Histoire: chronomètre de marine, fonctionnement.

Très schématiquement, un bateau quitte le port, embarquant un chronomètre réglé sur l’heure du méridien de Greenwich. Pour déterminer la longitude, l’officier en charge d’estimer la position observe au moyen de son chronomètre l’heure de passage d’une étoile quelconque ou du soleil à son propre méridien. La différence entre l’heure de ce passage et l’heure à laquelle l’étoile doit passer au méridien de Greenwich (il s’appuie pour le savoir sur des tables spécifiques telles que «Connaissance des Temps» ou «Nautical Almanach»), indique en heures, minutes et secondes, la différence de longitude entre Greenwich et le lieu de l’observation. A quoi ressemble un tel objet? Modèle réalisé par la marque Hamilton.

Ulysse Nardin au Monaco Yacht Show. Série spéciale ‘YS’ Maxi Marine Diver

Historiquement, la conquête du temps a toujours été liée à celle des océans. Tandis que le Monaco Yacht Show fête en septembre 2010 son vingtième anniversaire, la marque horlogère Ulysse Nardin y arrime son vaisseau de grand chronométrier. Comme l’Office du Tourisme d’Abu Dhabi, la marque en est le sponsor principal, pour la deuxième année consécutive, après avoir hérité d’une place laissée vacante par Blancpain. Née en 1846, cette enseigne suisse de haute horlogerie, connotée complications horlogères et maîtrise du temps céleste, s’appuie sur l’histoire d’Ulysse Nardin (1823-1876), un maître horloger loclois contemporain de l’époque où le temps était affaire d’état, comme d’ailleurs toute forme d’étalonnage. Ulysse Nardin est l’enseigne horlogère suisse dont l’ADN comporte le gène chronométrie de marine le plus vivace. La sortie d’une série spéciale de 100 pièces d’une Monaco YS est au programme. Un modèle spécifique, à l’image de celui sorti en 2009, dont aucun visuel n’est encore disponible. Cette nouvelle référence enrichit la collection Maxi Marine Diver. Sportive, du pourtour de ses 43 mm de diamètre, étanche à 200 m, elle est est habitée par un mouvement à remontage automatique doté d’une petite seconde, affichant sa date dans un guichet situé à 6h ainsi qu’une réserve de marche de 42 h, via un guichet circulaire situé à 12h. Le cerclage «bouée» de ses guichets, ainsi que la lunette tournante unidirectionnelle, ancrent ce modèle dans l’imagerie océane. Sûr que son Altesse Sérénissime le Prince Albert II de Monaco, appréciera…

Musée de la Pince à Montécheroux. Le rôle de l’horlogerie.

Comment une petite commune du Doubs devient, en 1896, la capitale mondiale de la pince? Reliefs historiques. Parmi les raisons que livre l’Histoire, la religion joue un rôle. Car en 1562, les habitants prêtent serment de fidélité aux Wurtemberg, partisans de la religion protestante, se révoltant du joux seigneural du Comte Ulrich de Montbéliard. Un acte de défiance qui, en terres catholique, les rend quasi apatrides: « Ni Français, ni Francs-Comtois, ni Catholiques » relève Michel Bonnet, Président de l’association « Musons et Créons » en charge du Musée de la Pince. Une prise de position qui les isole et les force à se suffire à eux-mêmes. De cette autarcie, et parce que la commune compte nombre d’artisans travaillant le fer, naît un savoir-faire particulier. En 1776, Un jeune coutelier suisse de pensée protestante, Jonaz Brand, incite les artisans de Montécheroux à fabriquer des outils pour l’horlogerie suisse, très prospère à l’époque. Et ça marche. Un siècle plus tard, le village compte 300 ouvriers sur 1800 habitants. Petit à petit, le même savoir-faire s’ouvre à la fabrication d’outils pour d’autres branches. Parmi ces outils, des pinces par milliers: pinces à perforer les billets, pour le téléphone, pinces à gaz, pour tanneurs, dentistes, maroquiniers, vitriers, pinces à couper les bagues ou les hosties, pour moucher les chandelles. Une des raisons du succès de la pince de Montécheroux réside dans son originalité de fabrication: ses branches entrepassées, dite la pince « maillée » offre un mécanisme solide qui sera difficilement supplantable par le machinisme. Suffisamment d’ingrédients historiques, talent, technique et culture pour qu’un musée lui soit dédiée et qu’il figure sur un parcours régional français dédié à l’horlogerie. Un lieu qui souligne la noblesse d’artisans artistes au mains calleuses dotées d’un doigté de fée.

Horlogerie monumentale dans le Gers

A ceux dont les trajectoires estivales offriraient loisir à quelque détour par l’Isle-Jourdain, l’expo « Le Clocher, Arts, Techniques et Savoirs » mérite jusqu’à fin décembre 2010, une inspection minutieuse. Certes, il ne faut pas seulement aimer les horloges de clocher mais également les cloches et autres carillons. Quoiqu’il en soit, cette expo et ce musée dans le Gers sont le point de départ d’une meilleure connaissance de l’horlogerie monumentale. Y sont actuellement présents, une horloge à foliot du XVème siècle, un coq en bronze très rare, des cloches historiques et autres pièces remarquables. Un parcours qui quittera le territoire de l’horlogerie pour s’intéresser à la protection des clochers contre la foudre, les systèmes anciens et récents de paratonnerre, la symbolique de coqs de clochers et autres girouettes, pour y revenir via la visualisation du temps via cadrans monumentaux et collection d’aiguilles. Outre l’histoire de la forge et des maîtrises du fer, il y est également question de la « sonorisation du temps » et l’histoire de l’électrification des clochers jusqu’à leur électronification. Clou du spectacle, encore fallait-il pouvoir l’y planter, un clocher de bois et son beffroi se dressant à 9,5 mètres de hauteur. Et permettant la vision des cloches en fonction. Tampons auriculaires recommandés…

Denis Asch et les GMT.

Dans l’été léthargique, une affaire de fuseaux horaires capte l’attention du bloghorloger.ch (sortant de sa propre léthargie vacancière). La newsletter d’août de l’Heure Asch met en scène Denis Asch, interviewé par Jean-Philippe Tarot, le bloggeur de Montres-de-luxe.com. Première question, que signifient les trois lettres GMT? Greenwich Mean Time ou « L’heure moyenne de Greenwich« . Il s’agit du temps solaire moyen mesuré à l’Observatoire Royal de Greenwich, dans l’agglomération londonienne où se trouve la référence du méridien d’origine des longitudes. Pendant une grande partie du 20ème siècle, le temps GMT était utilisé comme référence internationale. Jusqu’à ce qu’en 1972, il soit remplacé par le temps universel coordonné (UTC). Avant 1900, l’Europe connaissait à elle seule une trentaine d’heures locales… Ça nous ramène inévitablement à l’histoire de ce menuisier devenu horloger, John Harrison, inventeur d’une horloge suffisamment précise, le premier chronomètre de marine, pour qu’elle puisse déterminer, une fois à bord d’un navire en pleine mer, la longitude. Lire le livre du même titre, fascinant récit de Dava Sobel.

Montres écoles, l’histoire en relecture.

Exposées d’abord à Genève, au Musée d’horlogerie –ou plutôt dans un espace volé au Musée d’Art et d’Histoire, puis lors de la journée d’étude de la SSC – Société suisse de Chronométrie, les montres écoles compilées par Antoine Simonin, l’un de leur plus fervents connaisseurs, débarquent en livre. Témoins de l’évolution des techniques, porteuses des avancées et découvertes de leur temps, ces garde-temps racontent aussi des histoires personnelles. Celles des volées d’élèves passées entre les murs de 10 écoles d’horlogerie. C’était le temps où chaque étudiant devenu horloger, devait ponctuer la fin de son cursus scolaire par la réalisation complète d’une montre. Du pain béni pour les collectionneurs… En français, 24×30 cm, 500 pages richement illustrées, papier couché, reliure cousue fil et couverture cartonnée. info@booksimonin.ch

Les complications avaient des noms féminins

Créées pour répondre à une attente de l’être humain face au temps, les complications sont, selon Estelle Fallet, Conservatrice du Musée d’Horlogerie de Genève,  aussi le fruit d’une attente féminine: «Raisons pratiques et recherche de la perfection, quête du savoir, univers magique, tout me semble étroitement lié à l’horloger Abraham-Louis Breguet qui, sur commande de Marie-Antoinette, exécute une montre incorporant tous les perfectionnements connus à l’époque. Il est choisi comme fournisseur, car il maîtrise le plus grand nombre des complications, dont le mouvement à remontage automatique (…) Il incarne à la fois le prestige de l’horloger et de sa destinataire!» A noter que les garde-temps les plus compliqués de l’histoire portent des noms évocateurs…. féminins! L’Universelle (1970), La Royale (1873), La Merveilleuse (1878) et, plus près de nous en 2000, la Star Caliber de Patek Philippe. Estelle Fallet relève: «Les complications sont le faire-valoir de la maîtrise et de l’excellence, elles distinguent l’horlogerie de haut de gamme.» Et d’ajouter: «Du point de vue sociologique –concept récent, elles touchent aux motivations de consommateurs modernes: disposer ainsi d’un objet rare, complexe et mystérieux…»

Tissot et son nouveau calibre, relief historique.

Tandis que le nouveau calibre C01-211, un chronographe automatique développé de concert avec ETA en exclusivité pour Tissot (et Swatch) débarque dans la production de volume de Tissot, il est bon de rappeler l’histoire manufacturière de la marque. Il y a 40 ans naissait le Sytal (contraction de SYstème Total AutoLubrification) fait de matériaux inaltérables (polycarbonate, résine acétal copolymérisée, polyoxyphélinène, autrement dit quelques savantes variantes du plastique), devenu célèbre sous le nom d’Astrolon 2250. Cette naissance, visionnaire, aurait du permettre à la marque l’envol qu’elle prend ces jours, en intégrant son nouveau mouvement dans ses modèles actuels. Le Sytal, appelé aussi Astrolon 2250, ne connut pas la gloire escomptée mais fut unanimement salué par la presse de l’époque, dont le JSH – Journal Suisse d’Horlogerie de février 1973 qui écrivait « … montre de qualité, mais de fabrication simplifiée, dans la ligne des nécessités économiques de notre temps« . Trop avant-gardiste? Son descendant devrait en 2010 venger cette injustice, se distinguant lui aussi par ses matériaux de synthèse à base d’hydrocarbures, et surtout par son objectif d’accessibilité maximale. Ce nouveau calibre C0-211 de Tissot s’inspire du Lemania 5100, dont la simplicité était une signature. Il ne  comporte que 184 composants (le Valjoux 7750 né en 1974 en compte 240). Grâce à lui, il sera pour la première fois possible d’acquérir un chronographe swiss made à remontage automatique à moins de CHF 1′000.00. Une prouesse d’ingéniosité industrielle.

Estelle Fallet, experte en complications.

Si le Musée d’Horlogerie et d’Emaillerie de Genève semble définitivement rayé de la carte, sa Conservatrice Estelle Fallet, appelée à veiller sur ses 18′000 oeuvres environ, est une grande spécialiste des complications. Elle fait ses armes d’historienne dans sa ville natale au sein d’un musée d’horlogerie, à La Chaux-de-Fonds, «où le milieu horloger est un dénominateur commun pour nombre de familles.» Qu’évoque pour elle le terme montres à complications? «Une concentration formidable de savoir-faire et d’inventivité.» pose-t-elle. «Cet univers est fascinant, il exprime le défi relevé par les horlogers -des spécialistes, pour la traduction des mouvements célestes dans les limites extrêmes de la miniaturisation, ainsi que pour la maîtrise de la matière.» Historiquement, l’aspect ludique a joué son rôle: «les mécanismes de répétitions, des phases de lune ou du tourbillon… renforcent le côté mobile du mouvement et animent les faces de la montre. Des plus-values à tous points de vue.» Lire l’article paru dans le magazine féminin suisse Beauté Information, N° 54.

Arnold et Earnshaw généralisent l’emploi du chronomètre de marine.

Histoire. John Arnold (1736-1799) et Thomas Earnshaw (1749-1829) sont les deux horlogers anglais qui, en développant sur une échelle importante au 18ème siècle la fabrication du chronomètre de marine, ont contribué à en généraliser l’emploi. Jusqu’alors, la plupart de ces instruments devaient sortir des mains mêmes des constructeurs. Donc leur production restait limitée. Jugez plutôt. Il fallut trois ans à John Harrison pour terminer successivement ses dernières montres marines No 4 et No 5. Même topo du côté de Kendall pour livrer au Board of Longitude la réplique de son No 4, puis 2 ans supplémentaires pour exécuter ensuite chacune de ses dupliques K2 et K3. Quant à Mudge, il mit 3 ans à terminer son premier chronomètre de marine puis deux fois tout autant pour chacune de ses constructions «la Bleue» et «la Verte». Si on replace ce rythme sur l’histoire d’une vie, Ferdinand Berthoud mit 40 ans pour produire 70 appareils, soit 2-3 unités par an. A la même époque Arnold et Earnshaw parvinrent à fabriquer plus de 100 chronomètres de marine affichant une précision satisfaisante. En d’autres termes, ils cassèrent les prix. Comment? Il divisèrent le travail et, à partir d’un modèle simple et facilement réalisable, se concentrèrent sur une mise en production rationnelle au moyen de la sous-traitance. Car, pour l’ébauche, la fourniture des rouages, des pierres, ressorts, cadrans, aiguilles et boîtiers, les artisans spécialisés de Clerkenwell ou du Lancashire, étaient au top. Puis ils formèrent du personnel pour l’échappement et le balancier, se réservant pour eux-mêmes les opérations finales de la pose du spiral et du réglage. Deux actions considérées comme de précieux « secrets de fabrication« . Une visite au National Maritime Museum de Greenwich s’impose.

