir-faire du régleur. Un métier qui, selon Jean-Claude Dubois, président de la Société Suisse de Chronométrie, se doit d’être transmis à la relève. Lire le sujet concours SSC.

Hublot: King Power Unico All Black.

Le nom de chaque Big Bang est lié aux épisodes, rencontres et coups de coeur de leur créateur Jean-Claude Biver. Peu à peu s’estompe l’image d’avant son ère, pétrie de caoutchou aux senteurs vanillées, réminiscence de l’esthète Carlo Crocco, fondateur de la marque. Survient enfin l’UNICO, à l’orée 2010. Un mouvement intégré, fabriqué in house. Un chronographe flyback dont le mécanisme roue à colonne, visible côté cadran, vous tend une surface personnalisable, celle de son porte-échappement amovible. Un tel moteur, le HUB 1240 Unico, se devant d’être logé à bonne enseigne, c’est le boîtier King Power qui s’y colle. Toute de noire vêtue, cette virile explose les 48 mm de diamètre qui sont, comme la lunette, les inserts latéraux et le fond, en céramique noire microbillée. Ici et là, un surmoulage caoutchouc noir, tenu par 6 vis en titane PVD de forme H. Côté matières, on y croise aussi du nickel noir, du silicium et du sperluminova…

Georges Graham, noir c’est noir.

Parcourant toujours avec autant de force revendicative le filon de ses modèles à haute montée d’adrénaline, la marque Graham enrichit sa ligne Tourbillograph Trackmaster d’une virile déclinaison, trempée dans l’esprit all black. Habité par les 403 composants de son calibre G1781, dont 48 pour le tourbillon, ce chronographe automatique RAC (Roue à Colonne) 28′000 alt/h, affiche son compteur des 12 heures à 6h et sa comptabilité des 30 mn à 3h. Décentré bien qu’intimement imbriqué dans le reste du mouvement, son mécanisme tourbillon une minute résiste vigoureusement aux chocs. Sophistiquée, cette sportive destinée à rythmer la course des assoiffés d’exclusif, se préfère en robe caoutchoutée noire, boucle céramique… Eric Loth, via The British Master, une société helvético-britannique fondée en 1995 à La Chaux-de-Fonds, n’en finit pas de rendre hommage à l’horloger anglais Georges Graham (1673-1751), baptisé le père du chronographe et membre du très sérieux Observatoire Royal de Greenwich.

Axylo, du design horloger à l’alphabet

Stéphane Avranches dessine pour Blade Design Genève, des montres et collections horlogères. Son atelier façon loft vitrine de son talent, à Plan-Les-Ouates, regorge d’idées et de pistes créatives. S’il fait partie des designers qui comptent au monde de l’horlogerie, cet ancien graphiste qui fit ses débuts en horlogerie en façonnant la marque Karbon (un essai non abouti de Vartan Sirmakes pour le groupe Franck Muller), reste fasciné par le monde de l’écriture. Il crée donc Axylo, son propre alphabet, fusion entre écrit et design. Ses lettres deviennent bijoux, « expression de l’âme et de l’intime » comme l’écrit le magazine JSH – Journal Suisse de l’Horlogerie. Ces initiales, déclinables à l’envi, épousent tantôt la forme d’un pendentif, d’une bague ou de boutons de manchettes. 26 lettres, saupoudrées de matières précieuses, pour reécrire chaque histoire, en lecture perso.

Bell & Ross, du mythe et de l’Heritage au… Radar.

Cette enseigne-là, depuis Paris, s’est carrément placée sur le terrain des instruments de mesure du temps swiss made, allant même jusqu’à répondre aux exigences militaires franco-hexagonales. A force d’un design qui force la prise de position, ses fondateurs, une équipe de designers et de passionnés d’aéronautique, s’installent dans le fonctionnel intelligent, lisible, précis et fiable. Bref, tout ce qu’on attend d’une horlogerie de valeurs sans forcément oser le demander. L’imagerie façon séries limitées des compteurs, celle des aiguilles, de l’horloge d’avion et, tout récemment du radar, cohabitent dans les valeurs de trois collections. Vintage, Instrument BR01 (carrément le hit) et Instrument BR02. Difficile de déroger au culte du modèle mythique, le BR01 Heritage, tout de cuir maculé de crevasses corporate. Pourtant, c’est la Instrument BR01 Radar qui, à partir de disques et de mars 2010, réinvente la lecture horaire.

Dernière séance Tarantula chez Urwerk?

Fin romanesque! Après 7 années d’une superbe existence, la collection 103 s’offre une sortie élégante. «A la hauteur de sa vie» annonce Martin Frei, le designer de la marque. N’y voyez aucune pulsion hara-kirièsque, juste la volonté de transformer en panache et en mythe, l’audace qui permit à Urwerk d’exister, par l’enfantement de ce modèle. Ainsi, alors que la UR-CC1, se réclamant du Cobra, de Hitchkock, de la Dodge ainsi que de Gilbert Albert et feu Louis Cottier, deux designers émérites de l’horlogerie contemporaine, réapprovisionne le capital promesses de la marque, la Tarantula s’offre deux derniers tours de piste. Le premier, plutôt pacifique, est la Shining T, qui dévoile les charmes de sa platine en ARCAP P40 et de sa croix de Genève en titane. Le second mise sur l’attaque, façon dernier assaut: la UR103T Mexican Fireleg, brandit l’orange luminescent de son venin pour mieux marquer son agressive et animale attitude. Une référence crainte dans une horlogerie de niche.

Stefano Nassisi, Mister Superluminova.

Il était une fois le tritium, une matière luminescente omniprésente sur les cadrans de montres, histoire de voir l’heure même en pleine obscurité. Désormais éradiqué de la production horlogère, en raison de sa radioactivité, le tritium cède la place au superluminova. Depuis 20 ans, Stefano Nassisi dirige Billight, une entité dévolue à toutes les formes d’apposage de matière luminescente. Il en devient actionnaire fin 2009, suite au décès de Georges-André Leschot, ingénieur administrateur, co-fondateur chargé de développement, de fabrication des machines pour la production. Connue pour ses capsules en polyester emplies de superluminova et pour ses moulages permettant d’obtenir des formes luminescentes rondes, carrées ou rectangles, la société affine ses techniques d’application de cette matière, par la construction d’une machine innovante, complément industriel à la précision des gestes humains prolongés par de fins pinceaux. Au final, ce sont également d’autres matières qui sont ainsi encapsulées ou délicatement posées sur les cadrans, les aiguilles ou les appliques ‘tours d’heure’, comme des laques de couleur. Reste que ce domptage de la luminosité, devenu savoir-faire, est apprécié des plus prestigieux noms de l’horlogerie. A voir à l’EPHJ-EPMT et dans le prochain JSH – Journal Suisse d’Horlogerie.

Le Trigold d’Estoppey-Addor, exclusif

Présenté en première suisse à l’EPHJ-EPMT, l’or 18 carats RoHS débarque en horlogerie! Maison référence de l’Electroplastie (anciennement la galvano), la Biennoise née il y a 130 ans n’a cessé d’innover. En trouvant le moyen de permettre à la matière de prendre un bain de Trigold (une marque et un procédé déposés), elle répond à un besoin des marques horlogères, souvent victimes de tracasseries aux portes de certains pays, comme le Japon, pointilleux sur le respect de la norme RoHS. En fait, il s’agit de la directive européenne N° 2002/95/CE qui prévoit l’usage restreint et la limitation de six substances dangereuses, comme le plomb et le cadmium, dans les équipements électriques et électroniques. Donc, par extenso, aux procédés qui permettent de recouvrir les composants horlogers d’or jaune. On savait cette familiale devenue société anonyme très concernée dans son éthique environnementale, pour avoir développé une station d’épuration modèle (parmi les 5 installations suisses les plus performantes). Estoppey-Addor SA persiste et signe, jusque dans l’expression de ses savoirs originels. Qui sont, comme l’esquisse de définition Wikipedia le décrit, «un procédé qui consiste à déposer une couche de métal sur un autre métal pour le protéger de l’oxydation».

Célébration du 8 chez DeWitt.

Au fond du couloir peuplé de machines anciennes vénérées par le maître des lieux, en marge des tableaux du passé remis à l’heure via une audacieuse campagne de communication, et de ceux du présent réalisés par l’artiste peintre Claude Weisbuch, l’ami proche…. la nouvelle collection. Comme cette Twenty-8-Eight, née un 28 août et porteuse d’un discret hommage à l’essence impériale du Comte de Witt, dont le lointain ancêtre Napoléon fut intronisé un 28 Floréal du calendrier républicain. Qu’elle respire les codes de la marque, est une évidence: colonnes impériales affinées et plaquées sur les côtés, boîte amincie, conjugaison de caractère et de raffinement. Les techniques traditionnelles, en particulier celle du guillochage, profitent de la réhabilitation de machines du 18ème siècle encore en état d’émerveiller. Quant au calibre DW 8028, un tourbillon entièrement développé in house, il rivalise de performance et de raffinements faits main. 72 h de réserve de marche.

Cambriolage au Musée de Cluses

Une partie du patrimoine horloger de la Vallée de l’Arve s’envole, des cambrioleurs ayant emporté non seulement un butin d’une valeur de CHF 133′000 mais surtout des pièces irremplaçables, comme le concédaient au Dauphiné Libéré du 4 mai 2010 Jean-Michel Roch, Président de l’Amicale des Anciens Elèves du Lycée Charles Poncet de Cluses, anciennement l’Ecole d’Horlogerie, Marcel Marquet de Directeur du Musée ainsi que Jean-Claude Léger, maire de Cluses. Ont notamment disparu une horloge exceptionnelle de type « Voltaire » de 1680 ainsi qu’une autre dite « en squelette ». Un passé horloger déjà mis à mal puisque les crises l’ont peu à peu effacé, sans jamais pour autant détrôner Cluses de son titre de centre mondial du décolletage. Lire l’histoire de cette vallée, parue dans le Journal Suisse d’Horlogerie. Espérons que les autorités locales auront à coeur de reconstruire leur joyau et non pas de suivre le déplorable exemple de Genève qui, après le cambriolage de son Musée route de Malagnou, le seul au monde à être dédié tant à l’horlogerie qu’à l’émaillerie, n’a trouvé de meilleure idée que de le rayer de la carte, en le fondant dans l’entité Musée d’Art et d’Histoire. Quels peuvent bien être les commanditaires de tels vols, puisque leurs prises resteront invendables? Des collectionneurs sans scrupules? Probable.

