Ulysse Nardin au Monaco Yacht Show. Série spéciale ‘YS’ Maxi Marine Diver

Historiquement, la conquête du temps a toujours été liée à celle des océans. Tandis que le Monaco Yacht Show fête en septembre 2010 son vingtième anniversaire, la marque horlogère Ulysse Nardin y arrime son vaisseau de grand chronométrier. Comme l’Office du Tourisme d’Abu Dhabi, la marque en est le sponsor principal, pour la deuxième année consécutive, après avoir hérité d’une place laissée vacante par Blancpain. Née en 1846, cette enseigne suisse de haute horlogerie, connotée complications horlogères et maîtrise du temps céleste, s’appuie sur l’histoire d’Ulysse Nardin (1823-1876), un maître horloger loclois contemporain de l’époque où le temps était affaire d’état, comme d’ailleurs toute forme d’étalonnage. Ulysse Nardin est l’enseigne horlogère suisse dont l’ADN comporte le gène chronométrie de marine le plus vivace. La sortie d’une série spéciale de 100 pièces d’une Monaco YS est au programme. Un modèle spécifique, à l’image de celui sorti en 2009, dont aucun visuel n’est encore disponible. Cette nouvelle référence enrichit la collection Maxi Marine Diver. Sportive, du pourtour de ses 43 mm de diamètre, étanche à 200 m, elle est est habitée par un mouvement à remontage automatique doté d’une petite seconde, affichant sa date dans un guichet situé à 6h ainsi qu’une réserve de marche de 42 h, via un guichet circulaire situé à 12h. Le cerclage «bouée» de ses guichets, ainsi que la lunette tournante unidirectionnelle, ancrent ce modèle dans l’imagerie océane. Sûr que son Altesse Sérénissime le Prince Albert II de Monaco, appréciera…

Arnold John, horloger anglais – Histoire

John Arnold (1736-1799) né en 1736 dans un village des Cornouailles, était fils d’un horloger auprès duquel il commença son apprentissage. Suite à une dispute de famille, il quitte la maison paternelle et s’embarque bien jeune pour le continent. Il voyage d’abord en Hollande, puis en Allemagne, où il gagne péniblement sa vie, parfois comme armurier lorsque le travail d’horloger faisait défaut. Puis il rentre en Angleterre, s’établit à Londres, peu à l’aise linguistiquement. Ses années passées à l’étranger l’ont mûrit.  Il se fait alors connaître par une petite montre à sonnerie insérée dans le chaton d’une bague. Admis à présenter cette pièce au roi en 1764, un tour de force, il obtient les faveurs de la cour et… de nombreux clients.  En 1770, il contacte le Board of Longitude et soumet à l’Observatoire de Greenwich son premier chronomètre de marine. Aujourd’hui, le nom « Arnold » revit sous la marque « Arnold & Son » et sous le slogan « Master of The Longitude in London Since 1764« . Elle a son siège à la Chaux-de-Fonds en Suisse, est rattachée à la société The British Masters dont le CEO est Eric Loth.

Master of The Longiture in London Since 1764.

Arnold et Earnshaw généralisent l’emploi du chronomètre de marine.

Histoire. John Arnold (1736-1799) et Thomas Earnshaw (1749-1829) sont les deux horlogers anglais qui, en développant sur une échelle importante au 18ème siècle la fabrication du chronomètre de marine, ont contribué à en généraliser l’emploi. Jusqu’alors, la plupart de ces instruments devaient sortir des mains mêmes des constructeurs. Donc leur production restait limitée. Jugez plutôt. Il fallut trois ans à John Harrison pour terminer successivement ses dernières montres marines No 4 et No 5. Même topo du côté de Kendall pour livrer au Board of Longitude la réplique de son No 4, puis 2 ans supplémentaires pour exécuter ensuite chacune de ses dupliques K2 et K3. Quant à Mudge, il mit 3 ans à terminer son premier chronomètre de marine puis deux fois tout autant pour chacune de ses constructions «la Bleue» et «la Verte». Si on replace ce rythme sur l’histoire d’une vie, Ferdinand Berthoud mit 40 ans pour produire 70 appareils, soit 2-3 unités par an. A la même époque Arnold et Earnshaw parvinrent à fabriquer plus de 100 chronomètres de marine affichant une précision satisfaisante. En d’autres termes, ils cassèrent les prix. Comment? Il divisèrent le travail et, à partir d’un modèle simple et facilement réalisable, se concentrèrent sur une mise en production rationnelle au moyen de la sous-traitance. Car, pour l’ébauche, la fourniture des rouages, des pierres, ressorts, cadrans, aiguilles et boîtiers, les artisans spécialisés de Clerkenwell ou du Lancashire, étaient au top. Puis ils formèrent du personnel pour l’échappement et le balancier, se réservant pour eux-mêmes les opérations finales de la pose du spiral et du réglage. Deux actions considérées comme de précieux « secrets de fabrication« . Une visite au National Maritime Museum de Greenwich s’impose.

La Midnight de Ellicott 1788, le temps s’entend

Parce qu’elles le valent bien…! Au travers de ses collections Majesty, Springfield et Mach One, toutes en éditions limitées, le designer CEO Pierre-André Finazzi rend hommage au maître horloger John Ellicott (1706-1772), un génie horloger anglais contemporain du Roi Georges III. Puis, après ses viriles explorations des mécaniques complexes et de matières indomptables, comme par exemple le bloc de carbone epoxy pour le façonnage d’une boîte, celui dont la marque de fabrique est de disposer les poussoirs à gauche (ils font jamais comme tout le monde les Anglais…), présente à une exquise complication apte à titiller le poignet des cendrillons modernes: la Midgnight, dans la collection Lady Tuxedo, dont on attend qu’elle vous rappelle les fatidiques douze coup de minuit. Parce que la femme méritait mieux qu’un garde-temps en forme de réduction de modèle masculin ou de version réduite quartzée, Pierre-André Finazzi renoue avec une tradition horlogère insuffisamment rappelée: l’ultra compliqué en horlogerie, dont une kyrielle d’avancées techniques issues de l’art de la miniaturisation et du désir de rendre mystérieuses les lectures du temps, doit beaucoup aux femmes. De forme coussin, habitée par un calibre MID-1 (automatique), cette Ellicott répétition quart amplifie par ses rondeurs sonores, le scintillement d’un timbre discret, aussi élégant que son diadème de diams. 42 h de réserve de marche, en or blanc, rose ou en titane. Seulement à 99 exemplaires chacune….

Georges Graham, noir c’est noir.

Parcourant toujours avec autant de force revendicative le filon de ses modèles à haute montée d’adrénaline, la marque Graham enrichit sa ligne Tourbillograph Trackmaster d’une virile déclinaison, trempée dans l’esprit all black. Habité par les 403 composants de son calibre G1781, dont 48 pour le tourbillon, ce chronographe automatique RAC (Roue à Colonne) 28′000 alt/h, affiche son compteur des 12 heures à 6h et sa comptabilité des 30 mn à 3h. Décentré bien qu’intimement imbriqué dans le reste du mouvement, son mécanisme tourbillon une minute résiste vigoureusement aux chocs. Sophistiquée, cette sportive destinée à rythmer la course des assoiffés d’exclusif, se préfère en robe caoutchoutée noire, boucle céramique… Eric Loth, via The British Master, une société helvético-britannique fondée en 1995 à La Chaux-de-Fonds, n’en finit pas de rendre hommage à l’horloger anglais Georges Graham (1673-1751), baptisé le père du chronographe et membre du très sérieux Observatoire Royal de Greenwich.

Symboles et décorations dans l’art horloger.

5 mai 2010, Saint-Aubin-de-Médoc, France. Ancien élève de l’école nationale d’horlogerie de Besançon, le retraité Michel More, qui fut durant sa vie professionnelle professeur agrégé de physique appliquée pour les classes préparatoires aux grandes écoles, s’est reconverti à la passion horlogère, la restauration de pièces anciennes et… à l’activité de conférencier. Son thème de prédilection, l’horlogerie à la fois sous les angles de l’histoire, de la science et de l’art. Ainsi, cet érudit parcourt les salles, de Dijon à Biarritz en passant par Besançon, Nice ou Antibes. Partout, il apporte la bonne parole horlogère, sur le mode de la vulgarisation non réductive, s’aventurant sur les traces des premières clepsydres, des cadrans solaires de l’antiquité ou de Christian Huygens appliquant une théorie de Galilée sur la régularité des oscillations d’un pendule…

Nuit européenne des musées… Le Locle joue le jeu.

