Ferdinand Berthoud, l’éclairage d’un connaisseur.

En 1952 dans une édition du plus ancien magazine horloger du monde (juillet 1876), l’actuel JSH, Journal Suisse de l’Horlogerie, l’auteur L. Defossez écrit: « Il est indispensable, quand on parle des idées de Berthoud, de spécifier la date car, au cours de son existence, il a souvent changé d’opinion. (…) Ces changements étaient généralement commandés par ses expérience personnelles ou par celles de ses contemporains. Généralement, ses idées évoluaient dans le bon sens. Mais on est parfois décontenancé de constater chez Berthoud des idées paraissant aujourd’hui bien étranges. Il était un autodidacte et ne possédait pas à fond les théories qu’il exposait, ceci se voit déjà à son vocabulaire…  » Dossier complet sur horlogerie-suisse.com et à retrouver au fil d’une saga historique en plusieurs épisodes dans les pages JSH (Journal Suisse d’Horlogerie) des magazines Heure Suisse et Heure Schweiz (Promoédition, Genève).

Ferdinand Berthoud extrait des archives de JSH

Eric Cosandey, professeur d’horlogerie et fondateur du site horloger-suisse.com parcourt inlassablement les archives de JSH, Journal Suisse d’Horlogerie, le plus ancien magazine horloger du monde racheté par Promoédition (Roland Ray) dont la première parution remonte à juillet 1876! Il en ressort chaque fois avec de fascinantes trouvailles. La dernière en date, dont la publication prend des allures de saga, publiée en plusieurs épisodes dans les pages JSH des magazines Heure Suisse et Heure Schweiz, marche sur les traces des grands chronométriers de marine. Ce dossier paru en 1952, signé par L. Defossez, retrace plus précisément la vie de l’horloger et écrivain Ferdinand Berthoud (1727-1807) sous le titre « Les horloges Marines de Ferdinand Berthoud« . La 3ème partie paraîtra dans l’édition prévue pour BaselWorld tandis que l’ensemble du sujet se trouve en ligne sur horlogerie-suisse.com.

Josef Heeb et Genève. Et l’eau vint à manquer!

Sculpteur Carougeois d’origine Saint-Galloise, Josef Heeb (1930-1980) était aussi un poète du temps qui coule. Une sorte de vulcain, non pas qu’il s’agisse d’une quelconque allusion à une marque locloise, mais en référence au métier de ce dieu romain, patron du feu et des forgerons, fils de Jupiter et de Junon, époux de Vénus. Célébré en 2008 par le Musée de Carouge (voir certaines oeuvres de cette expo photographiées par une bloggeuse), l’artiste a laissé ici ou là quelques pièces d’anthologie. Comme «La Joie», cette clepsydre –horloge hydraulique, déplacée depuis dans l’aile ouest de l’Aéroport de Cointrin, offerte en 1968 à la ville de Genève par la manufacture Favre Leuba. Constituée de 10 roues Hispano-Suiza, d’une charrue, d’un attelage de course et de poussettes, cette réalisation de 6 mètres de haut pour 2 tonnes consommait 160 litres d’eau par heure. Toujours visible aujourd’hui, elle ne fonctionne plus… Comme celle qui porte le musical nom de «Rêve en la bémol» et qui siège encore dans le parc de feu le Musée d’Horlogerie de Genève, route de Malagnou. Ses 8 mètres de hauteur et 5 de largeur témoignent encore de deux années d’aboutissement mêlant les savoirs de l’artiste et ceux des ateliers Poylmécanique SA. Hélas, ces pièces majeures ne fonctionnent plus! Problème de maintenance, parfois de bruit, mais surtout, preuve qu’à Genève, l’eau, comme les flux d’une culture horlogère forte et non privée, ont fini par manquer. Ouf, dans le hall d’entrée de DEH –Distribution d’Exclusivités Horlogères Sàrl, à la Praille, Florian Favre -9ème génération de la célèbre famille horlogère originaire du Val de Travers, entretient une horloge murale de l’artiste. En parfait état de précision. Souvenirs.

Littérature horlogère en revue

Dans les magazines horlogers Heure Suisse et Heure Schweiz en 2011, sous la plume de la journaliste Muriel Grand, une place importante a été offerte à la littérature horlogère. Avant que le bloghorloger.ch ne passe en détail les livres présentés, invitant ses followers a les commander sur la bibliothèque online watchprint.com, voici le lien permettant de les passer en revue.

Enterré le musée d’horlogerie de Genève?