Parmigiani se la joue unplugged…

Propension à décliner des valeurs d’exclusivité et de quête d’absolu en phase avec son horlogerie authentique, Parmigiani plongeait du 13 au 17 avril 2010 dans une aventure musicale nouvelle. Celle de l’Unplogged Festival de Zermatt. L’occasion d’entendre sans artifices et ‘au naturel’ (tant par le cadre que dans les méthodes d’amplification), des artistes tels que Lionel Richie, Stephan Eicher ou Billy Idol, pour ne citer que les plus connus. Un défi artistique que même les artistes sont excités de relever, tant l’exercice les ramène à la saveur originelle de leur plus simple expression. Du côté des organisateurs Thomas Sterchi et Marco Godet, animés d’un slogan ma foi bien trouvé « reduced to the maximum« , aucune autre marque n’a été contactée. C’était Parmigiani ou rien! Certes, le Zermatt Unplugged est parrainé entre autres par Claude Nobs. La marque de Fleurier, partenaire du Montreux Jazz Festival, joue donc les prolongations côté haute montagne et, côté métropole cantonale, avec son implication dans Festi’Neuch.

Romain Jerome en flamme…

Preuve que les parts minoritaires de l’actionnaire Yvan Arpa au moment de son éviction, même diluées suite à quelque recapitalisation, continuent d’imprégner l’ADN Romain Jerome: la marque sort un modèle unique dédié au volcan islandais. On aimerait tant pouvoir faire aussi fort que la rouille du Titanic ou mettre la main sur le catalogue de légendes que l’homme emporta en esprit avec lui, dans son éviction subite…. Il se peut que le syndrome du « qu’est-ce qui vient après » pèse encore de tout son poids sur la nouvelle équipe. Romain Jerome a le mérite de s’y essayer et de s’inviter non pas à la table des légendes mythiques et impérissables, mais au buffet des opportunismes de circonstance, dont l’élan fugace peut retomber, d’un moment à l’autre, brûlant au passage tout processus de légendarisation. Yvan Arpa lui-même s’y était risqué, avec son Crisis Tourbillon, bien qu’on puisse reconnaître à la notion de crise, quelque récurrence cyclique de nature à perpétuer son concept. Après tout, la tentation du buzz habite les rêves cyclothimiques de tout un chacun. Bien joué, on en parle. L’irruption dans tous les esprits de l’éruption volcanique de l’Eyjafjallajökull est encore ‘à vif’. Se greffer sur sa notoriété soudaine, peut marquer l’épisode d’une pierre de lave et… l’histoire de la marque, d’un cadran nouveau. Les poussières de cendres, même certifiées authentiques, survivent-elles aux poussières de lune? Ne risquent-elles pas de clouer au sol toute velléité de rupture d’avec l’ère Arpa? Changement d’itinéraire! La compagnie devra l’envisager, un jour ou l’autre… Ça lui coûtera un max… Le prix à payer pour ses nouveaux envols…

No dirty gold, Cartier s’engage.

Membre fondateur du RJC ‘Responsible Jewellery Council’, Cartier prend conscience que malgré sa renommée, elle n’a que peu d’influence sur ses achats de matière première. Selon Christophe Roulet, journaliste spécialisé, la marque ne pèse que 0,3% des volumes mondiaux utilisés en joaillerie. Elle opte donc pour une action groupée. Concrètement, elle choisit de montrer l’exemple et passe une partie de ses commandes à Goldlake, une société italienne qui exploite au Honduras ‘Eurocantera’, une mine ‘propre’. Cartier participe à la mise sur pied d’un ‘label de bonne pratique’, pour reprendre les termes de Pamela Caillens, Corporate Responsability Director chez Cartier Joailliers.

Grâce à l’opération FIFA Hublot, un nouveau sauveur…

Horlogèrement parlant, on connaissait le sauveur  Hayek. Il en est un autre, dont l’existence remonte au Big Bang, dont les initiales sont JC… Si sauveur que même le calendrier de l’histoire horlogère se met à jour! Ainsi, dans Le Matin de vendredi 16 avril 2010, il est écrit, à propos du partenariat FIFA -Chronométrage Hublot, que l’opération est plutôt réussie « pour une entreprise qui n’existait pas il y a encore cinq ans. » Sympa pour Carlo Crocco, fondateur de la marque. Ceux qui connaissent l’horlogerie auront rectifié: l’an zéro est l’arrivée de JC Biver comme actionnaire minoritaire d’une marque ayant déjà fait quelque chemin de croix; ce qui était avant devient ‘x’ années av. JC, ce qui vient après se passe de la nécessité d’indiquer une référence à l’an zéro, puisque c’est le présent. Tant qu’à aspirer à des précisions numéraires, notons que, comme l’indique ce même article, si la planète comptait 30 milliards de téléspectacteurs (sans parler de ceux qui écoutent la radio), nous n’aurions peut-être pas physiquement la possibilité de nous tenir debout sur terre. J’imagine que le chiffre est l’addition des téléspectateurs sur la durée de l’événement… Gageons que lorsque JC manie les chiffres, de ses ventes ou de ses adeptes, il fait preuve de plus de précision. Ça vous fait marrer? Vous oubliez un point essentiel: JC, alias Jean-Claude Biver, vient de réaliser un coup de maître, installer un chronométrage officiel dans un sport qui en était dépourvu, devenant le premier chronométreur officiel de la FIFA. Fallait y penser, qui dit mieux?

Septagraph Perpétuel en images… sur Youtube.

Difficile de raconter la complication inédite de Borgeaud Watches, présentée en première mondiale à BaselWorld. En effet, après la réhabilitation des Tourbillons, des Répétitions Minute et autres inventions majeures du passé horloger, l’arrivée de cette nouvelle haute-complication est encourageante: il reste encore à inventer. Le garde-temps Septagraph Perpétuel restitue chaque jour, de manière non consécutive, une tranche horaire de 90 minutes. Un laps de temps qui, comptabilisé de la plus belle des manières, vous appartient. Posée sur un cadran trois niveaux, une flèche évidée, pleine au début de cette tranche horaire quotidienne et se vidant au fur et à mesure que s’écoule cette heure et demie, devient un indicateur de réserve temporelle. Sur un compteur qui s’est posé à l’extrémité des chiffres 7 et 8, qui, au contraire des chiffres romains de l’ensemble du garde-temps sont des chiffres arabes, indique le starting time correspondant au jour de la semaine. Une aiguille à course sautante, pointant sur le jour de la semaine, souligne l’imminence de ce blessing time. Au-delà de la véritable prouesse technique à haute valeur chronométrique, le calibre BRG 11501,  il y a de l’initiatique et du poétique dans cette restitution temporelle, propice aux expressions les plus individualistes d’un hédonisme retrouvé. Le mieux c’est de le voir fonctionner. Simplement magique!

Vuclain, toujours Cricket? Yes you can…

Voici soixante ans que la tradition perdure. Se décidera-t-il un jour à la porter, cette mythique montre des Présidents? Car Barack Obama aussi l’a reçue, j’ai même eu l’occasion d’en voir le fac similé, chez Denis Asch à Genève, un des pros de la marque. Cette Cricket-là, il devrait la préférer à sa première Tag Heuer. Ce garde-temps mérite aussi son entrée dans l’histoire, avec sa sonnerie réveil si reconnaissable, son bruit de grillon solitaire. D’autant que le modèle n’a cessé d’évoluer. Aujourd’hui, il existe même en X-Treme Automatique, doté d’un calibre V-21 à double barillet, l’un pour alimenter l’énergie de sa sonnerie qui dure 20 secondes et s’entend même sous l’eau, l’autre celui du mouvement de la montre. Visible par le fond d’une boite de 44 mm de diamètres, son rotor bimétalique monté sur roulement à billes en céramique lui assure 42 heures de réserve de marche. Un viril concentré d’infos organisées autour d’une lunette tournante…

HD3, au tour de Valérie.

Difficile d’évoquer cette trinité de designers sans parler de Jorg Hysek, un des derniers créateurs horlogers à encore toucher des royalties sur des modèles créés! Il s’associe avec Valérie Ursenbacher et Fabrice Gonet, deux ex-employés, pour créer une marque de haute horlogerie. Sans entrave ni limite, chacun peut s’exprimer, leur promiscuité artistique est riche en stimulations, dans ce domaine siège historiquement dévolu à la vigne. On y taquine même le pinceau, de temps à autre. Certes, j’aurais pu vous parler du Toubillon Bi-Axial Black Pearl de Fabrice Gonet, lancé à Genève en janvier 2010, au Geneva Time Exhibition. De ses codes entièrement dédiés à l’univers pirate. Je pourrais vous révéler, c’est exclusif, la prochaine collaboration entre Lionel Ladoire de Helvet Mechanic et Jorg Hysek. En fait, honneur aux dames, je préfère remonter le temps et saluer la Capture 2 de Valérie, avec son moteur black gold anthracite, son verre saphir, son monopoussoir de tourbillon chronographe saphirisé.

Vila et son atout dame

Seules 88 privilégiées pourront prétendre à cette première expression féminine de l’horloger Franc Vila, installé en vieille ville de Genève. Réussissant à féminiser les codes si particuliers de sa boîte à lunette elliptique et circulaire, Franc Vila sort à BaselWorld cette année sa Fvt28 Jumping Hours ‘lvy Edition’. Mues par un calibre automatique, ses heures sautantes ne s’embarassent pas de survoler les emplois du temps des oisives comme des actives. Dans leur sillage, leur course, contenue au sein d’un boîtier en acier DieHard Extreme, s’accompagne des éclats de 387 diamants éparpillés tantôt au fil d’une lunette et de cornes serties ou, en 91 exemplaires, à l’intérieur de la lunette. Des plaques de nacre bleue ou blanche reçoivent la décalque de motifs floraux ‘IVY’ ainsi qu’une huitaine de saphirs ou de diam’s en guise d’index. Heure sautante, petite seconde à 6h, étanche à 100 mètres, pour les sirènes désireuses de s’encanailler dans les profondeurs…

Chronoswiss, survol intercontinental

Lancée dans les environs de Munich entre 1983 et 1984 par l’horloger Gerd-L. Lang, Chronoswiss, la plus allemande des marques horlogères suisses, parce qu’elle s’emploie à un respect du swiss made plus rigoureux parfois que certains acteurs de la place helvétique, conjugue avec sa Timemaster Chronograph GMT l’heure qui survole les continents. Une signalétique usant du rouge vif interpelle le possesseur quant à un deuxième fuseau horaire tandis que l’anthracite domine côté index et aiguilles. Dans la plus pure expression d’un classissime discret, à l’exception d’une couronne globe dont les stries rappellent les premières lunettes de la marque, ce viril garde-temps, dont le boîtier s’est revêtu des élégantes blackitudes du DLC –Diamond-Like Carbon, défie le temps de son ultra-résistance. Allo blogosphère, ici Genève. Le décalage horaire n’a plus cours, le jour s’affiche en rouge.  Rotor squeletté, doré et décoré Côte de Genève, sur roulements à billes. Pour sportifs ou hommes d’affaires écartelés et intercontinaux.

Morgan et…Hublot. Une Big Bang mythique.