Vivez la nuit! Tandis que Au temps des Chronométriers, son expo courant du 8 mai au 26 septembre 2010, aura été lancée, le Musée des Monts au Locle ouvrira ses portes le samedi 15 mai de 19h00 à minuit, dans le cadre de la vaste opération européenne, pour un rallye pas comme les autres. Destiné aux 7 à 77 ans, la nuit permettra d’habiter momentanément une demeure du XVIIIème siècle, celle d’un maître-horloger, et de s’enrichir les neurones en s’abreuvant des richesses de la collection Sandoz, automates, montres, pendules, horloges, et mécanismes ingénieux. S’en mettre plein les yeux sera possible, tout en sirotant un vin chaud ou… un sirop, grâce à la projection de nombreux films en 3D, dédiés à l’horlogerie. Le dimanche 16 mai, l’entrée sera libre toute la journée.

Racine, Ariste (marque ENICAR)

Vers 1913, Ariste Racine utilise un anagramme de son nom pour déposer à La Chaux-de-Fonds la marque ENICAR. Direction Lengnau où sa société déménage durablement. Ses modèles pour hommes, femmes, pour militaires, notamment ceux qui sont dotés d’une boussole intégrée débarquent sur les marchés. Vers 1950, un catalogue ENICAR présente d’autres modèles porteurs des noms Longeau ou Alprosa. 1956, pour la première fois et grâce à une expédition d’alpinistes suisses, le sommet de l’Himalaya est vaincu. Chaque membre de l’expédition porte une Enicar. La mention « Ultrasonic » désigne une technique unique de nettoyage des mouvements aux ultrasons, avant leur huilage. Robustes, les montres Enicar gagnent leurs lettres de noblesse avec la sortie en 1958 de la Sherpa Dive, une étanche à 200 mètres dont le fond gravé représente une huître ouverte avec sa perle, ainsi que l’inscription « Seeperl » qui désignera par la suite les montres étanches de la marque. Pionnier des boutiques monomarques, Enicar ouvre à Johannesburg un magasin éponyme, construisant sur le succès de son « Sherpa World Timer » un GMT. Le succès de la boutique arrive aux oreilles des détaillants qui se pressent au portillon.

Germain Paget, mémoires horlogères sur toile à Morez

L’horloger Germain Paget (1817-1884) était également peintre. Rejeton d’une famille d’horlogers, il suit une formation artistique à Morbier avant d’intégrer, en 1841, l’école des Beaux-Arts de Paris, ville dans laquelle il fait carrière, à force d’expositions. Ses sujets de prédilection? Scènes religieuses et portraits. De retour à Morbier aux alentours de 1860, il est happé par l’atelier familial spécialisé dans l’estampage d’éléments pour horloges comtoises. Du 15 mai 2010 au 17 janvier 2011, le Musée de la Lunette à Morez lui consacre, avec l’aide de l’Association « Horlogerie Comtoise » une monographique exposition, permettant la redécouverte d’une horlogerie morézienne alors vigoureuse ainsi que la découverte d’un artiste tiraillé entre ambition parisienne et attaches jurassiennes. Entrée gratuite.

Henri Grandjean, horloger

Né au Locle en 1803, Henri Grandjean-Perrenoud-Comtesse (originaire du val de Ruz) a reçu de nombreuses distinctions lors de sa participation à des concours ou expositions, en Suisse et à l’étranger, qui ont honoré la qualité de ses produits. Initiateur du quartier du Progrès au Locle, il a aussi été le promoteur de la construction de l’Observatoire de Neuchâtel et, comme Fritz Courvoisier, un ardent défenseur de la ligne ferroviaire du Jura industriel. Sur le plan politique, Henri Grandjean a été préfet du Locle de 1842 à 1852, député au Grand Conseil et conseiller national.  Il est également connu pour avoir fondé, avec Louis JeanRichard et Ulysse Nardin, la « Swiss Marine Chronometer Industry ».

Louis Moinet et Jules Verne, question d’ailleurs…

A Yverdon-Les-Bains, la « Maison d’Ailleurs » est une sorte d’espace musée à la gloire de Jules Verne. Seule célébration muséale en Europe du célèbre aventurier. La marque Louis Moinet, sous la houlette de Jean-Marie Schaller, s’apprête à y lever le voile, en première mondiale, sur le concept « Les Montres Jules Verne N° 1″. Jeudi 11 février 2010, à 19h00. Parallèlement, l’enseigne, magnifiquement domiciliée dans ses ateliers de Saint-Blaise, vient d’entamer des recherches historiques, afin d’étoffer sa connaissance du célèbre auteur du traité d’horlogerie.

René Bannwart tire sa révérence. Respect…

18 janvier 2010. Le père de tous les designers horlogers vient de s’éteindre. 95 ans, à la maison, juste après avoir indiqué à ses proches « Je ne me sens pas très bien« . Une mort discrète, dans l’intimité et la chaleur familiales. Naissance à Zurich, enfance à Bâle, il entre en horlogerie via Patek Philippe (1933) puis Omega, sept années plus tard. Il y est le père de l’un des modèles les plus mythiques de l’horlogerie contemporaine, la Constellation. Le design horloger lui doit la fière chandelle d’en avoir été le précurseur, à l’heure où ce métier n’avait aucune nécessité d’être sous les projecteurs. En effet, chez Omega, il crée son premier département création. Fort du soutien de son oncle Gaston Ries, il fonde Corum, sa propre enseigne, en 1955. Prince de l’épure la plus magistrale, son modèle « sans heures » est un succès: il a réduit la lecture horaire à sa plus simple expression, la position des aiguilles sur un cadran vierge d’index. Puis, le modèle Romvlvs s’impose -encore une collection phare de la marque aujourd’hui, avec ses caractéristiques chiffres romains gravés à fleur de lunette. Suivront de nombreuses traces marquantes jusqu’aux mythiques collections Golden Bridge ou Admiral’s Cup. Rarement homme avait été à ce point respecté par ses pairs, unanimement gagnés par ses qualités humaines et sa valeur d’esthète humaniste. Il s’est éteint entouré des siens, à la maison, le jour de l’ouverture des célébrations de la haute-horlogerie à Genève (SIHH 2010). A son fils Jean-René Bannwart -Président du MIH, ainsi qu’au reste de la famille, toute l’équipe du bloghorloger présente ses plus sincères condoléances. Lire l’avis de décès. Honorer sa mémoire? Pensez à la Croix-Rouge CCP 23-1121-4 (mention René Bannwart). L’horlogerie suisse toute entière, les designers en tête, se doit de lui dédier une longue minute de silence…

Baume & Mercier, exclusif… Secrets de Simone Gaudard, descendante du fondateur…

Au SIHH 2010, sur le stand Baume & Mercier, l’arrivée de Simone Gaudard crée la surprise. La descendante du fondateur de la marque fait le déplacement à Genève, reçoit une montre et incarne en chair et en os, le 180ème anniversaire de la marque. Pétrie d’intelligence, d’élégance, cette gardienne des valeurs familiales, s’est prêtée, dans le secret d’un salon privé, au jeu des questions. Elle avoue préférer la plume au micro tendu. En exclusivité, intime et digne, elle livre quelques « secrets » d’une famille d’horlogers… En prolongement de l’opération lancée sur Twitter et Facebook. Sacré buzz….

Mootoosamy Morghan, nouveau conservateur du Musée du Locle

Connaisseur des lieux et des intervenants, ce qui fut certainement un atout dans la sélection de sa candidature, Morghan Mootoosamy vient d’être nommé conservateur du Musée d’horlogerie du Locle, poste qu’il occupait déjà ad interim après le départ soudain de Cécile Aguillaume en mai 2009. Titulaire d’un Master en histoire de l’art (spécialisation muséologie) et en sociologie de l’image, de la culture et de la communication, ce Chaux-de-Fonier trentenaire  avait successivement occupé dans cette même institution le poste de collaborateur scientifique (août 2008 à janvier 2009) puis de responsable du 50ème anniversaire (février à juillet 2009).  De son côté, Cécile Aguillaume, remise d’ennuis de santé dont il se dirait qu’ils auraient pu précipiter son processus de renvoi en raison des inévitables absences y relatives, vient d’enregistrer CECOEL, sa société spécialisée en recherches historiques et en organisation de voyages à connotation horlogerie et luxe.