L’été avec des lunettes… au Musée de Morez

L’historien franco-suisse Dave-William Grandjean a rejoint le Musée de la Lunette à Morez (à 13 mn de la frontière suisse après le village de « La Cure », juste après Saint-Cergues). Ce collaborateur  journaliste occasionnel de l’agence de presse horlogère TàG Press +41 et (pour le Magazine JSH – Journal Suisse d’Horlogerie et pour le site Worldtempus), après avoir été plus d’une année rattaché au Musée de Jaeger LeCoultre, vient d’être nommé « Chargé des Publics » par la Municipalité de ce qui fut -et demeure, le centre mondial de la lunette. Une région que le Ministère de la culture hexagonal n’hésite pas à promouvoir, avec un « Musée de France » financé par la Ville de Morez, accueillant chaque année 17′000 personnes. Un établissement à l’architecture avant-gardiste étonnante pour les lieux, qui a pour mission de conserver et de valoriser le patrimoine Morézien (Jura), dont l’horlogerie fait partie. A consulter le programme, difficile d’échapper aux lunettes cet été…

Maurice Ditisheim, le prix Gaïa lui rend hommage.

Grand mécène, Maurice Ditisheim était Président du Conseil d’administration du Bureau de Contrôle des Ouvrages en Métaux précieux. C’est sous son impulsion et sa vision, dès 1966 et grâce aux relations privilégiées entre le Musée d’horlogerie et son bureau, que sera développé à La Chaux-de-Fonds, ce qui deviendra le premier -et le seul musée international d’horlogerie (MIH). On lui doit d’avoir tâté le terrain, en consultant le Professeur parisien Georges-Henri Rivière, Directeur du Conseil international des musées. On lui doit d’avoir trouvé la formule « L’homme et le temps » qui coiffera l’entité institut, dont son ami Pierre Imhof assurera la présidence de la commission (IHT). Il y eut 27 projets architecturaux, et c’est le second prix, du nom de « Gnomon » qui l’emporta: une construction nouvelle, due aux architectes P. Zoelly et G.-J. Haefeli (décédé récemment), capable d’abriter en toute sécurité l’une des collections de montres et d’horloges les plus prestigieuses du monde. Ainsi le Musée quitte en 1974 les locaux de l’Ecole d’Horlogerie pour s’installer sous le parc de la villa Sandoz du Musée d’Art et d’Histoire. C’est en 1992, pour lui rendre hommage, qu’est créé, sous le règne de Catherine Cardinal (directeur scientifique et conservateur), le prix Gaïa. Qui demeure à l’horlogerie ce que le Nobel est à la politique…

Elena Stefanova, femmes et complications…

Si le mot est féminin, il semble admis que les complications horlogères ont été faites par et pour des hommes… Erreur! A en croire la scientifique Elena Stefanova, historienne, artiste et responsable de production, actuellement en poste chez deWitt, les besoins féminins, assortis de leur sens pratique, ont servi voire initié la cause des complications. Facile à comprendre. Pour leurs riches clientes, les horlogers d’antan se devaient de parfaire la maîtrise de la miniaturisation. Ainsi, ont-ils créé et conçu des fonctionnalités qui ont terriblement fait avancer la science de la chronométrie, totalement affranchis du dictat des séries et des moules reproductifs. Non, l’amour immodéré de la gent féminine pour toute forme de bijoux, son détachement des choses terrestres telles que l’emprise du temps, ont généré bien des merveilles mécaniques, auréolées de secret et de mystère. Mieux que quiconque, Elena Stefanova, qui a posé sa griffe sur la ligne de bijoux d’Audemars Piguet, en connaît un bout. N’a-t-elle pas donné, en 2009, lors de la journée d’Etudes de la SSC -Société Suisse de Chronométrie, un magistral exposé sur le sujet? La première montre bracelet était celle d’une reine. « Une femme de pouvoir se doit d’avoir l’heure sous la main… » A lire dans l’article signé TàG Press +41 (agence de presse horlogère) dans le magazine féminin Beauté Information.

Aux Temps des Chronométriers, l’expo du Locle

C’est sous l’ère de Cécile Aguillaume, ex-conservatrice du Musée d’horlogerie du Locle -Le Château des Monts, que furent relancés, après presque 40 ans d’interruption, les célèbres concours de chronométrie qui passionnaient les marques et les horlogers jusqu’à l’arrivée de la montre à quartz, à l’orée des seventies. Dès 1772, ces concours se déroulaient à Genève. L’Observatoire de Neuchâtel se mit à attester de l’exactitude des garde-temps dès 1860 et un véritable premier concours fut institué en 1866. Il faudra attendre 1945, pour que ces joutes s’intéressent aux montres bracelets: des épreuves officielles sont instaurées à Neuchâtel. En 1999, pour célébrer son 5oème anniversaire, «Chronométrie 2009», un concours dont les règles ont été adaptées à la modernité des techniques et des matériaux de l’horlogerie mécanique moderne, est relancé. Le 3 décembre 2009, Claude-Henri Chabloz, Présisent du Prix, publie les résultats. La prochaine édition aura lieu en 2011. D’ici là, une exposition ouverte le 8 mai et courant jusqu’à fin septembre 2010 replace les montres candidates dans le contexte de l’Histoire.

Symboles et décorations dans l’art horloger.

5 mai 2010, Saint-Aubin-de-Médoc, France. Ancien élève de l’école nationale d’horlogerie de Besançon, le retraité Michel More, qui fut durant sa vie professionnelle professeur agrégé de physique appliquée pour les classes préparatoires aux grandes écoles, s’est reconverti à la passion horlogère, la restauration de pièces anciennes et… à l’activité de conférencier. Son thème de prédilection, l’horlogerie à la fois sous les angles de l’histoire, de la science et de l’art. Ainsi, cet érudit parcourt les salles, de Dijon à Biarritz en passant par Besançon, Nice ou Antibes. Partout, il apporte la bonne parole horlogère, sur le mode de la vulgarisation non réductive, s’aventurant sur les traces des premières clepsydres, des cadrans solaires de l’antiquité ou de Christian Huygens appliquant une théorie de Galilée sur la régularité des oscillations d’un pendule…

Cambriolage au Musée de Cluses

Une partie du patrimoine horloger de la Vallée de l’Arve s’envole, des cambrioleurs ayant emporté non seulement un butin d’une valeur de CHF 133′000 mais surtout des pièces irremplaçables, comme le concédaient au Dauphiné Libéré du 4 mai 2010 Jean-Michel Roch, Président de l’Amicale des Anciens Elèves du Lycée Charles Poncet de Cluses, anciennement l’Ecole d’Horlogerie, Marcel Marquet de Directeur du Musée ainsi que Jean-Claude Léger, maire de Cluses. Ont notamment disparu une horloge exceptionnelle de type « Voltaire » de 1680 ainsi qu’une autre dite « en squelette ». Un passé horloger déjà mis à mal puisque les crises l’ont peu à peu effacé, sans jamais pour autant détrôner Cluses de son titre de centre mondial du décolletage. Lire l’histoire de cette vallée, parue dans le Journal Suisse d’Horlogerie. Espérons que les autorités locales auront à coeur de reconstruire leur joyau et non pas de suivre le déplorable exemple de Genève qui, après le cambriolage de son Musée route de Malagnou, le seul au monde à être dédié tant à l’horlogerie qu’à l’émaillerie, n’a trouvé de meilleure idée que de le rayer de la carte, en le fondant dans l’entité Musée d’Art et d’Histoire. Quels peuvent bien être les commanditaires de tels vols, puisque leurs prises resteront invendables? Des collectionneurs sans scrupules? Probable.

Montres écoles, inestimables témoins historiques

Amateurs et chercheurs, à vos marques. La sortie de « 10 Ecoles d’Horlogerie Suisses« ,  livre annoncé par bloghorloger.ch le 21 septembre 2009, est imminente: la plus incroyable collection de montres écoles débarque, regroupée dans un livre référence par Antoine Simonin, ancien directeur du Wostep. Lancement prévu le 30 avril 2010 au MIH, le Musée International d’Horlogerie à La Chaux-de-Fonds, et le 5 mai à Genève, dans le hall du Musée d’Art et d’Histoire. 10 écoles d’horlogerie représentées. Créés au milieu du XIXème siècle, les établissements de formation professionnelle spécialisée forment des horlogers complets, aptes à répondre aux entreprises. D’imposants bâtiments scolaires sont construits, de Genève à Porrentruy, en passant par Bienne, Soleure, Saint-Imier, Neuchâtel, Fleurier, La Chaux-de-Fonds, Le Locle et la Vallée de Joux. La tradition voulait que chaque élève ponctue la fin de ses études par la réalisation d’une pièce. Ainsi, les montres-école sont de formidables témoins de l’évolution de ces établissements et des travaux qui y sont conduits, sous le signe du trait-d’union entre enseignement et exigences industrielles.  La trace encore vivace de plusieurs générations d’inventions et d’avancées techniques. Exposées partiellement à Genève, puis dans le cadre d’une journée d’étude de la SSC – Société Suisse de Chronométrie, ces montres se retrouvent désormais compilées. Une bien belle manière de lire l’histoire horlogère, sous un autre angle. Lire également l’article de horlogerie-suisse.com.

A propos de l’or.

Le standard le plus indiscutable est le London Good Delivery, une sorte de certificat de bonne teneur. Les premières pièces d’or pur ont été mises en circulation par Croesus, roi de Lydie –La Turquie d’aujourd’hui, entre 560 et 547 av. JC. Depuis ce temps-là, elles demeurent, y compris de nos jours, une monnaie d’échange. Tandis que des puissances occidentales se départissent d’une partie de leurs stocks d’or, d’autres pays, notamment émergents, travaillent à s’en constituer. Ils ont eu raison puisque, fin 2009, le cours de l’or était 29% plus élevé qu’en 2008, la crise ayant conforté cette valeur.

Vuclain, toujours Cricket? Yes you can…

Voici soixante ans que la tradition perdure. Se décidera-t-il un jour à la porter, cette mythique montre des Présidents? Car Barack Obama aussi l’a reçue, j’ai même eu l’occasion d’en voir le fac similé, chez Denis Asch à Genève, un des pros de la marque. Cette Cricket-là, il devrait la préférer à sa première Tag Heuer. Ce garde-temps mérite aussi son entrée dans l’histoire, avec sa sonnerie réveil si reconnaissable, son bruit de grillon solitaire. D’autant que le modèle n’a cessé d’évoluer. Aujourd’hui, il existe même en X-Treme Automatique, doté d’un calibre V-21 à double barillet, l’un pour alimenter l’énergie de sa sonnerie qui dure 20 secondes et s’entend même sous l’eau, l’autre celui du mouvement de la montre. Visible par le fond d’une boite de 44 mm de diamètres, son rotor bimétalique monté sur roulement à billes en céramique lui assure 42 heures de réserve de marche. Un viril concentré d’infos organisées autour d’une lunette tournante…

Nuit européenne des musées… Le Locle joue le jeu.

Vivez la nuit! Tandis que Au temps des Chronométriers, son expo courant du 8 mai au 26 septembre 2010, aura été lancée, le Musée des Monts au Locle ouvrira ses portes le samedi 15 mai de 19h00 à minuit, dans le cadre de la vaste opération européenne, pour un rallye pas comme les autres. Destiné aux 7 à 77 ans, la nuit permettra d’habiter momentanément une demeure du XVIIIème siècle, celle d’un maître-horloger, et de s’enrichir les neurones en s’abreuvant des richesses de la collection Sandoz, automates, montres, pendules, horloges, et mécanismes ingénieux. S’en mettre plein les yeux sera possible, tout en sirotant un vin chaud ou… un sirop, grâce à la projection de nombreux films en 3D, dédiés à l’horlogerie. Le dimanche 16 mai, l’entrée sera libre toute la journée.

Racine, Ariste (marque ENICAR)

Vers 1913, Ariste Racine utilise un anagramme de son nom pour déposer à La Chaux-de-Fonds la marque ENICAR. Direction Lengnau où sa société déménage durablement. Ses modèles pour hommes, femmes, pour militaires, notamment ceux qui sont dotés d’une boussole intégrée débarquent sur les marchés. Vers 1950, un catalogue ENICAR présente d’autres modèles porteurs des noms Longeau ou Alprosa. 1956, pour la première fois et grâce à une expédition d’alpinistes suisses, le sommet de l’Himalaya est vaincu. Chaque membre de l’expédition porte une Enicar. La mention « Ultrasonic » désigne une technique unique de nettoyage des mouvements aux ultrasons, avant leur huilage. Robustes, les montres Enicar gagnent leurs lettres de noblesse avec la sortie en 1958 de la Sherpa Dive, une étanche à 200 mètres dont le fond gravé représente une huître ouverte avec sa perle, ainsi que l’inscription « Seeperl » qui désignera par la suite les montres étanches de la marque. Pionnier des boutiques monomarques, Enicar ouvre à Johannesburg un magasin éponyme, construisant sur le succès de son « Sherpa World Timer » un GMT. Le succès de la boutique arrive aux oreilles des détaillants qui se pressent au portillon.