Les Big Bang se suivent et… se ressemblent. Il en est une toutefois qui mérite le flash back. Parce qu’elle mène au coeur d’une manufacture un peu particulière, quelque part en Grande-Bretagne, en février 2009. Les yeux écarquillés, les vieilles pierres rouges, si anglaises, s’ouvrent sur des trésors à quatre roues. Une orgie de bois précieux, mêlé d’alu, de carrosseries sublimes, de moteurs d’avant-garde. Charles Morgan, ze boss fête les 100 ans de son entreprise familiale, qui a toujours misé sur le produit, n’a pas exagéré les prix malgré les quatre mois d’attente qui tempèrent l’envie d’acheter une de ces vieilles anglaises, bourrées d’avancées techniques en matière de moteur automobile. Une manufacture automobile. Vroum, un petit essai, en pleines heures pointes villageoises. Ça ronfle, c’est doux à l’ouïe, ventilé au décapotage. Sur le cadran de la série spéciale servie en hommage de cette Big Bang, des ailes mythiques. Pièce rare, moment unique. Monsieur Biver explique que les trente mille possesseurs de ces mythes roulants ont reçu l’info. Sur le nombre, gageons que quelques acheteurs se sont d’ici là manifesté.

Offensive Cobra chez Urwerk, la UR-CC1

Quel rapport entre Alfred Hitchkock et son mythique film Les Oiseaux, entre le dangereux reptile le Cobra, et le mythe automobile Dodge?  Entre le joaillier genevois Gilbert Albert et feu le designer Louis Cottier? La marque Urwerk, bien sûr, et ses deux fondateurs, Martin Frei pour le design et Felix Baumgartner pour la maîtrise horlogère. En visionnant le célèbre film, Felix s’entiche d’une fraction d’image: un tableau de bord à indicateur linéaire de vitesse. Tilt. En cherchant, il retrouve une pièce datant de 1958 conçue par deux créateurs visionnaires, l’artiste Gilbert Albert et feu le designer horloger Louis Cottier. Ainsi naît en 2010 la UR-CC1 dont les deux C signifient Cobra et Cottier. Car, reconnue pour sa complexité mécanique et son originalité en matière de lecture horaire, Urwerk s’était déjà appropriée le cobra, pour souligner le trempé du caractère de ses garde-temps et de sa détermination payante à s’ériger en référence crainte dans une horlogerie de niche.

Max, marketing visionnaire…

Bien qu’il s’en défende, Max Büsser est un visionnaire. Il invente deux manières de communiquer –ou plutôt d’être, qui mériteraient que lui soient ouvertes les portes des meilleures écoles marketing. Chez Harry Winston la joaillière, le mythe OPUS impose la marque sur le terreau de la haute-horlogerie. Avec son laboratoire MB&FMaximilian Büsser & Friends, il transpose dans l’horlogerie, façon featurings du hip-hop, la notion de collectif empruntée à la street culture. «La légitimité passe par la transparence», aime-t-il rappeler. A propos de transparence, son Horological Machine N°2 enlève le haut et… le bas. Sans retenue, sa boîte saphir en 120 pièces dévoile tout: 349 composants décorés mains composant un mouvement d’exception, issu d’une base Girard Perregaux modifiée par Jean-Marc Wiederrecht de Agenhor. Sur le cadran de droite, des heures sautantes et minutes rétrogrades concentriques. Sur le gauche, les phases de lune en deux hémisphères et une date rétrograde concentrique.

Goldfluss, synthèse du verre aventuriné

Le Goldfluss de la Nebula, selon deWitt. Une virée en manufacture, une rencontre avec ses cadraniers et soudain, le Goldfluss, une matière qui vous rend poète et qui repose, entre silicium et nacre, sur le cadran deux niveaux du Quantième Perpétuel Nebula (collection Academia). Idéal pour suggérer la voûte céleste dans ce qu’elle a de plus scintillant, ce ‘verre aventuriné’ se marie avec le silicium -pour la représentation de NGC 5194, une nébuleuse à portée de 31 millions d’années lumière, ainsi qu’avec la nacre qui dessine la lune. Le Goldfluss est un matériau de synthèse inspiré de l’Aventurine, une pierre naturelle découverte au 18ème siècle par les verriers de Murano, ainsi nommée parce qu’elle est truffée d’inclusions de micas dont la disposition se fait ‘a l’avventura’. Produit dans cette même région, il se prête au polissage et au ponçage, tout en conservant son magique saupoudrage d’or qui sont en fait des atomes de cuivre qui se lient en petites grappes plutôt que se fondre dans le verre.

L’heure des motoristes, 2009 et 2010…

2009 a vu la percée de trois constructeurs de complications sur le terrain des marques, que dis-je, des labels. La micro-manufacture Magma Concept enfante Globe Master Watches tandis que la Confrérie Horlogère, respirant le CH de la suissitude (reprise depuis la faillite de BNB par Hublot), était enfantée par Mathias Buttet, qui préfère parler d’incubateur de talents: sept confrères, dont trois femmes, appelés à créer des pièces uniques, signées. Que deviendra donc la pièce du graveur Gabriel Salgado De Arco, baptisée ImmenSEATY et représentant 1600 heures de gravure à la main? Christophe Claret, quant à lui, brandissant la raison de son vingtième anniversaire -il avait déjà fait de même avec le dixième, investit aussi ce terrain avec sa DualTow. Sans parler de ses implications dans les Maîtres du Temps et dans la marque Jean Dunand, co-fondée avec Thierry Oulevay (ex-Bovet). Le dernier-venu en 2010 sur ce terrain est Philippe Ruedin, de ASXP-Engineering, le motoriste des débuts de Hautlence, de Ladoire et d’autres marques naissantes, qui lance mAr, une marque entièrement dédiée à la dimension vinicole de sa famille. Le phénomène n’est pas nouveau, puisque Valjoux sortait pour son centième, un chronographe fort sympathique… C’était il y a quelques années déjà. Rappelons en outre que nombre de marques actuelles, comme en témoigne ce document retrouvé portant le nom Borgeaud-Lecoultre, se livraient à la fabrication de mouvements en blanc -une manière d’exprimer le private label, avant de devenir elles-mêmes marques à part entière.

Exclusif, Hysek et Ladoire, communes accointances.

On le sait, les modèles Ladoire sortent en série de 3 exemplaires, façon pièces uniques. Résultante réjouissante des amitiés corporatistes qui naissent dans le backstage des salons, Lionel Ladoire et Jorg Hysek de la marque HD3, ont eu un bon feeling. « Et si nous faisions un modèle ensemble?« , lance Jorg. Pour Lionel, le musicien batteur à ses heures, c’est comme si Phil Collins lui proposait de faire une jam. « Pour moi, Hysek, c’est le Philippe Stark de l’horlogerie« . A la fois un « chasse-neige », pour avoir ouvert la voie des marques éponymes nées d’un designer, à la fois un dinosaure, tant il appartient à cette espèce en voie de disparition, touchant encore quelque royaltie de ses célèbres partenariats passés. Bref, le deal est en route pour 2 fois 3 modèles communs: le Stark-Hysek s’attaquera à la carrosserie de la pièce -tout en respectant les codes si particuliers de Ladoire. Quant à Ladoire, il se coltinera, en marge de son prochain modèle dont l’affichage amènera quelque révolution à la fois inspirée d’un moteur à combustion et d’un vieux système de réveil retrouvé, le moteur. Sans jamais trop s’éloigner de sa marque de fabrique, l’utilisation de ces mini roulements à billes qui font sa différence et l’essence même de son horlogerie ultra compliquée… Helvet Mechanic

Le rotor facial, déjà inventé en 1995… Rectificatif

En mars 2008, bloghorloger.ch retrouvait trace du brevet N° CH 685363, délivré le 30 novembre 1995 et portant sur le premier garde-temps à remontage automatique équipé d’un rotor facial (à ne pas confondre avec le double-rotor de Perrelet). Mandaté par un boîtier connu dans l’industrie horlogère suisse et aujourd’hui décédé, l’étude technique ainsi que la réalisation d’un premier prototype fonctionnel avaient été confiées à l’horloger Jean-Claude Nicolet (premier prix Gaïa, réputé pour ses innovations horlogères). Puisque les héritiers du déposant n’auraient pas prolongé la validité de ce brevet qui, de toute manière après 20 ans tombait dans le domaine public, la voie était libre pour le dépôt d’une nouvelle patente. Est-ce une raison suffisante pour affirmer, comme le fait Frédéric Jouvenot, par ailleurs excellent horloger et courageux entrepreneur, que, « 40 ans après (1969-2009), le chronographe automatique est réinventé« ? Et de s’approprier en termes dithyrambiques la paternité du « premier chronographe intégré de l’histoire avec un système de remontage complet visible côté cadran« ? Ces mots s’appliquent au modèle ACE et à son calibre, le FH-ACE-001. Le passé regorge d’inventions qui, quand bien même pussent-elles être brevetées, mériteraient de temps à autre un petit coup de projo et… une petite dose d’humilité. On pourra toujours admettre qu’il ne pouvait pas le savoir, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui et ce qui n’enlève rien à la bonne réputation de sa créativité: hommage au culte ancestral du soleil, son dernier modèle Hélios, présenté à BaselWorld 2010, en est la preuve… Lire aussi sur tendancehorlogerie.com.

Déstockeur, mode d’emploi

Abonné aux vols longs courriers, ce maillon de la vente horlogère vit en partie dans les aéroports, pas trop loin ni des zones franches ni de son pied-à-terre office, côté fret si possible. A partir de fichiers d’images de modèles, annotés de prix publics, il écoule les stocks des entreprises horlogères, auprès de qui il n’existe que soit par l’id de son adresse mail soit par ses entrées dérobées. Qui oserait convenir qu’on a besoin de lui? Il rend pourtant des services que la branche horlogère avoue à contrecoeur. Sans ce super vendeur inofficiel, nombre de bilans annuels vaudraient à leurs responsables d’écarlates remontrances. Comment devient-ton déstockeur? Être un as du commerce pur et dur, de la vente de haut vol. Chercher l’acheteur, disposer d’une connaissance pointue du tissu horloger suisse, des particularismes des marchés internationaux et des distributions officielles. Excellent fichier, entrées à haut niveau au sein des marques ou des groupes. Pour les meilleurs d’entre eux, la confiance et la transparence quant aux destinations finales des produits ainsi écoulés, sont au rendez-vous…

Andy et Max, les mâles nécessaires…

Hall du Swisshotel Plaza, en face de la sortie de BaselWorld. Un CEO en vue , à la tête d’une marque située dans le segment « haut du panier horloger », s’offre un drink en compagnie de Andy et Maximilian, deux figures incontournable des ventes parallèles et du déstockage…! A visage découvert, le ton est à la parade amicale, à l’échange cordial. Le CEO, une fois seul, me rassure. Il vaut mieux connaître ses meilleurs ennemis que de tenter de les écarter et de voir débarquer, à peine leur éviction prononcée, de nouvelles têtes avec lesquelles boire un verre serait impossible. La foire de Bâle, c’est jusque  sur les marches des grands hôtels… Tout le monde s’y connaît. Lire « Exclusif! Déstockeur: on ne nous dis pas tout » (paru dans JSH -Journal Suisse de l’Horlogerie en Juin 2008).