Genève. A l’heure où une formidable expo horlogère transforme le Musée Rath en écrin de « Trésors d’or et d’émail » jusqu’au 29 avril 2012, histoire de se rendre compte enfin de la richesse et de la qualité de ce patrimoine d’exception, il est bon de relire la page 23 du Mémorial des Séances du Conseil Municipal de la Ville de Genève (168ème année, 4501 – N°39). Ou comment se clôture un sinistre épisode de la vie culturelle genevoise: CHF 423′032.07 ont été dépensés pour parvenir à la conclusion que la sécurisation de la Villa Route de Malagnou abritant le Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie de Genève était soi-disant trop coûteuse. De l’argent public jeté par les fenêtres puisque, de toute manière, la volonté politique ayant décidé de tout investir pour agrandir le Musée d’Art et d’Histoire, s’est employée depuis à tout mettre en oeuvre pour parvenir à ses fins. Comme démontrer à tout prix -c’est le cas de le dire- que d’autres Musées pouvaient y trouver un bénéfice. Ainsi, le 18 janvier 2011, selon le PV de cette séance en après-midi, « Le Conseil administratif a décidé d’abandonner le projet de réaménagement et d’agrandissement du Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie au profit d’une mise en valeur des collections dans le cadre de rénovation et d’agrandissement du Musée d’Art et d’Histoire au 2, rue Charles-Galland. L’étude du réaménagement, de la sécurisation et de l’agrandissement du Musée est abandonnée. » Des Musées d’Art et d’Histoire, il y en a des centaines voire des milliers dans le monde, un Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie, il n ‘y en avait qu’un, à Genève, dans l’une des métropoles horlogères les plus en vue de la planète. Cherchez l’erreur.

Horloge Saint-Nicolas à vendre…

Publié en octobre 2009, notre article informant sur une expo au Musée Saint-Nicolas d’Aliermont à Rouen, nous amène le commentaire suivant: « Je possède une très belle horloge Saint-Nicolas en chêne sculpté; cadran 1838 Mariné Levasseur Elle fonctionne; un antiquaire de Rouen m’a donné de la corde neuve. Je n’ai personne dans ma famille à qui la donner aussi je vais la mettre en vente.
Peut-être aurez-vous parmi vos visiteurs un amateur. Le prix sera celui le plus courant sur internet. Avec mes salutations.
 » Dès réception de l’info, nous rajouterons le prix et, s’il en existe, une photo de l’objet. Renseignements > zev85@orange.fr – Mais qui était donc ce Mariné Levasseur dont le Musée d’Aliermont de Rouen semble posséder quelques pièces? Une réponse nous est parvenue, merci.

Racine, Ariste (marque ENICAR)

Vers 1913, Ariste Racine utilise un anagramme de son nom pour déposer à La Chaux-de-Fonds la marque ENICAR. Direction Lengnau où sa société déménage durablement. Ses modèles pour hommes, femmes, pour militaires, notamment ceux qui sont dotés d’une boussole intégrée débarquent sur les marchés. Vers 1950, un catalogue ENICAR présente d’autres modèles porteurs des noms Longeau ou Alprosa. 1956, pour la première fois et grâce à une expédition d’alpinistes suisses, le sommet de l’Himalaya est vaincu. Chaque membre de l’expédition porte une Enicar. La mention « Ultrasonic » désigne une technique unique de nettoyage des mouvements aux ultrasons, avant leur huilage. Robustes, les montres Enicar gagnent leurs lettres de noblesse avec la sortie en 1958 de la Sherpa Dive, une étanche à 200 mètres dont le fond gravé représente une huître ouverte avec sa perle, ainsi que l’inscription « Seeperl » qui désignera par la suite les montres étanches de la marque. Pionnier des boutiques monomarques, Enicar ouvre à Johannesburg un magasin éponyme, construisant sur le succès de son « Sherpa World Timer » un GMT. Le succès de la boutique arrive aux oreilles des détaillants qui se pressent au portillon.

A Rouen, quelques trésors de fer

Jean-Louis Le Secq des Tournelles (1818-1882) fonde la plus grande collection de ferronnerie d’Europe qui compte en 1865 environ 6000 pièces. Aujourd’hui, le Musée du Secq-des-Tournelles à Rouen en compte 10′000 de plus dont 60% son exposées. Il en va des arts de la serrurerie jusqu’aux objets les plus hétéroclytes, comme cette enclume du XVIeme siècle dont la petite taille laisse penser qu’elle aurait pu servir à la fabrication de composants horlogers. Et si vous passez par cette ville de Normandie, autant également faire le détour par le Musée de la Céramique, ce matériau si utilisé en horlogerie aujourd’hui.

