Akyalis, percée microfibre

Le communiqué vient de tomber. Au monde du soin ultime apporté aux objets précieux, montres ou bijoux, la microfibre selon Akyalis, se prêtant à toute forme de personnalisation par broderie, gaufrage ou impression, s’offre une percée remarquée en horlogerie. Cette matière soyeuse, appréciée pour sa fiabilité dans les nettoyages subtils, les lustrages, polissages ou manipulations de surfaces délicates, contient une fibre épaisse de moins d’un centième de cheveu. Ecologique, elle est ce textile supérieur composé de polyester et de polyamide dont on tire les gants d’horlogers notamment. Avec ses propriétés électrostatiques, elle capte la moindre salissure sans ajout de  produit chimique, jusqu’au cœur d’une microfissure. Disponible en toutes tailles, neutre et personnalisable, elle se prête chez Akyalis (anciennement Intel’Project SA) au private label.

Matières inédites, Louis Moinet aurait aimé

En résonance à sa maîtrise des mouvements compliqués à haute valeur technique et de finition ajoutée, la marque Louis Moinet se plaît à introduire dans l’horlogerie, des matériaux extrêmement rares. De l’os de dinosaure au fossile le plus vieux de la terre, jusqu’à du palmier fossilisé âgé de 70 millions d’années. Première marque au monde à avoir introduit sur terre des météorites intersidéraux, des bouts de lune ou mars. Une passion de son Fondateur et CEO, Jean-Marie Schaller.

D’une pénétration de matière céramique, un or naît, dur, très dur

Imaginons une force sous pression qui s’essaye à la pénétration d’un corps en carbore de bure -en carbure de bore plutôt- et qui, dans un éblouissement métallurgique, y déverse un liquide en fusion, de l’or 24 carats. Il y a quelque chose de jouissif à soudain découvrir que, lorsque squelette et semence ont suffisamment refroidi, leurs imbrications respectives sont devenues invisibles tant ils ne font qu’un, qu’ils sont plus forts que les aciers trempés et presque aussi inrayablement éternels que le diamant. Ils sont nouveau matériau, or qu’un alchimiste du verbe frappeur et de l’idée qui tue aurait enfanté. Dans un de ses moments d’égarement dont lui seul mesure les profondeurs, Jean-Claude Biver, à même l’espace fonderie high tech aménagé dans la fabrique Hublot des bas de l’Asse, a lancé l’or magique, le Magic Gold. Issu des recherches conjointes entre un Prof’ de l’EPFL, Andreas Mortensen, savant et as de la céramique, et une équipe technique interne pétrie d’ambition, ce nouveau matériau est, selon le bureau de contrôle des métaux précieux, de l’or 18 carats. Quand bien même sort-il du four dans sa couleur originelle, le noir. Certes, à le polir, ses facettes d’or, pourtant minoritaires à 30 contre 70, se muent en couleur dominante car elles sont plus sujettes à réfléchir les rayons lumineux que le carbure de bore qui compose majoritairement, en poudre tassée et moulée, le solde de sa structure. D’une pierre deux coups: des procédés brevetables, inédits en ce qui concerne l’or en tous les cas, et un matériau d’une noblesse nouvelle, tantôt alimentant les déviances all black façon Alec Wek, tantôt les fantasmes d’un jaune spécifique à Hublot. Une note si supplémentaire dans la gamme des couleurs, qu’elle se reconnaîtrait au simple coup d’oeil. Dès BaselWorld 2012, on en saura plus…

Max et la grenouille, un conte en 18 strophes

Minuscule grenouille la plus rare de la création, l’Isthmohyla rivularis vit dans les forêts tropicales du Costa Rica. Majuscule déclinaison bratracienne de la marque MB & F, la Frog Zr est une espèce en voie d’acquisition, puisque ses 18 spécimens n’habiteront que les étals des détaillants partenaires de Maximilian Büsser: Los Angeles, Greenwich, Mexico City, Paris, Londres, Interlaken, Kiev, Singapour, Kuala Lumpur, Bangkok, Taichung et Macao et… nouvel arrivé, le détaillant Hossli Jewelers du Costa Rica. Au fait, Zr est le symbole chimique du zirconium, un métal de transition proche du titane en plus maousse costaud puisqu’il s’apparente aux pales des moteurs à réaction, particulièrement exposées aux températures et tensions extrêmes.