Black gold dans les rouages de… Cecil Purnell

Après avoir offert en janvier 2010 au GTE -Geneva Time Exhibition le CP 3800, son calibre tout de nickel noir recouvert et 99% swiss made (puisqu’il n’y a hélas pas encore d’élevage de crocodile en Suisse), Cecil Purnell, seule marque de haute horlogerie à ne fabriquer que des garde-temps tourbillon, présente à BaselWorld 2010 une toute dernière merveille, le in house CP 3888. Cette fois, le mouvement s’est accordé un bain de black gold, lui conférant d’anthracites profondeurs. Mieux, ses surfaces et ses ponts, dont la finition ultime regorge de détails et de surfaces belles au regard, sont entièrement dénudées sans pour autant virer au squelette. Ils autorisent l’économie de cadran. Fonctionnant dans un modèle de la collection classic -anciennement la London, le CP 3888 a également été l’objet de moult attentions manufacturières signées Magma Concept, l’équipe de l’horloger constructeur Cédric Grandperret. Gentiment, dans une discrétion qui sied aux collectionneurs non conformistes, la marque s’installe dans les esprits, tout en digérant sa sortie de crise et en assumant le classicisme de son positionnement. Côté opérationnel, la personnalité de Philippe Thivolet, venue à la rescousse et s’ajoutant aux 80 d’expériences horlogères cumulées par les actionnaires, n’est pas étrangère à cette soudaine sérénité. D’autant que l’accueil à Bâle s’est soldé par une ondée de commandes inattendues.

Paul Picot joue encore de l’ardoise en Atelier

A BaselWorld en 2009, la marque Paul Picot (Le Noirmont, Jura Suisse) faisait figure de pionnière en utilisant pour la première fois l’ardoise dans la haute horlogerie. Ce même matériau vieux de 300 millions d’années et utilisé dans le Jura pour recouvrir les chaumières même les plus environnementalement correctes. En 2010, la famille Boiocchi et son équipe, poursuivent sur leur lancée, intégrant dans sa collection Atelier un cadran en ardoise authentique. Maîtrise des matériaux oblige, la matière trouvée, riche en veinures chaudes et si rare à l’état naturel, est le fruit d’une longue maturation de sédiments marins. Ramenées à 0,6 mm d’épaisseur, les rondelles originelles conservent leurs sauvages élégances et leur unicité configurationnelle. La suite, vous la connaissez, elle est fidèle à cette maison discrète qui, depuis Le Noirmont, ne cesse d’élargir son cercle d’aficionados, tant ses accents sont mis sur un produit largement au-dessus de la moyenne -au regard de son prix, en matière de finitions et d’horlogerie fine. Habitée par calibre à remontage automatique, cette Atelier Ardoise, boîte or 18 carats, est étanche à 5 atmosphères.

Vacheron Constantin et Barbier-Müller, l’humain au centre.

A l’heure où des marques horlogères s’engouffrent sur le terrain de la planète en danger et des désastreuses conséquences y relatives pour les animaux et les environnements, Vacheron Constantin s’embarque dans une aventure qui s’intéresse aux êtres humains. Décalage? Grâce au collectionneur genevois Jean-Paul Barbier-Müller, qui crée une fondation pour étudier les ethnies et les microcultures en voie de disparition, l’enseigne horlogère poursuit sa Patrimony Story et va, à contre courant, au-delà des préoccupations courues. L’intérêt de la démarche vient de ce qu’elle émane d’un éminent amasseur du tangible -trésors archéologiques retrouvés, statues ou des écrits dénichés (Musées à Genève et Barcelone), soudainement rattrapé par la réalité de l’éphémère. En effet, bon nombre de ces groupes isolés, régis pourtant par une organisation sociopolitique complexe gorgée de riches traditions médicinales ou musicales, sont menacés par l’expansion des sociétés dominantes ou l’effet de la démographie. Car ils usent dans leurs pratiques culturelles ou cultuelles d’objets périssables, absents des musées: statues en terre crue, transmissions orales, préoccupations religieuses aniconiques… Au programme des observations menées, sur le terrain et via la publication de résultats, trois petits peuples de Côte d’Ivoire dont les créations plastiques sont à ce jour absentes des musées ainsi qu’un groupe d’environ 6000 individus du Burkina-Faso sud-ouest à propos duquel aucune donnée scientifique n’existe. Des missions de la dernière chance -la globalisation menace, qui recèlent une certaine parenté avec la préservation patrimoniale de certains métiers horlogers et certains savoir-faire entretenus par Vacheron Constantin entre autres…

Technomarine fait des vagues…

Technomarine Genève se la joue piraterie événementielle, inondant un matin le bleu parterre de l’entrée de la Halle principale de BaselWorld d’une ondée d’ondines -je croyais que la pêche au thon était sur la sellette. Ouf, il y avait aussi, au nombre de ces créatures de rêve, quelques sardines et sirènes qui, dans leur déshabillé imperméable et transparent, en deux-pièces bleu hélas un peu trop habillé, détournèrent les attentions… Dans un battement de cils pailletés et incitatifs, toutes  distribuèrent une bouteille d’eau minérale brandée accompagnée d’un journal. L’opération a fait quelque vague, notamment du côté du très sérieux service de presse de BaselWorld, obligé d’intervenir et de gronder les auteurs facétieux de cette parenthèse Ocean Addict, apparemment plus appréciée par les visiteurs que les stands concurrents. Un buzz converti en record d’affluence.

Tonneau façon planétaire de Vicenterra.

Vincent Plomb, de la société ReaLIS, alias un bureau technique d’imagerie 2D ou 3D de Boncourt, vient de déposer la marque Vicenterra et s’apprête à concrétiser son premier modèle. Un garde-temps compliqué, niché dans une forme tonneau, capable d’afficher les heures universelles tout en jouant de son calendrier rétrograde et des courses ludiques de sa planète terre attachée à son satellite lunaire. Tandis qu’un soleil zénithal promène son astrale trajectoire de 11h à 13h. Vibrations horlogères garanties…

Ange Barde, sortie de route et départ horloger.

On savait l’horlogerie et l’automobile atteintes de connivences naturelles. Longue est la liste des marques horlogères qui fricotent avec l’imagerie des belles carrosseries, anciennes ou actuelles, se risquant même parfois sur le terrain du co-branding. Dans son concept, la nouvelle marque Ange Barde Genève -qui égayait à Bacelone la semaine passée et sur un circuit un gratin journalistique issu des meilleures écuries informatives, le pilote éponyme quadruple champion d’Europe Ferrari, qui rencontra sur le circuit de Misano en 2008 l’horloger Christophe Golay et qui se lance sur le macadam horloger, use jusque dans le détail de sa terminologie des similitudes entre les deux secteurs. Ainsi, pour décrire techniquement son viril chronographe Legend Racer (88 pièces pour chaque combinaison de matières) le pilote-horloger Ange Barde manie la langue française avec la dextérité d’un volant. Le mot moteur désigne évidemment le mouvement, un calibre AB LR 46RM -Soprod basé sur un Valjoux 7750. Quant au châssis, il désigne la lunette en Titane Grade 5 ou or 5N18 et la carrure gainée en fibre de Carbone tressée. Allumage se rapporte à l’échappement à ancre, régime aux 28′000 alternances/heure, transmission à la commande séquentielle par bouton poussoir à 2h et 4h, tandis que tableau de bord célèbre les aiguilles et enfin, ceinture les bracelets cuir frappés carbone… Jusqu’au boutiste de la terminologie, Ange Barde démarre en trombe.

Celsius… Romaric, Meylan et Borès, objets nomades…

On savait Hugues-Olivier Borès sous-marinement occupé, après avoir été l’un des visages Patek Philippe durant plusieurs années. L’homme avait monté Help On Brands sa propre agence ès stratégies de développement, côté Paris. Bien lui en prit, puisque c’est dans ce cadre qu’il s’accoquine avec André Romaric et Edouard Meylan -oui, oui, le fils de…, les fondateurs de Celsius X VI II, une marque franco-suisse créée à Paris en mai 2006, au point d’en rejoindre le capital et d’en devenir Conseiller exécutif. A part le fait que l’ADN de cette nouvelle venue marie horlogerie et téléphonie mobile, sur le mode d’un objet luxe inspiré d’un papillon et doté d’un mécanisme de 547 composants, qu’elle dispose déjà de son site et de sa page Facebook afin de donner à ses objets nomades le rayonnement escompté, on en saura plus à BaselWorld -Halle 4.0, Sand A01. Il sera question de « Grand Complication for Timeless Communications« , objet prêt à butiner les fleurs plate-bandes fleuries des réseaux horlogers.

Resteront toujours Romain et Jérôme…

Tandis que RJ Watches appâte le milieu horloger avec ses teasers, éveillant la curiosité et indiquant implicitement que la marque s’apprête à poursuivre l’exploration des chemins lunaires balisés de légendes dont elle a tiré l’un des fragments de son ADN, on se réjouit d’être à BaselWorld pour en savoir plus. Le ticket de l’arrivée de Manuel Emch, vierge de tout contentieux passé, risque donc de rassurer le marché et de profiter à la relève de la marque, malgré les nouvelles craintes apparues par la déconfiture BNB -à qui la marque avait confié la majeure partie de sa sous-traitance. Selon le registre du commerce du 2 février 2010, Manuel Emch conforte sa position de DG avec l’obtention de la signature collective et Mantuano Giancarlo son fauteuil de Directeur.  De son côté Yvan Arpa, initiateur de ce concept fort et déclinable, relève la tête avec ses implications dans Black Belt, son consulting Volna -concept Volnatomic en passe de secouer en jaune et noir, et son leadership dans Artya, sa marque coup de foudre et déjante maîtrisée. Que devient Alain Bajulaz? Le père fondateur de la marque Romain Jerome, celui qui avait trouvé l’investisseur actuel et s’était entouré d’Yvan Arpa,  vient d’être destitué de ses pouvoirs d’administrateurs (le 8 février 2010). Heureusement, ses deux fils, Romain et Jérôme, témoigneront encore longtemps du lien originel qui relie RJ Watches à son jeune passé…

BorgeauD Watches et le Septagraph Perpétuel…

Après le Tourbillon ou la Répétition Minutes, le Septagraph Perpétuel est une nouvelle complication mère, signée BorgeauD Watches Switzerland. Au moyen d’un disque rétrograde colorant un « indicateur de réserve temporelle » en forme de flèche posée sur un cadran multi dimensionnel, grâce à un compteur situé entre les index 7 et 8, ce garde-temps célèbre 3000 ans d’observations astronomiques grâce à 450 ans de savoir faire horloger suisse. Tout dans ce garde-temps exclusif est suisse, du design à l’écrin, du cuir des bracelets au fournisseur de glace, en passant bien sûr par chaque composant du calibre BRG 11501. Le principe du Septagraph Perpétuel est de restituer à son possesseur -un initié à coup sûr, 1h30 chaque jour, de manière non consécutive. Une parenthèse qu’il mettra à profit pour cultiver ses intériorités et s’occuper de son recentrage personnel. Un luxe des plus suprêmes, au regard de la folle course du temps moderne, un refuge -ou un poste d’observation, niché dans l’oeil du cyclone temporel. C’est d’une poésie majusculaire, ça frise le BorgeauD code et les sempiternelles recherches graalistiques. Est-ce bien utile? En tous les cas, un périple en Asie vous en convaincra, tant le respect de cette tranche dédiée aux jours de la semaine est encore vivace.  C’est de l’ordre de l’hygiène de vie temporelle…. d’autant que le système ultra complexe est porteur de deux symbolique majeures, celle des chiffres 7 et 8. Par ailleurs, selon une étude produite par le Swatch Group, l’acheteur d’un chronographe n’utilise sa modeste complication en moyenne que 6mn la première année. Affaire à suivre donc, du côté de la Watch Gallery (Stand 25 – là où les journalistes trinqueront à l’ouverture du salon), du 17 au 25 mars prochain, à BaselWorld 2010. Le Fleurisan Marc Aeschacher tisse un pont entre les arts horlogers des Vallées puisque, du côté du Sentier, le nom Borgeaud est intrinsèquement lié à l’histoire du cru.