Baume & Mercier, feuilleton historique planétaire, grâce à Twitter et Facebook…

L’histoire horlogère de la région des Bois (à quelques encablures de La Chaux-de-Fonds), voudrait que ce soit Louis-Victor Baume qui utilisât pour la première fois le bureau du télégraphe ouvert dans la commune en 1865. La famille était réputée pour sa curiosité face aux nouvelles technologies et aux avancées d’alors. Il est donc tout à fait plausible que les Baume auraient eu, face à l’arrivée des Twitter, Facebook et autres plateformes du web 2.0 (une bonne dizaine en tout), des réactions avant-gardistes. Quoiqu’il en soit, la marque, qui célèbre ses 180 ans cette année, est à sa manière précurseuse. Certes, comme beaucoup d’enseignes horlogères elle s’y met enfin, à cette exploitation des réseaux sociaux, mais elle va plus loin et innove. Au travers de « Secrets d’une Famille d’Horlogers« , une eSaga historico-réaliste, elle n’utilise pas ces nouveaux médias juste pour peaufiner sa web reputation, mais pour transmettre, selon les modes actuels, des valeurs patrimoniales toujours riches en perspectives d’avenir. Belle opération, menée par l’agence Details.ch, des pros du buzz, avec le concours d’un bureau d’écritures. L’histoire, ainsi mise en scène, dégouline de saveurs non pastel. Elle se charge de réalisme et, en ces temps tourmentés, raconte les êtres humains dans ce qu’ils conservent d’attachant, quelles que soient les troubles traversés ou… les immatérialités environnantes. On est dans le post facebooking, c’est à dire, dans l’appropriation et l’exploitation intelligente de médias qui partent parfois dans tous les sens…. A suivre sur Facebook ou Twitter, jusqu’à l’ouverture du SIHH (le lundi 18 janvier 2009), où quelques révélations seront faites.

Nardin Ulysse, horloger loclois

Ulysse Nardin n’a que 23 ans lorsqu’il s’établit au Locle en 1846 pour y développer ses propres chronomètres et montres de poche compliquées. Toutefois, il disposait alors déjà d’un riche bagage d’expériences acquises auprès de Frédéric-William Dubois, spécialiste de chronomètres de marine et des montres astronomiques. D’ailleurs, avec Henry Grandjean et Louis JeanRichard (autres célèbres horlogers), il fonde la «Swiss Marine Chronometer Industry». Quand on pense que le Jura se situe à des centaines de kilomètres de la mer!

Montre automatique, Hubert Sarton réhabilité, grâce à Joseph Florès

Ce n’est pas Alexander Graham Bell qui inventa le téléphone, mais Antonio Meucci, un illustre inconnu italien qui en avait fait démonstration en 1860 à New York (décision de la Chambre des Représentants du Congrès le 11 juin 2202). Non, Thomas Alva Edison n’a pas inventé le phonographe, il l’aurait seulement fabriqué. L’histoire se fourvoie, parfois. La montre automatique, autrefois appelée « perpétuelle » ou à « secousses » a fait l’objet de nombreuses recherches. Selon ce qu’affirment Alfred Chapuis et Eugène Jaquet dans leur ouvrage référence La Montre Automatique Ancienne de 1770 à 1931« (paru en 1952 chez Griffon), sa paternité est attribuée à Abraham Louis Perrelet. Or, dans la Revue Française des Bijoutiers (N° 113, mai 1949) Léon Leroy écrivait à propos de cette montre dont l’existence remonte bien vers 1780 « Il faut louer sans réserve le mécanicien anonyme et de grand talent qui a conçu et réalisé ce système simple et efficace. » Pierre Huguenin, autre spécialise d’horlogerie, corrobore cette allégation quelques mois plus tard, espérant « qu’un chercheur heureux percera peut-être ce qui reste de mystérieux dans l’origine de cette intéressante montre. » Finalement, c’est l’historien Joseph Florès qui résout l’énigme après avoir consulté un manuscrit de l’Académie royale des sciences de Paris daté du 23 décembre 1778, signé des rapporteurs Jean-Baptiste Leroy et De Fouchy, contresigné par le marquis de Condorcet. Ce document décrit avec précision une montre qui s’avère absolument identique à celle de la collection Léon Leroy, attribuée plus tard à Perrelet! En réalité, l’auteur du dépôt concernant cette montre est (1748-1828), Dieudonné-Hubert Sarton, horloger de la Principauté de Liège. Dans les Cahiers du Laboratoire RECITS 6/2008 (Cahiers de Laboratoire édités par l’UTBM (Université de technologie de Belfort Montbéliard), le scientifique Pierre Lamard enfonce le clou dans son « plaidoyer pour un débat« . A lire également l’excellente mise en lumière du journaliste Gregory Pons, le 18 décembre 2006.

Joseph Florès, historien. Origines du rotor revisitées…

Merci à l’histoirien Joseph Florès (voir son portrait). L’Histoire lui doit une de ces rectifications qui la rend crédible. Qui peut répondre à sa question? « Il est aisé de trouver le brevet sur le tourbillon qui date de 1801. La même chose pour l’échappement libre de Pierre Leroy en 1748… Les éléments sur le spiral de Huygens sont connus. Ceux de l’ancre de Mudge idem. Mais qui peut fournir ceux attribuant à Perrelet l’automatique à rotor?« . L’érudit a, par ses recherches et grâce à la découverte d’un manuscrit oublié, rendu à Dieudonné-Hubert Sarton, horloger belge la paternité de cette invention, injustement attribuée à Abraham Louis Perrelet.

Le Locle horloger, guide en 39 étapes

Au commencement, la Place du Marché, où un panneau indicateur vous incite au parcours en 39 étapes, toutes dédiées à l’histoire horlogère, pour vous mener en apothéose au Musée d’Horlogerie des Monts. Au passage, vous aurez croisé les demeures des personnages qui marquèrent de leurs doigts d’or l’horlogerie comme l’actualité récente. Avec un peu de chance -et d’organisation à l’avance, vous pourrez même visiter quelque manufacture informée au préalable de votre visite. Inauguré en juin 2004, cette balade instructive vous amènera à fouler les pas des Ulysse Nardin, Daniel JeanRichard, Jacques-Frédéric Houriet ou Abraham-Louis Perrelet. Il y en a tant d’autres…  En attendant, plongez-vous dans la lecture de ce guide baptisé le Locle Horloger.

Tchouhadjian, Kevork, horloger impérial

Le père du célèbre compositeur Dikran Tchouhadjian, Kevork Tchouhadjian était horloger. Il exerçait dans la cour impériale du sultan Abd ul-Mejid durant les années 1860 et c’est son fils qui fonda le premièr Opéra dans l’empire ottoman. La tradition commerçante des bijoutiers arméniens, connue des siècles durant et relatée par Evlya Çelebi (1611-1682), célèbre voyageur de l’Empire Ottoman, faisaient de Constantinople, de Van et de Garin d’importants centres joaillers.  A partir du 18ème et 19ème siècle, les Arméniens dominent la classe des bijoutiers à Constantinople. Dans un édit publié en 1806 par le sultan [Selim III], sur les dix-sept meilleurs bijoutiers recensés un seul est grec, tous les autres sont arméniens. La qualité du travail produit par les bijoutiers et les orfèvres arméniens surpassait celle de leurs homologues européens. Les orfèvres arméniens se révélèrent aussi des artisans accomplis, lorsqu’ils se mirent à travailler les pierres précieuses, en particulier les diamants. Polisseurs, tailleurs et sertisseurs arméniens de diamants rivalisaient d’excellence avec leurs homologues de Hollande, Belgique et France.