Le rotor facial, déjà inventé en 1995… Rectificatif

En mars 2008, bloghorloger.ch retrouvait trace du brevet N° CH 685363, délivré le 30 novembre 1995 et portant sur le premier garde-temps à remontage automatique équipé d’un rotor facial (à ne pas confondre avec le double-rotor de Perrelet). Mandaté par un boîtier connu dans l’industrie horlogère suisse et aujourd’hui décédé, l’étude technique ainsi que la réalisation d’un premier prototype fonctionnel avaient été confiées à l’horloger Jean-Claude Nicolet (premier prix Gaïa, réputé pour ses innovations horlogères). Puisque les héritiers du déposant n’auraient pas prolongé la validité de ce brevet qui, de toute manière après 20 ans tombait dans le domaine public, la voie était libre pour le dépôt d’une nouvelle patente. Est-ce une raison suffisante pour affirmer, comme le fait Frédéric Jouvenot, par ailleurs excellent horloger et courageux entrepreneur, que, « 40 ans après (1969-2009), le chronographe automatique est réinventé« ? Et de s’approprier en termes dithyrambiques la paternité du « premier chronographe intégré de l’histoire avec un système de remontage complet visible côté cadran« ? Ces mots s’appliquent au modèle ACE et à son calibre, le FH-ACE-001. Le passé regorge d’inventions qui, quand bien même pussent-elles être brevetées, mériteraient de temps à autre un petit coup de projo et… une petite dose d’humilité. On pourra toujours admettre qu’il ne pouvait pas le savoir, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui et ce qui n’enlève rien à la bonne réputation de sa créativité: hommage au culte ancestral du soleil, son dernier modèle Hélios, présenté à BaselWorld 2010, en est la preuve… Lire aussi sur tendancehorlogerie.com.

DEP, réveil historique à Cluses.

Au Musée de l’Horlogerie et du Décolletage de Cluses (Haute-Savoie, France), les réveils et pendulettes DEP sont à l’honneur. Ou du moins, l’histoire industrielle de cette entreprise clusienne née en 1918 et dont l’histoire industrielle s’éteint en 1953, crise oblige. La société, dont le slogan « Durée, Elégance, Précision » pourrait encore seoir à n’importe quelle enseigne horlogère bien vivace. Retrouvés, dans les Archives Municipales notamment, d’anciennes publicités, des photographies et autres documents d’archives. A la gloire de ces objets habillés de marbre, de cuir, de bakélite ou encore d’ivoire. A découvrir au 100 Espace Carpano et Pons à Cluses.

Henri Grandjean, horloger

Né au Locle en 1803, Henri Grandjean-Perrenoud-Comtesse (originaire du val de Ruz) a reçu de nombreuses distinctions lors de sa participation à des concours ou expositions, en Suisse et à l’étranger, qui ont honoré la qualité de ses produits. Initiateur du quartier du Progrès au Locle, il a aussi été le promoteur de la construction de l’Observatoire de Neuchâtel et, comme Fritz Courvoisier, un ardent défenseur de la ligne ferroviaire du Jura industriel. Sur le plan politique, Henri Grandjean a été préfet du Locle de 1842 à 1852, député au Grand Conseil et conseiller national.  Il est également connu pour avoir fondé, avec Louis JeanRichard et Ulysse Nardin, la « Swiss Marine Chronometer Industry ».

SSC. Appel à conférenciers… dernier délai.

Les 28 et 29 septembre 2010, la SSC -Société Suisse de Chronométrie, tiendra son 14ème congrès international à Montreux. Le thème est « Le Temps et le Sport, Défis Technologiques et Humains« . La montre de sport sera donc au coeur des débats. On parlera de son historique, de ses matériaux de prédilection, de ses rapports avec l’horlogerie sous l’angle du marketing ou du sponsoring. On apprendra également sur les avancées technologiques apportées dans le chronométrage sportif… Il y sera question de tests, d’homologation, de fonctions spécifiques… L’appel aux conférenciers est encore ouvert (télécharger le document), avis à tout esprit scientifique désireux de se produire face à un auditoire d’environ 700 spécialistes venus de toute la branche en Suisse, voire de plus loin. Il faudra circonscrire son intervention dans un espace temporel de 25 minutes, questions comprises. Attention, dernier délai le 19 février 2010. Avis aux téméraires.

Baume & Mercier et Simone Gaudard, l’ombre de Barbara.

Barbara chantait « Ma Plus Belle Histoire d’Amour C’est Vous« , Baume & Mercier orchestre depuis le SIHH 2010 la mise en musique de « Notre Plus Belle Histoire, C’est La Vôtre » en prolongement de sa eSaga « Secrets d’Une Famille d’Horlogers » sur Facebook ou Twitter.  Une vaste opération de recherche historique, déguisée en appel à témoignage. Chaque internaute, via Facebook, est invité personnellement par Simone Gaudard, la descendante réelle de la famille Baume (arrière-petite-fille du fondateur), à partager l’histoire qui la ou le relie à sa montre Baume & Mercier. A nouveau, une manière d’utiliser intelligemment les médias sociaux, accessoirement une campagne de marketing viral auréolée de buzz (du pur Details.ch), qui permettra de localiser, si elle fonctionne comme prévu, un grand nombre de modèles historiques. La marque fête donc ses 180 ans sans nostalgie aucune, avec un pied dans le futur, ce qui s’inscrit dans le respect des curiosités ancestrales qui caractérisaient cette famille de pionniers. On regarde les images, on sent que Simone Gaudard n’est très à l’aise face aux caméras mais… fière, fière d’appartenir à cette histoire. Elle a de la classe, c’est élégant et franchement… on aimerait bien avoir une BM récente ou qui traine, histoire de pouvoir participer à cette récolte. A vos posts, prêts…

Mootoosamy Morghan, nouveau conservateur du Musée du Locle

Connaisseur des lieux et des intervenants, ce qui fut certainement un atout dans la sélection de sa candidature, Morghan Mootoosamy vient d’être nommé conservateur du Musée d’horlogerie du Locle, poste qu’il occupait déjà ad interim après le départ soudain de Cécile Aguillaume en mai 2009. Titulaire d’un Master en histoire de l’art (spécialisation muséologie) et en sociologie de l’image, de la culture et de la communication, ce Chaux-de-Fonier trentenaire  avait successivement occupé dans cette même institution le poste de collaborateur scientifique (août 2008 à janvier 2009) puis de responsable du 50ème anniversaire (février à juillet 2009).  De son côté, Cécile Aguillaume, remise d’ennuis de santé dont il se dirait qu’ils auraient pu précipiter son processus de renvoi en raison des inévitables absences y relatives, vient d’enregistrer CECOEL, sa société spécialisée en recherches historiques et en organisation de voyages à connotation horlogerie et luxe.

Baume & Mercier, feuilleton historique planétaire, grâce à Twitter et Facebook…

L’histoire horlogère de la région des Bois (à quelques encablures de La Chaux-de-Fonds), voudrait que ce soit Louis-Victor Baume qui utilisât pour la première fois le bureau du télégraphe ouvert dans la commune en 1865. La famille était réputée pour sa curiosité face aux nouvelles technologies et aux avancées d’alors. Il est donc tout à fait plausible que les Baume auraient eu, face à l’arrivée des Twitter, Facebook et autres plateformes du web 2.0 (une bonne dizaine en tout), des réactions avant-gardistes. Quoiqu’il en soit, la marque, qui célèbre ses 180 ans cette année, est à sa manière précurseuse. Certes, comme beaucoup d’enseignes horlogères elle s’y met enfin, à cette exploitation des réseaux sociaux, mais elle va plus loin et innove. Au travers de « Secrets d’une Famille d’Horlogers« , une eSaga historico-réaliste, elle n’utilise pas ces nouveaux médias juste pour peaufiner sa web reputation, mais pour transmettre, selon les modes actuels, des valeurs patrimoniales toujours riches en perspectives d’avenir. Belle opération, menée par l’agence Details.ch, des pros du buzz, avec le concours d’un bureau d’écritures. L’histoire, ainsi mise en scène, dégouline de saveurs non pastel. Elle se charge de réalisme et, en ces temps tourmentés, raconte les êtres humains dans ce qu’ils conservent d’attachant, quelles que soient les troubles traversés ou… les immatérialités environnantes. On est dans le post facebooking, c’est à dire, dans l’appropriation et l’exploitation intelligente de médias qui partent parfois dans tous les sens…. A suivre sur Facebook ou Twitter, jusqu’à l’ouverture du SIHH (le lundi 18 janvier 2009), où quelques révélations seront faites.

Nardin Ulysse, horloger loclois

Ulysse Nardin n’a que 23 ans lorsqu’il s’établit au Locle en 1846 pour y développer ses propres chronomètres et montres de poche compliquées. Toutefois, il disposait alors déjà d’un riche bagage d’expériences acquises auprès de Frédéric-William Dubois, spécialiste de chronomètres de marine et des montres astronomiques. D’ailleurs, avec Henry Grandjean et Louis JeanRichard (autres célèbres horlogers), il fonde la «Swiss Marine Chronometer Industry». Quand on pense que le Jura se situe à des centaines de kilomètres de la mer!

Décentrées, ces montres qui suivent votre regard.

28 octobre 2009. Vacheron Constantin reçoit le prix Montre de l’Année, imaginé il y a plus de 15 ans par les deux co-fondateurs du magazine Montres Passion. Le modèle récompensé Historiques American 1921, affiche une asymétrie facilitant la lecture de l’heure et empruntée à l’histoire de la marque. Effet design séduisant. Un client américain, durant les années folles, aurait exprimé le voeu de voir l’heure d’une manière plus logique, c’est à dire dans l’axe du regard. Ainsi, le 12 du cadran et le poussoir avaient été décalés à 13h00. Une sorte d’anticonformisme osé, un décentrage conférant à ce modèle, même dans sa version 2009, une attractivité vintage. Apparemment, ce client américain n’aurait pas sévi uniquement chez Vacheron Constantin, puisque sur eBay, un modèle Cyma, dont l’estimation de datation pourrait bien remonter à la même époque (années 20) affiche un design similaire. Y avait-il déjà à cette époque des dépôts de modèles? Si oui, à qui revient l’antériorité? Va falloir creuser un peu… Et si ce design n’était finalement qu’une manière de recycler une montre de poche en montre bracelet? Appel à historiens, svp…

Montre automatique, Hubert Sarton réhabilité, grâce à Joseph Florès

Ce n’est pas Alexander Graham Bell qui inventa le téléphone, mais Antonio Meucci, un illustre inconnu italien qui en avait fait démonstration en 1860 à New York (décision de la Chambre des Représentants du Congrès le 11 juin 2202). Non, Thomas Alva Edison n’a pas inventé le phonographe, il l’aurait seulement fabriqué. L’histoire se fourvoie, parfois. La montre automatique, autrefois appelée « perpétuelle » ou à « secousses » a fait l’objet de nombreuses recherches. Selon ce qu’affirment Alfred Chapuis et Eugène Jaquet dans leur ouvrage référence La Montre Automatique Ancienne de 1770 à 1931« (paru en 1952 chez Griffon), sa paternité est attribuée à Abraham Louis Perrelet. Or, dans la Revue Française des Bijoutiers (N° 113, mai 1949) Léon Leroy écrivait à propos de cette montre dont l’existence remonte bien vers 1780 « Il faut louer sans réserve le mécanicien anonyme et de grand talent qui a conçu et réalisé ce système simple et efficace. » Pierre Huguenin, autre spécialise d’horlogerie, corrobore cette allégation quelques mois plus tard, espérant « qu’un chercheur heureux percera peut-être ce qui reste de mystérieux dans l’origine de cette intéressante montre. » Finalement, c’est l’historien Joseph Florès qui résout l’énigme après avoir consulté un manuscrit de l’Académie royale des sciences de Paris daté du 23 décembre 1778, signé des rapporteurs Jean-Baptiste Leroy et De Fouchy, contresigné par le marquis de Condorcet. Ce document décrit avec précision une montre qui s’avère absolument identique à celle de la collection Léon Leroy, attribuée plus tard à Perrelet! En réalité, l’auteur du dépôt concernant cette montre est (1748-1828), Dieudonné-Hubert Sarton, horloger de la Principauté de Liège. Dans les Cahiers du Laboratoire RECITS 6/2008 (Cahiers de Laboratoire édités par l’UTBM (Université de technologie de Belfort Montbéliard), le scientifique Pierre Lamard enfonce le clou dans son « plaidoyer pour un débat« . A lire également l’excellente mise en lumière du journaliste Gregory Pons, le 18 décembre 2006.

Joseph Florès, historien. Origines du rotor revisitées…

Merci à l’histoirien Joseph Florès (voir son portrait). L’Histoire lui doit une de ces rectifications qui la rend crédible. Qui peut répondre à sa question? « Il est aisé de trouver le brevet sur le tourbillon qui date de 1801. La même chose pour l’échappement libre de Pierre Leroy en 1748… Les éléments sur le spiral de Huygens sont connus. Ceux de l’ancre de Mudge idem. Mais qui peut fournir ceux attribuant à Perrelet l’automatique à rotor?« . L’érudit a, par ses recherches et grâce à la découverte d’un manuscrit oublié, rendu à Dieudonné-Hubert Sarton, horloger belge la paternité de cette invention, injustement attribuée à Abraham Louis Perrelet.