Bulgari Gefica, de l’or au bronze, en passant par…

Du bronze chez Bvlgari. Tandis qu’avec son modèle Octo Birétrograde Acier-Céramique, la marque digère allègrement l’or de sa première place sur le podium du 17ème prix Montre de l’année créé par le magazine Montres Passion, elle joue le bronze en ce qui concerne sa Gefica. Les bronzes, nom générique désignant des alliages constitués de plus de 60% de cuivre et d’une proportion variable d’étain, contiennent aussi des quantités variables d’aluminium, de plomb, de béryllium, de manganèse et de tungstène, accessoirement du silicium et du phosphore.  A ne pas confondre avec le laiton dont la traduction anglaise ‘brass’ est souvent traduite à tort par ‘bronze’. Ici, la matière a été rendue plus légère et confortable par l’adjonction de titane. Une des particularités liées à l’usage de ce matériau est d’éviter toute brillance sur le boîtier et de s’offrir la patine d’un temps qui jamais ne s’altère. Car si la montre va changer de teinte, il sera possible, à tout moment, de lui redonner son aspect et ses éclats originels. La Gefica est habitée par le calibre Bvlgari/GG 1004, bi rétro

Montre-école de l’IFAGE en superalliage.

A ce niveau-là de dureté, supérieure au titane grade 5, il serait incongru de parler encore d’acier. La matière que vient d’identifier le team en charge des formations horlogères à l’IFAGE (Formation pour adultes, Genève), porte le nom de M30NW. De cet alliage, développé par Aubert & Duval, filiale auvergnate d’un groupe minier réputée pour ses solutions métallurgiques innovantes, est née une montre école étonnante, lancée au salon international EPHJ-EPMT. Un symbole du degré de compétitivité de l’institution dans ses trois métiers fétiches, l’usinage, l’horlogerie et le polissage. Car travailler le M30NW, à l’origine réservé aux implants médicaux, relève du défi. Matériau austénitique contenant du Niobium et du Tungstène, inoxydable et réfractaire à toute corrosion tout en conservant ses propriétés mécaniques, il est de surcroît amagnétique. Autrement dit, il sera possible de passer un IRM en gardant sa montre! Pas tout à fait, puisqu’elle sera habitée par un mouvement ETA 6497 classique. «Nos élèves feront la carrure, la couronne, le bracelet et le fermoir qui réservera une belle surprise d’ingéniosité», assure Paul Gisimundo responsable du tout nouveau centre horloger rue Dassier.

Du requin tigre d’élevage, mon oeil!

Du cuir de requin tigre… d’élevage? Tromperie, selon Rebecca Jeanson dont la carte de visite de la marque Tempvs Compvtare annonce la couleur: «Environnmental Care…»! Tout un programme: l’activiste adepte du biocentrisme, celle qui milite jusque dans l’aventure entrepreneuriale horlogère qu’elle partage avec son designer de mari Nicolas Rodolphe Jeanson, est farouchement formelle. Comme tout autre grand requin, il est impossible d’élever du requin tigre! Avec ses 4m et ses 750kg, la femelle atteint sa maturité sexuelle vers l’âge de 4 à 5. Sa période de gestation durant 1 an, combien d’années faudrait-il pour qu’un élevage soit rentable. Leur biologie complexe et leurs rapports sociaux les rendent réfractaires à la captivité. Et bien que l’on ne recense que 5 cas de morsure mortelle par an, on continue de tuer annuellement environ 100 millions de requins! Ceux qui prétendent en vendre le cuir d’élevage, parfois à leur insu, sont faussement renseignés… Un discours qui relègue les montres au second plan et qui, première marque vegan oblige (marque dépourvue de toute provenance animalière), prône le bracelet caoutchouté… L’horlogerie étant peuplée de requins et de marteaux, autant s’engager pour la protection du requin-marteau.