Fontainebleau et Rolex, le temps retrouvé

Visibles sur le circuit principal des visites du Château de Fontainebleau, notamment dans les « Grands Appartement » et le « Musée Napoléon 1er », vingt-sept trésors de l’art horloger des XVIIIe et XIXe siècles font l’objet de toutes les attentions restauratrices de Patrick Arvaud et de sa fille Yohanna. Grâce à Rolex, ce minutieux travail passionnel trouve un second souffle qui redonne vie aux mécanismes délicats de pendules signées par de grands noms: le bronzier Denière et les grands maîtres horlogers que sont Porchez, Lepaute, Bailly ou Breguet. Nul doute que le remarquable écrin d’un Château de Fontainebleau remarquablement meublé ajoute au prestige de ces objets, disséminés du Musée chinois de l’Impératrice Eugénie aux Petits Appartements des Souverains, en passant par le Musée Napoléon Ier. Profitons des vacances pour approcher ces trésors historiques lors d’un émouvant voyage dans le temps.

Eberhard & Co, 10 ans de Chrono 4

Eberhard & Co. L’histoire de cette authentique marque suisse, née en 1887 dans l’arc jurassien, est liée à celle du chronographe, au travers des décennies du siècle passé comme à l’orée du 21e siècle avec l’arrivée du Chrono 4. Cette marque à part bichonne sa production annuelle d’environ 15′000 unités. L’Italie, comme à l’heure où elle dictait la tendance mondiale, reste un marché privilégié, mais pas seulement…  Classés X, les dix ans de l’anniversaire de la famille Chrono 4 se célèbrent avec panache, en full size, avec notamment la Géant Titane en édition limitée. Quant aux accointances d’Eberhard & Co avec l’univers de la course vintage, elles se cultivent au présent tandis que Gilda, une collection pour femmes, s’ouvre au jeu des couleurs.

Porrentruy, journée portes-ouvertes et inauguration de nouveaux locaux.

Coup double! 10 ans d’existence à fêter et de nouveaux locaux abritant des trésors horlogers. La Fondation Horlogère de Porrentruy invite la presse puis le public, le 20 mai 2011 prochain de 15h à 18h puis, pour visiter l’Espace Auguste Viatte, au 9, de la rue Pierre-Péquignet à Porrentruy. Evidemment, le verre de l’amitié (19h) et la présence des officiels du cru (dès 18h15) rondement dirigés par le Président de la Fondation, Jean-Jacques Borgeaud, dès 18h15, la partie officielle. Pour l’Histoire, Auguste Viatte (1901-1993) était un homme de lettre canadien franco-suisse, né à Porrentruy, résistant notoire depuis le Canada durant la dernière guerre. Un érudit, en somme, pétrie de culture créole et ardent défenseur de la francophonie.

Grande bourse horlogère à Bâle, le 27 mars

Toute personne fraîchement entrée en passion horlogère se demande pour quelle raison la plus grande manifestation mondiale de la branche se déroule à Bâle, une ville qui, chacun le sait, s’intéresse plus à l’art contemporain qu’à la culture horlogère. Une culture par ailleurs profondément ancrée dans le terrain francophone et qui laisserait imaginer que BaselWorld aurait du naître et se développer en Romandie. Historiquement, les horlogers s’étaient greffés sur une foire comme il en existe encore, du genre Salon des Arts Ménagers ou Comptoir de Lausanne. Et, la situation de Bâle, au carrefour entre Suisse, France et Allemagne, fut plutôt propice au commerce des montres. Afin de renouer avec cet esprit du début et avec l’histoire des comptoirs, ces marchés parfois itinérants de la montre, l’horloger Christian Etienne, dont l’échoppe née le 15 juin 1987 dans une ancienne boulangerie de Porrentruy, la Clinique Horlogère, lance au Stadt-Casino de Bâle, une grande bourse horlogère: montres anciennes ou modernes, pendules, livres et outils, tout y sera. Une cinquantaine d’exposants, en marge du plus grand raout mondial, particulièrement déterminés à nourrir les passions horlogères des chineurs de tous bords, grands collectionneurs inclus. Dimanche 27 mars 2011, de 10h à 16h.

Régler son ordi sur la fréquence confédérale.

