Jehan-Jacques Blancpain crée en 1735 la plus ancienne marque helvétique dont l’histoire contemporaine garde trace. Alors qu’elle sommeillait littéralement dans la Vallée de Joux, alors qu’elle s’était égarée sur les voies peu nobles du Private Label, un certain Jean-Claude Biver en rachette les papiers d’origines, pour une bouchée de pain ne dépassant pas les CHF 15′000.00. Ce ‘vendeur’ hors pair, homme de marketing et visionnaire, lui recrée une histoire et lui confère des valeurs ajoutées: « depuis 1735, il n’y a jamais eu de montres Blancpain à quartz et il n’y en aura jamais! ». Slogan clair et porteur, un peu trompeur si l’on se rappelle que le quartz n’est apparu que dans les années 70, à une époque où Blancpain, déjà moribonde et dévolue au private label, n’avait pas forcément les moyens d’en suivre la mode. Qu’importe, le message passe, il transcende le passé, l’embellit, en extrayant les noblesses les plus aguicheuses: métiers d’arts, horlogers à l’établi, gestes séculaires, etc… synonymes d’une certaine sobriété de design et de standards techniques. On murmure que le rachat par le Groupe Swatch de cette marque, lui permit d’éviter de justesse quelques péripéties susceptibles de la plomber dangereusement, liées au SAV (Service Après-Vente). En effet, nombre de modèles, pourtant chers, souffrait d’une certaine fragilité et revenaient donc, en panne, à l’usine. Avec les moyens insufflés par le Swatch Group, cette époque n’est heureusement qu’un vague souvenir. Après un passage remarqué et tonitruant chez Omega et aux instances dirigeantes du Swatch Group, Jean-Claude Biver s’est retrouvé nommé par Carlo Crocco, Président de MDM, à la tête de la marque Hublot, d’où il continue d’aiguiser son incroyable talent marketing.