Musée de la Montre racheté par deux communes…

Juste après avoir reçu une substantielle (!) subvention (7′715 Euros sur l’enveloppe de 2 millions d’Euros votée par le Conseil Général du Doubs en France), le musée de la Montre de Villers-Le-Lac (ville frontière avec Le Locle), connu également par les connaisseurs sous l’appellation Musée « Droz-Florès » se fait racheter par… deux communes concernées. En effet, Villers-Le-Lac et le Val-de-Morteau décident de casser leur tirelire et d’acquérir la collection d’Yves Droz estimée à 480′000 euros. Oh, pas en une fois, puisque le propriétaire a accepté un règlement sur 20 ans, ce qui représente 24′000 Euros par année. Les pièces, témoins d’une histoire horlogère d’une région qui eut ses heures de gloire, resteront dans les murs de l’ancienne usine de montres, ouverte au public en 1997. Au moins, les autorités de ce côté-là de la frontière, lancent un signal fort: cette culture-là, l’horlogerie, mérite qu’on l’entoure d’efforts pour qu’elle rejoigne le patrimoine universel et qu’elle ne prenne pas le risque de glisser dans l’oubli. Rappelons que ce sanctuaire historique est aussi le fief de l’historien Joseph Florès, sommité du savoir horloger et éditeur de Horlogerie Ancienne, la revue officielle de l’A.F.A.H.A (Association Française des Amateurs d’Horlogerie Ancienne).

Duvoisin, Paul-Fritz (1854-1912)

Val de Ruz, canton de Neuchâtel. Paul-Fritz Duvoisin (1854-1912) ouvre un atelier en 1904 au Genevey-Sur-Coffrane. Son fils, Henri-Paul (1882-1947) poursuit l’oeuvre paternelle jusqu’à son décès. L’entreprise Duvoisin & Cie fait du montage de mouvements et produit ses propres montres. Un an avant sa mort, Henri-Paul implique dans l’affaire ses deux fils, René et André toutefois, entre 1947 et 1975 -année de la triste crise, c’est sa veuve, Sophie-Elisabeth qui imprime à l’entreprise familiale sa griffe. Comme l’instauration d’un fonds social en faveur du personnel. Ses marchés sont l’Europe et l’Amérique latine. Dès 1975, André, de la troisième génération des Duvoisin, perpétue la tradition jusqu’en 1996. L’entreprise est reprise depuis par Jean-Marc Bréguet, photographe horloger à Neuchâtel et Jean-Dominique Cornuz, patron de l’entreprise Valrutech. Tout redémarre grâce à 60 mouvements de Fleurier SA, assemblés par Duvoisin & Cie, retrouvés dans les coulisses horlogères du cru. On l’aura compris, cette marque neuve, Henri Duvoisin, sera habitée par l’émanation de savoir-faire passés, redonnant au mot « série limitée » une substance particulièrement grisante pour le collectionneurs.

Chronométrie concours. Proclamation des résultats.

Il faudra attendre 17h45, heure de l’embargo le 3 décembre prochain, pour connaitre l’issue d’un concours qui fait revivre les plus belles heures de l’horlogerie. Car si la relance des concours de Chronométrie, sous l’égide du Musée du Locle, Château des Monts, n’a pas fait le plein en matière de candidats et de dépôts de dossiers, les résultats risquent fort, surtout s’ils couronnent une marque disposant de quelques moyens communicationnels, d’affoler le monde des connaisseurs et des passionnés. Le Président du Comité d’Organisation, Claude-Henri Chabloz, dévoilera ce palmarès en présence des autorités suivantes: Marcelo Droguett, Conseiller communal en charge des affaires culturelles, Gérard Triponez, Président du comité du Musée d’Horlogerie du Locle, Bernard Vaucher, Chargé de Promotion de la Ville du Locle. Côté scientifique, les responsables des laboratoires de test des villes de Besançon, du Locle et de Bienne, seront également de la partie. Une raison de plus de s’y rendre. Lire le dossier paru dans JSH – Journal Suisse de l’Horlogerie, septembre 2008.

Marabella de Consul, existe en Champagne.

Beau et viril, ce chronographe Marabella, hélas habité par un mouvement quartz, affiche ses trois cadrans dont à 6 heures, celui dédié à la petite seconde sautante. Etanche à 100m, date à 4 heures, glace saphir. Bracelet à boucle déployante, en cuir. Existe également en cadran champagne, idéal en cette avant-fête. Rescapée de la crise des années 70, la marque Consul est retournée en 1998 à Neuchâtel, canton de son origine. Et dire que cette plus que centenaire était une manufacture, liée par mariage avec la marque Girard Perregaux, et détentrice pour la première fois en 1951 de son premier certificat de chronomètre décerné par l’Observatoire de Neuchâtel. Sa marque soeur, Catamaran, a été créée en 1983. Voir le eShop de Consul.

Herzberg, Nathaniel, « Le Musée Invisible » (livre)

Raconter dans un livre la plupart des affaires de vols de tableaux ou d’oeuvres d’art, voici une belle aventure dont la liste débouche sur ce Musée Invisible qui se ballade dans la nature (Editions Toucans, 208 pages). L’auteur est journaliste au journal « Le Monde » et s’est visiblement inspiré d’un autre bouquin, plus antérieur, celui de Simon Houpt nommé « Tableaux Volés » (Editions Bachès) . Qu’importe, il comporte un oubli de taille! Même s’il raconte les cambriolages commis en 2008 à la Fondation Bührle de Zurich ou ceux qui ont démuni la Fondation Neumann de Gingins en 2004, pas de trace du casse Route de Malagnou à Genève, là où étais sis le Musée de l’Horlogerie et de l’Emaillerie, un autre espace patrimonial devenu invisible depuis. Lire la news Musée rayé de la carte.

Marin, Jean-Yves, nouveau patron du MAH

Depuis le 1er octobre 2009, Jean-Yves Marin remplace Cäsar Menz à la tête du Musée d’Art et d’Histoire de Genève. Dans une interview d’Etienne Dumont parue dans la Tribune de Genève, il affirme qu’il faut « régler le problème du Musée d’Horlogerie« . Et d’informer que le bâtiment route de Malagnou sera abandonné -il serait mal adapté. L’annonce officielle sera faite prochainement et les collections, entièrement reconstituées par la ferveur tenace de la Conservatrice Estelle Fallet trouveront refuge rue Charles Galland, leur lieu originel. Mais au fait, le Musée existe-t-il encore? Ou est-il devenu « corpus de Collections » intégrées au MAH? Lire le post « Musée de l’horlogerie genevois, rayé de la carte« .

Genève: Musée d’Horlogerie rayé de la carte?

Le Musée de l’Horlogerie et de l’Emaillerie aurait été rayé de la carte! En tous les cas, son statut d’entité propre, filiale du Musée d’Art et d’Histoire (MAH), obtenu entre 1969 et 1972 a simplement été biffé, pour devenir -et le mot est pompeux, un corpus de « collection » témoins signifiants d’une industrie majeure exercée dans la Cité depuis le 16ème siècle. Le bloghorloger.ch n’a pu obtenir aucune confirmation officielle de cette news, puisque aucun pv de séance n’en témoigne. Toutefois, le message est gravement explicite. Les mots ne sont ni anodins ni innocents. On veut bien que l’horlogerie soit une industrie, une économie, mais de là à la considérer comme une culture à part… Et n’allez pas nous dire que c’est le braquage de 2002 qui a traumatisé à ce point. Genève, capitale mondiale de la haute horlogerie, privée de Musée! Ou disposant d’un sous-musée, une sorte de département rattaché au Musée d’Art et d’Histoire… Plaisanterie, on aura tout vu.

Louis Chevrolet, sa Driver 1911 revit!

Liée à AJS -Développement, entreprise familiale dirigée par André Saunier, connu pour sa gouaille toute jurassienne, Louis Chevrolet, la marque  horlogère, essaime ses modèles depuis Porrentruy. Une sorte de conquête, placée sous la maxime « Never Give Up« , si chère à l’exilé franco-suisse qui, au début du siècle passé, quitte sa famille en 1900 pour la terre promise. Après une carrière dans le pilotage automobile, Louis Chevrolet crée la voiture qui porte son nom. Afin de faire revivre dignement ce passé, la marque horlogère jurassienne, qui essaime par le monde une collection plutôt réussie de modèles,  s’apprête à célébrer ses portes ouvertes, -5 à 6 décembre 2009, et à s’offrir un buzz: la Concept Watch Driver 1911 est annoncée. A vos plumes.

Galilée célébré jusqu’au Nobel, merci Panerai.

En 1609, le savant Galilée (Galileo Galilei, 1564-1642) dirigeait son télescope vers le ciel et, suite à ses observations, redessinait la carte céleste. Il découvre des montagnes sur la lune, des explosions à la surface du soleil, les quatre lunes de Jupiter et… sait avec certitude que Copernic a raison: la terre tourne autour du soleil et non l’inverse. 2009 est décrétée Année Internationale de l’Astronomie par l’UNESCO, et l’exposition « Télescope de Galilée » quitte L’Institut et Musée de l’Histoire de la Science de Florence pour parcourir le monde jusqu’au Musée Nobel à Stockholm où un instrument original du maitre sera visible jusqu’au 17 janvier 2010.  Ce quatre-centième anniversaire d’une avancée majeure de la connaissance est partenarisé par Panerai, qui revendique au passage les même racines toscanes que celles du savant.

Wanted, «La Captive» de Cyma…

En prévision de reconstituer ses trésors patrimoniaux, la marque Cyma lance une opération « retrouvailles » de montres anciennes. Puisque environ 30 à 40 millions de montres et réveils ont été vendus depuis la création de la marque en 1862, puisque certains modèles continuent d’être régulièrement vus dans les ventes aux enchères ou sur les sites du déjà-porté, on imagine qu’elle pourrait avoir un certain succès dans cette recherche, d’autant qu’elle offre en contre partie et si le modèle retrouvé correspond à une étape cruciale de son histoire, une montre de la collection actuelle. Toutefois, le modèle le plus recherché demeure « La Captive », cette montre sur laquelle Colette s’était fendue d’un poème hommage. Qui trouvera cette pièce rare ?

Echange d’oeuvres patrimoniales.

Or donc, le Musée des Beaux-Arts de Dijon sera en transformation durant de trop long mois. D’où l’idée de prêter jusqu’en 2012, pour les mettre en résonance avec les homologues du cru, une vingtaine d’oeuvres majeures des arts décoratifs de la Renaissance au Musée National de la Renaissance (Château d’Ecouen, dans le Val d’Oise). Au nombre de ces trésors: armes, peinture, mobilier, céramique, étains et, plus proche des arts qui nous concernent, orfèvrerie, émaux peints et… horlogerie. Comme cette montre « Oeuf de Nuremberg » entourée d’une collection d’instruments de mesure… (Source, le Blog de Benoît de Sagazan.)

Favre, la dynastie horlogère…

Que les historiens sont utiles! La première mention d’un Favre à la tête d’une dizaine de générations consacrées à l’horlogerie, a été retrouvée. Abraham Favre (1685-1762) reçoit une lettre d’Acquis datée à valeur du 1er janvier 1751. Dans un français obsolète aux délicieuses tournures, il est écrit: « Pour le Sieur Abraham Favre Maitre Horloger du Locle Bourgeoins de Valengin; D’un Bienfond à luy vendu par le Sieur Procureur de Messieurs Harscher, Négociants et Bourgeois de la Ville de Basle, Situé à Montpagin (…) Mairie dudit Locle« . Suivent deux autres Abram Favre (1702-1790), Abram Favre (1740-1823), puis un Frédéric Favre (1766-1840), un Henry-Auguste Favre (1796-1865), d’un Fritz Favre (1828-1877), d’un Henri-Adrien Favre (1865-1961), d’un Henry-A. Favre (1908-1972). Pour continuer avec les deux frangins Florian (1942) et Eric A. Favre et, plus près de nous, d’un Laurent (1973) et d’un Stéphane (1969). Faites le compte, en tout 10 générations qui englobent la célèbre marque Favre-Leuba passée en mains espagnoles et relancée en 2007. Du côté des descendants de cette épopée horlogère, le bruit veut qu’une marque, dotée d’une raison sociale antérieure à l’époque connue, vienne faire revivre le nom: A. Favre & Fils. Sûr que l’Histoire et ses plus-values culturelles ne manqueront pas de leur venir en aide… Et dire que Wikipedia fait l’impasse sur le premier de cette dynastie!

Saint-Nicolas d’Aliermont, le musée. Expo à voir

Fondée par les Archevèques de Rouen, la paroisse Saint-Nicolas D’aliermont croise l’histoire horlogère en 1725, avec l’arrivée de Charles-Antoine Croutte. L’horlogerie normande connait de belles heures, avec des entreprises comme Denis Frères ou les Ateliers Vaucanson qui se portent, au sortir de la mutation industrielle des années 1979-1980 vers d’autres marchés plus porteurs (aéronautique, téléphonie). Ce terreau normand est aussi peuplé par quelques  traces industrielles mythiques comme l’horloge Saint-Nicolas (production de qualité reconnue durant le XIXème siècle, avant le passage au réveil, à la pendule murale et à la montre), ou comme les Réveils Bayard (entreprise phare de 1867 à 1989). La science et le contrôle du temps font également partie du patrimoine local, puisque des chronométriers aliermontais, alors en concurrence avec les horlogers anglais, y ont conçu et réalisé des horloges de marines d’une grande précision: Delépine, Pons, Scharf ou Gannery… Du 24 juillet au 30 décembre 2009, exposition « L’heure en Voyage« , Musée de l’horlogerie Saint-Nicolas d’Aliermont.