Duvoisin, Paul-Fritz (1854-1912)

Val de Ruz, canton de Neuchâtel. Paul-Fritz Duvoisin (1854-1912) ouvre un atelier en 1904 au Genevey-Sur-Coffrane. Son fils, Henri-Paul (1882-1947) poursuit l’oeuvre paternelle jusqu’à son décès. L’entreprise Duvoisin & Cie fait du montage de mouvements et produit ses propres montres. Un an avant sa mort, Henri-Paul implique dans l’affaire ses deux fils, René et André toutefois, entre 1947 et 1975 -année de la triste crise, c’est sa veuve, Sophie-Elisabeth qui imprime à l’entreprise familiale sa griffe. Comme l’instauration d’un fonds social en faveur du personnel. Ses marchés sont l’Europe et l’Amérique latine. Dès 1975, André, de la troisième génération des Duvoisin, perpétue la tradition jusqu’en 1996. L’entreprise est reprise depuis par Jean-Marc Bréguet, photographe horloger à Neuchâtel et Jean-Dominique Cornuz, patron de l’entreprise Valrutech. Tout redémarre grâce à 60 mouvements de Fleurier SA, assemblés par Duvoisin & Cie, retrouvés dans les coulisses horlogères du cru. On l’aura compris, cette marque neuve, Henri Duvoisin, sera habitée par l’émanation de savoir-faire passés, redonnant au mot « série limitée » une substance particulièrement grisante pour le collectionneurs.

Odobey Cadet, Louis-Delphin

Louis-Delphin Odobey (1827-1906), appelé également Delphin, crée à Morez en 1858 l’une des plus importantes maisons d’horlogerie d’édifice de France. Victor, Jules et Albert, ses trois fils, reprennent l’entreprise qui sera cédé au fils d’Albert, Georges Odobey. En 1880, le fils du fondateur crée également de son côté une autre entreprise dédiée à la même fabrication. Les horloges Odobey -installées dans toutes la France, les fabriques Prost (Paget), Crétin l’Ange et Bailly-Comte, constituent l’essentiel de la production morézienne d’horloges d’édifice.

Michel Hade nouveau Directeur Général Bulova Swiss.

Bulova Corporation (siège à New York) nomme pour remplacer Robert Faessler en poste depuis sept ans, le Canadien Michel Hade à la direction générale de Bulova Swiss SA (Fribourg). Ce résident en Suisse, transfuge d’expériences professionnelles en terrain international notamment au sein de BRP (Bombardier International Products), et chez Bauch & Lomb (pharma). Depuis la Suisse qui différencie sa production à venir en lançant la marque Bulova Accutron synonyme de tous les produits swiss made, il gèrera les marchés italiens, européens, du Moyen-Orient d’Afrique et de la région Asie-Pacifique. Pour rappel, la marque est une société indépendante, associée à la Japonaise Citizen Watch Company Ltd. Elle a été fondée aux Etats Unis en 1875 par Josef Bulova, jeune immigrant en provenance de Bohème, qui ouvre à Maiden Lane (New York City) une première échoppe joaillère.

Galilée célébré jusqu’au Nobel, merci Panerai.

En 1609, le savant Galilée (Galileo Galilei, 1564-1642) dirigeait son télescope vers le ciel et, suite à ses observations, redessinait la carte céleste. Il découvre des montagnes sur la lune, des explosions à la surface du soleil, les quatre lunes de Jupiter et… sait avec certitude que Copernic a raison: la terre tourne autour du soleil et non l’inverse. 2009 est décrétée Année Internationale de l’Astronomie par l’UNESCO, et l’exposition « Télescope de Galilée » quitte L’Institut et Musée de l’Histoire de la Science de Florence pour parcourir le monde jusqu’au Musée Nobel à Stockholm où un instrument original du maitre sera visible jusqu’au 17 janvier 2010.  Ce quatre-centième anniversaire d’une avancée majeure de la connaissance est partenarisé par Panerai, qui revendique au passage les même racines toscanes que celles du savant.

Favre, la dynastie horlogère…

Que les historiens sont utiles! La première mention d’un Favre à la tête d’une dizaine de générations consacrées à l’horlogerie, a été retrouvée. Abraham Favre (1685-1762) reçoit une lettre d’Acquis datée à valeur du 1er janvier 1751. Dans un français obsolète aux délicieuses tournures, il est écrit: « Pour le Sieur Abraham Favre Maitre Horloger du Locle Bourgeoins de Valengin; D’un Bienfond à luy vendu par le Sieur Procureur de Messieurs Harscher, Négociants et Bourgeois de la Ville de Basle, Situé à Montpagin (…) Mairie dudit Locle« . Suivent deux autres Abram Favre (1702-1790), Abram Favre (1740-1823), puis un Frédéric Favre (1766-1840), un Henry-Auguste Favre (1796-1865), d’un Fritz Favre (1828-1877), d’un Henri-Adrien Favre (1865-1961), d’un Henry-A. Favre (1908-1972). Pour continuer avec les deux frangins Florian (1942) et Eric A. Favre et, plus près de nous, d’un Laurent (1973) et d’un Stéphane (1969). Faites le compte, en tout 10 générations qui englobent la célèbre marque Favre-Leuba passée en mains espagnoles et relancée en 2007. Du côté des descendants de cette épopée horlogère, le bruit veut qu’une marque, dotée d’une raison sociale antérieure à l’époque connue, vienne faire revivre le nom: A. Favre & Fils. Sûr que l’Histoire et ses plus-values culturelles ne manqueront pas de leur venir en aide… Et dire que Wikipedia fait l’impasse sur le premier de cette dynastie!

Saint-Nicolas d’Aliermont, le musée. Expo à voir

Fondée par les Archevèques de Rouen, la paroisse Saint-Nicolas D’aliermont croise l’histoire horlogère en 1725, avec l’arrivée de Charles-Antoine Croutte. L’horlogerie normande connait de belles heures, avec des entreprises comme Denis Frères ou les Ateliers Vaucanson qui se portent, au sortir de la mutation industrielle des années 1979-1980 vers d’autres marchés plus porteurs (aéronautique, téléphonie). Ce terreau normand est aussi peuplé par quelques  traces industrielles mythiques comme l’horloge Saint-Nicolas (production de qualité reconnue durant le XIXème siècle, avant le passage au réveil, à la pendule murale et à la montre), ou comme les Réveils Bayard (entreprise phare de 1867 à 1989). La science et le contrôle du temps font également partie du patrimoine local, puisque des chronométriers aliermontais, alors en concurrence avec les horlogers anglais, y ont conçu et réalisé des horloges de marines d’une grande précision: Delépine, Pons, Scharf ou Gannery… Du 24 juillet au 30 décembre 2009, exposition « L’heure en Voyage« , Musée de l’horlogerie Saint-Nicolas d’Aliermont.

De ‘Del Pastor’ à la ‘Machine à Ecrire le Temps, Jaquet Droz

Del Pastor, la pendule dite « du berger » est partie en 1758 de La Chaux-de-Fonds pour un incroyable périple qui l’a menée à Madrid où elle se laisse encore admirer dans la salle Gasparini du Museo Nacional de l’Ancien Palais Royal. sur recommandation de Lord Keith, Seigneur écossais nommé gouverneur de Neuchâtel par le Roi de Prusse Frédéric II, le souverain d’Espagne avait accepté qu’on lui présentât les oeuvres de l’horloger suisse Pierre Jaquet Droz (1721-1790). Après qu’il eût fait jouer ‘plus de cent fois’ ces trésors d’ingénierie micromécanique, il s’en porta acquéreur pour la folle somme de 2000 pistoles d’or. La mémoire de l’horloger Jaquet Droz est sauve et célébrée en 2009 par Manuel Emch, l’actuel CEO de la marque éponyme qui sort une « Machine à écrire le Temps » dans la plus pure lignée des automates JD. Pour quelle raison, le Musée d’Art et d’Histoire de Neuchâtel, où s’admirent quelques automates laissés en héritage, craint-il de se voir associé à l’histoire contemporaine de ce nom?

