Luxueusement dissimulé sous sa présentation online d’un luxe immatériel à faire pâlir d’envie les marques établies, le designer joaillier Lionel Ladoire brandit le slogan «helvet mechanic» et lance sa propre conception de l’ultime masculin, en matière de garde-temps. Des Acacias, où il a posé sa «helvet manufacture» (bravo l’idée de présenter, à partir d’une vue éclatée d’un mouvement, le parcours du fournisseur ainsi que sa position géographique !), il entend sévir dans le segment de la haute horlogerie, zestée rébellion et street culture. Au travers de formules telles que «Notre premier garde-temps accélère, change l’horlogerie qui prend son temps…» ou «un souffle de renouveau ébranle l’univers horloger» on se dit, nous qu’on a cru que tout avait été inventé, qu’il fallait lui donner sa chance. Voir de plus près ! Déception, dans un premier temps… La GMT «Roller Guardian Time» munie de son propre calibre, le Calvet/01/RGT, avec mention du «motoriste» (ASXP) et du «préparateur» (SR Horlogers) –Mille fait des émules, ressemble à tout sauf à une montre. Certes une grosse aiguille façon épine dans l’œil, un remontoir si ostensiblement excentré que même un gaucher y perdrait son latin (8h), nous indiquent que c’est fait exprès. Tant de technicité montrée, d’espaces redéfinis et de formes détournées peuvent-ils encore donner l’heure ? J’attends le mode d’emploi, et reste avec mes envies de ne pas devoir changer de fuseau horaire…