Viol de copyrights? Franck Muller s’offre Queen…

Détournement de musiques? A-t-on le droit, au monde de l’horlogerie, si touché et si concerné par le fléau de la contrefaçon, de s’approprier, sans en payer les droits, des musiques et des chansons connues? Evidemment non, dans ce domaine aussi il y a des lois. Au moins 3, pour faire simple: primo s’acquitter des droits de diffusion auprès de la Suisa, secundo demander l’autorisation aux auteur/s-compositeur/s-éditeur/s (généralement contre espèces sonnantes), tertio, s’acquitter du copyright lié au support sonore duquel l’extrait provient. Toutefois, l’impression qu’Internet est un espace libre et dénué de toute législation, déteint aussi sur les horlogers. Ainsi, sur le site web de Franck Muller -qui n’a d’autre ambition que d’être une vitrine basique (lire l’article opinion de Business Montres), un film servi en ouverture depuis plusieurs mois s’offre un fond musical qui, s’il est en règle côté autorisations et droits, a du coûter bien plus qu’une montre. Afin de vous simplifier la tache, voici la liste. Au départ, l’intro façon boîte à musique est détournée de l’album de Yann Tiersen « C’était Ici » et  s’intitule « La Valses Des Monstres« . Puis, changement d’ambiance, c’est le morceau « Right Here Right Now » (de Fatboy Slim sur la compile Dance Top Of The Pops ‘99, label BBC) qui précède un extrait Dance de l’album « Inspection (Check One) » du groupe Leftfield intitulé Leftsim (Sony Music Entertainment Ltd). Arrive « Randall’s Room« , une ballade piano haut-bois-cordes signée OST & Rolfe Kent, extraite de l’album « About Schmidt« . Toujours dans le réservoir des compilations, l’extrait distorsionné vient-ensuite est « Now Is The Time (The Crystal Method Millenium Mix) » du collectif « The Crystal Method« , une bande-son extraite de l’album « The Crow » (Koch Records). Soudain, en version originale le morceau « Children« , entame une phase de calme empruntée à l’album « Dreamland » (Label Deconstruction Ltd) de Robert Miles. Enfin, c’est le groupe « Queen » himself qui franckmullérise les images finales avec son mythique « We Are The Champions » (extrait cette fois de l’album « Power Ballads » chez Virgin Records). Si jamais ce film n’était pas en règle, il est rassurant de savoir qu’il existe des bases de données de musiques ‘au kilomètre’, libres de droits et accessibles de manière simplifiée via des sociétés spécialisées…

Montres mAr, nouvelle venue… DéJà millésimée.

Profitant du 1er mars férié dans le canton  de Neuchâtel, une nouvelle marque invite journalistes et insiders à célébrer son lancement et à prendre connaissance de ses modèles. Située en amuse bouche juste avant BaselWorld, cette présentation précède l’inexorable indigestion. Les Montres mAr se réclament d’une appartenance terroir déjà contenue dans son slogan « Horlogerie Millésimée« . D’où son lancement officiel au Château de Cressier dont le caveau n’est pas en reste côté crus. Quant au reste, trois axes, technique, joaillerie et dame, ainsi qu’une appartenance directe tant à l’histoire horlogère des Ruedin, intimement liées tant aux grandes pages de Reconvilier Watch Co ou de Fabrique d’Ebauches de Fontainemelon qu’à celles du monde vinicole via la vie notable de Maurice Albert Ruedin et de la marque mAr -ses initiales, liée au domaine, à la bonne chère et à la production de mousseux. Côté développements, la marque s’appuie sur l’entité deux pôles ASXP, Engineering (Ph. Ruedin) pour une famille de calibres maison et Créations (Xavier Michel) pour l’esthétique. Si le millésime 2008 dont le collection Bacchus -ici la ligne joaillerie, se distingue par sa sobriété heure minutes secondes à  remontage automatique (micro-rotor), la cuvée 2009 introduit les premières complications: petite seconde à 9h00, indicateur de réserve de marque, de quantième, chronographe roue à colonne et remontage automatique.

Or propre? Le prochain combat…

Esprits mesquins, n’y voyez pas un opportunisme primaire. Il se peut que la question soit sincère, qu’elle taraude quelques grands acteurs du luxe, quelques pionniers qui feront avancer les choses. Après la quasi adoption du Processus de Kimberley, dont l’opinion publique eut vent grâce à Blood Diamond, un film holywoodien inspiré par le journaliste anglais  d’origine Sierra Leonaise Sorious Samoura (BBC), la prochaine campagne éthique s’organise autour du slogan « No Dirty Gold » (sus à l’or sale). Pour chapeauter l’idée lancée par des organisations non gouvernementales, le RJC -Responsible Jewellery Council s’est créé. Au départ, en 2004, 14 membres dont Cartier ou Tiffany, en 2009, 150 membres. Rejointe par d’autres grandes des groupes Richemont ou LVMH, Jaeger LeCoultre, Chanel, Baume & Mercier, Van Cleef & Arpel par exemples, cette nouvelle instance s’intéressent également à la provenance des pierres précieuses. Cartier dispose même de sa Directrice « Corporate Responsability« , Pamela Caillens. Elle était au SIHH, en compagnie de Daniela Colaiacovo, co-propriétaire de Goldlake Investments Ltd, une société financière responsable qui possède Eurocantera, une mine d’or non moins responsable au Honduras. Assheton Stewart Carter, Vice Président de l’ONG Pact, en charge du Corporate Community Engagement, était également du voyage. Bien que ne représentant selon le journaliste spécialisé Christophe Roulet que 0,3% des volumes mondiaux de l’or utilisé en joaillerie, la marque Cartier s’est engagée à acheter toute la production de Eurocantera et a pris une option sur le surplus éventuel. Peu à peu, cet or à votre cou, votre doigt ou votre poignet, tantôt représentant un morceau des insécurités de la planète tantôt un moment censé rester inoubliable, sera propre. Après tout, le poids du client final fera la différence, croyons-le, ayons un peu la foi. Espérons qu’il fera pression pour que le bijou offert, gage d’un sentiment merveilleux, ne soit pas entaché par une manipulation antérieure, comme celle d’enfants exploités au fond d’une mine…. Propre sur le plan environnemental, certes, mais aussi sur le plan moral.

Van Cleef & Arpels, vendômeries intemporelles…

C’est vrai qu’il a plutôt une gueule d’acteur, ce Laurent Picciotto qui, depuis son enseigne parisienne Chronopassion, distribue tant de marques horlogères suisses, n’hésitant pas à assumer un savant mélange d’esprit rock’n roll et de cabotinage. C’est vrai qu’il sait se mettre en scène, tantôt par un visuel publicitaire qui frise la déjante élégante tantôt par ses postures post-dandesques maîtrisées… Grâce à la marque Van Cleef & Arpels qui s’embarque avec originalité dans quelques vendômeries suaves, mêlant images de fées et complications horlogères à la Jean-Marc Wiederrecht, à savoir la maîtrise des aiguilles régrogrades, le célèbre détaillant endosse un rôle à sa démesure, celui d’Ambassadeur du Temps. Et de donner la réplique à la fée Van Cleef & Arpels, soudain défaite de sa rigidité matérielle pour s’emplir de vie et d’espièglerie. L’éclat figé de ses diamants se métamorphose en poussière scintillante habitée… C’est didactique, réconciliant. Après s’être dégusté cette merveille de parenthèse visuelle, saupoudrée de Peter Pan spirit, nul doute que les femmes auront pour les complications horlogères, d’autres regards. Ceux du désir.

Contrôle vétérinaire chez Artya…

Rififi et branle-bas de combat au Arpaland, côté Vésenaz-sur-Pallanterie, là où le siège de la nouvelle marque Artya Haute-Horlogerie d’Art s’est posé dans une joyeuse appropriation de l’esprit garage. Lundi 15 février, certainement alerté par quelque dénonciation, le service vétérinaire débarque, avec en tête la volonté d’en savoir plus sur cette affaire de crapaud qui secoue actuellement le landerneau horloger. Car la marque brandit sans complexe l’utilisation pour la première fois de la peau de crapaud. Avis à toutes les autres espèces qui fournissent leurs cuirs pour façonner les bracelets de montres, crocos, alligators, galuchats, vachettes et autres, le vil animal répondant au nom de buffle américain tendrait à vous doubler. Il cacherait sous ses bubons et pustules, un cuir typé d’une rare résistance qu’un savoir-faire de tanneur éclairé parvient à lisser. La bestiole s’attaque donc sans complexe, d’autant que selon la légende il résiste à la foudre, à la conquête des boîtes destroyées de Artya et même, preuve que le trashy peut emprunter des voies élitistes, au fameux Tourbillon Tesla. Une pièce d’art qui conjugue, grâce au talent constructeur de Valérien Jaquet (Concepto), les pièces éparses de la déglingue consommée d’une télécommande à transistors, aux composants squelettés d’une complication horlogère triturée par les ardeurs déjantées d’Yvan Arpa… Art nouveau. Objet mythe…

Bertolucci, galet originel et Serena

Cette marque, dont la quadrature du «C» imprime l’évolution, doit tout ou presque au galet. Quatre «C» comme Créativité, Courbes, Confort et Construction. Lorsque Remo Bertolucci conçoit en 1887 sa première collection horlogère, il s’inspire du galet des plages de son enfance, célébrant par sa marque éponyme le territoire merveilleux de la Riviera italienne. Aujourd’hui et depuis 2005 aux mains de groupe Dickson -le fondateur ayant été contraint de se retirer suite à un accident, la marque qui s’exerce au partenariat des miss France –autres courbes, autres rondeurs, n’a de cesse d’évoquer dans ses collections actuelles, surtout via ses lignes Serena ou Serena Garbo, l’incroyable imagerie ovalisante du galet, faite de douceur et de polissures.