Stefano Nassisi, Mister Superluminova.

Il était une fois le tritium, une matière luminescente omniprésente sur les cadrans de montres, histoire de voir l’heure même en pleine obscurité. Désormais éradiqué de la production horlogère, en raison de sa radioactivité, le tritium cède la place au superluminova. Depuis 20 ans, Stefano Nassisi dirige Billight, une entité dévolue à toutes les formes d’apposage de matière luminescente. Il en devient actionnaire fin 2009, suite au décès de Georges-André Leschot, ingénieur administrateur, co-fondateur chargé de développement, de fabrication des machines pour la production. Connue pour ses capsules en polyester emplies de superluminova et pour ses moulages permettant d’obtenir des formes luminescentes rondes, carrées ou rectangles, la société affine ses techniques d’application de cette matière, par la construction d’une machine innovante, complément industriel à la précision des gestes humains prolongés par de fins pinceaux. Au final, ce sont également d’autres matières qui sont ainsi encapsulées ou délicatement posées sur les cadrans, les aiguilles ou les appliques ‘tours d’heure’, comme des laques de couleur. Reste que ce domptage de la luminosité, devenu savoir-faire, est apprécié des plus prestigieux noms de l’horlogerie. A voir à l’EPHJ-EPMT et dans le prochain JSH – Journal Suisse d’Horlogerie.

Le Trigold d’Estoppey-Addor, exclusif

Présenté en première suisse à l’EPHJ-EPMT, l’or 18 carats RoHS débarque en horlogerie! Maison référence de l’Electroplastie (anciennement la galvano), la Biennoise née il y a 130 ans n’a cessé d’innover. En trouvant le moyen de permettre à la matière de prendre un bain de Trigold (une marque et un procédé déposés), elle répond à un besoin des marques horlogères, souvent victimes de tracasseries aux portes de certains pays, comme le Japon, pointilleux sur le respect de la norme RoHS. En fait, il s’agit de la directive européenne N° 2002/95/CE qui prévoit l’usage restreint et la limitation de six substances dangereuses, comme le plomb et le cadmium, dans les équipements électriques et électroniques. Donc, par extenso, aux procédés qui permettent de recouvrir les composants horlogers d’or jaune. On savait cette familiale devenue société anonyme très concernée dans son éthique environnementale, pour avoir développé une station d’épuration modèle (parmi les 5 installations suisses les plus performantes). Estoppey-Addor SA persiste et signe, jusque dans l’expression de ses savoirs originels. Qui sont, comme l’esquisse de définition Wikipedia le décrit, «un procédé qui consiste à déposer une couche de métal sur un autre métal pour le protéger de l’oxydation».

M30NW, le superalliage de Aubert & Duval

Destiné à l’origine aux implants médicaux, ce superalliage va prochainement débarquer en horlogerie par la porte de l’IFAGE (formations pour adultes, Genève) qui l’utilisera pour la première fois dans la construction d’une boîte de montre et de son bracelet. Visible à l’EPHJ-EPMT en juin 2010, cette première montre école, illustrera les trois métiers phare enseignés: l’horlogerie, l’usinage et le polissage. Le M30NW a été élaboré par Aubert & Duval, une société auvergnate qui vient de poser la première pierre de UKAD, une usine franco-kazakhe de transformation de lingots de titane construite en partenariat avec UKTMP. Créée en 1907, cette filiale du groupe minier français Eramet, est réputée pour ses solutions métallurgiques innovantes. En 1926, l’usine de la Compagnie d’Electrométallurgie des Ancizes (Auvergne) a augmenté son savoir-faire en élaboration d’aciers spéciaux.