Patron horloger à 22 ans. Jonatan Gil reprend Dubey Schaldenbrand

Avec une once de nostalgie, nous devrons renoncer aux savoureuses escapades du côté des Ponts-de-Martel, sur les terres même de feu la mythique Martel Watch. Cette fabrique de mouvements, disparue à l’orée des seventies, livrait ses mécanismes aux plus grands noms du siècle passé. C’est en ses murs que Georges Dubey et René Schaldenbrand, horlogers réparateurs de talent, s’étaient rencontrés puis, en 1946, associés pour produire des garde-temps longtemps prisés par les collectionneurs. Ils y avaient d’ailleurs croisé Cinette Robert qui, après y avoir fait son apprentissage s’était envolée pour la finance, avant d’y revenir, en 1995, rachetant la marque et de lui donnant l’essor qu’on connaît. Une once de nostalgie aussi de penser que l’une des dernières CEO de l’horlogerie cède son siège à un représentant de la gent masculine. Les temps changent… C’est donc avec une salve d’enthousiasme que nous accueillons Jonatan Gil qui, après une année de travail au sein de la compagnie, vient de la racheter. Il la déménagera du côté de La Chaux-de-Fonds afin d’en bichonner le devenir qui s’appuiera sur les valeurs originelles de la marque. A 22 ans, il est le plus jeune CEO de la branche, ce qui ne l’empêche pas de faire preuve d’une sagesse étonnante. Tombé dans la marmite horlogère depuis sa naissance -sa famille y est active, il a déjà huit foires de Bâle à son actif et dispose d’un solide bagage informatique. Ses premières déclarations sont rassurantes: « Aucune révolution n’est prévue à court terme: la situation économique est difficile et il faut d’abord assurer l’opérationnel. Et j’ai le temps. Je compte conserver la philosophie de l’entreprise tout en la faisant évoluer. Une entreprise qui se veut artisanale peut aussi être moderne« . Vive la reprise, lorsqu’elle semble tant en phase avec les valeurs patrimoniales!

Journe, c’est tous les jours salon…

Son espace d’exposition au coeur de Genève mérite le détour, quelle que soit la période de l’année. Car l’histoire de l’invenit et fecit mêle au jour le jour les figures historiques respectées et honorées à des créations actuelles, réalisées par celui que les grands horlogers du siècle passé (eh oui, je parle du vingtième), considèrent comme le plus génial inventeur du 21ème siècle. François-Paul Journe ne cèdera donc pas au dictat de la nouveauté supplémentaire, pour honorer les grands rendez-vous de janvier ou de mars 2009. Car, ses deux dernières pièces, la Souveraine répétition minutes si extra-plate et si compliquée ainsi que son Centigraphe, respectivement lancées en 2008 et 2007, méritent d’être au bénéfice du buzz continu. Peut-être aurons-nous donc la chance de pouvoir, hors sentiers battus et parcours organisés, nous offrir un salutaire détour par la rue de la Synagogue à Genève, pour y rencontrer le dernier des CEO de la branche, capable d’enfiler une blouse d’horloger et d’en remontrer à son meilleur ouvrier. Faire du nouveau pour faire l’actu, c’est pas toujours dans l’intérêt du client. Respect!

Gauss, Carl Friedrich (1777-1855), le surdoué des maths

Gauss, le surdoué des maths. Réputé austère et peu enclin à transmettre ou partager son savoir, l’Allemand Carl Friedrich Gauss (1777-1855), déjà avant que le duc de Brunswick (sa commune de naissance) ne remarque ses talents et lui accorde une bourse pour poursuivre ses études, était un enfant surdoué. A trois ans (il a appris seul à lire et à compter) il corrige son père qui s’est trompé en réglant une addition. Un annecdote célèbre court à son sujet : son professeur voulant occuper ses élèves agités, leur demande de «calculer la somme de tous les nombres de 1 à 100». En quelques secondes, l’enfant clame « 5050 », son résultat. Il a astucieusement additionné les nombres extrêmes par paires, remarquant qu’une cinquantaine d’additions donnaient toutes le même résultat de 101. Par exemple, il a commencé par «100+1 = 101», « 99+2 = 101», «98+3 = 101» et ainsi de suite. Il a donc multiplié 50 (le nombre d’additions possibles avec une centaine de chiffres) et 101 le résultat immuable. Faites le calcul. Il fut surnommé le «prince des mathématiciens». Son nom est lié à un modèle de Rolex.

Les pendules selon les Lugassy

Père et fils Lugassy, horlogers depuis trois générations, sont aux commandes de l’entreprise « 1001 Pendules » et disposent désormais d’un outil online plutôt efficace. Un website dédié à la vente de ces objets qui respirent le vintage, l’histoire horlogère et parfois même le bois précieux. Cet espace immatériel de e-commerce complète l’atelier de rénovation que le père tient dans l’Essone depuis 30 ans (à Yerres, au sud de Paris, département 91) et la boutique -également atelier de restauration, dont le fils préside aux destinées, dans la Val-de-Marne (Maison-Alfort, département 94). Tous deux horlogers diplômés, le père à Besançon et le fils à Paris, ces deux passionnés, bercés dès leur plus jeune âge par les balanciers et tic-tac d’horloges comtoises, vivent leur passion au fil des pièces qui passent entre leurs doigts d’or: cartels, pendules de cheminée, capucines comtoises, réveils mécaniques, coucous, et même des montres. Ils sont d’ailleurs membres de l’AFAHA (Association Française des Amateurs d’Horlogerie Ancienne).

Wiederrecht ou le brevet 666.591. Histoire de la rétrograde.

Jean-Marc Wiederrecht est l’homme par qui la « Rétrograde » est arrivée. Cette complication, depuis plus de 20 ans, agrémente de nombreuses ouvertures sur cadran, rendant la lecture de certaines informations réellement ludique. Le système existait déjà: une aiguille qui, comme n’importe quelle jauge, transmettait par exemple l’état de la « réserve de marche ». Puis, il y eu la première Rétrograde, au sens où on le comprend aujourd’hui, le « Quantième Perpétuel Birétrograde » lancée par Harry Winston. La première montre dotée de cette nouvelle complication. Jean-Marc Wiederrecht réussit là à exprimer son talent en inventant, autour de cette fameuse jauge basique, plusieurs applications basées sur la technique de la « retenue » puis du « lâcher d’énergie ». Son brevet « Quantième à Secteur » (portant le numéro 666.591) a été déposé en 1986. Il vient donc de tomber dans le domaine public. Comme par hasard, plusieurs modèles « Rétrogrades » apparaissent sur le marché, muni de ces ludiques jeux d’aiguilles! Rassurons-nous, le carnet de commandes d’Agenhor (Ateliers Genevois d’Horlogerie), société crée par Jean-Marc Wiederrecht, continue d’enfler. Mieux, la société s’apprête, non pas dans un souci de croissance numéraire mais dans celui d’un mieux-être lumineux, à déménager à Meyrin. Le fils Wiederrecht, Nicolas, a rejoint la société, où d’ailleurs, sa maman est déjà au nombre des collaboratrices. Nul doute que l’inventeur de la Rétrograde, si belle lorsqu’elle se décline en fée pour Van Cleef & Arpel, saura rebondir en créativité, du haut de cette humilité qui caractérise les plus grands.

Piaget Time Gallery.

Une centaine de pièces et des documents historiques sont enfin réunis au-dessus de la Boutique Piaget (Rue du Rhône 40 à Genève) afin de devenir le témoin sauvegardé d’une histoire démarrée en 1874. L’ouverture a eu lieu le 17 juin 2008. De toutes les marques qui disposent d’un espace «musée», Piaget tardait à occuper ce terrain de communication particulièrement propice à faire passer les messages de la durée, de la richesse historique et de tout autre forme de traces du passé. Elle y a sa place, même s’il eût été également intéressant d’ouvrir à La Côte-aux-Fées, le berceau neuchâtelois de la marque, une annexe en lien direct avec les ateliers… A Genève, défileront dans cette galerie, des expositions dont la première est «Piaget, une belle histoire…»

Corum perd son mentor…

Corum a toujours été placée sous l’angle du design, depuis sa fondation par le designer René Banwart jusqu’à sa reprise en 2000 par Severin Wundermann dont le décès vient d’être annoncé, suite à un accident cardio-vasculaire. L’histoire horlogère perd une personnalité hors normes, le deuxième après Hayek senior à avoir été décoré de la légion d’honneur, dont les valeurs esthétiques et créatives s’étaient révélées déjà chez Gucci Timepieces (il avait la licence pendant près d’un quart de siècle, avant de la revendre au groupe Gucci en 1997). Fan de Jean Cocteau, cet être raffiné s’efface, avec l’élégance des grands, laissant sa place à son fils Michael. Tandis que les rumeurs évoquent d’éventuels rapprochements avec de grands groupes, bloghorloger verrait bien la marque sceller son amitié discrète avec certains membres des familles propriétaires d’Audemars Piguet, un autre indépendant. Mais avant la chasse au scoop, laissons l’homme rejoindre sereinement sa dernière demeure.