Le temps est-il politique? Comme toute forme d’étalonnage, les poids, les mesures et bien sûr la mesure du temps, la certification chronométrique est affaire d’Etat. C’est, au sens politique du terme, une mission de l’Etat que de permettre à ses populations d’accéder au temps. Dans le passé, cette responsabilité incombait aux Observatoires nationaux ou cantonaux, qui redistribuaient aux horloges publiques et aux monuments. Aujourd’hui encore, c’est le METAS, Office Fédéral de Métrologie, qui a la mission de contrôler, de définir le temps confédéral qui, soit dit en passant, est plus de nature atomique que mécanique. Car la fréquence traquée est de l’ordre du milliardième de seconde! Ce temps étalon, côté ondes, était distribué par l’émetteur de Prangins, érigé en 1931. Hélas, pour raisons économiques et puisqu’on se satisfait des super signaux venus d’Allemagne, sa fermeture a été programmée. Rénovation et entretiens coûtaient trop chers. Pour tout de même avoir accès à notre temps confédéral, il y a un moyen simple. Qui passe par tout ordinateur, quelle que soit sa position dans le monde. Il suffit d’aller dans les préférences systèmes de votre machine et d’inscrire ntp.metas.ch (le temps fourni par le serveur METAS, ntp signifiant Network Time Protocol).  Ça vous évitera de vous en remettre à Bill Gates ou Steve Jobs pour connaître l’heure exacte. Après tout, même si on porte une montre mécanique à chaque poignet, c’est souvent sur son smartphone que l’on vérifie l’heure. De plus, en matière de temps atomique, la Suisse, avant même deux nouveaux projets d’horloges atomiques en cours, fait déjà figure de bon élève dans le collège des nations UTC. Une réunion de scientifiques délégués par leurs pays pour calculer la moyenne des temps étatiques. J’y reviendrai.

Histoire, Baume & Mercier rachète C.H. Meylan Watch

Juste après la seconde guerre mondiale, Baume & Mercier est dirigée par Marc Beuchat qui, malgré leur différence de caractère, s’appuie sur André Juillerat de La Chaux-de-Fonds, sur  son réseau de contacts et sa position de membre du bureau directeur de la Fédération horlogère suisse. De ce tandem, sous la présidence de Constantin de Gorski, naît le modèle « La Marquise » qui signe une renaissance exceptionnelle de la marque. Un modèle muni d’un bracelet rigide, dont les ressorts brevetés permettent d’encercler le poignet. Grâce à ce succès, Baume & Mercier dispose de moyens pour renforcer son appareil de production. Notamment, puisque la demande de ses chronographes demeure très élevée, en prenant une participation dans l’entreprise crée au Brassus en 1888 par Charles Henri Meylan. En 1947, cette participation sera majoritaire et C.H. Meylan Watch, fabrique de mouvements compliqués, renommée pour ses calibres extra-plats, ultra-plats et archi-plats, permet à la marque de renouer avec le passé manufacturier de son fondateur William Baume.

En 1856 chez Patek, déjà le quart de seconde…

La montre de poche N° 10 051 de 1856 est certainement l’un des plus anciens chronographes Patek Philippe. Avec sa grande trotteuse complétée par sa petite seconde foudroyante, elle permet de capturer déjà des intervalles de temps de l’ordre du quart de seconde. Hélas, cette historique ne possède pas encore de mécanisme de remise à zéro et c’est donc au moyen d’une clef séparée, avant chaque opération de chronométrage, qu’il convient de la régler sur la position de départ. Au nombre des complications maîtrisée par la marque, les chronographes représentent parmi les trésors les plus convoités par les collectionneurs, pour avoir été, peu après la date de fondation de Patek Philippe, le champ de développements continus. Certains, hors de prix, ne peuvent être observés qu’au travers de vitrines muséales, quand ils n’ont pas rejoint les arcanes opaques de quelque collection privée. L’histoire est en marche puisqu’en 2005, la marque présente à BaselWorld, le chronographe à rattrapante extra-plat référence 5959, doté du premier calibre chronographe 100% maison, développement et production s’entendent, le CHF 27-525 PS: un mouvement à rattrapante et à roues à colonnes le plus plat du monde avec son épaisseur de 5,25 mm.

Armand Nicolet, horloger

Armand Nicolet, fils d’un horloger, entre en horlogerie, comme on entrait dans les ordres. Vocation et passion. A la fin du 19ème siècle, au sortir de son apprentissage, il ouvre son premier «Atelier d’Horlogerie» et, en 1902, s’illustre dans l’univers de la montre de poche soignée, titillant parfois celui des complications telles que les répétitions minutes, quarts, ou heures, les calendriers perpétuels… Encore prisé par les collectionneurs, au détour d’un catalogue de ventes aux enchères ou d’une transmission d’héritage, ce nom est également synonyme, durant les fifties, de la production depuis Tramelan de la presque totalité des calibres Venus. Rappelons que cette ville était à l’époque le troisième pôle horloger de Suisse, avec la concentration de 800 horlogers et 105 fabriques. Site officiel actuel.