Dix écoles d’horlogerie suisses. Le livre.

Ceux qui auront raté l’extraordinaire exposition lancée par Estelle Fallet dans un espace emprunté au Musée d’Art et d’Histoire de Genève -puisqu’elle est orpheline de musée depuis le célèbre vol route de Malagnou, pourront s’offrir sur la durée une séance de rattrapage des plus instructives. Grâce aux éditions Simonin (voir le profil d’Antoine Simonin). Le livre, proposé à CHF 95.00 en souscription (dépêchez-vous après il sera à CHF 120.00), sortira sous peu, début 2010. 1000 exemplaires prévus en français pour un ouvrage imposant: 24 x 30 cm, plus de 500 pages richement illustrées, impression sur papier couché, reliure cousue fil et couverture cartonnée. Y seront présentées la plus incroyable collection de montres d’écoles, de Genève, La Chaux-de-Fonds, Le Locle, Fleurier, Neuchâtel, Saint-Imier, Bienne, Soleure, Porrentruy et Le Sentier. Commander: info@booksimonin.ch.

Les complications ont-elles une éthique?

Certes oui, car elles sont issues de besoins pragmatiques à résoudre. Ainsi, à l’heure où les éclairages des intérieurs étaient à la merci de luminaires alimentés par des combustibles, il fallait, durant la nuit, pouvoir entendre l’heure. Ainsi naquit la reine des complications, la répétition minute. L’éthique voudrait que, même sous la pression d’un client hypra-fortuné, désireux d’ajouter de la matière luminescente aux aiguilles de sa grande sonnerie ou de sa répétition minute, l’horloger aie le courage de dire « non, c’est contre nature. » De la même manière, à l’époque où horlogerie et paysannerie étaient indissociables, l’idée de pouvoir disposer au poignet (ou dans sa poche) d’un indicateur de phases de lune, n’avait rien d’esthétique ou de cosmétique. C’était une nécessité. Ainsi devrions-nous traquer tous les modèles qui arborent des disques phases de lune dont l’opacité ou l’absence de fiabilité dans leur lecture, interdisent la juste perception de ces phases. Devenues inserts esthétiques plutôt que services à rendre, ces complications ont perdu de leur essence. D’autres exemples? Merci d’apporter vos commentaires.

Chronographe, la campagne oubliée de la FH

Entre 1962 et 1966, la Fédération Horlogère Suisse lançait une campagne de promotion du chronographe. D’où les lancements par les fabricants de plusieurs nouveautés. L’exportation de chronographes suisses était passée en Europe de 52′000 unités à 173′000 en 1964. Certains joyaux historiques sont issus de cette période. Le Chrono-Matic, développé par Dépraz & Cie (devenue Dubois Dépraz) et Bürren était réservé à Heuer Leonidas (devenue TAG Heuer) ainsi qu’à Breitling et Hamilton qui rachètent en 1966 Büren. Sa sortie publique date du 3 mars 1969, soit quelques semaines après le 10 janvier, date de la présentation pourtant pas aboutie, du El Primero de Zenith-Movado. La nouveauté s’était-elle ébruitée, forçant la Locloise se jouer les précurseurs armée uniquement d’un proto? Certains le pensent, ce qui n’enlève rien aux mythes…

Courvoisier, qu’est devenue la marque? Quiz!

Bloghorloger.ch serait heureux de connaitre l’identité du Russe qui a acquis cette marque horlogère (classe 14) dont l’histoire pourrait être aussi prolifique que celle sur laquelle s’appuie des Jaquet Droz, des Breguet ou autres perles historiques. Il n’y a pas si longtemps, un avocat de la place neuchâteloise fut contacté par un groupe américain en quête d’emplettes horlogères. Courvoisier était sur les rangs. Le service juridique dudit groupe ayant quelque peu trainé, c’est un Russe qui s’est emparé du joyau pour un montant d’une centaine de milliers de francs suisses. Le groupe s’est consolé en achetant, pour plusieurs millions, une marque chaux-de-fonière à quatre lettres. Dans l’attente de vos commentaires pour en savoir plus…

De ‘Del Pastor’ à la ‘Machine à Ecrire le Temps, Jaquet Droz

Del Pastor, la pendule dite « du berger » est partie en 1758 de La Chaux-de-Fonds pour un incroyable périple qui l’a menée à Madrid où elle se laisse encore admirer dans la salle Gasparini du Museo Nacional de l’Ancien Palais Royal. sur recommandation de Lord Keith, Seigneur écossais nommé gouverneur de Neuchâtel par le Roi de Prusse Frédéric II, le souverain d’Espagne avait accepté qu’on lui présentât les oeuvres de l’horloger suisse Pierre Jaquet Droz (1721-1790). Après qu’il eût fait jouer ‘plus de cent fois’ ces trésors d’ingénierie micromécanique, il s’en porta acquéreur pour la folle somme de 2000 pistoles d’or. La mémoire de l’horloger Jaquet Droz est sauve et célébrée en 2009 par Manuel Emch, l’actuel CEO de la marque éponyme qui sort une « Machine à écrire le Temps » dans la plus pure lignée des automates JD. Pour quelle raison, le Musée d’Art et d’Histoire de Neuchâtel, où s’admirent quelques automates laissés en héritage, craint-il de se voir associé à l’histoire contemporaine de ce nom?

Cyma, le 150ème c’est demain.

Dans trois ans, le 150ème anniversaire. Espérons que la marque locloise née en 1862, quelque peu déshéritée de son passé et de sa richesse historique par plusieurs années de concentration « facile » sur le marché qui marchait le mieux, les US, renaisse de ses cendres. Et s’embarque dans la réouverture de l’ensemble des pays dans lesquels elle était profondément enracinée. Avec un nombre d’environ 40 millions de montres et réveils vendus durant son histoire, imaginons que les terres à regagner couvrent l’ensemble de la planète, de l’Europe du Nord jusqu’à l’Afrique du Sud. D’ailleurs, au Pays de Mandela, un petit malin s’est approprié le nom, il n’y a pas si longtemps. Alors que nous prépare-t-on du côté de la Rue des Billodes? Espérons qu’un calibre soit au menu, ce serait la moindre. Souvenez-vous le réveil 8 jours qui réveillait trois foyers suisses sur quatre. Il était doté d’un calibre qui pourrait bien, soudainement, devenir un mythe s’il était adapté au poignet. Les ingrédients y sont, et la trentaine de collaborateurs (il y eut un temps 2′500 personnes), mériterait d’avoir des perspectives à la hauteur du trésor patrimonial sur lequel ils sont assis. Déjà, l’ensemble de l’équipe américaine vient d’être changée, voire réengagée sur d’helvètes bases. Peut-être aussi qu’un ménage sera fait dans le nombre des références, trop élevé pour l’époque. L’ancienne manufacture, liée à l’histoire de Tavannes Watch (parce que les Juifs n’avaient pas le droit de s’établir au Locle), mérite une résurrection que ses volumes actuels pourraient lui permettre de financer…

Outillages anciens chez Journe, jusqu’à fin octobre 2009.

L’espace d’accueil de la Manufacture F.P. Journe, située entre Arquebuse et Synagogue à Genève, reçoit la visite d’objets sortis tout droit d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Car le seul CEO horloger de la branche capable de descendre à l’établi et d’en remontrer à son meilleur élément, le maître de l’invenit et fecit, est également gorgé d’une culture historique dont il aime, de temps à autre, partager quelques fragments. Le cursus de la mesure du temps passe par l’outillage. Ainsi s’émerveille-t-on face aux machines lustrées, témoins d’époques où le temps n’était pas encore de l’argent et où l’ingéniosité des horlogers laisse pantois: cinquante pièces dont des tours, des machines à guillocher, à pivoter, des machines à échappement, des outils à planter les échappements, des burins et des fraiseuses, ainsi que quelques pièces de mobiliers tels layettes, établis d’horlogers, etc… Accessoirement, on réalise que la taille XXL n’est pas une tendance nouvelle. Cinq cadrans du 18ème le démontrent.

El primero, un zeste d’histoire.

En espéranto, « le premier » se dit ‘el primero’. Dans l’histoire du chronographe, ce mouvement automatique intégré à haute fréquence, 36′000 alternances par heure, repose sur une roue à colonne mue par un rotor central. Baptisé à ses débuts calibre 3019 PHC, il est le fruit d’une alliance de compétences qui, hélas, semble ne plus être citée nulle part. En effet, on doit sa naissance à Zénith, bien sûr, mais avec l’aide de Movado et de Martel Watch (qui fabriquait les fameux calibres Universal et avait été rachetée par Zénith en 1960). Signe distinctif, le guichet date se trouve à 4h30 sur les modèles Zénith et à midi sur les modèles Movado de l’époque.

Reverso, l’histoire d’un mythe.

En Inde, après un match de polo, des officiers britanniques mettent leur ami César de Trey (1876-1953) au défi de créer une montre capable de résister aux chocs de leur sport favori. De retour en Europe, l’homme d’affaires expose le problème à Jacques-David LeCoultre (1875-1948), directeur de la Manufacture «LeCoultre & Cie» au Sentier (Vallée de Joux), entreprise fondée en 1833 par Antoine LeCoultre (1803-1881). Ensemble, ils créent la montre Reverso en collaboration avec la maison «Jaeger» de Paris, fondée en 1880 par Edmond Jaeger (1858-1922). Dessiné par l’ingénieur français René-Alfred Chauvot, le boîtier est breveté le 4 mars 1931 (N° 712′868). Réversible, il est constitué d’une boite mobile – renfermant le mouvement – qui pivote sur un brancard, auquel est fixé le bracelet. La face avant de la montre peut être retournée, en un geste simple et rapide, pour protéger le verre de la montre. En décembre 1931, César de Trey, qui a racheté le brevet à Chauvot, et Jacques-David LeCoultre fondent ensemble la maison de distribution «Spécialités Horlogères» (Lausanne puis Genève) pour commercialiser la montre Reverso ainsi que les autres créations de « LeCoultre & Cie» et «Jaeger Paris». La maison de distribution rachète le brevet. En 1937, elle est rebaptisée «Jaeger-LeCoultre.» Dès 1931, c’est la maison «Wenger» de Genève qui est mandatée pour la fabrication des boites. Durant le développement par «LeCoultre & Cie» de plusieurs calibres de formes destinés aux montres Reverso pour hommes et dames, la société «Spécialités Horlogères» utilise une série de mouvements produits par «Tavannes Watch Co» (canton de Berne). Nombre de ces montres-bracelets sont alors vendues par la maison «E. Gübelin» de Lucerne. Entre décembre 1931 et avril 1932, avec l’accord de César de Trey, fort du dépôt d’une marque du nom Reverso, et avec celui de Jacques-David LeCoultre, alors administrateur de la maison genevoise Patek Philippe, huit boîtiers sont vendus à la manufacture «Patek Philippe». Elle seront commercialisées sous la référence 106. Les mouvements utilisés étaient des calibres de forme ronde, ébauches LeCoultre. «Jaeger LeCoultre» possède toujours cet incroyable brevet. Tout commentaire quant à une éventuelle paternité «Patek Philippe» de ce modèle est à replacer sous la rigueur de ces données historiques.

Nuit des musées 2009.

Profitant de l’agenda des journées internationales et de celle consacrée pour la trente-deuxième fois aux Musées, trois acteurs neuchâtelois s’associent le week-end du 16 au 17 mai 2009 pour faire rayonner leurs trésors patrimoniaux. L’AMAJ (Association des Musées de l’Arc Jurassien), le RUN (Réseau Urbain Neuchâtelois) ainsi que le GMN (Groupement des Musées Neuchâtelois) dont la Présidence de Nicole Bosshart avoue ses proximités d’avec le MIH (Musée International d’Horlogerie) de La Chaux-de-Fonds. En tout, plus de 30 musées, répartis entre Littoral et Montagnes, parfois même en terres franc-comtoises, s’ouvriront, à force de programmes et d’expos spécifiques, à la curiosité des Neuchâtelois, en premier lieu, puis des curieux de tous horizons. Le tout avec des trains et des navettes gratuites. Visualiser le programme.

Qui est Gene Cernan ? Omega en quarantième.

Il est à ce jour le dernier humain et le onzième à avoir marché sur la lune. Certes Harrison Schmidt fut le dernier à poser le pied sur l’astre selène, mais il est remonté dans le LEM avant Cernan (né en 1934) qui était le Commandant de la mission Apollo 17 en décembre 1972. Il en ramené intacte une Omega Moon Watch. Lire sa bio sur le site de la Nasa. Omega s’apprête à célébrer le quarantième anniversaire du premier homme sur la lune par la reédition d’une série de Moonwatches comportant une mini-médaille Appolo sur le cadran, et une plus grande dans son écrin. Deux médailles exécutées par Huguenin Médailleurs au Locle, célébrant le 20 juillet 1969 le premier alunissage d’une mission spatiale habitée. Le cadran comporte l’inscription en rouge de « 02:56 GMT », l’heure universelle (UTC – Temps Universel Coordonnée), à laquelle Appolo 11 s’est posée.