Edouard-Louis Tissot (1896-1977), l’expo au Locle

Edouard-Louis Tissot (1896-1977), données de carrière. Tandis que son cousin Paul contribue à la création de la Société Suisse pour l’Industrie Horlogère (Omega et Tissot), c’est ELT qui en reprend la direction suite au décès prématuré de ce cousin précurseur. Il rentre pour cela d’Argentine où il a fait une remarquable carrière. En 20 ans, il fera sortir de l’ombre d’Omega cette grande marque de l’horlogerie suisse. Stratège et meneur d’hommes respecté, en dépit de résistances typiquement horlogères, il ouvre des voies nouvelles, comme l’utilisation des matières synthétiques dans la montre. C’est lui qui lance le calibre Astolon (précurseur à sa manière de la Swatch, en 1970). « Sans innovation, pas de survie » était son slogan. Lors de l’inauguration de l’exposition, son fils Luc Tissot, entouré de ses deux petit-fils, Eric et Alain, étaient de la cérémonie. Dire que depuis le temps que je côtoie Eric Tissot, excellent communicateur pour les marques Tissot, Mido et Certina, et malgré plusieurs lancers de perche, il ne m’a jamais avoué cette parenté. Sacré cachotier.

Johann Heinrich Seyffert

Johann Heinrich Seyffert, successeur du surintendant du Salon des sciences mathématiques et physiques de la Saxe, fournit avant même sa nomination en 1801, des chronomètres de poche et des régulateurs. Au nombre de ses clients prestigieux, l’explorateur Alexander von Humboldt, acheteur d’un chronomètre de poche pour sa célèbre expédition en Amérique du Sud. Il collabora avec l’ingénieux horloger, nommé à la cour en 1842, Johann Christian Friedrich Gutkaes, dont les horloges furent également utilisées pour le service de l’heure du Salon. Gutkaes fut aussi le maître d’apprentissage et plus tard le partenaire commercial (ainsi que le beau-père) de Ferdinand Adolph Lange (A. Lange & Söhne).

Johann Gottfried Köhler.

Il fut surintendant du Salon des sciences mathématiques et physiques (Saxe). Il inventa une horloge de parquet symbole du service de l’heure qu’il instaura en 1783. Ce service donna l’heure locale à Dresde durant 150 années, servant de référence pour tous les autres régimes horaires de la Saxe.

Daniel Roth, en bref…

Être génial horloger, aux doigts d’or, capable des plus insondables prouesses techniques, c’est bien ! Lorsque des ‘bailleurs de fonds’ croisent ce genre de talents, il se peut que marque naisse. Cette histoire, souvent répétée dans l’histoire de l’horlogerie, fait de Daniel Roth le précurseur des fameux tandems horlogers contemporains, du genre Diaz et Dubuis, Simarkes et Franck Muller… En ce sens, il est des leçons que le maître Daniel Roth, visionnaire et génial, pourraient dispenser. La jouissance de son nom lui est enlevée en même temps que sa marque est rachetée, une première fois par le groupe chinois « Hour Glass », une deuxième fois par le passage de la marque dans le giron Bulgari (en même temps que Gérald Genta). Il paraîtrait que l’homme n’a rien perdu de sa verve créatrice en matière de complications. Car lorsqu’il n’est pas au sein de la société éponyme à laquelle il prête encore son aura de fondateur, l’homme passerait ses loisirs à la maison, bricoler quelques merveilles compliquées… Sans nom! J’aimerais tant voir ses modèles…

Daniel Roth, en bref

Être génial horloger, aux doigts d’or, capable des plus insondables prouesses techniques, c’est bien ! Lorsque des ‘bailleurs de fonds’ croisent ce genre de talents, il se peut que marque naisse. Cette histoire, souvent répétée dans l’histoire de l’horlogerie, fait de Daniel Roth le précurseur des fameux tandems horlogers contemporains, du genre Diaz et Dubuis, Simarkes et Franck Muller… En ce sens, il est des leçons que le maître Daniel Roth, visionnaire et génial, pourraient dispenser. La jouissance de son nom lui est enlevée en même temps que sa marque est rachetée, une première fois par le groupe chinois « Hour Glass », une deuxième fois par le passage de la marque dans le giron Bulgari (en même temps que Gérald Genta). Il paraîtrait que l’homme n’a rien perdu de sa verve créatrice en matière de complications. Car lorsqu’il n’est pas au sein de la société éponyme à laquelle il prête encore son aura de fondateur, l’homme passerait ses loisirs à la maison, bricoler quelques merveilles compliquées… Sans nom! J’aimerais tant voir ses modèles…

Paul Gerber : artisan créateur

Membre depuis 1989 de l’AHCI (Académie horlogère des créateurs indépendants.) Né en 1950, ce maître horloger contemporain est particulièrement tourné sur la réalisation de défis horlogers et techniques : horloges mystérieuses, montres régrogrades à double-rotor, tourbillons volants, phase de lune tridimentionnelle, etc… Il y a aussi la construction validée en 1989 par le Guiness Book, de la plus petite horloge en bois. Ses travaux l’amènent à perfectionner une montre de poche datant du 19ème siècle construite par Louis Elysée Piguet, remaniée ensuite par Franck Muller. Dotée du plus petit tourbillon volant connu à ce jour, elle devient la montre de poche la plus compliquée.

Bovet, Edouard.

Edouard Bovet (1797-1849) naît dans le val de Travers. Atypique, cet horloger est doté d’un instinct marketing qui ferait bien de faire école dans les plus hautes instances des écoles de management. Etonnant, il fabriquait ses montres de poches, toujours exclusives et en petites séries, en deux exemplaires. C’était bien avant les notions de cloning. Car, expliquait-il à ses fortunés clients, distants de son atelier de parfois plusieurs milliers de kilomètres, qu’il était important, en cas de révision (voire de panne), que ce soit lui-même qui règle le problème. Ainsi, pour chaque montre livrée, l’existence d’un ‘clone’ presque identique permettait à ses clients de patienter. Quelle belle leçon de SAV ! Toujours est-il qu’il vendait donc toujours deux montres, au lieu d’une. Il fut l’un des premiers horlogers à se faire totalement admettre en Chine, où il était familier de le Cité Interdite.

Sarton, Hubert (1748-1828)

Hubert Sarton (1748-1828), appelé Hubert, est surnommé « Horloger de la Cour » par le représentant de la Maison de Habsbourg, le Duc Charles Alexandre de Lorraine, Gouverneur des Pays-Bas Autrichien de 1744 à 1780. Il doit toutefois sa notoriété au Prince-Evêque François-Charles de Velbruck (1722-1784), grand mécène, qui lui permet de réaliser ses plus belles œuvres horlogères. Sa pendule à six cadrans est l’une des plus prestigieuses horloges qu’il crée. Chaque cadran est sujet à une complication. Autre prouesse de ce Belge, remis à l’honneur à Liège en 2004 par une exposition, une montre automatique considérée comme la première et déposée à l’Académie des Sciences en 1778. Equipée d’un dispositif ingénieux, une espèce de battant de cuivre permet à la montre de se remonter grâce au mouvement de la marche de la personne qui la porte en gousset. C’est son parrain Dieudonné Sarton qui lui apprend le métier d’horloger artisan. Puis, au service de Pierre Leroy, à Paris (fils aîné de Julien Leroy, horloger du Roi), il se perfectionne et entraîne dans son retour à Liège, son savoir légendaire.

Schulz, James: mono-poussoir

Le seul modèle « mono-poussoir » connu à ce jour comportant une répétition minute et un calendrier perpétuel est une « James Schulz » (qui c’est cet horloger ?) de 1930. Ce n’est donc pas seulement à cause de sa boîte en platine et ses chiffres arables qu’elle s’est envolée lors des ventes d’automne chez Christie’s à CHF 1′330′400.00. Une performance à ébranler la vénérable Patek Philippe, contrainte de lui laisser, une fois n’est pas coutume, la deuxième marche du podium.

Claret, Christophe.

Christophe Claret, le maître horloger ès grandes complications inédites, s’installe au Locle en 1998.

Tompion, Thomas (1639-1713).