Oman sur Haute-Horlogerie

Pour la première fois, des trésors horlogers du Musée de Genève seront présentés au Moyen-Orient. Grâce à l’ingénieux concept Time-in-Tempo concocté par Natalia Signoroni, ils seront en compagnie d’un florilège de haute horlogerie contemporaine, lors de l’inauguration en octobre 2011 du Royal Opera House de Muscat, capitale du Sultanat d’Oman. Connue des sphères horlogères pour avoir promu à ses débuts l’horloger François-Paul Journe, Natalia Signoroni conserve quelques amitiés internationales et…  d’excellentes introductions à Oman. Elle y lance son premier Time in Tempo, une série d’événements exclusifs dédiés thématiquement au temps à sa mesure, dosés d’émotionnel et d’artistique, de dialogues entre horlogers, scientifiques, philosophes et artistes. A voir les marques qui investirent, sur son invitation, les salons de l’Intercontinental à Genève lors de la célébration du 40ème jour national du Sultanat, sûr qu’une kyrielle d’enseignes prestigieuses sera du voyage. Leurs pièces d’exception, dont certaines à sonnerie, auront pour compagnons quelques trésors horlogers prêtés par le Musée d’Art et d’Histoire de Genève, sous l’œil culturel d’Estelle Fallet, Conservatrice de feu le Musée d’Horlogerie et d’Emaillerie de Genève. Donner au temps une autre dimension, tel est le pari de Natalia qui offrira aux Omanais, outre une programmation 3D, d’autres perceptions temporelles: Guido Monafico, photographe-auteur de l’ouvrage «Movement» ainsi que Nicolas Musin, chorégraphe découvert à 16 ans par Béjart, sur fond de poésies orientales et occidentales dédiées au temps.

Espace VIP à Genève, chez Jaeger. Rappels historiques

Au 2 Rue du Rhône à Genève, dans la boutique encore recouverte des traces de travaux alentours -décidément Genève n’en finit pas de ses travaux qui n’en finissent jamais, Jaeger LeCoultre s’offre un espace VIP, en sous-sol, à l’abri des regards passants. Là où pourront s’expliquer, sous l’oeil expert d’un horloger maison, les complications les plus étonnantes de la marque. Des modèles qui s’engagent, selon Jérôme Lambert, à être présents au moins en un exemplaire chacun en ce réceptacle à grands clients un peu particulier. L’occasion d’un flash back sur les liens passés entre La Manufacture et Genève. On apprend qu’en 1559, Pierre LeCoultre, réfugié huguenot, premier de la lignée à se poser en Suisse, négocie son lopin de terre à la Vallée dans la cité de Calvin. Lopin sur lequel il bâtira 10 générations autour de son premier atelier d’horloger. Puis, quelques printemps dynastiques plus tard, c’est Antoine LeCoultre qui, amenant à Genève en 1853 les fabrications réalisées durant la période hivernale, décide de se poser au 2… rue du Mont-Blanc. Il y ouvre un atelier pour terminer les ébauches destinées au marché US. Souvenirs… Avant que les rachats ne sévissent et ne répartissent plus sévèrement les délimitations, Jaeger LeCoultre était vendue à quelques pas de là, dans la boutique Vacheron Constantin située en l’Ile. Eh oui, c’était le temps des amitiés corporatistes..

Henri Grandjean, horloger

Né au Locle en 1803, Henri Grandjean-Perrenoud-Comtesse (originaire de la Vallée de la Sagne et des Ponts de Martel) a reçu de nombreuses distinctions lors de sa participation à des concours ou expositions, en Suisse et à l’étranger, qui ont honoré la qualité de ses produits. Initiateur du quartier du Progrès au Locle, il a aussi été le promoteur de la construction de l’Observatoire de Neuchâtel et, comme Fritz Courvoisier, un ardent défenseur de la ligne ferroviaire du Jura industriel. Sur le plan politique, Henri Grandjean a été préfet du Locle de 1842 à 1852, député au Grand Conseil et conseiller national.  Il est également connu pour avoir fondé, avec Louis JeanRichard et Ulysse Nardin, la « Swiss Marine Chronometer Industry ».