L’astroceramica dévoilée…

Présenté durant les salons avant même d’avoir été photographiée, le modèle deLaCour recouvert d’Astro Céramique, matière à aimanter tous les superlatifs, est enfin visible. Il offre ses reflets arc-en-ciel particulièrement séduisants. Visiblement la collection devrait être baptisée « Astroceramica », tout simplement.

Louis Moinet et Jules Verne, question d’ailleurs…

A Yverdon-Les-Bains, la « Maison d’Ailleurs » est une sorte d’espace musée à la gloire de Jules Verne. Seule célébration muséale en Europe du célèbre aventurier. La marque Louis Moinet, sous la houlette de Jean-Marie Schaller, s’apprête à y lever le voile, en première mondiale, sur le concept « Les Montres Jules Verne N° 1″. Jeudi 11 février 2010, à 19h00. Parallèlement, l’enseigne, magnifiquement domiciliée dans ses ateliers de Saint-Blaise, vient d’entamer des recherches historiques, afin d’étoffer sa connaissance du célèbre auteur du traité d’horlogerie.

Campagne Century, bulle de saphir…

Décidément, les modèles trois aiguilles revendiquant une sobriété retrouvée, fleurissent dans les catalogues. Century également s’y met, avec un summum de simplicité masculine, sobrement baptisé « Elegance« . Et toujours ces boîtes en saphir avec lesquelles on se familiarise de plus en plus. D’ailleurs, puisque c’est l’ADN de cette quadragénaire à part dans l’univers horloger suisse, le saphir sert également de bulle aux personnages de la nouvelle campagne publicitaire, lancée dès avril dans le monde. Découvrir en avant-première, les visuels Mogul et Ego. Car la marque est mondiale et particulièrement appréciée en Asie et en Chine.

deWitt s’apprête à faire des siennes

Depuis l’arrivée de la Chaux-de-Fonnière Nathalie Veysset à la direction financière puis à la Direction Générale de deWitt, suite aux quelques coupes qui ont suivi, chacun y allait de sa rumeur quant à la santé de l’entreprise. Qui choisissait de se taire, de se concentrer sur elle-même et de se mettre au boulot. Résultat? Un calibre tourbillon entièrement fait maison, à partir d’une feuille blanche, qui habite déjà quelques protos prémices au lancement d’une nouveauté BaselWorld 2010; un atelier de cadran autonome qui s’offre le luxe d’accepter très occasionnellement des commandes pour d’autres marques triées; une nouvelle campagne de publicité sur le thème de la « Classical Audacity », avec des toiles célèbres revisitées à la sauce contemporaine; et à la demande de plusieurs distributeurs, un modèle « entrée de gamme », sublime trois aiguilles, à moins de 20′000.00 francs suisses. Sans parler de deux à trois autres nouveautés révélées à Bâle. Ce n’est pas tout. La stratégie prévoit la conception et construction d’un calibre de base, ouvert aux développements complicationnels. Quant à ceux qui s’inquiétaient de ce que la déroute de BNB aurait pu pénaliser deWitt via quelques calibres restés en déshérence, qu’ils se rassurent. La maison avait pour usage de commander plus de kits qu’il n’en fallait pour ses besoins. Elle dispose donc d’assez de composants pour faire face au SAV. En d’autres termes, et puisque les mètres carrés du bâtiment le permettent, il se peut qu’on reparle prochainement d’expansion. Après la discrétion et la concentration, voici venue l’ère des résultats communiqués. De quoi réjouir les inconditionnels de cette marque élégante et intelligente, à l’image d’un comte habité par la bienfacture de son produit plus que par quelque effet de manche contre nature. Jérôme deWitt dispose de suffisamment de moyens pour asseoir sa vision long terme.

deLaCour: un « bof » de circonstance peut cacher un « Yeeees » contenu…

Ne tombons pas forcément dans le panneau. A la question de savoir « comment s’est passé pour vous le dernier salon« , la moue insatisfaite assortie du haussement d’épaule de circonstance peut être en fait une stratégie low profile pour tenter de maintenir l’état d’esprit ambiant dont on peut tirer quelque avantage (surtout lorsque certains fournisseurs sont encore en train de tirer la langue). Derrière le rideau, la moue peine à contenir un « Yeeess » magistral, même si la tentation de donner des chiffres demeure taboue au monde de l’horlogerie. Chez deLaCour, la double-répétition minute, à peine reçue de Claret, s’envole pour le pays du soleil levant. Ce qui ne veut pas forcément dire que sa valeur de plus de CHF 700′000.00 a été atteinte, mais qu’en tous les cas, l’offre fut suffisamment alléchante pour que la marque la laisse partir avant même d’en recevoir le deuxième exemplaire. Autre sujet de réjouissance, la bichrono recouverte d’astro céramique (lire le post) n’aurait pas laissé indifférents certains acheteurs d’Asie, réputés pour leur sens de l’aseptisé. Car la matière est certifiée anti-bactérienne. Il se pourrait donc que la première montre « propre » ait trouvé son public avant même que son prix de revient n’ait été calculé! Quant à la présence dans le showroom entre hôtels Beau-Rivage et Richemond de l’actrice taïwanaise Lin-Feng-Chiao, épouse de Jackie Chang (dont l’empire business a engendré l’expression Kung Fu Capitalism), elle pourrait bien rimer avec quelques achats effectués par le groupe Sparkle Roll Group Limited, (distributeur chinois incontournable de marques de luxe en Chine), derrière lequel le célèbre acteur d’origine modeste se cache. Ce même acteur qui vient de s’offrir une Richard Mille personnalisée, tandis que Sparkle Roll Group Limited inaugurait à Pékin la première boutique chinoise du plus parisien des horlogers suisses. Coïncidences?

René Bannwart tire sa révérence. Respect…

18 janvier 2010. Le père de tous les designers horlogers vient de s’éteindre. 95 ans, à la maison, juste après avoir indiqué à ses proches « Je ne me sens pas très bien« . Une mort discrète, dans l’intimité et la chaleur familiales. Naissance à Zurich, enfance à Bâle, il entre en horlogerie via Patek Philippe (1933) puis Omega, sept années plus tard. Il y est le père de l’un des modèles les plus mythiques de l’horlogerie contemporaine, la Constellation. Le design horloger lui doit la fière chandelle d’en avoir été le précurseur, à l’heure où ce métier n’avait aucune nécessité d’être sous les projecteurs. En effet, chez Omega, il crée son premier département création. Fort du soutien de son oncle Gaston Ries, il fonde Corum, sa propre enseigne, en 1955. Prince de l’épure la plus magistrale, son modèle « sans heures » est un succès: il a réduit la lecture horaire à sa plus simple expression, la position des aiguilles sur un cadran vierge d’index. Puis, le modèle Romvlvs s’impose -encore une collection phare de la marque aujourd’hui, avec ses caractéristiques chiffres romains gravés à fleur de lunette. Suivront de nombreuses traces marquantes jusqu’aux mythiques collections Golden Bridge ou Admiral’s Cup. Rarement homme avait été à ce point respecté par ses pairs, unanimement gagnés par ses qualités humaines et sa valeur d’esthète humaniste. Il s’est éteint entouré des siens, à la maison, le jour de l’ouverture des célébrations de la haute-horlogerie à Genève (SIHH 2010). A son fils Jean-René Bannwart -Président du MIH, ainsi qu’au reste de la famille, toute l’équipe du bloghorloger présente ses plus sincères condoléances. Lire l’avis de décès. Honorer sa mémoire? Pensez à la Croix-Rouge CCP 23-1121-4 (mention René Bannwart). L’horlogerie suisse toute entière, les designers en tête, se doit de lui dédier une longue minute de silence…

Vincent Bérard rejoint la Fondation de la Haute Horlogerie

Natif d’Avignon, Vincent Bérard, artiste horloger, peintre, poète et sculpteur, arrive en Suisse il y a plus de trente ans. Formé à l’établi comme horloger rhabilleur (Ecole de la Vallée de Joux), il s’exerce à la restauration de pièces historiques au MIH -Musée International de l’Horlogerie de La Chaux-de-Fonds avant d’oeuvrer au sein de plusieurs manufactures. Maître ès complications, il fonde en 2003 sa société qu’il dote de quatre pièces horlogères de 91 mm de diamètre, entièrement réalisées à la main, baptisées « Quatre Saisons Carrosse« . En Octobre 2006, la société rejoint le groupe horloger Timex et acquiert la solidité de reins qui lui permet d’envisager l’avenir sous le signe d’un essor plus rapide. Herbert Gautschi devient CEO tandis que Vincent Bérard peaufine son empreinte artistique, avec sa série de montres bracelet Luvorene, habitée par le calibre maison VB441, dont l’esthétique particulière, décorée main, décline les codes de la Mandorle. En 2009, la marque inaugure sa Manufacture. Elle compte une vingtaine d’employés et décide de rejoindre le cénacle de la Fondation de la Haute Horlogerie, en devenant le trentième acteur.

Baume & Mercier, exclusif… Secrets de Simone Gaudard, descendante du fondateur…

Au SIHH 2010, sur le stand Baume & Mercier, l’arrivée de Simone Gaudard crée la surprise. La descendante du fondateur de la marque fait le déplacement à Genève, reçoit une montre et incarne en chair et en os, le 180ème anniversaire de la marque. Pétrie d’intelligence, d’élégance, cette gardienne des valeurs familiales, s’est prêtée, dans le secret d’un salon privé, au jeu des questions. Elle avoue préférer la plume au micro tendu. En exclusivité, intime et digne, elle livre quelques « secrets » d’une famille d’horlogers… En prolongement de l’opération lancée sur Twitter et Facebook. Sacré buzz….

Baume & Mercier et Simone Gaudard, l’ombre de Barbara.