Dico horloger, 4’790 termes à portée de souris…

Sacré boulot que de mettre en ligne le célèbre dictionnaire professionnel illustré de l’horlogerie (Berner), en français, anglais, allemand et espagnol. C’est chose faite sur le site de la FH (Fédération Horlogère suisse), qui met à portée de click, c’est très pratique au niveau recherche, les définitions ainsi que les links hypertextes qui permettent les transversalités. C’est gratuit et accessible. Les élèves en horlogerie sont gagnants, les passionnés aussi. Pour ceux qui doivent s’embarquer dans des traductions, voici l’anglais, l’allemand et l’espagnol.

A propos de l’or.

Le standard le plus indiscutable est le London Good Delivery, une sorte de certificat de bonne teneur. Les premières pièces d’or pur ont été mises en circulation par Croesus, roi de Lydie –La Turquie d’aujourd’hui, entre 560 et 547 av. JC. Depuis ce temps-là, elles demeurent, y compris de nos jours, une monnaie d’échange. Tandis que des puissances occidentales se départissent d’une partie de leurs stocks d’or, d’autres pays, notamment émergents, travaillent à s’en constituer. Ils ont eu raison puisque, fin 2009, le cours de l’or était 29% plus élevé qu’en 2008, la crise ayant conforté cette valeur.

De l’or suisse… Le saviez-vous?

Etonnant, le lingot d’or swiss made (raffiné en Suisse) vaut plus cher que le lingot d’or travaillé ailleurs. Pas étonnant donc que la Suisse soit le plus grand raffineur du monde avec presque 50% du marché mondial, grâce à un triangle d’or au Tessin, regroupant quatre raffineries dont Pamp, créée en 1977 à Castel San Pietro. Qui vient de raffiner un lingot d’or anecdotique à partir de minerai -ou grains de minerai, provenant à 100% de notre terroir. Si, si, nous en avons, en toutes petites quantités, dans le lit de certains de nos cours d’eau. J’imagine dès lors la marque horlogère qui pourrait acquérir ce lingot, et communiquer à propos de la teneur de son swiss made, que même sa boîte or est 100% suisse! A quand un élevage de crocodiles en Suisse, du côté des villes thermales par exemples, qui permettrait de boucler la boucle en affirmant que même le cuir du bracelet est helvétique?

Eurocantera, l’éthique extraction.

Filiale de Goldlake, cette mine du Honduras s’étend sur 10’500 hectares dans la Vallée de Lepaguare (district de Olancho). Elle extrait principalement de l’or issu de dépôts fluviaux et le fait selon une méthode excluant tout produit chimique et mercure, uniquement avec de l’eau. Elle s’implique dans des programmes sociaux destinés aux mineurs et à leurs familles et mise sur l’artisanat local. Cartier s’est engagé à acheter l’ensemble de la production annuelle et a pris une option sur d’éventuels surplus. L’or en provenance de Eurocantera est raffiné à Arezzo en Italie.

No dirty gold, Cartier s’engage.

Membre fondateur du RJC ‘Responsible Jewellery Council’, Cartier prend conscience que malgré sa renommée, elle n’a que peu d’influence sur ses achats de matière première. Selon Christophe Roulet, journaliste spécialisé, la marque ne pèse que 0,3% des volumes mondiaux utilisés en joaillerie. Elle opte donc pour une action groupée. Concrètement, elle choisit de montrer l’exemple et passe une partie de ses commandes à Goldlake, une société italienne qui exploite au Honduras ‘Eurocantera’, une mine ‘propre’. Cartier participe à la mise sur pied d’un ‘label de bonne pratique’, pour reprendre les termes de Pamela Caillens, Corporate Responsability Director chez Cartier Joailliers.