Omega et les JO depuis 1932.

A Los Angeles en 1932, Omega fourni une trentaine de chronographes de poche et entame sa collaboration ininterrompue avec l’histoire du temps compté aux Jeux Olympiques. De plus, la marque y avait délégué un horloger chargé d’en vérifier l’impeccabilité de fonctionnement. Jusqu’à Turin en 2006, Omega aura donc été le chronométreur officiel de 22 Jeux Olympiques et compte cette donnée sportive comme composante indissoluble de son ADN. La montre de poche 1932, construite à partir de composants retrouvés et sur des principes immables de bienfacture, célèbre cette relation durable au fil d’une édition limitée à 300 pièces. Ors jaune, gris ou rose…

Pocket Watch Omega 1932

Son coeur bat au rythme d’un calibre OMEGA de 24’’’ (53,7mm), le 3889A, 36’000 alternances/h, assemblé à partir de composants restaurés. Chronographe à rattrapante intégré et contrôlé par une double roue à colonnes, ses platines et ponts, à l’époque dorés, ont été reconditionnés, rhodiés et mis en valeur par un grenage circulaire, décorés côtes de Genève. Ses composants acier sont satinés, ses deux roues à colonnes en acier bleui. Son boîtier artisanal or 18 cts jaune, gris ou rose, abrite un cadran de 57 mm en émail blanc, délicieusement traité à l’ancienne. Deux compteurs rapportés, rehaussés d’une minuterie «chemin de fer» en émail noir: celui des 30 minutes (situé à 12h) et celui de la petite seconde continue à 6h. Chiffres arabes en émail noir et échelle 5-60 minutes tranchent avec le rouge émail des écritures corporate (symbol et nom OMEGA), fidèles aux modèles utilisés lors des Jeux Olympiques de 1932. Les aiguilles des minutes (à 12 heures) et des secondes du chronographe sont bleues. Inévitablement, le fond du boîtier, frappé des cinq anneaux et du titre, des mentions « Limited Edition » et  « Official Timekeeper of The Olympic Games », se laisse ouvrir pour permettre l’accès visuel au mouvement, tout de même protégé par une glace saphir. 300 pièces numérotées, même si les mouvements retrouvés auraient permis une production d’environ du double.

Chefs d’oeuvres d’horlogerie, chez Patrizzi. 19 avril 2009

Caractérisé par son apparence géométrique, des lignes fortes, des surfaces décoratives et abstraites, par des couleurs intenses alternant des contrastes entre le blanc et le noir, le style Art Déco fait son apparition après l’exposition des Arts Décoatifs de 1925 à Paris. Influencé par les arts premiers d’Afrique, d’Egypte, de l’ancienne Perse ou de la civilisation aztèque, grâce à l’essor des techniques durant les années 1920, ce style, habitant également les pièces horlogères, est particulièrement prisé des collectionneurs. Oswaldo Patrizzi nous entraîne vers ces revivals le 19 avril 2009, à l’Hôtel Mandarin Oriental de Genève (anc. l’Hôtel du Rhône). Au menu notamment, une horloge meuble de Boucheron (1920), une Patek Philippe «Officier» à répétition (montre-bracelet produite en 1997 à seulement 10 exemplaires en référence 5024 or jaune) avec sa petite seconde à 6 h. Une montre de poche de soirée, signée Vacheron & Constantin, produite vers 1920 en or et émail ainsi qu’une montre de poche en or gris, astronomique, phases de lune, calendrier perpétuel, répétition minutes, chronographe à rattrapante et compteurs, signée Audermars Piguet, vendue par Gübelin vers 1930.

Lemania balayée par Hayek en 2000

Pour des raisons qui demeurent encore inexpliquées auprès des connaisseurs et des spectateurs interloqués, la marque Lemania a été rayée de la carte, sans ménagements. La Nouvelle Lemania à peine rachetée par Hayek Senior pour devenir l’écrin de sa marque Breguet, tout a été fait pour balayer un passé patrimonial pourtant riche. Ainsi, des milliers de mouvements ont été détruits, avec détermination. Plans et machines ont connus le même sort, celui de la presse à métaux ou de la destruction massive. Quant aux quantités de boîtes héritées dans la transaction, elles ont été amenées à un artisan du coin pour y être meulées, afin d’être impropres à toute exploitation. Le Sauveur de l’Horlogerie s’en est même pris au bâtiment qu’il tenta de raser. Face à la résistance des habitants du cru, surtout ceux de l’Orient, il s’est résigné à y installer au plus vite, l’enseigne Bréguet, détruisant au passage le célèbre clocher dont les cloches servaient à appeler les ouvriers au labeur. Une telle razzia demeure une énigme. Existe-il une raison mystérieuse prétexte à une telle oeuvre de démolition? Le prétexte de vouloir faire table rase du passé ne tient pas. Notre enquête continue, merci d’y apporter vos lumières…

Musée d’horlogerie de Genève, nouvelles acquisitions.

Décidément, Estelle Fallet la Conservatrice du musée fantôme (le seul établissement qui n’a pas de murs, mais dispose tout de même de collections et d’une renommée internationale), a la foi. Elle vient d’enrichir le patrimoine muséal de Genève de deux raretés, entre autres : Une montre de Poche Duchêne & Compagnie, datant d’environ de 1780, double face en or, email et diamants, avec un échappement à verge, un double cadran avec affichage des 24 heures et de la date. Et puisque le vrai nom de son institution est « Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie » elle parvient à rapatrier une boîte en or et émail, de provenance anonyme et datant d’environ 1790-1800, dotée d’un triple compartiment dont l’un abrite une scène à automates et l’autre une montre. Bravo.

Montblanc, horlogers ?

En 1997, la marque étoilée se lance dans la production de montres et crée sa manufacture au Locle, la Montblanc Montre SA. En 2008, l’entité rejoint le cercle fermé des manufactures disposant de leurs calibres propres avec le lancement du « Montblanc Star Nicolas Rieussec Monopoussoir Chronographe ». En Décembre 2009, la version « Open Date » de ce modèle, présentée au SIHH de janvier, sera distillée sur les marchés.  Pour rappel, Nicolas Rieussec, génial horloger, inventa le chronographe il y a deux cent ans. Son brevet de 1822 décrit un garde-temps doté de deux disques rotatifs sur lesquels des stylets emplis d’encre inscrivaient les temps enregistrés. D’où son nom, Chronographe, au sein duquel cohabitent deux valeurs chères à la marque, le temps (chrono) et l’écriture (graphe). Il y a certainement du Henri-John Belmont là-derrière, l’homme qui fit la Manufacture Jaeger LeCoultre juste avant sa vente au Groupe Richemont.

Genève, Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie, prochaines expositions.

Privée de murs, l’Institution se doit d’envisager quelques excursions extra-muros, et ainsi, parfaire à son rayonnement. En 2009, elle participera à Cluses (Haute-Savoie) à l’exposition « L’Emailleur au Service de l’Horlogerie », à Porrentruy à l’adaptation de son exposition remarquable « Dix Ecoles d’Horlogerie Suisses. Chef-d’œuvres de Savoir-Faire », à Berlin dans le cadre de « Calvinismus, Die Reformierten in Deutschland und Europa », au Locle enfin, dans le cadre du magnifique programme conçu pour marquer le cinquantième anniversaire du Château des Monts-Musée d’Horlogerie du Locle (Dialogue avec la Collection Maurice Sandoz). Dans le cadre du SIHH 2009, la conservatrice Estelle Fallet avait participer, de concert avec Girard Perregaux, à l’exposition « Outils et Techniques de l’émail).

Montres d’exception à Genève le 17 novembre 2008

Poursuivant la consolidation de son récent leadership dans le domaine des ventes aux enchères horlogères, Christie’s risque encore à mi-novembre de cette année, d’attirer les regards de la planète sur les trésors retrouvés et balancés à la vindicte enfiévrée des collectionneurs du monde. Evidemment, impossible de ne pas y trouver une Patek Philippe. Cette fois, c’est une montre de poche tourbillon en platine, portant le N° 198′311, spécialement manufacturée par Henri Graves Junior en 1932. Restée propriété de la famille Grave jusqu’en 1989, elle a rejoint depuis le plaisir solitaire d’un collectionneur qui ne l’a jamais présentée en public avant cette vente. En primeur, la presse s’en est délectée, à l’Hôtel des Bergues For Seasons, ce vendredi 14 novembre 2008. Egalement au menu le 17 novembre, une collection privée de garde-temps en platine A. Lange & Söhne, une autre consacrée à des Patek Philippe et des Rolex griffées « Tiffany & Co », quelques rares montres sportives et chronographes de Rolex ainsi qu’un « monde de Jürgensen » en huit lots. Sans oublier une sélection de montres musicales et d’automates, dont un oignon Louis Audemars tout émaillé et endiamanté, provenant d’une Russie nostalgique de celui que la cour impériale avait baptisé « L’horloger de l’Empereur ».

Diamant Wittelsbach, 300 ans d’histoire royale chez Christie’s

Le 10 décembre à Londres, la pierre historique de couleur bleue (35,56 carats) datant du 17ème siècle débarque sur le marché international des ventes aux enchères, au risque de déclencher une endémie de fièvre acheteuse. Depuis 80 ans, ce cadeau du Roi Philippe IV d’Espagne à sa fille, l’infante Marguerite-Thérèse (1651-1673), à l’occasion de son mariage avec Léopold Ier (1640-1705), Empereur Romain Germanique, est connu sous le nom de « Der Blaue Wittelsbacher ». Quittant les trésors des Couronnes autrichienne et bavaroise, ledit caillou rejoint une collection privée en 1964. C’est évidemment le clou d’un spectacle de mise à l’encan qui se déroulera en Grande-Bretagne, juste avant Noël.

Hamilton et Hollywood, les deux H liés depuis 1951.

L’histoire conjointe de ces deux « H » démarre sous l’eau. Les plongeurs du film oscarisé « The Frogmen » (Les Plongeurs) portent tous une Hamilton. Message reçu cinq sur cinq, également sur le registre de la résistance et de l’étanchéité des montres, puisqu’il s’agit du premier film à traiter des défis techniques et pratiques auxquels les plongeurs héroïques de la seconde guerre mondiale étaient confrontés. Viennent ensuite les années soixante et leur swing: Elvis Presley en 1961 choisit personnellement la Ventura de Hamilton et sa forme de bouclier si caractéristique comme partenaire de sa comédie romantique « Blue Hawaii », un objet vendu aux enchères depuis pour permettre le relogement temporaire des sans-abris de Memphis (Tennessee); Stanley Kubrick génère ensuite, pour son « Odyssée de l’Espace » en 2001, la conception par Hamilton de garde-temps devenus mythiques. Depuis cet faits d’armes, la marque totalise 300 films et s’est hissée elle-même au rang de légende hollywoodienne, tant par ses apparitions dans des long-métrages d’action et fantastiques, comme « Retour En Enfer » ou « I’m A Legend », que dans les comédies classique comme « La Panthère Rose » (version avec Steve Martin), dans « Un Homme d’exception » (A Beautiful Mind, portrait sensible du prix Nobel John Nash), ou das le « Retour de Superman ». On se souviendra également de la place accordée à cette assymétrique montre portée par Will Smith dans « Men In Black ». Bref, quoi de plus logique pour cette enseigne horlogère qui participe souvent à l’élaboration des projets, dès la première ligne de scénario, que d’être partenaire, aux côtés du magazine Hollywood Life, des trophées « Behind The Camera ». Cohérence, mère de toutes les retombées.

Montres-école à Genève, expo jusqu’au 11 janvier 2009.

Montres-école à Genève, témoignages d’un savoir-faire plus que scolaire. Les montres-école s’exposent, au Musée d’Art et d’Histoire de Genève, du mercredi 10 septembre 2008 au dimanche 11 janvier 2009. Le vernissage a lieu le mardi 9 à 18h00. Les pièces présentées proviennent de dix écoles issues des régions de Genève, Porrentruy, Bienne, Soleure, Saint-Imier, Neuchâtel, Fleurier, La Chaux-de-Fonds, Le Locle et la Vallée de Joux. Elles sont les témoins de l’adaptation de l’enseignement spécialisé aux exigences industrielles, des inventions technologiques et de l’évolution du travail et des métiers. Elles apportent à l’horlogerie suisse, une lecture historique originale, tant les élèves se devaient, à peine sortis de l’établissement, rejoindre les fabriques ou les marques en activité. Un important ouvrage historique illustré sera publié en guise de catalogue.

La marque Delbana.

La marque Delbana « A charme of its own » célèbre en 2008 son 75ème anniversaire. Sise à Lengnau, cette compagnie créée à Granges en 1933 par Goliardo Della Balda intègre le Delma Watch Group en 2002, après avoir fusionné avec la Wega Company en 1975. La marque s’introduit avec succès en 2007 sur le marché du Moyen Orient.

Rolex Milgauss.

D’où vient le nom de cette Oyster Perpetual ? Elle résiste à un champ magnétique de 1000 Gauss. Cette automatique, étanche à 100 mètres, doit son nom à la contraction des mots “mille� et “Gauss�, l’unité de mesure des champs magnétiques. Surnommé le “prince des mathématiciens�, l’Allemand Carl Friedrich Gauss (1777-1855) est aussi astronome et physicien. Lancée en 1954, la Milgauss avait disparu du catalogue à la fin des eighties. C’est à BaselWorld 2007 qu’elle refait son apparition. Sa superbe trotteuse orange en forme d’éclair, en dit long sur ses particularités techniques.