Ferme des Brandt, resto horloger les pieds dans l’herbe…

Ce lieu gastronomique, situé sur les hauts à droite de La Chaux-de-Fonds (entrée par les Tunnels) fleure bon l’histoire horlogère. Dans cette ferme classée monument historique, construite de 1612-1614 par des Montagnons qui devaient disposer de moyens exceptionnels pour l’époque, un concentré de noms célèbres cohabite: ses propriétaires furent tour à tour furent les familles Brandt-dit-Grieurin, de 1612 à 1692, Jaquez-Droz de 1692-1713, Tissot-Daguette, Stauffer et Brandt-Stauffer (dès 1814). C’est Louis Brandt-Stauffer (1801-1866), fabricant d’horlogerie et membre du gouvernement provisoire de la République, Conseiller d’Etat en 1848 qui la fait transformer, la dotant de tuiles. Au début du 20e siècle, elle est toujours habitée dans sa partie ouest par les Brandt dont le dernier héritier londonien Vivian Brandt en orchestre la vente, domaine compris, en 1954. Elle est rachetée avec ses 6′000 mètres carrés de terrain en 1987 par l’ASPAM (Association pour la Sauvegarde du Patrimoine des Montagnes neuchâteloises), pour la somme de CHF 400′000.00 dont la moitié obtenue par des subventions communales, cantonales et même fédérales. Inaugurée en 1999, elle devient de théâtre d’un restaurant géré par Heidi et Cyril Tribut. Qui y impose leur sens culinaire, pétri de valeurs régionales alimentées par des produits frais et de proximité, provenant souvent de petites exploitations régionales alentours. Incontournable, le cochon au lait rôti au jus de bière brune des Franches-Montagnes, ou un florilège de plats oubliés tel que des joues de veau doucement mijotées… Le tout avec du pain cuit au four, dans un cadre campagnard idyllique, tour à tour de blanc ou de vert recouvert. Manger horlo, à 45 mn du centre de la ville, dans un lieu où le temps qui court n’a plus d’importance.

Déjà en 1949, Hamilton: expliquer la montre simplement.

D’accord, c’est un peu long! Nos moeurs d’utilisation des formats video qui circulent sur internet, via les Dailymotion ou les YouTube, ne sont pas enclines à consommer sans broncher 9 minutes et quelques secondes. Pour les courageux, c’est savoureux, et, sur fond sépia, très instructif. Dire que ça a été fait en 1949, il y a donc plus de 60 ans. Un follower du bloghorloger.ch signale cette petite merveille historique signée Hamilton, une marque dont l’imagerie associée au cinéma explique peut-être cette incursion cinématrographiquement horlogère. A visionner.

Histoire: chronomètre de marine, fonctionnement.

Très schématiquement, un bateau quitte le port, embarquant un chronomètre réglé sur l’heure du méridien de Greenwich. Pour déterminer la longitude, l’officier en charge d’estimer la position observe au moyen de son chronomètre l’heure de passage d’une étoile quelconque ou du soleil à son propre méridien. La différence entre l’heure de ce passage et l’heure à laquelle l’étoile doit passer au méridien de Greenwich (il s’appuie pour le savoir sur des tables spécifiques telles que «Connaissance des Temps» ou «Nautical Almanach»), indique en heures, minutes et secondes, la différence de longitude entre Greenwich et le lieu de l’observation. A quoi ressemble un tel objet? Modèle réalisé par la marque Hamilton.

Ulysse Nardin au Monaco Yacht Show. Série spéciale ‘YS’ Maxi Marine Diver

Historiquement, la conquête du temps a toujours été liée à celle des océans. Tandis que le Monaco Yacht Show fête en septembre 2010 son vingtième anniversaire, la marque horlogère Ulysse Nardin y arrime son vaisseau de grand chronométrier. Comme l’Office du Tourisme d’Abu Dhabi, la marque en est le sponsor principal, pour la deuxième année consécutive, après avoir hérité d’une place laissée vacante par Blancpain. Née en 1846, cette enseigne suisse de haute horlogerie, connotée complications horlogères et maîtrise du temps céleste, s’appuie sur l’histoire d’Ulysse Nardin (1823-1876), un maître horloger loclois contemporain de l’époque où le temps était affaire d’état, comme d’ailleurs toute forme d’étalonnage. Ulysse Nardin est l’enseigne horlogère suisse dont l’ADN comporte le gène chronométrie de marine le plus vivace. La sortie d’une série spéciale de 100 pièces d’une Monaco YS est au programme. Un modèle spécifique, à l’image de celui sorti en 2009, dont aucun visuel n’est encore disponible. Cette nouvelle référence enrichit la collection Maxi Marine Diver. Sportive, du pourtour de ses 43 mm de diamètre, étanche à 200 m, elle est est habitée par un mouvement à remontage automatique doté d’une petite seconde, affichant sa date dans un guichet situé à 6h ainsi qu’une réserve de marche de 42 h, via un guichet circulaire situé à 12h. Le cerclage «bouée» de ses guichets, ainsi que la lunette tournante unidirectionnelle, ancrent ce modèle dans l’imagerie océane. Sûr que son Altesse Sérénissime le Prince Albert II de Monaco, appréciera…

Musée de la Pince à Montécheroux. Le rôle de l’horlogerie.

