Certes oui, car elles sont issues de besoins pragmatiques à résoudre. Ainsi, à l’heure où les éclairages des intérieurs étaient à la merci de luminaires alimentés par des combustibles, il fallait, durant la nuit, pouvoir entendre l’heure. Ainsi naquit la reine des complications, la répétition minute. L’éthique voudrait que, même sous la pression d’un client hypra-fortuné, désireux d’ajouter de la matière luminescente aux aiguilles de sa grande sonnerie ou de sa répétition minute, l’horloger aie le courage de dire « non, c’est contre nature. » De la même manière, à l’époque où horlogerie et paysannerie étaient indissociables, l’idée de pouvoir disposer au poignet (ou dans sa poche) d’un indicateur de phases de lune, n’avait rien d’esthétique ou de cosmétique. C’était une nécessité. Ainsi devrions-nous traquer tous les modèles qui arborent des disques phases de lune dont l’opacité ou l’absence de fiabilité dans leur lecture, interdisent la juste perception de ces phases. Devenues inserts esthétiques plutôt que services à rendre, ces complications ont perdu de leur essence. D’autres exemples? Merci d’apporter vos commentaires.


Un vieil horloger chaux-de-fonier constate. Abraham Louis Breguet, en inventant le tourbillon, n’a pas atteint son but qui était d’améliorer la précision. Avec les outils de mesure dont nous disposons, nous pouvons même démontrer aujourd’hui la nuisibilité de ce mécanisme sur la précision. Ce qui n’enlève rien à sa beauté exceptionnelle. Un effet collatéral de cette invention demeure toutefois occulté: la meilleure lubrification du moteur de la montre, à une époque où les huiles utilisées n’avaient pas les qualités actuelles et où les montres de poche passaient une grande partie de leur existence « la tête en bas ». Ce qui avait pour effet une concentration du lubrifiant dans la zone inférieure du garde-temps. Accessoirement, le Tourbillon apportait une résolution à ce problème. Est-ce éthique?