Breitling story, par Hervé Genoud

Le journaliste et rédacteur Hervé Genoud, que l’on lit de temps à autre dans Montres Passion, est en pleine rédaction d’un ouvrage sur Breitling. Son bureau de la Rue Jean Violette, à Genève, doit regorger de trésors à faire saliver collectionneurs et amoureux de la marque et de l’horlogerie suisse. On vous en dira plus prochainement.

Montres-école à Genève, témoignages d’un savoir-faire plus que scolaire.

Les montres-école s’exposent, au Musée d’Art et d’Histoire de Genève, du mercredi 10 septembre 2008 au dimanche 11 janvier 2009. Le vernissage a lieu le mardi 9 à 18h00. Les pièces présentées proviennent de dix écoles issues des régions de Genève, Porrentruy, Bienne, Soleure, Saint-Imier, Neuchâtel, Fleurier, La Chaux-de-Fonds, Le Locle et la Vallée de Joux. Elles sont les témoins de l’adaptation de l’enseignement spécialisé aux exigences industrielles, des inventions technologiques et de l’évolution du travail et des métiers. Elles apportent à l’horlogerie suisse, une lecture historique originale, tant les élèves se devaient, à peine sortis de l’établissement, rejoindre les fabriques ou les marques en activité. Un important ouvrage historique illustré sera publié en guise de catalogue.

Wiederrecht ou le brevet 666.591. Histoire de la rétrograde.

Jean-Marc Wiederrecht est l’homme par qui la « Rétrograde » est arrivée. Cette complication, depuis plus de 20 ans, agrémente de nombreuses ouvertures sur cadran, rendant la lecture de certaines informations réellement ludique. Le système existait déjà: une aiguille qui, comme n’importe quelle jauge, transmettait par exemple l’état de la « réserve de marche ». Puis, il y eu la première Rétrograde, au sens où on le comprend aujourd’hui, le « Quantième Perpétuel Birétrograde » lancée par Harry Winston. La première montre dotée de cette nouvelle complication. Jean-Marc Wiederrecht réussit là à exprimer son talent en inventant, autour de cette fameuse jauge basique, plusieurs applications basées sur la technique de la « retenue » puis du « lâcher d’énergie ». Son brevet « Quantième à Secteur » (portant le numéro 666.591) a été déposé en 1986. Il vient donc de tomber dans le domaine public. Comme par hasard, plusieurs modèles « Rétrogrades » apparaissent sur le marché, muni de ces ludiques jeux d’aiguilles! Rassurons-nous, le carnet de commandes d’Agenhor (Ateliers Genevois d’Horlogerie), société crée par Jean-Marc Wiederrecht, continue d’enfler. Mieux, la société s’apprête, non pas dans un souci de croissance numéraire mais dans celui d’un mieux-être lumineux, à déménager à Meyrin. Le fils Wiederrecht, Nicolas, a rejoint la société, où d’ailleurs, sa maman est déjà au nombre des collaboratrices. Nul doute que l’inventeur de la Rétrograde, si belle lorsqu’elle se décline en fée pour Van Cleef & Arpel, saura rebondir en créativité, du haut de cette humilité qui caractérise les plus grands.

Relance des concours de chronométrie. Le Locle.

Sous la houlette de Cécile Aguillaume, la conservatrice du Musée d’horlogerie du Locle (Château des Monts), une poignée de passionnés relance les fameux concours de chronométrie disparus avec l’arrivée du quartz. Depuis, l’horlogerie mécanique s’est offerte une deuxième vie et la nostalgie nourrie du respect des savoir-faire anciens, notamment celui de la science du réglag (une opération qui ne parvient toujours pas à se passer de l’intervention humaine), incitent à la résurgence de ces joutes qui plaçaient la précision au centre de toute démarche horlogère. La version du 21ème siècle respecte les règlements anciens, tout en tenant compte des contingences actuelles. Ainsi, sont évidemment exclues les montres à quartz, comme d’ailleurs les montres de poche. Seuls les garde-temps présents sur le marché auront leur ticket d’entrée. Les inscriptions se terminent le 5 septembre et la présentation des candidats aura lieu le 17 septembre 2008 lors de la journée d’étude de la SSC (Société Suisse de Chronométrie). Les montres devront être déposées courant mai 2009 au Musée du Locle, afin d’entamer leurs phases de tests, confiées au Bureau du Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres au Locle (COSC), à l’Observatoire des sciences de l’Univers de Besançon et à l’institut d’Horlogerie et Création de la Haute Ecole Arc Ingénierie du Locle. Pour la première fois, des tests de résistance aux champs magnétiques seront introduits, conformes à la norme ISO 764. Le jury sera présidé par Michel Mayor, astrophysicien à l’Observatoire de Genève. Un comité d’honneur fera rayonner l’évènement grâce notamment à l’astronaute Claude Nicollier. En savoir plus ?

SSC, la Société Suisse de Chronométrie. Dynamisme vénérable.

La SSC, Société Suisse de Chronométrie: Fondée le 5 octobre 1924, à Genève, à l’occasion des Fêtes du centenaire de l’Ecole d’horlogerie de Genève, à l’issue des travaux d’un comité suisse de chronométrie qui s’était constitué à La Chaux-de-Fonds le 24 janvier, sous l’égide de la Chambre Suisse de l’Horlogerie. Entité d’utilité générale et de vulgarisation accessible à toute personne s’intéressant aux questions relatives à l’horlogerie. Se distingue par ses Congrès et ses Journées d’Etude, ainsi que par des «médailles d’or» décernées à des personnalités. Egalement par sa gigantesque base de données récemment disponible sur internet, facile de consultation grâce à ses moteurs de recherches par mots-clefs. Trois fois par année, la SSC publie un bulletin d’information qui complète l’édition des «Actes des Congrès.» Le nouvel adhérent (CHF 60.00 membre individuel, CHF 250.00 –ou plus, membre société) peut ‘rattraper’ le savoir écoulé en commandant les publications des Journées d’Etude passée ou des Congrès, depuis 1995. «L’horlogerie & ses Artistes» (2006), «La Conception Horlogère» (2005), «Perfectionnement du mouvement» (2002), «Chronométrie Moderne» (1998). Presque 1200 membres -le chiffre est en hausse. La SSC a su renouveler ses forces scientifiques en s’ouvrant aux métiers exogènes de l’horlogerie du troisième millénaire. Elle augmente sa présence événementielle grâce au lancement des « Petits Déjeuners », de scientifiques agapes qui permettent, pour la première fois, de relier le monde des élèves des écoles horlogères à leurs futurs employeurs.
Président : Zian Kighelman – Secrétariat : Centredoc +41 32 720 5131 à Neuchâtel.

Piaget, dépôt de la marque.

Si Georges Piaget commence en 1874 à La Côte-aux-Fées à exercer son génie artisanal et inventif, créant le premier atelier familial (sous l’église), c’est en 1943 que ses descendants Gérald et Valentin déposent la marque Piaget, fabriquent et commencent à commercialiser.

Louis Moinet retrouve sa maison de Saint-Blaise…

Louis Moinet retrouve sa maison de Saint-Blaise, du côté de Neuchâtel. En fait, le célèbre horloger Parisien (1768-1853) s’était établi dans un lieu que l’actuel CEO Jean-Marie Schaller de la marque Louis Moinet se devait d’annexer. Histoire d’y faire revivre l’esprit des lieux, une salle «archives» permet au visiteur de feuilleter la collection des fameux «Traités d’Horlogerie» sans parler de se frotter à quelque antiquité rare. Tout ça asseoit l’assise de cette marque, l’aidant notamment à vendre les 60 exemplaires de son Spiroscope.

La conquête du temps selon Herni.

Jour pour jour, cinquante ans après l’exposition internationale et universelle de Bruxelles, le Musée International de l’Horlogerie, inaugurait le 17 avril 2008 une exposition consacrée à ce triptyque de Hans Erni. Y a été également présentée l’horloge universelle de Favag, qui y fut exposée, au pavillon Suisse, ainsi que d’autres montres et pendules, d’autres fresques de l’artiste.

Le vibrographe.

Longtemps le régleur, également appelé le chronométrier puis parfois maître régleur, avait le difficile devoir de garantir la précision. Cela prenait du temps. Il fallait au minimum 2 à 5 jours d’attente, pour être en mesure de tirer des conclusions des tests de marche d’une montre qui se faisaient en 2 ou 5 positions. A l’issue de ces phases de vérification, il faisait des retouches presque à l’aveuglette… et, recommençait ses observations jusqu’au moment où sa conscience professionnelle lui semblait en phase avec les critères de l’usine. Avant que le quartz ne résolve cette problématique de la précision, un appareil capable de comparer instantanément la marche des montres a fait son apparition. Le vibrographe. Pour la petite histoire, les régleurs de l’époque voulurent d’abord casser cet appareil, craignant pour la perpétuation de leur métier. Il leur fallu quelques semaines pour en être ensuite accro.

Passage des Lundis-Bleus…

Histoire horlogère. D’où vient le nom du « Passage des Lundis-Bleus » à la Chaux-de-Fonds ? Payés à la semaine ou à la quinzaine, les ouvriers de l’horlogerie avaient l’habitude de boire jusqu’au dernier sou de leur salaire. D’où ces lundis qu’ils s’accordaient pour récupérer, envoyant valser les patrons qui venaient les chercher pour les amener à l’atelier. Bernard Muller et son épouse Marlyse Schmid racontent l’horlogerie dans un ouvrage à paraître en septembre 2008. L’horlogerie du Pays de Neuchâtel, et son patrimoine horloger, à savoir 350 ans d’histoire, du Bas et du Haut, des Vals de Travers et de Ruz. Saupoudré d’humour, d’anecdotes croustillantes, de vraies données. Le tout grâce au soutien de l’Etat de Neuchâtel, des villes du Locle et de la Chaux-de-Fonds, de la Loterie Romande, de la Fondation Elysium et de plusieurs entreprises horlogères.

Horloge universelle de Favag.

En 1958 le canton de Neuchâtel occupait la place qui lui revenait, à savoir d’être le garant de l’heure de toute la Suisse, par son Observatoire chronométrique et son célèbre troisième top. C’était grâce au Laboratoire suisse de recherches horlogères (LSRH), à l’Institut de Physique de l’Université, et à Ebauches SA (Oscillo-quartz). Ainsi, les vitrines du Pavillon suisse accueillirent-elles des montres, chronomètres et autres pendulettes de 1958, témoignages de la supériorité helvétique en matière de haute précision. Car la Belgique d’alors n’avait pour étalon référence que son oscillateur moléculaire à ammoniac…

Favre Leuba. Belle résurgence.

Favre Leuba. Abraham Favre fait partie de cette fourmilière de chercheurs, d’inventeurs, de créateurs et de penseurs qui transforment le siècle en siècle des lumières. Les saltimbanques de l’époque ? Contre une chambre meublée, des souliers cirés et du bois pour faire chauffer la soupe, l’homme met à disposition sa science horlogère. C’est un ancien d’église et juge de Renfort, il loge à La Chaux-de-Fonds, s’initie à l’art horloger dès 1718 et, sous l’œil avisé du maître Sieur Gagnebin, il en fait son métier. De passionné, il devient spécialiste et il est déclaré horloger selon un acte notarié du 13 mars 1737 puis « Maître horloger du Locle en 1751 ». Ainsi naît l’une des marques les plus prestigieuses du patrimoine horloger suisse, dont le fondateur collabore étroitement avec Jacques-Frédéric Houriet, le père de la chronométrie suisse. Au 19ème siècle les Leuba s’associe aux Favre et font commerce de leurs produits jusque dans des endroits reculés de la planète. Suivent huit générations d’horlogers…. Aujourd’hui, redevenue indépendante, c’est Clément Brunet-Moret qui en tient la destinée. Relance de la Bathy, célèbre garde-temps de plongée, avec un système mécanique de profondimètre (grâce à une membrane située sous la montre).

A. Lange & Söhne, pans d’histoire.

Pans d’histoire, A. Lange & Söhne. En visite officielle à Constantinople, en 1898, l’empereur allemand Guillaume II offre à son hôte une prestigieuse montre de poche A. Lange & Söhne. Nous sommes sous l’ère de Richard Lange, le fils du fondateur Ferdinand Aldolph Lange (1815-1875). En 1930, Richard Lange découvre que l’adjonction de bérylium dans les alliages améliore les propriétés des ressorts de montre. Il fait breveter sa découverte. En 1945, le bâtiment principal de production des montres Lange est presque détruit par les bombes. En 1948, la famille est expropriée par le régime communiste est-allemand. Walter Lange (petit-fils du fondateur) s’expatrie à l’Ouest. C’est grâce à la société LMH suisse qu’il retrouve son héritage et que la marque est redéposée dans tous les pays. Elle sera absorbée par le groupe Richemont.

Schwarz Etienne, pionnière en communication.

Schwarz Etienne fut une marque pionnière de la communication horlogère testimoniale et de ce qu’on appelle aujourd’hui le Celebrity Marketing. Lorsque, après la guerres, l’actrice américaine Jane Mansfield visite les établissements Piocos, elle craque pour une « Vénus de Milo. » La société lance alors un slogan qui a fait depuis quelques émules : « Vénus, la montre des vedettes, la vedette des montres… » Ah que cette histoire dispose de charmes délicieusement vintages… !