Goldfluss, synthèse du verre aventuriné

Le Goldfluss de la Nebula, selon deWitt. Une virée en manufacture, une rencontre avec ses cadraniers et soudain, le Goldfluss, une matière qui vous rend poète et qui repose, entre silicium et nacre, sur le cadran deux niveaux du Quantième Perpétuel Nebula (collection Academia). Idéal pour suggérer la voûte céleste dans ce qu’elle a de plus scintillant, ce ‘verre aventuriné’ se marie avec le silicium -pour la représentation de NGC 5194, une nébuleuse à portée de 31 millions d’années lumière, ainsi qu’avec la nacre qui dessine la lune. Le Goldfluss est un matériau de synthèse inspiré de l’Aventurine, une pierre naturelle découverte au 18ème siècle par les verriers de Murano, ainsi nommée parce qu’elle est truffée d’inclusions de micas dont la disposition se fait ‘a l’avventura’. Produit dans cette même région, il se prête au polissage et au ponçage, tout en conservant son magique saupoudrage d’or qui sont en fait des atomes de cuivre qui se lient en petites grappes plutôt que se fondre dans le verre.

Paul Picot joue encore de l’ardoise en Atelier

A BaselWorld en 2009, la marque Paul Picot (Le Noirmont, Jura Suisse) faisait figure de pionnière en utilisant pour la première fois l’ardoise dans la haute horlogerie. Ce même matériau vieux de 300 millions d’années et utilisé dans le Jura pour recouvrir les chaumières même les plus environnementalement correctes. En 2010, la famille Boiocchi et son équipe, poursuivent sur leur lancée, intégrant dans sa collection Atelier un cadran en ardoise authentique. Maîtrise des matériaux oblige, la matière trouvée, riche en veinures chaudes et si rare à l’état naturel, est le fruit d’une longue maturation de sédiments marins. Ramenées à 0,6 mm d’épaisseur, les rondelles originelles conservent leurs sauvages élégances et leur unicité configurationnelle. La suite, vous la connaissez, elle est fidèle à cette maison discrète qui, depuis Le Noirmont, ne cesse d’élargir son cercle d’aficionados, tant ses accents sont mis sur un produit largement au-dessus de la moyenne -au regard de son prix, en matière de finitions et d’horlogerie fine. Habitée par calibre à remontage automatique, cette Atelier Ardoise, boîte or 18 carats, est étanche à 5 atmosphères.

Contrôle vétérinaire chez Artya…

Rififi et branle-bas de combat au Arpaland, côté Vésenaz-sur-Pallanterie, là où le siège de la nouvelle marque Artya Haute-Horlogerie d’Art s’est posé dans une joyeuse appropriation de l’esprit garage. Lundi 15 février, certainement alerté par quelque dénonciation, le service vétérinaire débarque, avec en tête la volonté d’en savoir plus sur cette affaire de crapaud qui secoue actuellement le landerneau horloger. Car la marque brandit sans complexe l’utilisation pour la première fois de la peau de crapaud. Avis à toutes les autres espèces qui fournissent leurs cuirs pour façonner les bracelets de montres, crocos, alligators, galuchats, vachettes et autres, le vil animal répondant au nom de buffle américain tendrait à vous doubler. Il cacherait sous ses bubons et pustules, un cuir typé d’une rare résistance qu’un savoir-faire de tanneur éclairé parvient à lisser. La bestiole s’attaque donc sans complexe, d’autant que selon la légende il résiste à la foudre, à la conquête des boîtes destroyées de Artya et même, preuve que le trashy peut emprunter des voies élitistes, au fameux Tourbillon Tesla. Une pièce d’art qui conjugue, grâce au talent constructeur de Valérien Jaquet (Concepto), les pièces éparses de la déglingue consommée d’une télécommande à transistors, aux composants squelettés d’une complication horlogère triturée par les ardeurs déjantées d’Yvan Arpa… Art nouveau. Objet mythe…

deLaCour, première utilisation de l’astro-céramique en horlogerie.