Comment une petite commune du Doubs devient, en 1896, la capitale mondiale de la pince? Reliefs historiques. Parmi les raisons que livre l’Histoire, la religion joue un rôle. Car en 1562, les habitants prêtent serment de fidélité aux Wurtemberg, partisans de la religion protestante, se révoltant du joux seigneural du Comte Ulrich de Montbéliard. Un acte de défiance qui, en terres catholique, les rend quasi apatrides: « Ni Français, ni Francs-Comtois, ni Catholiques » relève Michel Bonnet, Président de l’association « Musons et Créons » en charge du Musée de la Pince. Une prise de position qui les isole et les force à se suffire à eux-mêmes. De cette autarcie, et parce que la commune compte nombre d’artisans travaillant le fer, naît un savoir-faire particulier. En 1776, Un jeune coutelier suisse de pensée protestante, Jonaz Brand, incite les artisans de Montécheroux à fabriquer des outils pour l’horlogerie suisse, très prospère à l’époque. Et ça marche. Un siècle plus tard, le village compte 300 ouvriers sur 1800 habitants. Petit à petit, le même savoir-faire s’ouvre à la fabrication d’outils pour d’autres branches. Parmi ces outils, des pinces par milliers: pinces à perforer les billets, pour le téléphone, pinces à gaz, pour tanneurs, dentistes, maroquiniers, vitriers, pinces à couper les bagues ou les hosties, pour moucher les chandelles. Une des raisons du succès de la pince de Montécheroux réside dans son originalité de fabrication: ses branches entrepassées, dite la pince « maillée » offre un mécanisme solide qui sera difficilement supplantable par le machinisme. Suffisamment d’ingrédients historiques, talent, technique et culture pour qu’un musée lui soit dédiée et qu’il figure sur un parcours régional français dédié à l’horlogerie. Un lieu qui souligne la noblesse d’artisans artistes au mains calleuses dotées d’un doigté de fée.

Horlogerie monumentale dans le Gers

A ceux dont les trajectoires estivales offriraient loisir à quelque détour par l’Isle-Jourdain, l’expo « Le Clocher, Arts, Techniques et Savoirs » mérite jusqu’à fin décembre 2010, une inspection minutieuse. Certes, il ne faut pas seulement aimer les horloges de clocher mais également les cloches et autres carillons. Quoiqu’il en soit, cette expo et ce musée dans le Gers sont le point de départ d’une meilleure connaissance de l’horlogerie monumentale. Y sont actuellement présents, une horloge à foliot du XVème siècle, un coq en bronze très rare, des cloches historiques et autres pièces remarquables. Un parcours qui quittera le territoire de l’horlogerie pour s’intéresser à la protection des clochers contre la foudre, les systèmes anciens et récents de paratonnerre, la symbolique de coqs de clochers et autres girouettes, pour y revenir via la visualisation du temps via cadrans monumentaux et collection d’aiguilles. Outre l’histoire de la forge et des maîtrises du fer, il y est également question de la « sonorisation du temps » et l’histoire de l’électrification des clochers jusqu’à leur électronification. Clou du spectacle, encore fallait-il pouvoir l’y planter, un clocher de bois et son beffroi se dressant à 9,5 mètres de hauteur. Et permettant la vision des cloches en fonction. Tampons auriculaires recommandés…

Denis Asch et les GMT.

Dans l’été léthargique, une affaire de fuseaux horaires capte l’attention du bloghorloger.ch (sortant de sa propre léthargie vacancière). La newsletter d’août de l’Heure Asch met en scène Denis Asch, interviewé par Jean-Philippe Tarot, le bloggeur de Montres-de-luxe.com. Première question, que signifient les trois lettres GMT? Greenwich Mean Time ou « L’heure moyenne de Greenwich« . Il s’agit du temps solaire moyen mesuré à l’Observatoire Royal de Greenwich, dans l’agglomération londonienne où se trouve la référence du méridien d’origine des longitudes. Pendant une grande partie du 20ème siècle, le temps GMT était utilisé comme référence internationale. Jusqu’à ce qu’en 1972, il soit remplacé par le temps universel coordonné (UTC). Avant 1900, l’Europe connaissait à elle seule une trentaine d’heures locales… Ça nous ramène inévitablement à l’histoire de ce menuisier devenu horloger, John Harrison, inventeur d’une horloge suffisamment précise, le premier chronomètre de marine, pour qu’elle puisse déterminer, une fois à bord d’un navire en pleine mer, la longitude. Lire le livre du même titre, fascinant récit de Dava Sobel.