Barbara chantait « Ma Plus Belle Histoire d’Amour C’est Vous« , Baume & Mercier orchestre depuis le SIHH 2010 la mise en musique de « Notre Plus Belle Histoire, C’est La Vôtre » en prolongement de sa eSaga « Secrets d’Une Famille d’Horlogers » sur Facebook ou Twitter.  Une vaste opération de recherche historique, déguisée en appel à témoignage. Chaque internaute, via Facebook, est invité personnellement par Simone Gaudard, la descendante réelle de la famille Baume (arrière-petite-fille du fondateur), à partager l’histoire qui la ou le relie à sa montre Baume & Mercier. A nouveau, une manière d’utiliser intelligemment les médias sociaux, accessoirement une campagne de marketing viral auréolée de buzz (du pur Details.ch), qui permettra de localiser, si elle fonctionne comme prévu, un grand nombre de modèles historiques. La marque fête donc ses 180 ans sans nostalgie aucune, avec un pied dans le futur, ce qui s’inscrit dans le respect des curiosités ancestrales qui caractérisaient cette famille de pionniers. On regarde les images, on sent que Simone Gaudard n’est très à l’aise face aux caméras mais… fière, fière d’appartenir à cette histoire. Elle a de la classe, c’est élégant et franchement… on aimerait bien avoir une BM récente ou qui traine, histoire de pouvoir participer à cette récolte. A vos posts, prêts…

Un couac d’image dans la Julie, un couac de son à la RSR

L’article signé Pierre-Yves Frei, paru dans l’édition du 19 janvier 2010 de la Tribune de Genève est plutôt fort instructif. Il relate l’arrivée de l’information de circonstance, la sortie des chiffres du Groupe Richemont. Vous savez, ce genre d’info qui nourrit les actionnaires et se laisse volontiers reprendre dans les rubriques éco des quotidiens. L’année passée, la date de publication de ce rapport intermédiaire coïncidait avec l’ouverture du salon et avait sapé le moral des troupes avant même qu’elles ne puissent entrer en bataille. Cette année, ouf, les chiffres sont positifs, la situation s’améliore! Toutefois, la photo paru dans la Julie est du genre à faire ricaner dans les chaumières de la branche. Un peu comme si l’intelligence visuelle du quotidien avait voulu délibérément mettre des pieds dans le plat et s’offrir quelque indélicatesse crasse. Car on y reconnait facilement deux personnes: Philippe Léopold-Metzger, patron de Piaget, et… Horst Edenhofer, ex directeur général de Cartier. Si ça fait sourire tout ceux qui suivent le secteur, ça doit faire grincer quelques dents du côté de la DG actuelle de Cartier. Même topo, ce matin, sur les ondes de la radio nationale suisse de langue française, c’est Jean-Claude Biver qui est interviewé à l’antenne pour parler du SIHH. Miracle, la RSR avait au moins un nom dans son calepin, à propos d’horlogerie, ce qui est pas mal au su des 650 marques répertoriées composant le tissu culturel horloger.

Yvan Arpa joue avec la foudre et Faraday. Au GTE du 17 au 22 janvier 2009.

Le voilà reparti à l’assaut des marchés internationaux, cette fois pour lui. Armé d’une poignée de fidèles, Yvan Arpa lance Artya –Haute horlogerie d’Art et introduit en horlogerie 17 artisanats. Toujours aussi explosé, mais cette fois barricadé dans sa cage de Faraday, il expose ses boîtes à la spectaculaire intervention d’un champ électrique pouvant atteindre 1 million de volts. Selon l’intensité de la brûlure, ses carrures se couvrent de stries ou de stigmates plus ou moins prononcées, chaque fois différentes. Aussi violent et magnifique qu’une aurore boréale lacérée de coups de foudre,  le procédé transcendera les boîtes d’une collection baptisée « Coup de Foudre« . Autre collection Artpiece 1/1, sa première collection arty comptera 360 pièces, des garde-temps qui s’érigent une œuvres d’art, contemporaines, torturées. Rencontre fusionnelle entre artisanats ancestraux, art contemporain et horlogerie, sa démarche rend obsolète le concept de série. L’homme réalise son rêve, faire entrer l’art en horlogerie. Une vision qu’il nourrit avec une artiste peintre qui partage sa vie depuis 20 ans, Dominique Arpa-Cirpka. Entre sculpture et tableau, la montre devient oeuvre. Son écrin est un cadre où sont épinglés trois modèles, dans un esprit trilogique. Un cadre à accrocher, ô temps suspendu. Rien que des pièces uniques, dont l’accessibilité étonne. Encore un concept novateur, servi en teasing visuel -la fameuse opération filmée en live performance, et en itinéraire de traverse. Hors chantiers battus, Yvan Arpa revient de loin: de Sector avec No Limit et traversée d’Atlantique, des marchés internationaux sillonnés pour Baume & Mercier ou Hublot, enfin des fonds abyssaux de l’aventure Romain Jerome dont il demeure avec 17% le deuxième actionnaire après le Prince Fahd Al Saoud. Le marché l’attend, il y a sur les étals, de la place pour un tel positionnement et dans le ciel encore saupoudré de poussière de lune, de l’espace pour les coups de foudre…

Volna, explosivité bâloise

Fils d’une famille horlogère, Sébastien Botinelli est un entrepreneur qui cultive les audaces. On lui doit le Restaurant Senso, le BSM Casaling, Promotion Alhia « Les Terrasses du Léman« . Depuis peu à la Présidence de Volna, on lui doit aujourd’hui l’audace d’avoir fait appel à Yvan Arpa qui lui offre stricto senso un SCUD à radioréactiver la marque. Une de ces impulsions, baptisée Volnatomic dont le créateur du No Limit pour  Sector ou du Titanic pour Romain Jerome a le secret. Une collection noir et jaune, décalée à souhait, suffisamment allumée pour que le fondateur de Artya, nouvelle marque faiseuse d’Artpieces, mérite son surnom de Simon Templar de l’horlogerie.

deLaCour, première utilisation de l’astro-céramique en horlogerie.

Première horlogère. Développée à l’origine par la NASA pour empêcher les navettes de se désintégrer lors de leur entrée dans l’atmosphère, cette matière futuriste vient de trouver une application dans l’horlogerie. La marque deLaCour, déjà habituée à utiliser d’incroyables matériaux* dans sa production horlogère, dévoilera durant la semaine du 18 au 22 janvier 2010 (période des salons de haute-horlogerie à Genève), un modèle de la série Bichrono SII entièrement recouvert d’astro-céramique. Une matière garantie 3000 ans dont elle signe l’exclusivité pour son utilisation dans le champ horloger. Les propriétés de l’astro-céramique laissent pantois: inrayable, anti-allergène, auto lubrifiante, anti bactérienne (selon des tests poussés de laboratoire). De plus, ce revêtement ultra résistant, qui peut s’apposer sur toute autre matière, empêche la poussière de s’y nicher et se prête particulièrement aux mini surfaces d’un garde-temps… et pourquoi pas, aux minuscules pièces d’un mouvement horloger. Sur le plan esthétique, la surface ainsi traitée s’enrichit de reflets arc-en-ciel dont chaque empreinte demeure unique. Aucune image du résultat n’est encore visible.

*La marque co-fondée par le designer urbain Pierre Koukjian s’aventure régulièrement sur le terreau des matériaux extravagants: Graphite, Iridium, Airain issu d’une véritable cloche de cathédrale, feuilles de havane pétrifiées sur un cadran, asphalte aspergeant un cadran.

Bittel Michael, horloger inventeur

Issu du peuple du voyage (voir le reportage de la TSR, au téléjournal), Michael Bittel est certainement le plus atypique nouveau venu sur la scène de la haute horlogerie, à consonance manufacturière. Ses micro-mécanismes enchanteurs fascinent par leur complexité et leur ingéniosité, conférant à chacun de ses garde-temps plusieurs visages et répondant aux besoins de personnalisation des consommateurs à l’affut d’exceptions et de raretés numérotées. Artisan de génie doté d’un sens commercial hérité des réflexes de survie et des désirs de partage, son approche peut compter sur la tendresse et la fascination qui se dégagent de son appartenance, tant sur les parterres des marchés de Suisse qu’au sein des intelligentsia locales. Sa passion pour l’horlogerie naît de cette subtile transmission de savoirs techniques à haute valeur initiatique. Son grand-père ne cessait de réparer, au fil des lieux où s’arrimaient la caravane familiale, d’antiques montres et merveilles de micromécanique, horloges, pendules, instruments de mesure et autres garde-temps. Site officiel.

Décentrées, ces montres qui suivent votre regard.

28 octobre 2009. Vacheron Constantin reçoit le prix Montre de l’Année, imaginé il y a plus de 15 ans par les deux co-fondateurs du magazine Montres Passion. Le modèle récompensé Historiques American 1921, affiche une asymétrie facilitant la lecture de l’heure et empruntée à l’histoire de la marque. Effet design séduisant. Un client américain, durant les années folles, aurait exprimé le voeu de voir l’heure d’une manière plus logique, c’est à dire dans l’axe du regard. Ainsi, le 12 du cadran et le poussoir avaient été décalés à 13h00. Une sorte d’anticonformisme osé, un décentrage conférant à ce modèle, même dans sa version 2009, une attractivité vintage. Apparemment, ce client américain n’aurait pas sévi uniquement chez Vacheron Constantin, puisque sur eBay, un modèle Cyma, dont l’estimation de datation pourrait bien remonter à la même époque (années 20) affiche un design similaire. Y avait-il déjà à cette époque des dépôts de modèles? Si oui, à qui revient l’antériorité? Va falloir creuser un peu… Et si ce design n’était finalement qu’une manière de recycler une montre de poche en montre bracelet? Appel à historiens, svp…

David Van Heim, nouvelle marque! Dual Chronograph

Appelées à susciter les mouvements de foule, façon petits pains de Noël où ruée sur les ventes soldiques, ces montres ultra-accessibles -leur prix vous en bouche un coin, sortent tout droit d’un moule encore chaud. Comme ce Dual Chronograph dont le brun profond, parcimonieusement mêlé à quelque substance lactée, relie aux envies de sucre et d’amer. David Van Heim, c’est une nouvelle marque qui risque de s’immiscer dans les rayons de fête ou d’après-fête, du côté des trucs abordables et typés design. Une marque qui se rit du marasme ambiant et vient d’inventer une nouvelle manière de couvrir d’un coup l’ensemble du marché suisse. Le bloghorloger vous en dira plus bientôt. En attendant, vous invite à écouter la musique aérienne du groupe Dawta Jena & Urban Lions qui transcende le fond sonore d’un site internet ma foi fort dynamique.

Tempvs Compvtare, l’éco horlogerie

Jeanson Nicolas Rodolphe, Français de Neuchâtel se devait de s’emparer de la vague environnementale pour y arrimer son mât horloger. S’il ne l’avait fait, s’il n’avait créé une Sàrl Aequatio dont les statuts regorgent de telles valeurs, un autre l’aurait fait. Une marque, Tempvs Compvtare dont la collection participe, par son utilité, à la propagation d’un message plutôt actuel, celui d’une planète en danger, à préserver, d’un écosystème à protéger. Bref, il est urgent d’acheter ces montres, un tantinet idéalistes et rescapées -on voudrait le croire, des seules contingences mercantiles. A quand une montre pour préserver le sort des humains du sud, pour répandre de l’eau potable là où il en manque? C’est peut-être un peu moins porteur et moins vecteur de luxe, mais en attendant, une planète sauvée par et pour une minorité, c’est une planète en manque d’humanité. Enfin, puisque tout est lié, autant se battre et s’abstenir de dénigrer. Le must d’aujourd’hui se veut éthique. Allons donc guetter au GTE – Geneva Time Exhibition ce que nous réserve cette nouvelle-venue certainement dénuée d’ozone…!

Titanium Cargo, l’aventure horlogère de Yvan Wicht

Luxe sobre du titane et de l’or mat, exubérance du poli et des diamants, telles sont les valeurs dont se réclament les garde-temps Titanium Cargo, une nouvelle marque qui revendique l’univers de l’authentique et du contemporain. Yvan Wicht, son fondateur, s’associe à son beau-père dont l’expérience dans la distribution de marques haut-de-gamme laisse présager d’horizons prometteurs.  Connaissance de la matière, du savoir-faire horloger. Les collections «Cargo Stone» et «Cargo Rocks» seront dévoilées aux professionnels dans le cadre du GTE – Geneva Time Exhibition 2010.