Cet horloger anglais, membre de la Clockmaker Company (CC) engage Georges Graham comme collaborateur, lequel épousera une de ses nièces en 1696. C’est le premier fabricant anglais de montres à balancier-spiral, sur la base des travaux de Robert Hooke. Il construit les premières horloges de l’observatoire de Greenwich et devient le premier horloger à numéroter sa production d’horloges et de montres. En collaboration avec Booth et Houghton, il est l’inventeur de l’échappement en « auge de cochon » pour montres. Il invente également la première horloge qui affiche l’équation du temps (différence entre l’heure solaire vraie et l’heure moyenne conventionnelle.) Elle sera acquise par William III d’Angleterre.

Sarton Hubert (1748-1828)

Ce fut un chercheur infatigable et il est à l’origine de nombreuses « inventions ». Il faut citer entre autres la montre automatique à rotor, par un dépôt à l’académie française des sciences le 23 décembre 1778, invention qui fut aussi attribuée à Abraham Louis Perrelet par Alfred Chapuis en 1952. Une expo lui était consacrée à Liège en 2005. Historiens, à vos plumes! En fait, l’horloger liégeois a réalisé une montre automatique équipée d’un dispositif ingénieux, une espèce de battant en cuivre, permettant à la montre de se remonter par le mouvement de la marche de la personne qui la porte dans son gousset.

Pellaton-Favre, Albert – Histoire du tourbillon.

Albert Pellaton-Favre, père du célèbre James Pellaton, fut fabricant de tourbillons au Locle. Il construisit 82 chronomètres à tourbillon, tous munis d’un échappement à détente ressort. C’est l’un de ses modèles (retournés) qui figure (en position retournée) sur la série de timbres-poste à CHF 1.– , proposés dès le 6 septembre 2005 jusqu’à épuissement des stocks (www.poste.ch). Le géant jaune helvétique prendrait-il conscience de l’existence d’une culture horlogère dans son pays ?

Vacheron Constantin

Jean-Marc Vacheron et François Constantin. Cultivé, il s’intègre sans peine à cette société d’artisans horlogers érudits et curieux de tout, appelés à l’époque les « cabinotiers. » Les archives genevoises gardent la trace de l’ouverture de son atelier, d’où la datation admises de 1755. En 1819, à l’issue des guerres napoléoniennes, l’homme d’affaires averti François Constantin, voyageur infatigable et vendeur hors pair, s’associe aux descendants de Jean-Marc Vacheron. En 1875, à l’étroit dans ses locaux de la Tour de l’Ile, la maison se transporte à la Rue des Moulins, où se trouvent encore son siège, son musée. Cinq ans plus tard (1875) elle adopte le symbole de la « Croix de Malte ».

Roth Daniel

Daniel Roth, l’homme, pas la marque ! Que devient-il ? Premier doigt d’or d’une génération qui a vu accoucher les Franck Muller, les Journe, les Roger Dubuis, les Calabrese et…, sa vie, son œuvre aurait du en inspirer plus d’un. Read the rest of this entry »

Sarton Hubert [1748-1828]

Hubert Sarton [1748-1828] : selon les Belges, il serait l’inventeur de la montre automatique !! Une expo vient de lui être consacrée à Liège. Historiens, à vos plumes.

Balthazar Martinot (1636-1714)

Balthazar Martinot (1636-1714). Auteur de montres de petits volumes, il signe également de nombreuses pendules dont le boîtier est l’œuvre de André-Charles Boulle (1642-1732). On a découvert depuis que BM possédait la plus importante collection privée d’horloges en son temps, à Paris. Ses œuvres sont présentes dans les plus grands musées : Louvre, Cluny, Musée national des Techniques à Paris, Arts Décoratifs à Lyon, Museum der Zeitmessung Beyer à Zurich, MIH, le Victoria and Albert Museum à Londres

Balthazar Martinot (1636-1714)

Balthazar Martinot (1636-1714) – Avant l’invention capitale en 1675 par Christian Huygens (1629-1695) du ressort-spiral réglant, cet horloger mit au point, en collaboration avec Blaise Pascal et le Duc de Roannez, vers 1660, un système de ressort destiné à réguler le balancier des montres. En horlogerie, ce mécanisme porte toujours le nom de « ressort réglant de Martinot ».

Balthazar Martinot (1636-1714)

Balthazar Martinot (1636-1714). Auteur de montres de petits volumes, il signe également de nombreuses pendules dont le boîtier est l’œuvre de André-Charles Boulle (1642-1732). On a découvert depuis que BM possédait la plus importante collection privée d’horloges en son temps, à Paris. Ses œuvres sont présentes dans les plus grands musées : Louvre, Cluny, Musée national des Techniques à Paris, Arts Décoratifs à Lyon, Museum der Zeitmessung Beyer à Zurich, MIH, le Victoria and Albert Museum à Londres

Balthazar Martinot (1636-1714)

Balthazar Martinot. L’horloger français est né à Rouen en 1636 et mort à Saint-Germain-En-Laye, dans son château, en 1714. Ecuyer, valet de chambre horloger de la reine Anne d’Autriche, puis horloger ordinaire du roi, il était considéré comme un des plus fameux horlogers de toute l’Europe. Il avait épousé Anne Belon, fille de Pierre Belon, également valet de chambre horloger ordinaire de la reine. Fils de l’horloger Balthazar Martinot le Vieux (1610-1697) et de Catherine Hubert, fille de l’horloger Noël Hubert (1612-1650), fondateur en la ville de Rouen d’une dynastie d’horloger et gouverneur du « Gros Horloge » de Rouen. Une partie de la famille, devenue huguenote, a émigré à Amsterdam, Genève, Leiden ou Londres. Son nom reste lié à une splendide loterie de montres et pendules, organisée à Versailles en 1695, pour la Cour, en compagnie de son confrère Nicolas Gribelin.

Héron d’Alexandrie

Héron d’Alexandrie. Mathématicien et ingénieur grec. (1er siècle après J.-C.) Ses travaux sont considérés comme le point de départ de la technique de la mesure du temps et des automates tant islamistes qu’occidentaux.

Agassiz Louis et Auguste

Louis et Auguste Agassiz ouvrent un comptoir à Saint-Imier en 1832. Madame Agassiz Henriette Olympe (prédestination, cela ne s’invente pas !) épouse Monsieur Marc S. Francillon. L’histoire de la marque Longines commence avec la production de montres complètes et d’autres instruments horaires.

Chanel Grabrielle, histoire de diamants.

Mademoiselle Gabrielle Chanel : elle adorait, espiègle, mélanger les fausses pierres et les vraies. A propos des diamants, elle écrivait, dans le catalogue de l’exposition du 1er au 15 novembre 1932 : « Si j’ai choisi le diamant, c’est parce qu’il représente, avec sa densité, la valeur la plus grande sous le plus petit volume. Et je me suis servie de mon goût de ce qui brille pour tenter de concilier, par la parure, l’élégance et la mode ». Rien de nouveau sous le soleil. C’était sa première collection de bijoux endiamantés, la plupart sertis de platine, dans son hôtel particulier (29, Fbg-Saint-Honoré). Ces merveilles n’étant pas à vendre, seules les droits du catalogue, avec des photos de Robert Bresson, iront à des œuvres de bienfaisance. Rien de nouveau sous le soleil !

Nicolet Armand

Armand Nicolet, Tramelan – Au 19ème siècle, Armand Nicolet inaugure à Tramelan son propre « Atelier d’Horlogerie ». Fils d’un horloger, il est habile tant sur le plan technique qu’efficace sur le plan design. Son fils Willy prend la relève et développe une fabrique d’importance pour la région. De son atelier, sortiront dans les années 1960 et 1970 des mécanismes sophistiqués et des mouvements compliqués. Noblesse. Puis, au début des années 1990, c’est un passionné actif dans le secteur, Rolando Braga, qui reprend le flambeau, y apportant sa touche d’Italian Design. Actuellement, la marque est connue des aficionados un rien chineurs, pour son édition limitée baptisée « Star Hill Gallery », pour sa « Collection S05 » et sa « Collection M02 » et « M03 ». Du bel ouvrage, surtout lorsqu’il s’agit en plus de retravailler, en mini-série, le modèle UT176 sorti en 1948. A suivre…. Dommage qu’on ne parle pas plus de ce genre de patrimoine.

Ball Webb C.

