Le temps est-il politique? Comme toute forme d’étalonnage, les poids, les mesures et bien sûr la mesure du temps, la certification chronométrique est affaire d’Etat. C’est, au sens politique du terme, une mission de l’Etat que de permettre à ses populations d’accéder au temps. Dans le passé, cette responsabilité incombait aux Observatoires nationaux ou cantonaux, qui redistribuaient aux horloges publiques et aux monuments. Aujourd’hui encore, c’est le METAS, Office Fédéral de Métrologie, qui a la mission de contrôler, de définir le temps confédéral qui, soit dit en passant, est plus de nature atomique que mécanique. Car la fréquence traquée est de l’ordre du milliardième de seconde! Ce temps étalon, côté ondes, était distribué par l’émetteur de Prangins, érigé en 1931. Hélas, pour raisons économiques et puisqu’on se satisfait des super signaux venus d’Allemagne, sa fermeture a été programmée. Rénovation et entretiens coûtaient trop chers. Pour tout de même avoir accès à notre temps confédéral, il y a un moyen simple. Qui passe par tout ordinateur, quelle que soit sa position dans le monde. Il suffit d’aller dans les préférences systèmes de votre machine et d’inscrire ntp.metas.ch (le temps fourni par le serveur METAS, ntp signifiant Network Time Protocol). Ça vous évitera de vous en remettre à Bill Gates ou Steve Jobs pour connaître l’heure exacte. Après tout, même si on porte une montre mécanique à chaque poignet, c’est souvent sur son smartphone que l’on vérifie l’heure. De plus, en matière de temps atomique, la Suisse, avant même deux nouveaux projets d’horloges atomiques en cours, fait déjà figure de bon élève dans le collège des nations UTC. Une réunion de scientifiques délégués par leurs pays pour calculer la moyenne des temps étatiques. J’y reviendrai.