Volna, en bref. L’anticonformisme et l’esprit soviétique

Atypique alliage entre horlogerie suisse contemporaine et héritage soviétique, Volna se crée en 2006 sous les signes de l’audace, d’une certaine expertise dans l’usinage de matériaux complexes, tels que le Titane Grade 5 mais également par la réalisation de complications maison. La maison se réclame d’un anti-conformisme et d’une horlogerie décalée. Ses collections revisitent le patrimoine des forces navales sous-marines soviétiques ainsi que la sophistication et l’aspiration à un design puissant.

Zandidoust, Ali, montres joaillières et bijoux…

Jamais d’esquisse ni de dessin avant d’entamer la matière, à coups de lime, de détermination, de scie ou de burin. Ali Zandidoust cultive le mariage entre luxuriances orientales et précision suisse, d’où une perfection esthétique, un style particulier, s’imposant inexorablement depuis 1960 et, dès 1991, sous ses propres couleurs et non plus par grands noms de l’horlogerie interposés. Et puisque les courbes et les formes de ses créations ne peuvent être réalisées qu’à la main, il s’économise le phénomène de la contrefaçon tout en déclinant ses séries ultra limitées. Ses garde-temps n’hésitent pas à user des ors et des diamants. Découvert à Genève, aux Acacias. A retrouver au GTE - Geneva Time Exhibition, le salon des indépendants. (18 au 22 janvier 2009).

CP 3800, un calibre noir désir…

Issu des développements effectués pour la marque Cecil Purnell, sous la maîtrise de l’horloger Cédric Grandperret et par le team Magma –micro manufacture genevoise sise à Perly, le CP 3800 Tourbillon 1 minute –de la série des calibres Cecil Purnell CP 3000, dispose d’une esthétique désirable, avec ses finitions en nickel noir, son élégance ébène. Ebauche, garnitures, décolletages et usinages sont 100% swiss made et puisent dans les arts manufacturiers de Genève, Vaud et Jura. 187 composants composent ce mouvement disposant d’une cage prise entre deux ponts, de platines ajourées et d’un couple au-dessus de la moyenne, utile aux développements à venir. Destiné dans un premier temps aux encageages dans les modèles heures-minutes, puis dans le fameux régulateur cher à la marque Cecil Purnell, le CP 3800 affiche une réserve de marche de 60 h. Diamètre: 30,6 mm (13½ lignes), hauteur: 6,75 mm. Diamètre de sa cage tourbillon: 13,30 mm. De la belle horlogerie, comme on l’aime… Pour la toucher du doight, il faudra attendre le mois de janvier 2010, au GTE -Geneva Time Exhibition.

Cecil Purnell, au GTE en janvier 2009.

Depuis que à Alle (dans le Jura), l’Horlogerie Alaine a été vendue à Patek Philippe, l’opérationnel de Cecil Purnell, la seule marque suisse de haute horlogerie à ne produire que des Tourbillons, s’est retrouvé appauvri d’un de ses éléments. L’horloger Marcel Lachat -par ailleurs propriétaire de la marque Jura Watch, s’est vu contraint de se concentrer sur l’agrandissement de sa fabrique de Alle, qui passe d’une capacité d’une vingtaine de places de travail à environ 50 d’ici fin 2010. Il n’empêche. L’arrivée -cette fois certaine, d’un splendide calibre tourbillon maison, tout de noir nickelé, développé par l’horloger Cédric Grandperret (alias le team de la micro-manufacture Magma Concept), marque le retour d’une marque confidentielle, qui dispose de réservoirs d’aficionados en Malaisie (où l’actionnaire principal Jonathan Purnell passe une bonne partie de son temps), en Ukraine, en Russie, à Hong Kong et encore aux USA.  Créée en hommage à un être cher dont elle a pris le nom, la marque, dont le troisième associé est Stéphane Valsamidès, se détache donc de ses jurassiennes origines pour s’installer là où d’autres excellences résident, notamment du côté de Plan-Les-Watches Perly. Sportifs et racés, ses garde-temps, dont le modèle Hambergé conjugue quelques complications boîtières,  sont également prisés en versions serties, personnalisables et en séries limitées. A découvrir en janvier au GTE -Geneva Time Exhibition.

Sellita, l’aternative ETA, la fin d’un monopole?

Avec 25% de parts de marché (sur les 4 millions de montres mécaniques produites en Suisse et comprises dans le chiffre total de 24 millions de montres), la Chaux-de-Fonière Sellita, fraichement installée dans ses locaux du Crêt du Locle s’est donné les moyens d’être une sérieuse alternative à ETA, l’entité du Swatch Group actuellement sous les feux, pour la énième fois, d’une enquête de la Comco (Commission contre la concurrence). Environ 300 clients l’ont compris. Son mouvement SW 200, depuis que certaines protections liées à des patentes échues ont sauté, affirme seul et comme un grand, ses franches performances. De quoi régater face aux « tracteurs » d’en face, aguerris par tant de générations d’horlogers d’ETA. Il y a également, pour un plus haut de gamme, le SW 300 puis un calibre chronographe, le SW 500. Bref, la famille de calibres maison compte cinq membres, de quoi s’éviter de passer la main.  Sellita est dirigée par Miguel Garcia, CEO et propriétaire depuis 2003. Les clients s’habituent peu à peu à changer leurs habitudes, ils sont déjà au nombre de 300. Il est probable que l’attitude de Hayek Senior, ces derniers-temps, les y encourage…

Julianne Moore, nouvelle égérie Bvlgari

Dès février 2010, Excentric Charisma, la nouvelle campagne de Bvlgari, aura les traits de l’actrice 4 fois oscarisée Julianne Moore. Du haut de ses 48 films, cette celebrity s’est prêtée à Beverly Hills au jeu des objectifs de Mert Alas et de Marcus Piggot pour incarner l’élégance intemporelle, le charisme raffiné zesté de mystère et d’inaccessible. Avec à son bras un sac Chandra (qui signifie lune en sanscrit) couleur brun châtaigne et bleu de prusse, la vedette conjuguera, parfois un rien impudique, le port de quelques pièces d’anthologie, une montre évidemment, mais également des fragments de haute joaillerie saupoudrés d’émeraudes imposantes et de diamants taille baguette. A guetter, les pré-coulisses de cette campagne… Quand au making of, il circule déjà sur YouTube, façon teasing et amuse regard…

Marques et leurs liens rajoutés sur bloghorloger.ch

Régulièrement, bloghorloger.ch ajoute à ses menus déroulants (voir colonne de droite), des links destinés à poursuivre la découverte de l’univers horloger international. N’hésitez pas à contribuer à ces précieux compléments d’information.

Rubrique « Marques, Groupes » > Revue Thommen (CH), Philip Stein (marque américaine), Jean Kases (CH, ne dispose pas encore de site web), Volker Vyskocil (marque allemande), Sinn (marque allemande), First Art (marque suisse de Christian Claude), Aspen (marque américaine issue du merchandising de la célèbre station du Colorado), H. Stern (marque brésilienne utilisant le swiss made, créée à Rio de Janeiro, par un émigré allemand passé dans le trading de pierres précieuses. L’entreprise dispose aujourd’hui de son propre magazine), Benjamin Timepieces (marque américaine, issue de superiorwatch.com), Ateliers deMonaco (Marque monégasque), Gebson (CH, inspiration chinoise), Strom Watch (CH, le fils de Armin Strom, à Bienn), Trebor (by Mouawad), Cover (CH, Soleure), Exposure Swiss (by Pejmani, siège au Liban, utilise des mouvements quartz ETA), Eloga (by Pejmani, Liban, avec des mouvements ETA quartz ou automatiques, contrôlés COSC), Mermod Frères (CH, le bras horloger de la maison REUGE), Frederic Jouvenot (CH, prétend avoir inventé le rotor facial contrairement aux archives retrouvées par le bloghorloger.ch: un modèle dont le brevet -CH 685363 du 30 décembre 1995, est tombé dans l’oubli, suite au décès du déposant et à son non renouvellement), Poljot International / Basilika (marque russe reprise en Allemagne), Swarovski (Les montres issues du cristal, lancées à BaselWorld en 2009), Haimov Watches (USA, la marque design bling bling de Igal Haimov), Zino Davidoff (CH, les montres qui voudraient faire un tabac), Feldo Watch (marque allemande, affichage horaire sympa, différent)…,

Salons horlogers de janvier, exposants et côté pratique

SIHH 2010 (18-22 janvier 2010), 20 exposants, dont 2 nouveaux, Richard Mille et Greubel Forsey A.Lange & Söhne, Alfred Dunhill, Audemars Piguet, Baume & Mercier, Cartier, JeanRichard, Girard Perregaux, Greubel Forsey, IWC, Jaeger LeCoultre, Montblanc, Officine Panerai, Parmigiani Fleurier, Piaget, Ralph Lauren Watch & Jewelry Co, Richard Mille, Roger Dubuis, Vacheron Constantin, Van Cleef & Arpels. Voir la liste des exposants. Comment s’y rendre?

GTE (17-22 janvier 2009) -Geneva Time Exhibition, 35 marques: Ateliers deMonaco, Alain Silberstein, Antoine Preziuso, Aquanautic, Aspen, Badollet Genève, BRM (Bernard Richard Manufacture, France), Cabestan, Cecil Purnell (Only Tourbillons), Claude Meylan, Clerc 1874, Cornelius & Cie Genève, HD3, Jean-Mairet & Gillman, Ladoire Genève, Linde Werdelin, Louis Chevrolet, Louis Moinet 1806, Magellan, MCT – Manufacture Contemporaine du Temps, Marvin Watches, Metal.ch, Peter Tanisman Genève, Pierre DeRoche, Quinting, Rebellion Timepieces, Robert & Fils 1630, Saint-Honoré Paris, Snyper, Steenman Watches, Swiss KubiK, Cargo Titanium, Tempvs Compvtare, Volna, Valbray, Zanzidoust Genève. Voir la liste des exposants. Comment s’y rendre?

Gilbert Albert Galerie (16-22 janvier 2010), Horlogers Artisans d’Art, 6 marques > Michael Bittel, Globe Master Watches, Christian Claude (First Art), Henry Berney, Jean Kases, Gilbert Albert. Voir la liste des exposants. Comment s’y rendre? Michael Bittel, new comer.

Four Seasons Hotel des Bergues > Christophe Claret (Salève Lounge), du 19-21 janv 2010 – Urwerk (Suite Présidentielle) , du 18-21 janv 2010 – De Bethune (Salon Grand Mont), du 18-21 janv 2010 -

Divers: F.-P. Journe, expo à la Manufacture, rue de l’Arquebuse, Genève – Vincent Bérard (Hôtel d’Angleterre), du 19-21 janv 2010 – WPHH (Genthod, Watchland), du 18-21 janv 2010.