Mr. Webb C. Ball n’aurait jamais imaginé, en s’occupant de la gestion horaire en 1891 de la ligne ferroviaire de l’Ohio Train que son nom resterait ainsi dans l’histoire horlogère sous une forme de marque horlogère. Son job ? Instaurer des standards de comptabilité de temps et de contrôle de ponctualité. Son système a permis d’uniformiser les horaires de train du chemin de fer américain, en tous les cas sur 125′000 miles entre les USA, le Canada, et le Mexique. Cette histoire donne naissance à une montre de poche de cette marque, rescapée des oublis de l’histoire. Il faudrait bien qu’une bonne revue horlogère s’intéresse à rendre publique cette page historique de l’histoire horlogère et de ses influences américaines.

Genta Gérald, l’homme

Gérald Genta, l’homme: de père piémontais et de mère suisse, cet horloger crée en 1969 sa propre marque, et réalise « La Répétition Minute » sur un mouvement automatique logé dans un boîtier de 2.72 mm. Ses figurines walt-disney deviennet légende. En 1994, sa « Grande Sonnerie » sera décrétée « montre-bracelet la plus compliquée du monde ». A qui appartient ce record maintenant ? Recherches ! En 1998, il vend son entreprise pour se consacrer à la peinture. Retour aux affaires horlogères avec la création de « Gérald Charles », sa nouvelle marque. 2004, sortie d’un Tourbillon (réalisé avec Antoine Preziuso), parallèlement à ses expos de peinture. 2005, Tourbillon bis, cette fois baptisé « Tourbillon Maestro », posé sur un cadran « miroir » platine ou or. 2006, retour à Baselword. Au programme, garde-temps et art pictural et un slogan : « offrir un voyage inédit à travers l’exception ».

Journe, François-Paul

Considéré comme le génie horloger du 21ème siècle par ses pairs, les doigts d’or encore en vie tels que Jean-Claude Nicolet, Georges Daniels, Anthony Randall ou Philippe Dufour, le « petit Marseillais » de l’horlogerie suisse aurait pu mal tourner. Un rien rebelle, l’école et les études n’avaient pas l’heur de le formater. S’il n’y avait eu l’oncle horloger chez qui il se frottait pour la première fois aux merveilles mécaniques de l’horlogerie, il ne serait certainement jamais devenu la référence qu’il est, déjà dans son petit atelier carougeois, bien avant que n’éclate son projet de manufacture au centre de Genève, dans le Quartier des Banques. Aujourd’hui titulaire de la médaille française de arts et des lettres, l’histoire retient déjà son nom. Quant à lui, il professe la simplicité, l’accessibilité et cette forme de modestie qui caractérise les plus grands. A ce jour, hormis Franck Muller ou peut-être Roger Dubuis, si leurs financiers respectifs leur en laissaient le loisir, il demeure le seul patron horloger capable d’enfiler une blouse, un micros, et d’en découdre avec le plus brillant de ses employés.

Ditesheim Achille, fondateur de Movado

Movado : la société « Achille Ditesheim et Manufacture » est la fondatrice de Movado, en 1882, à La Chaux-de-Fonds. Movado signifie en esperanto « Toujours en Mouvement ». La Manufacture développe ses propres calibres, dès 1905, avec l’aide de la société « Les Fils de Louis-Elisée Piguet » (Brassus).

Dietrich Gruen

Gruen, marque hélas disparue, créée à Colombus aux Etats-Unis, par Dietrich Gruen en 1874. D’origine allemande, le fondateur avait travaillé en Suisse. En 1903, l’entreprise crée à Bienne la Gruen Watch Manufactoring Co. Destinée à fabriquer les mouvements Gruen. Du nom de Veri-Thin, Quadran, Precision ou Curvex, ces mouvements sont réputés d’extrême qualité.

Lépine Jean-Antoine (1720-1814)

Jean-Antoine Lépine (1720-1814), horloger français à qui l’on doit notamment l’invention du Pont.

Audemars Adolphe (1814-1856)

Adolphe Audemars (1814-1856). Né un 10 octobre au Crêt-Meylan (Le Brassus), c’est le cinquième des huit fils (sur quinze enfants) du célèbre horloger combien Louis-Benjamin Audemars (1782-1833). Il grandit dans ce lieu-dit du Crêt-Meylan, là où est encore implantée la Manufacture familiale, crée en 1811 par Louis-Benjamin Audemars et devenue « Louis Audemars & Fils » en 1828, en raison de l’arrivée des huit garçons, tous horlogers. Il meurt à 41 ans, et on lui doit, à part sa légendaire méticulosité, son sens artistique une prise prépondérante de responsabilité dans l’entreprise familiale. Artistiquement, on lui doit surtout, symbole de son talent et de son perfectionnisme, le célèbre « Pistolet Microscopique Audemars » (Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie de Genève).

Harrison John, le menuisier longitudinal

John Harrison : que vient faire ce menuisier dans l’univers de l’horlogerie ? C’est lui qui remporte le prix de 20′000 livres sterling, lancé par le Parlement anglais en 1714, pour celui qui pourra résoudre le défi du positionnement espace-temps en mer, autrement dit, la détermination des longitudes.

Houdin Robert, l’illusionniste

Robert Houdin, un illusionniste, offre à l’horlogerie (et au Musée International de l’Horlogerie de La Chaux-de-Fonds) une horloge transparente de la première moitié du 19ème siècle. Voir aussi gossaire, « transparence, horlogerie ».

Constantin François

Jean-Marc Vacheron et François Constantin. Cultivé, il s’intègre sans peine à cette société d’artisans horlogers érudits et curieux de tout, appelés à l’époque les « cabinotiers. » Les archives genevoises gardent la trace de l’ouverture de son atelier, d’où la datation admises de 1755. En 1819, à l’issue des guerres napoléoniennes, l’homme d’affaires averti François Constantin, voyageur infatigable et vendeur hors pair, s’associe aux descendants de Jean-Marc Vacheron. En 1875, à l’étroit dans ses locaux de la Tour de l’Ile, la maison se transporte à la Rue des Moulins, où se trouvent encore son siège, son musée. Cinq ans plus tard (1875) elle adopte le symbole de la « Croix de Malte ».

Vacheron Jean-Marc

Jean-Marc Vacheron et François Constantin. Cultivé, il s’intègre sans peine à cette société d’artisans horlogers érudits et curieux de tout, appelés à l’époque les « cabinotiers. » Les archives genevoises gardent la trace de l’ouverture de son atelier, d’où la datation admises de 1755. En 1819, à l’issue des guerres napoléoniennes, l’homme d’affaires averti François Constantin, voyageur infatigable et vendeur hors pair, s’associe aux descendants de Jean-Marc Vacheron. En 1875, à l’étroit dans ses locaux de la Tour de l’Ile, la maison se transporte à la Rue des Moulins, où se trouvent encore son siège, son musée. Cinq ans plus tard (1875) elle adopte le symbole de la « Croix de Malte ».

Erard Louis, horloger chaux-de-fonier.

Louis Erard naît dans une famille d’horloger à la Chaux-de-Fonds. Vingt ans de formation assidue dans les écoles et Manufactures de Neuchâtel l’amènent à déposer sa propre marque, « Louis Erard & Fils » en 1930. Dès 1945, ses fils René et Jean-Louis le secondent. Des années de prospérité qui imposent la marque sur les marchés du Moyen et de l’Extrême Orient. Jusqu’à sa vente en 1992, aux frères Bolzli (Georges et Denis), déjà actifs dans le domaine de la distribution et domiciliés au Noirmont (Canton du Jura.) Depuis 2003, c’est Alain Spinedi qui reprend le flambeau de cet héritage typiquement neuchâtelois, riche en épopées commerciales et trésors de créativité horlogère.

Stadlin Franz, frère jésuite et maître horloger (1658-1740)

Le premier horloger débarqué en Chine. Franz Stadlin, frère jésuite et maître horloger (1658-1740) a travaillé 33 ans en Chine, au service de l’Empereur. A sa mort, comme les plus célèbres jésuites de Chine, il a eu droit à une tombe officielle. Celle-ci se trouve dans le cimetière de Zhalan de Pékin, nouvellement restauré. Voir ce qu’en dit Urban Fink dans le dictionnaire historique de la Suisse (http://www.dhs.ch/).


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