A propos de l’Histoire horlogère, de Genève, de son musée fantôme

Dans le magazine Heure Suisse qui vient de paraître, en français et en allemand, l’information d’un musée genevois de l’horlogerie et de l’émaillerie tracé de la carte est reprise. En deux endroits, dont au final de la chronique d’opinion de fin de magazine: « A l’heure où le «H» majuscule de l’Histoire horlogère pourrait être consolidé, certains de ses garants y perçoivent non pas ses ouvrieuses origines, mais son versant alerte-au-luxe-dans-un-monde-en-crise. Ils ont tout faux: à Genève, ils viennent même de biffer l’appellation «Musée d’Horlogerie et d’Emaillerie», transformant ce qui était depuis 1969-1972 une filiale autonome du Musée d’Art et d’Histoire, en corpus de «collections»! » C’est vrai qu’une certaine perception de la culture, pourrait mettre l’horlogerie seulement du côté du grand capital. C’est faire acte de déni des métiers d’une branche qui, si elle attire les acteurs du luxe, clients et propriétaires de marques, se nourrit surtout d’un savoir-faire issu de couches humbles. C’est oublier ses racines paysannes ainsi que son incommensurable champ de savoir-faire modestement exercés.

Montres écoles, l’histoire en relecture.

Exposées d’abord à Genève, au Musée d’horlogerie –ou plutôt dans un espace volé au Musée d’Art et d’Histoire, puis lors de la journée d’étude de la SSC – Société suisse de Chronométrie, les montres écoles compilées par Antoine Simonin, l’un de leur plus fervents connaisseurs, débarquent en livre. Témoins de l’évolution des techniques, porteuses des avancées et découvertes de leur temps, ces garde-temps racontent aussi des histoires personnelles. Celles des volées d’élèves passées entre les murs de 10 écoles d’horlogerie. C’était le temps où chaque étudiant devenu horloger, devait ponctuer la fin de son cursus scolaire par la réalisation complète d’une montre. Du pain béni pour les collectionneurs… En français, 24×30 cm, 500 pages richement illustrées, papier couché, reliure cousue fil et couverture cartonnée. info@booksimonin.ch

Les complications avaient des noms féminins

Créées pour répondre à une attente de l’être humain face au temps, les complications sont, selon Estelle Fallet, Conservatrice du Musée d’Horlogerie de Genève,  aussi le fruit d’une attente féminine: «Raisons pratiques et recherche de la perfection, quête du savoir, univers magique, tout me semble étroitement lié à l’horloger Abraham-Louis Breguet qui, sur commande de Marie-Antoinette, exécute une montre incorporant tous les perfectionnements connus à l’époque. Il est choisi comme fournisseur, car il maîtrise le plus grand nombre des complications, dont le mouvement à remontage automatique (…) Il incarne à la fois le prestige de l’horloger et de sa destinataire!» A noter que les garde-temps les plus compliqués de l’histoire portent des noms évocateurs…. féminins! L’Universelle (1970), La Royale (1873), La Merveilleuse (1878) et, plus près de nous en 2000, la Star Caliber de Patek Philippe. Estelle Fallet relève: «Les complications sont le faire-valoir de la maîtrise et de l’excellence, elles distinguent l’horlogerie de haut de gamme.» Et d’ajouter: «Du point de vue sociologique –concept récent, elles touchent aux motivations de consommateurs modernes: disposer ainsi d’un objet rare, complexe et mystérieux…»

Tissot et son nouveau calibre, relief historique.

Tandis que le nouveau calibre C01-211, un chronographe automatique développé de concert avec ETA en exclusivité pour Tissot (et Swatch) débarque dans la production de volume de Tissot, il est bon de rappeler l’histoire manufacturière de la marque. Il y a 40 ans naissait le Sytal (contraction de SYstème Total AutoLubrification) fait de matériaux inaltérables (polycarbonate, résine acétal copolymérisée, polyoxyphélinène, autrement dit quelques savantes variantes du plastique), devenu célèbre sous le nom d’Astrolon 2250. Cette naissance, visionnaire, aurait du permettre à la marque l’envol qu’elle prend ces jours, en intégrant son nouveau mouvement dans ses modèles actuels. Le Sytal, appelé aussi Astrolon 2250, ne connut pas la gloire escomptée mais fut unanimement salué par la presse de l’époque, dont le JSH – Journal Suisse d’Horlogerie de février 1973 qui écrivait « … montre de qualité, mais de fabrication simplifiée, dans la ligne des nécessités économiques de notre temps« . Trop avant-gardiste? Son descendant devrait en 2010 venger cette injustice, se distinguant lui aussi par ses matériaux de synthèse à base d’hydrocarbures, et surtout par son objectif d’accessibilité maximale. Ce nouveau calibre C0-211 de Tissot s’inspire du Lemania 5100, dont la simplicité était une signature. Il ne  comporte que 184 composants (le Valjoux 7750 né en 1974 en compte 240). Grâce à lui, il sera pour la première fois possible d’acquérir un chronographe swiss made à remontage automatique à moins de CHF 1′000.00. Une prouesse d’ingéniosité industrielle.