Première horlogère. Développée à l’origine par la NASA pour empêcher les navettes de se désintégrer lors de leur entrée dans l’atmosphère, cette matière futuriste vient de trouver une application dans l’horlogerie. La marque deLaCour, déjà habituée à utiliser d’incroyables matériaux* dans sa production horlogère, dévoilera durant la semaine du 18 au 22 janvier 2010 (période des salons de haute-horlogerie à Genève), un modèle de la série Bichrono SII entièrement recouvert d’astro-céramique. Une matière garantie 3000 ans dont elle signe l’exclusivité pour son utilisation dans le champ horloger. Les propriétés de l’astro-céramique laissent pantois: inrayable, anti-allergène, auto lubrifiante, anti bactérienne (selon des tests poussés de laboratoire). De plus, ce revêtement ultra résistant, qui peut s’apposer sur toute autre matière, empêche la poussière de s’y nicher et se prête particulièrement aux mini surfaces d’un garde-temps… et pourquoi pas, aux minuscules pièces d’un mouvement horloger. Sur le plan esthétique, la surface ainsi traitée s’enrichit de reflets arc-en-ciel dont chaque empreinte demeure unique. Aucune image du résultat n’est encore visible.

*La marque co-fondée par le designer urbain Pierre Koukjian s’aventure régulièrement sur le terreau des matériaux extravagants: Graphite, Iridium, Airain issu d’une véritable cloche de cathédrale, feuilles de havane pétrifiées sur un cadran, asphalte aspergeant un cadran.

Ball Watch, lisibilité grâce aux tubes

Lire l’heure en toute circonstance, même lorsque les jours rétrécissent et que lumière diurne est comptée, fait partie de l’ADN de cette marque dont le fondateur, Webb C. Ball établissait déjà en 1891 ses stricts standards de lisibilité. Depuis plus de 10 ans, la marque établie à Neuchâtel et propriété de Francisco A. Herrera, équipe ses cadrans et ses aiguilles de tubes de gaz dont la technologie, suisse de surcroît, rompt avec les procédés habituels utilisés en horlogerie. Ainsi, le tritium capturé sous forme de gaz est encapsulé dans des microtubes sécurisés de verre, exempts de tout danger radioactif. Lorsque ses molécules viennent heurter la surface interne colorée des capsules, une énergie lumineuse se dégage. Le phénomène dure environ 20 ans sans nécessité d’une recharge extérieure. Cent fois plus intense que les luminosités courantes dans la branche, le phénomène photogène autorise des déclinaisons colorées, pour le plus grand bonheur des designers.

Saphir de synthèse, déjà 80 ans…

Déjà 80 ans que le saphir fait son apparition au poignet, remplaçant la célèbre glace en plexi. C’est un modèle Duoplan de Jaeger LeCoultre qui accueille le premier, en 1929, l’invention du chimiste de Dunkerque, Auguste Verneuil (1856-1913): à partir de poudre d’alumine il fabrique un saphir de synthèse qui dispose des même caractéristiques que celles de la pierre naturelle. Appartenant au Swatch Group, la société Comadur est le fabricant leader en Suisse de ces glaces. Century, marque biennoise âgée d’une quarantaine d’année est connue pour faire usage de ce matériau dans la fabrication (ou la taille, devrait-on dire) de ses boites de montres. Quant à la marque Quinting, elle l’utilise pour fabriquer des calibres électro-mécaniques qui s’inscrivent dans la plus pure tradition des montres mystérieuses, équipés de six disques saphir tournants. Cette particularité n’échappe pas à  Christian Dior qui lui commande un calibre spécifique, pour sa collection Christal. Happy birthday Saphir, et longue vie…

Diamants guinéens, la reprise?