Circuit horloger touristique de Porrentruy.

En vieille ville, Jura Tourisme et l’Association des Guides de Porrentruy ont mis sur pied un circuit horloger dont le tracé comprend la visite des cadrans solaires du Jardin botanique, de la Méridienne, de la Pendule Foucault, du Musée de l’Hôtel-Dieu, de la Méridienne de l’Hôtel de Ville, de la Porte de France et de la Fondation Horlogère. Se renseigner chez Jura Tourisme : porrentruy@juratourisme.ch – +41324204772.

Fondation horlogère de Porrentruy, une institution méconnue.

Fondation horlogère de Porrentruy, une institution méconnue. Créée dans le Jura en 2001 afin de promouvoir l’horlogerie jurassienne au travers de différentes mises en valeur d’entreprises ou de ventes aux enchères d’horlogerie, La Fondation Horlogère de Porrentruy s’autorise d’après ses statuts à acquérir des pièces rares d’horlogerie, après expertise, de remettre en état de fonctionnement des pièces historiques, de participer à la recherche historique sur l’horlogerie suisse. Elle archive des documents, collecte des livres, engrange des données sur les marques de montres. Ouverte à la possibilité de legs faits par des particuliers –elle dispose d’un local destiné au stockage, aux expositions et aux conférences, elle contribue au développement de l’attrait et de l’image horlogère du Jura. Initiée par Tony Müller, responsable du Marché Suisse chez Bergeon, qui en est toujours le Vice-Président, elle est présidée actuellement par le comptable Jean-Jacques Borgeaud.

L’horloge de St-Pétersbourg se ballade dans le Jura.

Arrivée à Porrentruy en novembre 2004, repartie en Russie en octobre 2006, la fameuse horloge a sphère mouvante de St-Pétersbourg a été rénovée, dans le cadre d’un programme de coopération avec l’Est, mis sur pied par le Service de la Coopération et le Bureau du Développement Economique du Jura. Le but ? Mettre en valeur le savoir-faire jurassien dans le domaine horloger. Mise à disposition par le Kunstkamera, le Musée des Collections Privées de Pierre Le Grand à St-Pétersbourg, cette horloge nécessitait une sérieuse rénovation, à faire dans les règles de l’art. Pour parvenir aux 3′000 heures de travail requis, les Ecoles d’horlogerie de Porrentruy et de Morteau (Lycée Edgar-Faure de Morteau) se sont associées autour de « Epmosphère », le nom de code de l’opération. Le tout a été chapeauté par la Fondation Horlogère du Jura.

TAG Heuer 360, Private Museum.

Le 30 janvier 2008, à La Chaux-de-Fonds, la marque ouvrait son musée en présence de la super star de Formule 1 le pilote Lewis Hamilton, de l’Ecurie Vodafone McLaren Mercedes. Le premier musée construit sur 360 degrés, afin de célébrer 150 années riche en héritage. 250 journalistes, détaillants, agents et People avaient fait le déplacement et purent admirer la saga sur film proposée sur un écran auto circulaire alimenté par une armée de 12 ordinateurs, capables de générer 1 million d’images à l’heure. Et Lewis d’en rajouter une couche : « Je suis très fier d’être là ce soir puisque TAG Heuer me soutient depuis des années, avant même que je n’accède à la F1. C’est un véritable lien qui nous relie, sur le plan humain, et nous partageons les mêmes valeurs de prestige, de sportivité et de recherche de la performance…. »

Chronométrie, commander son extrait.

Chronométrie. Les résultats des concours de réglage des chronomètres étaient publiés chaque année, subissant ça et là quelques variations dans leur présentation. Chaque montre qui avait obtenu plus de 2/3 des points paraissaient dans la liste des résultats publiés par la Société des Arts Classe d’Industrie et de Commerce (1872 à 1927) et dans les Publications de l’Observatoire (1928 à 1968). Toutes les montres qui réussissaient les épreuves au concours pouvaient obtenir un bulletin de marche. Ces bulletins peuvent s’obtenir par des demandes d’extraits des registres, directement auprès de l’Observatoire de Genève, à Sauvergny. Une manière de connaître les « livrets scolaires » précis des garde-temps que l’on possède ou que l’on aimerait acquérir. A ce jour, ce sont surtout les grandes maisons de ventes aux enchères qui font régulièrement appel à ce service. http://obswww.unige.ch/%7Epernier/obschrono/extrait2.html

Chronométrie, le rôle de l’Observatoire de Genève.

Chronométrie, les concours. A la fin du XVIIIe siècle l’industrie horlogère en plein essor était le pilier de l’économie genevoise générant une importante et active communauté scientifique. La convergence d’un besoin d’une détermination précise du temps pour l’industrie et le développement de l’astronomie ont été les raisons de la création de l’Observatoire de Genève en 1772. Dès le début de son existence l’Observatoire a été le témoin de la précision que les fabricants de montres étaient capables d’atteindre. Au cours des années les horlogers ont réalisé les avantages et le prestige qu’ils pouvaient acquérir à être cités parmi les meilleurs. Pour améliorer les performances déjà renommées de l’horlogerie genevoise la Classe d’Industrie et de Commerce de la Société des Arts confie en 1872 à l’Observatoire de Genève l’arbitrage du concours de réglage des chronomètres qui se déroulera jusqu’en 1968. Sauvergny se trouve en possession de ces précieuses archives. Avec l’arrivée des montres à quartz, le concours a été supprimé.

De Dresde à Glasshütte –Les origines de l’horlogerie de précision en Saxe. (2007-2009.)

De Dresde à Glasshütte –Les origines de l’horlogerie de précision en Saxe. (2007-2009.) Il s’agit d’une exposition présentant un choix de montres issues de la collection du Salon des Science Mathématiques et Physique, retraçant l’histoire de l’horlogerie de précision depuis l’époque de la cour de Saxe jusqu’à la fondation de l’industrie horlogère dans les Monts Métallifères. Cette exposition se tient chez A. Lange & Söhne jusqu’en 2009, date de la réouverture du Salon des sciences mathématiques et physiques fermé depuis le printemps 2007 pour travaux de rénovation. A visiter, impérativement, 40 pièces rares peuvent y être admirées.

Incabloc, les fameux rubis.

C’est à la fois un produit et une marque issus de la collaboration entre deux ingénieurs EPFZ, Fritz Marti et Georges Braunschweig, auteurs d’une idée novatrice : proposer aux fabricants d’horlogerie, un amortisseur de chocs complet, pré-assemblé et adapté aux côtes des mouvements. Aujourd’hui encore, ce dispositif génial, continue d’équiper la plupart des montres mécaniques et des manufactures suisses et étrangères. En 1988, le département « Incabloc », alors propriété de Portescap (La Chaux-de-Fonds) est racheté par Eric Zutter. Avant la crise des années 70, avant que l’horlogerie mécanique suisse ne revienne à l’ordre du jour, le fait que chaque montre produite soit équipée de 17 à 23 rubis (chaque rubis étant un amortisseur de chocs), les fortunes engendrées par cette invention permirent à ce fournisseur de jouer, en termes de communication, dans la cour des marques célèbres, notamment en sponsorisant le fameux tour de France cycliste. Avant cette incroyable invention, une montre qui tombait au sol n’en ressortait rarement indemne : son mouvement se cassait, la plupart du temps. A noter que, pour cette utilité, seul le rubis synthétique est utilisé.

Girard Perregaux, cambriolage !

Girard Perregaux, cambriolage ! (Eté 2007) – Le 5 juillet 2007, dans la matinée, deux voleurs ont pénétré dans le musée privé de la marque chaux-de-fonière, séquestré une employée et emporté un butin jugé immédiatement par la presse et les spécialistes comme invendable, en raison de la notoriété de certaines pièces. Tellement invendable que plusieurs voix autorisées ont craint un instant que ce casse fut l’objet d’une commande, vraisemblablement d’un collectionneur un peu trop passionné. Le butin a été retrouvé la semaine suivante, intact, dans le département du Doubs voisin. Les système d’alarme étant jugés comme parmi les plus performants du moment, il se confirme que seul l’élément humain est à l’origine de cette tromperie.

« Villa Marguerite », le musée de GP.

Datant du début du 20ème siècle, acquise en 1998 par la Manufacture Girard-Perregaux (Groupe Sowin), la Villa ouvre ses portes en 1999 pour présenter au public, les richesses des collections anciennes et contemporaines de la marque plus que bicentenaire. En tout plus d’une centaine de montres anciennes ou contemporaines, réunies patiemment, dont le fameux Tourbillon sous trois Ponts d’or, fleuron de la marque.

Jaeger LeCoultre au Sentier.

Jaeger LeCoultre, rappel : premier bâtiment construit dans la bourgade « Le Sentier », en 1833. Toujours le corps central de toutes les constructions actuelles qui abritent 900 employés, dont 65% de Français, puisque la frontière est toute proche et que l’horlogerie est également une spécialité du Jura français. La branche LeCoultre remonte aux Huguenots immigrés en Suisse suite à la révocation de l’Edit de Nantes, et la branche Jaeger est celle d’un horloger alsacien installé à Paris. Fusion en 1937. 95% des composants d’une montre y sont fabriqués grâce à 41 corprs de métier.

Panerai, l’histoire….

Histoire : Panerai est acquise il y a dix ans par le Groupe Vendôme, devenu depuis le Richemont. En fait, le groupe ne faisait l’acquisition que de la branche ‘Montres’, ‘Boussoles’, ‘Profondimètres’, et ‘Instruments optiques de précision’ de Officine Panerai, et de la marque. L’entreprise originelle fut rebaptisée Panerai Sistemi. Dans les années 30, OP était le fournisseur officiel en dispositifs sophistiqués et de haute précision de la marine militaire italienne. C’est à ce titre, qu’elle produisit les premières gammes de montres spécialement conçues pour les conditions extrêmes et à haut risque. Ce n’est qu’en 1993 que ces montres secrètes et spéciales sont divulguées au grand public, en éditions limitées, porteuses des marques d’origine « Luminor » et « Mare Nostrum »

Répétition minute, la première.

Première répétition minute au poignet. En 1892, afin d’honorer une commande de la société Louis Brandt & Frère à Bienne, Audemars Piguet conçoit et achève la première montre-bracelet répétition minutes du monde. C’est le début de la mode des montres-bracelet.

Religiosité horlogère

Religiosité horlogère : la famille Piaget était très pieuse, comme beaucoup de rescapés de l’ère rurale des montagnes neuchâteloises, sensibles à un réveil évangélique au début du siècle. Ainsi, depuis La Côte-Aux-Fées et bien avant que le nom Piaget soit synonyme de noblesse horlogère, les fondateurs, dont le grand-père de Yves-Gérald Piaget, soutenait dans le plus grand secret, une modeste mission évangélique de Nogent-sur-Marne, active en Côte d’Ivoire et en Haïti. Déjà en 1927, cette mission, démunie de toute velléité coloniale, prônait l’alphabétisation et la lutte contre la malnutrition. A son arrivée, en Côte d’Ivoire, les catholiques et autres mouvances protestantes s’étant déjà « partagées le territoire », cette petite mission n’eût d’autre choix que de se fixer, en remontant le fleuve Sassandra, dans le centre ouest du pays, à Daloa notamment. Elle y ouvrit un Collège Protestant qui fêté récemment ses 50 ans d’existence et duquel partirent un grand nombre de représentants des élites ivoiriennes actuelles. Le niveau d’études y est encore un des plus réputés du pays.

Adler, aussi des montres.

Depuis 1886, quatre générations de Adler peaufinent un savoir-faire né à Vienne. Si la famille élit domicile à Istambul, ville aux multiples facettes culturelles, elle rime avec haute-joaillerie et s’essaime en boutiques de proximité aux quatre coins du monde. Sa vocation première n’a rien d’horloger, mais sa présence en Suisse légitimise une production parcimonieuse de garde-temps bijoux.

Longines et l’Assuag.

Depuis 1971, l’entreprise de Saint-Imier appartient à l’Asuag (Allgemeine Schweizerische Uhrenindustrie AG). C’est la crise qui secoue également une autre société, propriétaire de Tissot et de Omega, la SSIH (Société Suisse pour l’Industrie Horlogère.) En 1983, les deux entités fusionnent. En 1985, Nicolas Hayek prend la majorité du capital et constate que l’Asuag a signé des contrats permettant à des firmes étrangères de produire et de vendre des montres sous le label Longines dans leur pays. Une sorte de licencing. Etats-Unis, Corée du Sud et même Italie sont concernés. Casser ces contrats coûtera environ 100 millions de francs au nouveau groupe. Il s’agit d’un exploit visionnaire de management.

Longines, histoire.

En 1881, la marque pénètre le marché russe avec qui elle entretient toujours d’excellentes positions. Son fondateur Ernest Francillon meurt en 1900. La famille reste au Conseil d’Administration tandis qu’un certain Robert Baptiste Savoyer prend la direction. Nous sommes à l’époque où la montre passe de la poche au poignet. En 1905, la marque est l’une des premières à produire une montre-bracelet par des moyens essentiellement mécaniques. Une innovation qui marque le début d’une réorganisation de sa production, poursuivie au cours des années 1920 et 1930.


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