Batax Bouna International Mining Corporation, une société jusque là inconnue appartenant partiellement au Guinéen Elhadj Bouna Kéita -acheteur et évaluateur de diamants et pierres gemmes, reprend les activités moribondes de AREDOR (Association pour la Recherche du Diamant de de l’Or) abandonnée par les capitaux pakistanais depuis 2008, qui devrait donc rouvrir. « Trouver un opérateur qui aura les moyens de reprendre la société, de relancer les activités, de payer les arriérés des employés et de les réengager » était l’objectif, selon l’interview donnée par le Ministre des Mines à Onga Camara, correspondant à Conakry du journal Les Afriques. Ticket d’entrée? 30 mio de dollars et 15 mio pour la réhabilitation de l’usine des mines de diamant de Bananköro, dans la préfectuer de Kérouané, au sud-est de la Guinée. Deux autres « repreneurs » potentiels, vraisemblablement Daf Limited (appartenant à un géologue guinéen appuyé par des intérêts émiratis) ainsi qu’une compagnie sud-africaine, se seraient désistés. Dans les comité de sélection et d’audit se trouvait des spécialistes du ministère des Mines et… bien sûr, un représentant de la junte militaire, le général Sékouba Konaté. L’espoir est donc permis. Que la provenance guinéenne des diamants ne soit plus liée à de mauvais résultats, tant au regard du Processus de Kimberlay que dans les bilans laissés par AREDOR. Source, Les Afriques (s’abonner à la newsletter de cette excellente publication).

Gérald Genta, la fuite, le Magsonic et l’Arena Meta Sonic…

Oups… ! Une fuite informe le bloghorloger de la présentation à Baselworld par Gérald Genta d’une nouveauté de la collection «Arena», la «Meta Sonic Arena». La marque voulait strictement réserver l’info à ses bons clients, comme un privilège d’initiés. C’était sans compter sur notre esprit chineur titillé par quelque complicité: d’une valeur avoisinant le million de CHF, cette Grande Sonnerie serait faite en une matière révolutionnaire, idéale pour l’amplification du son. En fouinant un peu, on a trouvé le nom de ce matériau, une marque déposée (Trade Mark M987961) en Grande-Bretagne (est-ce pour brouiller les pistes?) par Inteltech SA (Neuchâtel). Nul doute, le proprio du brevet est Daniel Roth et Gérald Genta Haute Horlogerie SA à Meyrin. Il s’agit du (ou de la) Magsonic. Et puisque le tout a été publié dans le ‘Electronic Trade Mark Journal‘ du 6 février 2009, on va dire que c’est officiel et qu’on peut balancer l’info. Entre nous, on préfère nettement «Magsonic» à «Géraldium» ou à «Gentanimum»…

DelaCour joue avec l’asphalte. Le goudron s’invite…

Côté matières inédites, DeLaCour persiste dans des explorations à froisser un Jean-Claude ou à exaspérer un Fawaz. Présentée en primeur au Grand Prix F1 de Singapour, la dernière Bichrono, la S3 (série limitée) s’offre un cadran aussi âpre que l’asphalte, dont une pulvérisation renforce l’effet « vitesse ». C’est la première fois qu’une montre affiche la même texture que les circuits automobiles dont elle se veut la manifestation. Coquetteries supplémentaires, ses chiffres fluorescents évoquent un tableau de bord par temps sombre, son anneau, un drapeau à damiers. Après les feuilles de Havane, l’acier des cloches de Saint-Gall et quelques autres inéditions de matières conjuguées (fusionnées oserions-nous presque dire), au tour du goudron de s’inviter dans l’habitacle de ces garde-temps innovants.

Paul Picot s’entiche de l’ardoise.

Non pas que la marque aux mains de la famille Boiocchi (père et fils) se décide à retourner à l’école. Mais c’est de l’ardoise, aux couches vieilles de 300 millions d’années, qui compose le cadran de son dernier chronographe, le « Paul Picot Technograph Wild Ardoise », dont la production ne dépassera pas les 200 exemplaires et le prix de vente public les CHF 8’900.00. A l’heure où d’aucuns s’approprient toute nouvelle matière dans l’horlogerie (ce n’est que de la communication), il convient de souligner l’arrivée de ce matériau, pour la première fois dans l’horlogerie haut de gamme.

SSC, les p’tits déj’ horlogers: montres sans lubrification?

Bienne, le 26 novembre 2008, Palais des Congrès. Vigoureuse et régénérée par le succès sans précédent de ses events (son première petit déjeuner, à la Vallée de Joux, avait connu une affluence record), la Société Suisse de Chronométrie remet ça. Comme d’hab’, le thème est dans l’air: « Montres sans lubrification, mythe ou réalité? »: Ça promet d’être très chaud dans les chaumières manufacturières, on peut encore s’inscrire. Car, de la montre mécanique, on attend une précision et une constance extrême, par n’importe quelle condition de port: chocs violents, champs magnétiques, autres sollicitations hostiles. Maîtriser la lubrification est donc primordial. Sur le ton du pédagogiquement convivial et réseauteur, les nouveaux enjeux de cette quête horlogère séculaire seront traités par quelques sommités: Michel Maillat du Laboratoire Dubois parcourera 35 ans de recherche en tribologie; Yves Berthier (LaMCoS, Insa Lyon) conjuguera les divers concepts tribologiques, de la lubrification fluide à la solide; quant à A. Laager et M. Parietti de MPS Micro Precision Systems SA exposeront leurs découvertes anti-lubrification. Rendez-vous à Bienne.

Chromalight, la luminescence selon Rolex

Outre les innombrables performances améliorées de la Rolex Oyster Perpetual Sea-Dweller Deepsea, la célèbre montre professionnelle de plongée à grandes profondeurs relancée par Rolex, le Chromalight est une nouvelle matière luminescente, encapsulée, qui, sur des tons bleuâtres, repoussent les limites de la visibilité en environnement ténébreux. Ainsi, les mesures de luminescence réalisées selon la norme ISO 17514 sur la matière lumineuse, procurent 308% de performance supplémentaire après 180 minutes dans l’obscurité, par rapport à la matière utilisée dans les anciennes Sea-Dweller.

Les matières, journée d’étude de la SSC

Le 17 septembre 2008, à Polyexpo (et non plus à l’Heure Bleue) de La Chaux-de-Fonds, la SSC donnera son annuelle journée d’Etude sur le thème des matières, avec la participation de sommités du domaine. Sûr qu’une fois de plus l’esquisse des tendances de la branche, voire des options en cours, sera passée au crible de la science. Voir le programme. S’inscrire via le formulaire.

Le Corian dans l’horlogerie.

Hamilton sort un modèle avec des décorations en Corian, cette nouvelle matière détournée de Dupont de Nemours pour l’horlogerie. Il s’agit d’une GMT Navy de la collection Khaki, superbe modèle à 3 poussoirs gold, d’une blancheur très estivale. Le nom des villes proposées incite au shoping à Pitt St Mall (Sydney), 5e Avenue (NY), Causeway Bay (Hong Kong), Avenue Montaigne (Paris), Ginza (Tokyo), Bahnhofstrasse (Zurich) et Ermou (Athènes). A ma connaissance, il n’y avait que Dolce & Gabbana qui avait goûté de cette matière.

Céramique et horlogerie.

Elle réduit à la cuisson. La céramique entre en force dans l’horlogerie. Sa principale qualité demeure la dureté, sur l’échelle de Mohs, elle vient juste après le diamant et les rubis ou saphirs synthétiques. En fait, elle est elle-même un oxyde et donc est inoxydable par excellence. Elle se présente en poudre de bauxite, en provenance d’Afrique, d’Australie, ou d’Asie qui, une fois mélangée à des liants organiques, se prête au frittage. Le frittage est une opération de chauffe à hautes températures qui, après pressage, fait fondre les liants pour obtenir, dans un moule, la forme finale qui sera 20% plus petite que l’original. D’où son extrême difficulté à être travaillée. Lire également le dossier « Passion Céramique » dans le magazine Montres Passion.